mardi 21 décembre 2010

Le F de décembre...

Résurrection, révélation, le commencement, la fin, le recommencement, l'interrogation de l'abstrait comme du concret, car ceci n'est pas un texte...
Corps congelé, camisole cérébrale, constipation cardiaque, couilles crevées à cause d'une castration de ma connerie, c'est clair, il y a des "C" en décembre...
Un an s'est écoulé, les choses ont bien changées et semblent pourtant les mêmes... dans deux ans la fin du monde, quelle merveille, profitons de la vie car je risque aussi bien de me faire poignarder dans un pays du tiers-monde dans les jours qui viennent... alors je vis, je ris, je fume comme un pompier et picole comme un polonais, je ne saurais dire si c'est réellement profiter, mais en tout cas, jusqu'ici tout va bien... une chute tout en douceur... un atterrissage sans doute moins plaisant...
Un an de passé, je ne me souviens plus de mes résolutions l'année dernière, surement car je n'en avais pris aucune ou bien qu'elles ne méritaient pas d'être accomplies ou encore que je les aie réalisées sans contraintes drastiques de mon mode de vie... on doutera un peu plus de la dernière possibilité...
Donc je suppose qu'il est temps de prendre les résolutions de l'année qui arrive... pourquoi ? pourquoi pas ? je resterai sur le pourquoi et me contenterai de m'abstenir de prendre ce genre de décisions minables... on évolue avec le quotidien, avec les surprises de la vie, avec l'imprévu, donc comment poser des limites à l'inconnu ? Oublions, passons, continuons comme si de rien n'était...
Fêtes de fin d'année, fêtes de nouvelle année, une raison de plus de se mettre une misère au foie à en trouver la foi... quand même pas... mais à part ça ? S'il y avait une seule chose à célébrer dans l'année, ce serait l'arrivée du printemps ou de l'été et non pas une date moisie en plein milieu de l'hiver... mais bon, ce n'est pas l'aberration la plus surprenante de l'espèce humaine, donc inutile de s'attarder là-dessus... poursuivons...
Je n'ai jamais pensé à la dernière abomination littéraire de ce recueil "D à D" et maintenant que j'y suis je me dis qu'il faudrait au moins terminer par une parole sage ou pleine d'ironie sadique et cynique et puis finalement ce serait soit la gâcher, soit donner une valeur trop importante à ce ramassis de pensées mélangées et sans grande réflexion... donc je pense qu'un simple point final fera amplement l'affaire et marquera parfaitement la finalité de la chose...
... hum...
Tout bien réfléchi, je vais m'arrêter sur un commencement car une fin n'est-elle pas un nouveau début ?
Donc, il était une fois, sur la planète Terre, un vieillard sauvage qui possédait un pélican en cage....

20/12/10

lundi 20 décembre 2010

Raidi hors blouse, note

Je bouffe du griot, du griot, et encore du griot. Pas la cerise, non, mais le conteur africain. D'ailleurs, il n'est pas rouge mais bleu. Bleu comme le blues. Bleu comme les fleurs. Mais pas bleu comme l'apprenti.
C'est de la musique rythmée, c'est du talent de tous les côtés de l'oreille, mais c'est du miel. Il raconte des jolies histoires qui émerveillent mais pas qui réveillent. Je rêve de polémiques, d'attaques politiques, d'agressions linguistiques, et là ce n'est que de la musique et des paroles sympathiques.
Mon taf, c'est l'image, l'image qui bouge, qui danse, qui parle... mais je la fait bouger selon les souhaits. Un enfant qu'on met au monde mais que l'on retire immédiatement de la main des parents. Si ce dernier devient un assassin vingt ans plus tard, les parents biologiques seront-ils responsables ? Et pourtant je sens le poids de la culpabilité devant ces images où coule mon sang mais pas mon enseignement.
Aujourd'hui, je peux encore choisir. Le cœur du griot a bon fond et la création finale regroupe deux esprits en collaboration pour le meilleur. Peu de sacrifices. Aucune honte dans les plans et le montage. Et surtout un véritable plaisir amical de créativité et d'enfumage.
Demain, lorsque l'argent aura complètement abandonné mes poches déjà maigres, je devrais fermer les yeux. Retour à l'esclavage moderne. La démocratie du "cause toujours". Se rabaisser, s'aplatir, se taire, pour donner vie à l'inanimé, l'inexcusable, le vendu, le vendeur, le propagandiste... triste perte de contenu et contenant... car les gens veulent qu'on lave les têtes avec du vide en vidéo pour pouvoir se lever le lendemain et aller bosser sans se questionner...
Après-demain en revanche, lorsque le verre sera plein, la rage débordante, la culpabilité trop lourde, alors je sortirais de mon lit douillet à l'odeur de merde et je marcherais avec arrogance vers le conflictuel... mon corps supportera les coups car mon esprit aura durci son armure pendant ces méprisables années... et j'avancerais, droit devant moi, ou en courbes vicieuses, pour terrasser cet ennemi que nous avons laissé se dresser au milieu du chemin de la liberté...
Il faut donner pour recevoir... je donne peu, mais alors qu'est que je reçois... pour le moment j'encaisse les baffes afin de mieux tout rendre lors de ma sortie du coma... alors préparez les joues, il y a des revers qui approchent... ça va partir bien moyenâgeux... fini le sournois contemporain, retour à la base de l'arbre généalogique pour du carnage dégueulasse... ou de la poésie désespérée... qui vivra ne mourra pas...

19/12/10

dimanche 19 décembre 2010

Hymne au sang

Misère, misère, où est passée ma mise d'hier,
Sans chemise, l'ami dans la merde, sale air,
Plus de salaire, du poivre dans la salière,
C'est l'hiver, on oublie les recharges solaires,
Cloué au sol, saoul, seul en période polaire,
Tout pourri, plus rien à glisser sous les molaires,
Prisonnier d'une sale histoire à Baudelaire,
La baudruche vide, les abeilles ont quitté la ruche,
Faudrait des forêts entières transformées en buches,
Pour cette cheminée glacée à la grande bouche,
Et qu'enfin plus une fois je ne me mouche,
Mais je rêve mou, plus qu'un et plus de nous,
Un éternel pendu dont la corde se dénoue,
Un guérillero corse sans le moindre déni,
Je vois poindre des vautours qui sortent des nids,
Et tour à tour viennent picorer mon dos nu,
Comme les flics ricains s'envoient des donuts,
Mais sur mon cadavre ils ne seront jamais dodus,
Je suis une cave navrante et non un havre charmant,
Un cachot de cauchemar où l'on va en s'armant,
Pas pour se cacher mais pour tout saccager,
Je fus le bref passager qui ne vécu pas âgé,
Trop tendre pour être chef, trop cerf pour être fier,
Misère, misère, troll aujourd'hui mais elfe hier...

18/12/10

samedi 18 décembre 2010

Caisse qui tue, rat conte...

La neige s'abat sur le pays, écharpes et gants sont de rigueur, fumée qui sort des bouches tremblantes, la tête rentrée dans les épaules, l'amabilité semble être parti hiverner et l'amour s'est envolé pour l'autre hémisphère, bien au chaud...
Les soupes sont les bienvenues. Seules amies qui réconfortent réellement l'âme et le corps. Tout le reste est givré. Tout le reste est déjà loin. Le réchauffement climatique a cette fâcheuse tendance à refroidir les hivers. Aujourd'hui c'est pire que jamais. Demain qu'est-ce que ce sera ? Et cette capacité à oublier si rapidement les moments horribles n'aide pas beaucoup à s'habituer. La surprise annuelle. La mauvaise nouvelle récurrente.
Bon, note pour plus tard : ça ne sert à rien de remuer ces idées nocives dans sa tronche. On sait très bien que l'hiver est difficile, mais il y a des gens qui crèvent de froid dehors, d'autres qui crèvent de faim, et certains, les deux... alors un peu de respect et relativisons...
Il y a un an je souffrais le martyr, je perdais un poignet, tétanisé par la douleur, les jointures titanisées, la liberté presque disparue, l'espoir d'un jour meilleur inexistant, et puis tout s'est lentement dissout dans les vagues du temps... je sais que j'ai souffert mais je ne parviens pas à me revoir, à ressentir à quel point, à mesurer correctement ce passé... mon cerveau n'a pas enregistré cette information, il l'a jugée inutile, il l'a jetée, il a gardé le souvenir de ces vacances inattendues... rien d'autre... seul la joie est restée, comme si le passé était constitué d'instants jouissifs entourés de néant. Je n'existe vraiment que lorsque je suis heureux ? Le reste du temps je ne suis qu'une coquille vide qui flotte sur une rivière calme menant à de vertes prairies où broutent de jolies brebis...
En un an, j'ai perdu ma femme, mon poignet droit, mon taf... il y a un an je pensais qu'ils étaient ce qui me définissait et puis, les jours passants, les expériences nouvelles se produisant d'elles-mêmes, j'ai été redéfini... toujours le même mais pourtant différent... il n'y a que la mort qui entraîne une perte définitive... le reste n'est qu'évènements, surprises, espoirs, désespoirs et plein d'autres trucs plus ou moins sympas...
Décousu... conflit d'émotions... bagarres de sensations... un fouillis de pensées... un beau petit bordel interne... mais le temps passe et ce n'est pas ces petites interrogations qui l'arrêteront... voilà au moins une bonne nouvelle...

17/12/10

vendredi 17 décembre 2010

Clé de sol contre toux

Solitude, ô solitude, te revoilà à mes côtés, étrange retrouvailles, je savais que je te retrouverais en ce jour, mais la réalité transforme le savoir en une expérience si différente... je t'ai toujours accueilli avec délectation, temps de repos, de recherches, d'exploration de son inconscient. Nous avons fait tant de belles choses tous les deux. Nous avons fait des choses, ce qui semble plus rare en groupe. Comme si l'activité de groupe m'empêchait de ressentir la sensation d'accomplissement. Nous avons fait telle ou telle chose mais je n'ai rien fait. Alors qu'avec toi, ô solitude, quelle liberté, quelle porte ouverte sur une immensité de possibilités, tout devient possible. Je ne pense pas que ce soit une réaction "normale". La société veut que nous soyons ensemble, sinon ce ne serait pas une société mais un tas d'individus seuls... au même endroit... bon, n'importe quoi... je digresse, je diverge, je dis verger et j'essaie de penser... c'est le moment où je peux enfin... mais je n'y arrive pas... ces images de communication devant mes yeux. Envie de parler, de serrer dans mes bras pour lutter contre la froideur de cet hiver agressif... je regrette, ô solitude, mais je n'étais pas encore prêt à ton retour... peut-être parce que cette fois-ci je ne cherchais pas, je savais que ce n'était pas encore le moment. J'étais bien dans mon petit paradis sensuel et affectif... mais c'est la vie, je ne suis pas surpris à ce point là... il faut toujours que l'agréable se termine lorsqu'on le souhaite le moins... l'imprévisible... responsable d'un bonheur inattendu, enfanteur d'espoir, petit pervers maître des poupées humaines... je t'entends rire, mais moi aussi je me moque de toi car je sais que nous sommes alliés. Bourreaux de l'ennui, chasseurs de nouveautés, nos chemins se croisent pour le changement, alors comment t'en vouloir ?
Solitude, ô solitude, est-ce toi qui as fait entrer ce mauvais rhume dans notre demeure ? Pensais-tu que nous serions mieux tous les trois ? Ou souhaites-tu me faire souffrir pour t'avoir abandonné si longtemps sans même un clin d'œil ? Nous sommes donc des ennemis à présent ? C'est dommage, mais je ferais avec, je vais prendre un malin plaisir à te chasser chaque jour... Seules mes nuits ensommeillées seront tiennes, et encore, mon esprit sera si loin que tu pourras l'approcher... seul mon corps glacé et malade t'appartiendra durant ces quelques heures... alors profite, essaye de le charmer avec tes misérables armes, mais ne te fais pas trop d'idées, ce n'est qu'un bref répit qui prend fin la semaine prochaine... amuse-toi, ô solitude... ma pauvre solitude...

16/12/10

jeudi 16 décembre 2010

L'eau m'a à battre

" Je ne saurais tolérer pareil langage dans mon humble et paisible demeure. Je vais donc avoir le désagréable regret de vous raccompagner à la porte. Mais ne m'en veuillez point, vous êtes responsables de votre propre sort. J'ai eu la bonté de bien vouloir vous accueillir dans mon édifice festif et vous en avez atrocement profité sans la moindre honte ni respect. Ce triste châtiment n'est que juste payement pour un tel comportement. Je sais d'ailleurs que l'absence de ma délicieuse personne sera inévitablement votre seconde peine. Dès lors, toute rancune sera dissipée et votre désir de pouvoir me voir et m'ouïr à nouveau l'emportera sur les autres émotions futiles et faiblardes dont vous êtes dotés.
Mais je parle, je parle et je vous vois commencer à vous ennuyer, à vous interroger sur le sérieux de mes propos, et ce n'est pas raisonnable. La sentence a été donnée, on ne peut revenir sur la parole du maître des lieux, alors il faut appliquer ce qui fût dit. Je vous prierai donc de regrouper vos affaires dans le calme le plus complet et de vous diriger avec la même quiétude vers la sortie. S'il vous plaît, ça ne sert à rien de parler, de se plaindre, de quémander ma grâce, vous avez entendu le jugement, merci de vous y plier. Voilà, faites comme vos camarades, la petite veste sur le canapé, le sac sous la chaise, voilà, on garde le rythme, c'est bien tout ça. Maintenant, par là. Allons-y, on ne rouspète pas, je vous ai déjà dit.
Parfait, tout le monde a ses affaires ? Et bien, passez une bonne fin de soirée, dormez bien, méditez sur votre attitude, corrigez votre diction et vos paroles, ensuite nous pourrons tenter de nous fréquenter sur des bases plus solides. Au revoir mes chers amis.
- Heu Sam... le truc c'est qu'on est pas chez toi là... c'est chez moi et j'ai pas envie que tout le monde se barre maintenant... En plus personne a rien fait de mal, t'as trop picolé, encore une fois... Je t'ai demandé d'arrêter ces comédies de Louis XIV, c'était marrant au début, maintenant ça me fait peur...
- Par la couronne qui se dresse sur ma sainte tête. Que veux-tu péon ? Ne crois-tu pas en avoir fait suffisamment pour ce soir ? Il te faut en rajouter en insultant ta seigneurie ? Tu veux que je te fasse jeter dans mes geôles ? Avec cent coups de fouet ? Ou deux cents peut-être, tu m'as l'air bien échaudé ?
Mes gardes, mes gardes. Venez m'ôter cette vision de décadence. Mon propre peuple me donne la nausée, demain je ferais abattre la moitié des hommes, cela ne peut plus durer ainsi, j'entends les anglais qui se moquent de nous dès que le vent du Nord se lève.
- Bon, sa seigneurie ira bien s'allonger cinq minutes avant de revenir aux nombreuses affaires qui l'appellent. Suivez-moi mon bon roi. Voilà, on se tient à mon bras, on essaie de pas vomir, on garde le bec bien clos, et on avance. Voilà, encore trois pas...
- Halte... mais que fait ma garde ? On kidnappe le roi... à l'aide... un lit... à l'aise... oui, voilà, allongé, ça va mieux... que mon armée soit prête à mon réveil, le sang va couler, ma vengeance... holala, terrible, ma vengeance... hop hop hop, un carnage, on va rire, ah qu'est-ce qu'on va se marrer... au réveil... voilà, comme ça, au réveil...
- Bon, les amis, désolé pour ce petit interlude théâtrale, que la fête reprenne et dès l'aube nous décapiterons ce bon vieux roi qui nous exploite ! Vive la République !"

15/12/10

mercredi 15 décembre 2010

Père Iode, glas hier

Une température glaciale, l'impression d'avoir une peau de marbre. Les nerfs constamment tendus. Les pupilles atrocement dilatées. Les âmes deviennent des ombres. Les odeurs se figent dans l'air mais l'on sent la mort qui rode. Patiente et attentive. Elle nous guette. Sachant la victoire inévitable sur nos misérables carcasses.
La nourriture est notre seconde pire ennemie. Sans aucun de mèche avec le climat, elle semble si rare et si faible. Plus rien de gras. Plus rien de solide. Plus de goût. Plus de renouveau. Un simple et unique repas éternel et lent. Une marmite de bouillon sans fond. Des bols semblables. Du vide avec une forme et une petite consistance. Un bol que l'on tentera tous de finir avant d'en finir avec nous-même.
J'ai déjà vu partir deux compagnons. Littéralement partir. Leur esprit quitta soudainement leur corps. Alors ces derniers, n'ayant plus de maîtres, se mirent à marcher droit devant eux dans la neige et la tempête. En moins d'une minute on ne discernait même plus leur fantôme.
Ensuite j'ai tout un tas d'anciens êtres humains se mutiler, se dévorer entre eux, se suicider en groupe, et d'autres choses sans nom... Tous ces gens avaient le même regard. Vide, sans espoir, sans croyances, plein d'incompréhension. Et malgré les dix années qui se sont écoulées depuis le grand manteau blanc, personne ne s'y est habitué et personne ne croit vraiment à des jours meilleurs. Je ne pourrais pas définir ce qui nous maintient en vie. L'abandon semble total, et pourtant nous continuons d'exécuter les tâches de survie minimum. Des zombies... rien de plus...
Je continuerais à survivre et ces petites notes me permettront de rester un peu connecté avec la réalité et les souvenirs de notre ancienne vie. Je n'arrêterais que lorsque le dernier homme aura donné son dernier souffle...
Le silence...
… et ma respiration...

14/12/10

mardi 14 décembre 2010

La vide rue me...

C'est jour de chance, c'est jour de rhume,
La tête enrouée, la gorge rouge de brume,
Une mort lente et étouffée de sale fumeur,
Des appels à l'aide de mauvaise humeur,
L'hiver est la pire saison, une vraie tumeur,
Elle arrive en secret comme une vilaine rumeur,
Et plus rien ne peut l'arrêter quand c'est l'horreur,
Prisonnier de l'orage, sans énergie contre sa rage,
C'est le massacre assuré pendant quatre mois à durer,
C'est ça d'être emmuré ? Je ne pourrais l'endurer,
Chaque année je me fais baiser par derrière,
Le mois de décembre devient l'heure et la dernière,
Et cette fois-ci c'est la bonne, je le sais, je le sens,
Déjà mon cœur ne pompe plus de sang,
Mais surtout ne pas se chier dessus pour crever décent,
Un bien sale temps pour un chien,
Trop insultant comme fashion,
Je suis fâché et attends de me faire faucher,
Avec des frissons car impossible de se réchauffer,
Putain de saison, l'autre hémisphère seul a raison,
L'année prochaine je me trouve une autre maison...

13/12/10

lundi 13 décembre 2010

Pas ta ti et pas ta tas

Tu ne m'auras pas,
Jamais, mon aura au pas,
Mon honneur est mon repas,
Ma cape de seigneur je repasse,
Là où je passe, la convoitise trépasse,
Ce feu qui m'attise est une joie qui ressasse,
Mais je ne peux écrire que jamais elle ne me les casse,
Donc des fois je pense qu'il faut que je la fracasse,
En douceur sur un rythme de maracas,
Je vais te faire la peau la pétasse,
Te taper jusqu'à ce que ça passe,
A moins que tu ne me masses,
Pour que la haine passe,
Et que ça le fasse,
Trop las,
Rotasse,
My ass...

12/12/10

dimanche 12 décembre 2010

Où vers tu redescends

Il venait de tout abandonner. Dès la première latte, plus rien n'existait pour lui, le monde venait de se séparer en deux parts distinctes. La réalité dominante et la sienne. Isolé, loin de tout, prêt de rien, il comprit des choses qui le tourmentaient depuis des décennies. A présent le limpide était entré dans sa vie mais sa vie avait quitté le monde qu'il pouvait enfin comprendre. La clarté dans le flou. Voilà ce qu'il touchait du doigt, comme s'il venait de passer de l'autre côté d'une fenêtre embuée, tout devint net et précis, mais s'il tentait de se retourner, il voyait à nouveau cette vitre translucide qui l'empêchait de discerner d'où il venait. Il savait très bien qu'il n'y avait pas de solutions réelles à ce problème. Il devrait choisir de quel côté de la fenêtre il resterait. La connaissance solitaire ou l'ignorance commune...
La décision fut simple à prendre, avec ce nouveau savoir sans limite il n'y avait pas de possibilités de retourner en arrière. Il resterait donc de ce côté. Il oublierait ses proches, ses amis et ses ennemis. Il vivrait incompris mais libre d'assister au désespoir d'un monde sur une pente abrupte. Il assisterait à la destruction de l'Homme par l'Homme et il n'interviendrait pas car il savait comment les gens réagiraient et quelles modifications du réel cela entrainerait. Il n'y avait aucune solution pour l'humain. Il pouvait concevoir toutes les solutions possibles d'un Rubik's cube en un instant et de la même façon il pouvait voir que tous les chemins menaient l'humanité à sa perte. Il alla même chercher des éventualités radicales de réduction massive de la population pour repartir sur des bases plus saines, mais cela ne faisait que retarder l'inévitable. Alors il se contenterait d'assister... comme il le faisait avant de comprendre sans le savoir...
Après plusieurs années pourtant, il se rendit compte que la violence et la souffrance se répandaient encore plus vite que ses prédictions. L'égoïsme et le narcissisme de chacun allait causer une fin bien pire qu'il ne le voyait. Alors il décida d'intervenir. Tirer les petites ficelles de la société pour qu'une simple parole dite au bon moment puisse changer les actions destructrices des armées. Son plan était tellement simple pour lui qu'il se réalisa parfaitement. Une paix surprenante apparue tout en sachant que la fin arriverait quand même. Le malheur diminua incroyablement même si des conflits persistaient. La poursuite du pouvoir pervertissant les esprits idiots.
Ainsi, en dix ans il avait changé la face du monde. L'espoir dominait la planète. Mais il savait que cet espoir était inutile. Sa présence représentait une telle certitude de vie meilleure que ses paroles étaient écoutées comme des paroles divines. Puis un jour, la convoitise et l'insatisfaction de ces nouvelles égalités explosèrent dans le cœur d'un groupe d'êtres peu scrupuleux. L'assassinat était le seul remède à leur condition rabaissée. Dans un monde trop plein de paix, la méfiance n'existe plus, le meurtre fut simple et rapide. La guerre reprit rapidement place et la fin vint comme elle avait été prédite...

11/12/10

samedi 11 décembre 2010

Des tas d'âmes et ta dame...

Les mots d'amour, j'en ai tout un stock,
Et en trilingue, por favor votre honneur,
Mais je vais tout jeter, ça te choque ?
Parce que les mots ne font pas le bonheur,
Et les maux sont plus expressifs dans un bouquin,
Alors les fleurs bleues vont à la poubelle,
ça correspond mieux à ma barbe de rouquin,
Tant mieux pour les boudins, tant pis pour les plus belles...

C'est indéniable, elle me fait bander,
Alors je la baise sans lui demander,
Rien d'incongru, pas malotru,
Jamais elle n'a mal au truc,
C'est direct, sans masques,
Ensemble on est peinard dans nos basques,
Je ne sais pas comment on appelle ça,
De l'amor ? Ella no piensa...
C'est plus fort que moi, ça m'échappe,
C'est de la romance à se pendre par l'écharpe...

10/12/10

vendredi 10 décembre 2010

Tout chez l'œuf, on...

" Mais je te dis que ça ne risque rien, mais après tu fais comme tu veux, si tu préfères jouer à faire la merde posé sur ton cul, hésite pas, tu restes là, t'attends, tu pègues, tu crèves, c'est pas mon problème, mais viens pas te plaindre si retrouves tout seul avec ta main comme seule amie...
- J'ai donné mon avis, ça pue ton truc, et question merde, tu vas t'y retrouver jusqu'au cou, alors c'est plutôt toi qui devrais pas venir te plaindre par la suite."
Ah, je n'aime pas avoir tort. Cette difficulté de revenir sur une idée, baisser les bras, s'avouer vaincu, renoncer, abandonner, ancrer ses propos dans l'erreur, reconnaître son imperfection, ses faiblesses... son humanité... je n'ai jamais été bon à ça...
Il y a pourtant quelque chose que je commence à comprendre. Je n'apprends pas de mes erreurs. Je n'y arrive pas. Je me suis construit une sorte de carapace réfléchissante où les soucis rebondissent et disparaissent dans le néant. Du moins c'est ce que j'ai toujours voulu croire.
Une sale journée ? Mais c'est pas grave, demain tout sera oublié et je serais le même bloc de granit avec ce sourire ignorant. La vie est belle. Tout roule impeccable. Ce n'est que du bonheur.
Et voilà qu'un jour je découvre le fond du trou. Je pensais y avoir traîné suffisamment longtemps pour pouvoir l'appréhender tout en douceur. Mais je me trompais. Encore une fois. Le fond, je ne l'avais jamais vraiment effleuré. A toujours fuir, je passais au-dessus et y jetais les ennuis du jour. Ainsi je pouvais continuer tranquillement mon chemin fleuri sans regarder ce qui se passait derrière.
Et puis voilà, il arrive un moment où le fond est tellement rempli qu'on ne peut plus le survoler. On se cogne dans un immense tas gluant sans issu. Et on coule, coule, lentement vers le véritable fond. Forcément il est bien plus difficile d'affronter une montagne qu'une petite bouse, mais sur le moment, on préfère oublier. Vivre au jour le jour. Garder le sourire. Carpe diem. C'est ce qu'on me conseillait aussi. J'ai dû mal comprendre ou mal appliquer la leçon. Pourtant je savais qu'il fallait se méfier mais trop gentil, trop bon, trop con.
Donc me voilà, à croupir dans la moiteur d'un puits que personne ne trouvera jamais. Pas une âme qui vive à au moins vingt bornes. Pas moyen d'escalader. Pas moyen de bouffer quoique ce soit. Même l'herbe refuse de s'aventurer dans ce traquenard. Même l'herbe est moins conne que moi...
Heureusement que j'avais mon petit sac salvateur avec moi. Comme toujours. Une bouteille d'eau... bien que l'eau soit le seul truc qui ne manque pas ici. Deux barres de céréales, que j'économise bêtement, avec un semblant d'espoir. Ce misérable cahier où j'avais l'habitude d'écrire les idées potentiellement intéressantes et qui conservera mes dernières pensées... non pas qu'elles valent le détour, mais les écrire m'aide à passer le temps plus sereinement. A éviter de me taper la tête contre la paroi pour en finir plus rapidement.
J'ai aussi ce stylo presque vide qui me permettrait de m'ouvrir une veine ou la carotide, mais je suis tellement douillet que je ne ferais que m'égratigner et rendre la fin encore plus douloureuse. Alors je préfère l'utiliser dans sa fonction première...
J'ai aussi mon appareil photo, qui me permet de prendre des photos de ma face pour constater la dégradation flagrante et fulgurante de ma face de cake avarié. Je peux également constater que si les premières photos comportaient un certain humour, celui-ci à tendance à s'évaporer encore plus vite que ma rage de vivre. Je commence à me dire que j'ai bien mérité toutes ces conneries, que je n'ai que de regrets pour toutes les fois où je me suis comporté comme un con. Fuir, fuir, fuir... il n'y avait qu'un endroit sordide comme ici qui pouvait me permettre de constater le désastre que j'avais été et suis encore pour les quelques prochaines heures.
En fait, je ne vais rien regretter. J'ai oublié mon existence toute ma vie, je ne vais pas me mettre à l'affronter dans ses derniers instants. Allez, encore une photo avec le sourire, ça fera de mal à personne. Une photo et je vais dormir, la lumière commence à se faire trop discrète, l'eau est vraiment glaciale je ne pense pas que j'aurais la force de sourire demain matin... si je passe la nuit... et à quoi bon la passer ? Si ça pouvait se finir dans mon sommeil je mourrais presque heureux... aussi heureux que je l'ai été... aussi malheureux aussi...
Alors à demain... si le diable existe...

09/12/10

jeudi 9 décembre 2010

Nos hymnes portent à...

La miré dormirse profundamente,
Mis palabras penetraban su inconsciente,
El amor se borraba después el futuro rió,
Y un grano del tiempo cayó;

Calla o calla, repitió la voz en mí, insistente,
Pero, cada día a las seis, yo tenté,
Mi murmullo de deseos quien mil veces murió,
Y un grano del tiempo cayó;

Como leyendo el periódico,
Ninguna leyenda, nada rico,
Yo no sé nada pero puede ser sabe,
Que un grano de más del tiempo cae;

Un grano del tiempo cayó,
Y un otro grano el tempo siguió,
Van a vivir como mí moriría,
Y nunca permaneceremos en la memoria...

08/12/10

mercredi 8 décembre 2010

Le mais pris sur la fête

J'ai la glotte qui barbotte dans le rhum et le picrate...
Une jolie mixture rosée au fond de la bouche,
Le fondement me gratouille comme Socrate,
Je sais que je ne sais rien mais que j'ai besoin d'une douche,
J'ai plus de face et vais bientôt perdre la rate,
Dans l'espace, moins important qu'une mouche,
Pour qu'un Dieu m'écoute, j'écris mes propres sourates,
Les jette dans un bouillon d'inculture et touille à la louche...

Quand le mélange est fin prêt,
Je dilue le tout dans de l'alcool à cinquante degrés,
Prends mon temps, réfléchis, marque l'arrêt,
Et descends tout cul sec de mon plein gré,
En souhaitant retrouver l'époque où je me marrais,
Et si je pisse sur le futur, c'est que seul le passé m'agrée...

Bon ça va, ça va, je dramatise,
C'est vrai que ma vie n'est pas une toile de Matisse,
Et que le bonheur que je n'ai pas m'attise,
Alors je cherche de partout, je ratisse,
Mais sans chasser mon malheur, jamais je ne dératise,
Du coup, mon esprit a l'allure d'une drôle de bâtisse,
Pleine d'entités sordides qu'il faudrait que je baptise,
Mais je prône autant la liberté du bien que du mal,
Car on ne peut juger un acte dans l'immédiat,
C'est comme arrêter au milieu un bouquin de Dumas,
Et plonger sur TF1 en bavant sur les médias...

J'aimerais terminer sur une bonne note,
Une touche d'espoir, une lueur dans le noir,
Mais à chaque pression sur les touches, je rote,
Je vais gerber une toile qui ne sera pas du Renoir,
Alors j'enlève mes bottes et vers les chiottes je trotte,
Et quand tout sera sorti, je me plongerais dans la baignoire,
Et ce texte, comme tout le reste, finira au fond d'une cuvette...

07/12/10

mardi 7 décembre 2010

Plus haut que le soleil

Trop classique, trop basic, j'ai souhaité devenir surhomme,
Mon vœu se réalisa en musique, j'ai trouvé le bon sérum,
Si on te demande d'où ça vient, tu diras que c'est du Rom€,
Si on te demande où ça va, dans l'espace, c'est de l'hélium ;

Aujourd'hui j'ai mal au titane, il va pleuvoir, ça t'étonne ?
Et tu crois écouter du Mano, mais c'est le tonnerre qui tonne,
Ma réalité te devance et dépasse ton sonotone,
Car j'ai trois saisons d'avance, je suis l'été et toi l'automne ;

Avoir les deux pieds sur Terre c'est comme crécher six pieds sous terre,
Je suis plus léger que l'air, trop haut pour être populaire,
Je ne peux plus atterrir, même dans le malheur je suis mort de rire,
Plus fort qu'un sourire et plus discret qu'un soupir ;

C'est pas la soupe aux choux qui fait que ça bouge sous mon poncho,
Tu veux que je te fasse un dessin, mais qu'est-ce que tu mets entre deux seins ?
Je suis pas un assassin, un saint plus innocent que le ciel,
Pendant que tu cherches, je te surveille, je suis plus haut que le soleil...

06/12/10

lundi 6 décembre 2010

Ces leurres de la fête

Préparation des fêtes,
Stocks et réserves de rations en tête,
Combustibles pour le foie et munitions,
Que tout le monde s'amuse sera ma mission,
Mis à part le fait que Noël me fait gerber,
Chrétienté de fanatiques au rabais,
Faut gérer, mettre les mauvaises idées de côté,
Tout bien décorer pour faire bander mieux qu'un décolleté,
C'est pas gagné, ça empeste le niais on ne peut nier,
Les magasins sont pleins autant que les paniers,
Mais faut faire la queue,
Je suis un poisson hors de son milieu aqueux,
Ah, que ça m'emmerde !
J'use de toute ma patiente sans passion,
Quel gaspillage d'énergie irrationnel,
Il faudrait que tout ça nous cassions,
Pour débuter le vrai voyage ascensionnel,
Tous ces cadeaux sont des prisons,
Boulets et chaines d'une illusion,
Et on se demande pourquoi nous crisons ?
C'est comme si notre liberté nous l'usions,
Alors que c'est le meilleur moment d'en profiter,
Mais trop peu ont le regard suffisamment affuté,
Pas assez futés, c'est l'aveuglement général,
Plus de sagesse, la consommation est plus vénérable,
Et je baisse les bras,
Comme pour l'arrêt du tabac,
La confiance en moi au plus bas,
Le désespoir m'abat,
Que de faux pas dans cette samba,
Et je m'en bas les...
Plus de temps pour écrire, c'est l'heure d'emballer...

05/12/10

dimanche 5 décembre 2010

Constat terne et dame nation

Ça part de rien et ça veut aller loin,
L'avantage de n'avoir rien, à perdre on a moins,
Mais c'est plus dur de construire,
Faut des fondations, donc il faut s'instruire,
Mais plus j'en apprends et moins j'en sais,
Quand je prends le ballon, rare est l'essai,
Les pensées se mélangent, les plans changent,
L'appétit apparaît puis disparaît quand je mange,
Pas d'idées fixes, pas d'opinions irréversibles,
J'admire le pile mais le revers à une face sensible,
Ça n'a pas de sens, pas de directions,
Les seins autant que les fesses me donnent une érection,
Impossible de rectifier, on a beau se méfier,
On dit que c'est en pratiquant que rentre le métier,
C'est surement que je ne dois pas vraiment pratiquer,
Après trente ans, la vie, je l'ai vainement mastiquée,
Elle a toujours du goût mais parfois elle me dégoute,
La joie passe par éclairs alors que la merde au compte-gouttes,
Mais sans répits, constante et régulière,
Alors tous les jours je donne un coup de serpillère,
Et j'oublie les erreurs d'hier,
Qui tombent dans le néant des lamentations et des prières...

04/12/10

samedi 4 décembre 2010

Mais l'ange, être ange

Mais quelle est donc cette voix que j'entends ? Mais quel est ce langage que je crois ouïr ? Ce n'est surement pas du français, bien que je ne sois pas une référence dans le domaine, mais je pense tout de même être capable de reconnaître la langue de mon enfance, et là, ce n'est pas le cas... il s'agit donc d'une autre langue... à priori latine, car je crois comprendre de nombreux mots, ou du moins les assimiler à certains que je connais correctement et qui leurs ressemblent étrangement... l'accent est aussi pour beaucoup dans cette étrangeté... si tout le monde parlait avec cette jolie mélodie, je pense que je pourrais plus facilement appréhender les différences réelles qui se présentent ici... donc, par élimination, j'en déduirais que c'est de l'espagnol ou du portugais... les italiens sont beaucoup plus tranchants et la mélodie plus machiste... si je puis la décrire ainsi... c'est en tout cas la façon que j'ai de le différencier... une sorte de méthode mnémotechnique de sauvageon provençal...
Bon revenons-en à nos moutons... ce n'est pas nordique, c'est certain... ça manque de k... et ces r qui ne cessent de rouler... mais pour différencier l'espagnol du portugais... alors là... je n'ai sans doute pas assez voyagé ou écouté les deux suffisamment proches pour pouvoir trancher... mon inculture est flagrante et pitoyable... oserais-je simplement demander ? Encore eusse-t-il fallu que je sache d'où venait la voix... on dirait qu'elle est dans ma tête... mais c'est impossible puisque je n'ai aucune connaissance dans ce domaine... à moins que ce soit mon esprit qui me joue des tours et simule une telle langue... ne la connaissant pas je ne pourrais dire si c'est juste ou faux... voilà qui est embêtant... essayons de l'ignorer... mais elle roucoule si profondément que ça me semble galère... pensons à autre chose... voilà, qu'est-ce que j'ai fait hier soir, petit exercice de mémoire... souvenirs, ô souvenirs détournez mon attention...
La bouteille qui se vide, gloup gloup, j'adore ce bruit de liquide qui passe par un goulot étroit, ça me berce, ça présage un petit instant de bonheur en instance pour mon gosier, gloup gloup, et plus le verre est grand, plus on peut entendre la bouteille chanter... et cette odeur, c'est fort, il faut couper ce nectar, trop clair, trop de degrés sans aucun doute, du sucre, c'est ça qu'il faut, rajouter du sucre, et presser deux oranges, des belles oranges gonflées du marché, pleines de jus, pleines d'énergie... tiens, le verre est déjà fini ? je ne me rappelle pas avoir bu quoique ce soit... pourtant je suis seul dans la maison... je crois en tout cas... ai-je ouvert à quelqu'un ? Il me semble, mais je ne vois pas de visage, personne ne passe le pas de ma porte... gloup gloup, tant pis, je peux encore écouter le doux bruit de remplissage... mais la bouteille fait une bien triste mine... qui a pu descendre mon rhum comme ça ? Là, ca ne peut plus durer, il faut intervenir, appeler, demander une explication, je veux du détail, des réponses claires et précises, holla ? Montre-toi inconnu qui me torture en cachette... je sais que tu es là... De l'eau... oui, il me faut de l'eau, ma gorge est rugueuse, elle pègue, je me sens poisseux de l'intérieur... gloup gloup... encore ce verre ? Décidemment, c'est une malédiction, je suis dans un jour sans fin sauf qu'au lieu durer une journée mon expérience ne dure que quelques minutes... et je ne me rappelle toujours pas avoir bu une seule gorgée... et cette soif qui s'étale, qui se répand de partout dans mes veines... la grande sécheresse globuleuse...
Mais quelle est donc cette voix que j'entends ? Mais quel est ce joli espagnol que je crois ouïr ? Hasta mañana bellísima señorita... Felices sueños y gracias por la música dulce en mis orejas... Quelle agréable compagnie, quel délice que de pouvoir profiter de tant de grâce en un seul individu, au sexe faible de surcroît... bien qu'elle est plus de pouvoir sur moi que je ne pense en avoir sur elle... faible... c'est plutôt moi le faible dans cette histoire... et ces idées qui se mélangent dans tous les sens... cette impression de déjà vu mais avec des variantes... sans doute la fatigue... qu'est-ce que j'ai mangé aujourd'hui ? Est-ce que j'ai seulement mangé ? ça ne me dit rien... je crois avoir le souvenir d'un gloup gloup mais je ne parviens pas à le rattacher à quelque chose de réel... ça manque de concret dans ma tronche... mieux vaut dormir, les choses seront plus claires demain ou ne seront plus... dans les deux cas, inutile de s'en préoccuper maintenant...
Bonne nuit amor... le beau ne nuit à mort... et cette belle voix qui me berce... doucement... si doucement...

03/12/10

vendredi 3 décembre 2010

Lis vers, ah, beau minable...

A présent, c'est certain, l'hiver s'est installé, le petit chauffage à pétrole ronronne dès l'après-midi, les pieds restent gelés, même dans les grosses chaussettes et les pompes fourrées, les mains brûlent et rayonnent d'une couleur rouge douloureuse, le nez coule constamment, la gorge racle, l'écharpe est de sortie, les gants vont suivre avant que les poches de la veste soient perforées, le ciel ne semble plus vouloir bleuir, les soupes sont à l'honneur dans la plupart des repas, la déprime guette à chaque coin de rue, à chaque coin de pièce, la moto ne veut plus trop démarrer et quand elle veut s'en suit un horrible périple éternel dans l'enfer de glace, et pourtant c'est le sud... je ne veut même pas imaginer comment ça se passe plus au nord... la neige tombe il paraît... ça c'est le bouquet, pour l'instant elle n'ose pas trop approcher d'ici, mais elle est à nos portes, attendant la faille, la moindre faiblesse de la mer, une pollution amoindrie, et elle sera là... plus personne n'en doute... on la sent dans l'air, hargneuse, vorace, glaciale et impossible à stopper... le sommeil devient difficile également, les UVs étant limités en journée, l'activité réduite à son minimum, une fatigue constante s'installe et ravage lentement mes cellules grises blanchissantes...
On oublie si vite à quel point l'hiver est sans pitié dans nos habitions centenaires males isolées... le moindre petit brun de vent se glisse à travers les multiples interstices des fenêtres, sous les portes, par les murs trop fins et par le toit estival... On chauffe plus la rue que l'intérieur de nos demeures inadaptées... et on a beau se dire qu'on a survécu l'année précédente, on doute toujours, on se dit que cette fois-ci c'est pire, le réchauffement climatique à détraqué le thermomètre et le froid va tous nous abattre comme des petits lapins sans terrier... seule la compagnie permet d'ignorer un peu ces attaques incessantes, mais chacun doit retourner vaquer à ses occupations, travail, travail, travail, il nous sépare, nous éloigne les uns des autres pour nous affaiblir un peu plus et nous empêcher de respirer... alors le chômeur se retrouve seul dans sa bâtisse frigorifique et attend la fin... il en vient à la demander mais l'hiver est bien trop cruel pour mettre fin à ce terrible calvaire si promptement, il se complet dans nos souffrances, je l'entends jouir de bonheur sous la porte... pfuit, pfuit, pffffuiiitttt... sifflement moqueur qui observe jusqu'où notre corps affaibli pourra tenir le choc, encore un peu plus longtemps, il reste des réserves dans ma carcasse, mais elles s'amenuisent sans jamais récupérer... il faudra attendre jusqu'au printemps, de longs mois, de longs instants à claquer des dents à subir les poignards de cet assassin frigide et sans cœur... alors on a foutu Noël au milieu de cette misère pour que les humains reprennent un maigre espoir avant la dernière, longue ligne droite dans cette blancheur cauchemardesque...
Les gens s'entassent dans les magasins surchauffés en croyant y être plus heureux, plus confortables, mais dès leur sortie ils comprennent que ce n'était qu'une illusion... une illusion qu'ils oublient durant la semaine et où ils replongent plein d'entrain le week-end suivant... une ordre de cadavres qui se maintient en vie grâce à une consommation effrénée et répugnante... les files d'attente s'allongent et s'allongent, permettant aux zombies de profiter un peu plus de cette chaleur hors de prix... Les couleurs de coca-cola qui dominent ces scènes méprisables me donnent envie de vomir, mais je n'ai pas le droit de gaspiller cette soupe qui m'a sauvé la vie ce midi... alors je ravale ma gerbe et passe mon chemin à la recherche d'une image plus gratifiante de l'espèce humaine... et ainsi, toujours je rentre bredouille, désespéré, dans l'attente du printemps lointain ou les vignes renaitront de leurs cendres... si seulement je pouvais les imiter et mourir durant l'hiver... je sens que je ne suis pas fait pour cette période glaciaire alors sans doute étais-je un cep dans une autre vie et on ne m'a pas fourni de nouvelles ressources pour survivre patiemment à ces instants immoraux... en souvenir je me noie dans des verres de vin chaud, ceci fut mon sang, et le sang retourne au sang et retourne ma tête... seul ce cycle cannibale me permettra de tenir le coup et de pouvoir apprécier les rayons du soleil quand ils daigneront revenir... après cette éternité de glace...

02/12/10

jeudi 2 décembre 2010

C't'étagère bée

De l'urine verbale, de la petite pisse lexicale, de la grosse merde littéraire, de l'ignorance lexicale, ce n'est pas ce dont à quoi j'aspire et pourtant je m'y noie jusqu'au coup, je patauge dans ce sérieux faussement intellectuel, dans ces excréments expérimentaux qui voudraient porter le blason de la révolution génialissime...
Plus je fréquente des personnages cultivés et plus je me vomis dessus et sur eux par la même occasion. On se fout vraiment de notre trogne mais avec une telle sévérité qu'on ne parvient même pas à se détacher de cet univers grandiloquent qui se proclame savoir suprême et absolu.
" Oh mon Dieu, mais quelle vulgarité...
- Que c'est mauvais, ces tentatives de modernisation de notre belle langue immuable.
- Mais quelle honte de se répandre ainsi dans un tel ramassis d'ignominies simplistes sans profondeur ni fondement.
- Un bel essai qui ne mènera sans doute nulle part non pas faute d'essayer mais plutôt par un manque de talent évident.
- De la littérature populaire pour les pauvres qui malheureusement ne lisent pas et entraineront cette œuvre dans le néant qui les attend eux-mêmes.
- Si Frédéric Dard écrivait pour les ménagères en se moquant avec arrogance de l'Académie, celui-ci écrit pour encore plus dépourvu de culture qu'il ne mérite même pas qu'on en parle.
- Bla bla bla, voilà qui résumerait à merveille ce torchon de mots qui insulte nos si grands écrivains.
- De l'anglais, du français, de l'espagnol, encore quelques langages et nous aurons la paix universelle pour que plus jamais ne se reproduise ce genre d'infamie."
Mais allez-y, vomissez tant qu'il vous plaira. Car si vous pouvez vomir c'est que votre estomac est déjà trop plein. Les critiques et lectures des plus Grands me permettent de poser en numérique ce que ce monde refuse de voir et d'affronter. J'en paye un tribu bien lourd par des formes épuisées, des idées usées, des sens vides, une légèreté enfouie sous terre et un humour terrassé.
Que suis-je devenu en voulant ancrer l'ironie de tous les jours sur du papier vierge d'espoir et à l'avenir limpide ? Je me rends compte d'avoir perdu quelque chose dans cette irréalité mais également dans la réalité quotidienne. Je me suis alourdi. Mes doigts écrasent le clavier avec une lourdeur abominable. Mon cerveau s'est enfermé dans un recoin livide de l'existence. Je boude constamment. Je n'ai plus la force ou l'envie de rire. Je n'ai plus l'envie ou la rage du monde pourtant si drôle. Moins blasé qu'avant et pourtant sans motivation. L'exception ne semble plus exister aujourd'hui. Tout est plat. Je suis passé des torrents joviaux de la joie sans désir à la plaine aride de la satisfaction universelle. Il n'y rien de bien joli à voir ici. C'est le calme. Il ne se passe rien de non prévisible. Il ne se passe rien tout court. On se masturbe en groupe sur la généralité flagrante. On applique bien gentiment les règles centenaires. On s'abaisse, s'agenouille, se courbe, se plie, accepte l'esclavage et refuse le défi, on bande mou et c'est tout.
J'étais bien mieux avant toutes ces conneries. J'aimais tellement emmerdés le galvaudage et les lois, me moquer de ce sérieux coincé du cul qui défini les règles de la beauté et du plaisir, et malgré tout, aujourd'hui, je baisse mon pantalon et attends calmement le gourdin que l'on me glissera dans l'orifice fécal...
S'il vous plait, je vous prie, approchez, n'ayez pas peur, amenez votre quenelle, qu'importe la taille, je suis prêt, les fesses bombées, je suis ouvert à vos principes fondamentaux, je les accueille à cul ouvert, je suis là, j'attends, alors allez-y, enculez-moi...
Foutue chienlit, dans quel bourbier me suis-je avancé, je ne souhaitais pas grand chose, juste offrir et voilà que j'ai perdu ma liberté mais gagné un superbe paquet de chaînes rouillée qui m'empêche de me marrer comme avant. Mes bouteilles de picrates ont toutes le même goût, mon rhum est industriel et sent pisse même coupé au jus d'orange, mes clopes me pourrissent les poumons et la gorge sans soulagement, les chattes sont sèches comme le désert en été, les films de boules sont surzoomés, le soleil est glacial, l'herbe est verte pâlichonne, mon basilic végète, et mon chat gerbe ses boyaux sur les tomettes... J'en viens à regretter le bon vieux temps sans illusions, sans espoir, complètement libre et ironique... Je n'ose imaginer l'année à venir... et les possibles autres à suivre... Rendez-moi mon innocence et ma dérision... laissez-moi chier tranquillement en lisant du Céline et en me fendant la gueule, peinard sur mon trône... saloperie de sérieux, crève la bouche ouverte, personne ne regrettera...

01/12/10

mercredi 1 décembre 2010

El cenicero no sincero o si

Vino y vino en mis venas,
Air et vêtements sentent la vinasse,
¿Porque, porque te vas?
Vite et mal le temps passe ;

Secuestrada para un mundo de agonía,
Que me quema con una triste ironía,
Juste bon à écrire des vers niais,
Si j'en suis l'auteur, j'aimerais le nier ;

Ignorancia de nos sueños,
Arrogancia en nos ojos;

Mis juicios evolucionan,
Hier encore j'avais la banane,
Tus calidades se evaporan,
Et je me comporte comme un âne ;

Nos miramos los pies, bajo la mesa,
Sin comprender su facies, que farsa,
Le moral en pièces, et je remets ça,
Besoin de faire la sieste, ça passera ;

Rey y reina de la incomprensión,
Serait-ce la contradiction qui nous passionne ?
Vida moderna sin compasión,
Pourquoi est-ce le bonheur que l'on rationne ?

Autant de bien que de mal tu me transmis,
Corro tras ti y corres tras mi,
Siguiendo la traza del circulo sin fin,
Comme des zombies sous morphine ;

Dos sombras que buscan un sol,
Sombrant dans la pénombre du sous-sol,
Y siempre permanecerán solo,
Car on ne peut se parler sous l'eau,
Porque el uno tapa de otra, y viceversa,
Et déjà sèchent les larmes que l'on versa,
Como una mentira tapa una verdad, veras,
Que l'amour toujours la haine terrasse,
J'espère y esperas...

30/11/10

mardi 30 novembre 2010

Lame ou raie, terne hell

L'amour m'a rendu toutes mes émotions,
Ce grand amour, que l'on hurle sur les toits,
Que l'on vante, que l'on cherche, que l'on envie,
Mais qu'en savent ceux qui en parlent tant ?
J'étais désintéressé de tout, plus libre que le vent,
Sans tristesse, sans peur de la perte, sans honte,
A présent je crains tout, je tremble, je brûle,
Je me sens consumé par toutes ces choses oubliées,
La paix m'a quitté, l'amour est entré avec son armada,
Il dominait cette armée, plein de charme et de promesses,
Alors je l'ai laissé entré, je l'ai accueilli à bras ouverts,
Mais lorsque j'ai pu voir les fléaux qui le suivaient,
Il était déjà trop tard, la porte ne pouvait se fermer,
Haine, colère, rage, violence, souffle ardent de destruction,
Il n'y a pas assez de place pour cet amour,
Il faut faire le vide tout autour de lui, d'elle, de moi,
Je souhaite le néant pour pouvoir le remplir,
Mais rien ne cède, tout est si solide et statique,
Inébranlable façade de pourritures suintantes,
C'est dans le fumier que poussent les roses,
Mais cette odeur m'empêche d'en apprécier la beauté,
Elle me pique les yeux, me fait serrer les points,
Une assiette, un verre, une bouteille, une chaise,
Des livres, des bibelots, une armoire, des vêtements,
Tout s'envole dans ces pièces exigües,
Tout y passe et mes mains prennent tant de plaisir,
A lancer ces objets idiots pour les voir se briser,
Se mélanger, se corrompre, mourir, ou juste s'allonger,
Méprisables matières sans intérêt, sans réflexion,
J'aimerais pouvoir les écraser tous en même temps,
Leurs faire subir la puissante rage de mes mains haineuses,
Mais ils sont si stupides qu'ils s'y refusent et regardent,
Sans expression, dans le fond de mes yeux rouges,
Je les entends presque rire de me voir ainsi,
Mais il est trop tard, la porte a été ouverte,
On m'a expulsé de mon château d'insouciance,
A présent je ne peux plus y retourner...

Je nage de toutes mes forces dans cette mer d'amour,
Je ne souhaite qu'une chose, en sortir, retourner sur la terre ferme,
Car les poissons carnassiers qui y vivent veulent ma peau,
Il n'y a pas d'humour dans cette pataugeoire,
Que des émotions changeantes comme le climat,
Parfois c'est le grand calme, un superbe soleil me réchauffe,
Mais à d'autres moments, la tempête m'emporte,
Je peste contre cette flotte salée qui me déchire la gorge,
Les habits trempés qui me collent comme pour m'étouffer,
Et le ciel qui se me pousse à hurler ma colère,
Un défit, je suis plus violent que lui, plus fort,
Plus sincère, plus vrai, unique, et je le surplomberais,
Un jour je serais au-dessus de lui pour lui pisser au visage,
L'amour m'a trouvé et s'est posé sur moi comme une armure,
La colère est mon épée de feu qui nettoiera ces eaux,
Le sérieux est mon bouclier qui renvoie les crachas du ciel,
Je suis le pitoyable grand chevalier plein de peur et de violence,
Pour conserver ce misérable présent je détruirais le reste,
Mon fléau ne s'arrêtera que lorsque le vide aura repris ses marques,
ô Amour, je te hurlerais sur les toits,
ô Amour, j'anéantirais ceux qui parlent de toi,
ô Amour, je suis ton étendard, et seul je te préserverais,
Car tu ne peux exister qu'en nous deux,
Car je t'ai accueilli à bras ouverts avec ta terrible légion...

29/11/10

lundi 29 novembre 2010

Je coche "marre de ..."

Ma vision est parfaite et pourtant je vois le monde trouble... comme derrière une fenêtre pleine de buée, translucide, flou, pas clair, difficile à cerner clairement... à quoi est-ce dû ? Je n'en sais rien... j'avais l'impression de comprendre mieux les choses, d'approcher d'une certaine sérénité, et puis ce matin, au réveil, il n'y avait plus que cette masse de formes indistinctes qui m'oppressent... les formes se meuvent, en tout sens, mais elles ne me touchent pas encore, car ça, je pense que je suis toujours capable de le sentir... même si le doute commence à s'installer... faudrait-il que j'essaye d'en approcher une pour voir sa réaction et la sensation d'un possible contact ? Mais après il n'y aura plus de marche arrière... ce sera trop tard si cet univers lugubre devient en plus douloureux... mieux vaut rester calme, dans mon coin, loin, calme... elles bougent tellement... où sont passés les êtres humains ? Et leurs inventions ? Je pense que c'est la rue que j'observe en bas, la forme lui ressemble, mais tout ce qui la compose n'est plus le même que la veille... si c'est bien elle, les murs se sont mis à bouger... ils remuent... ils tremblotent... ils vibrent... des gens passent, ou des véhicules, car ils sont plus mouvants que le reste, en une ligne presque droite, une tâche rouge qui gonfle et se rétrécit mais avance toujours vers le haut de la rue... ce n'est donc pas un mur... le ciel aussi vibre... on dirait une peinture gaussienne que l'on repeint à chaque seconde, mais une peinture de mauvaise qualité, sans talent, sans passion... quoi que je ne sois pas un expert en art... loin de là... quoi que je ne sois un expert en rien... je ne sais plus si j'ai déjà maitrisé un sujet... quelque chose que j'aurais eu la conviction de savoir, de connaître, de pouvoir juger, critiquer, argumenter... il me semble, mais je ne vois pas quoi... il semblerait que ma vision floue se propage à ma certitude et ma confiance... je doute... j'ai mal au cœur... cette envie de vomir qui monte et monte sans que je ne sente vraiment de nourriture ou de bile prête à sortir par ma bouche...
Je suis en train de dormir, tout simplement... il n'y a que ça de logique... on ne réveil pas un beau matin avec une vision autant perturbée... à moins d'avoir consommé des produits hallucinogènes ou toxiques, ce qui n'est pas mon cas... ou à mon insu ? non, je me remémore parfaitement la soirée, la journée et mes maigres activités d'hier... rien de bien excitant, rien de bien original, juste une avancée dans le temps sans dégâts ni améliorations... je dors, c'est tout, pas la peine d'en faire un roman... mais d'habitude j'ai du mal à me rappeler mes rêves alors de là à devenir conscient au milieu de l'un d'eux, il y a un fossé... mais quoi d'autre ? il me suffit de dormir, ou me rendormir, on verra ce qu'il reste au réveil...
Et si je ne me réveillais pas ? Si j'entrais plus profondément dans ce cauchemar et que le temps se distorde tant que je passe une dizaine d'existences dans les méandres de ces troubles mentaux ? Lorsque je parviendrais enfin à sortir de ce bordel j'aurais tellement vieilli dans ma tête, tellement vécu dans une réalité personnelle que plus rien ne me permettrais de distinguer la réalité commune et sacrée de la société moderne... et toujours ce doute... et toujours cette envie de gerber... mais rien ne vient... si peut-être un début de migraine... mes neurones vont trop vite... j'ai l'impression de les sentir s'entrechoquer... des courants électriques parcourent la totalité de mon crâne... c'est une vraie centrale nucléaire que j'ai là-haut... une centrale prête à imploser... mais le temps... le temps qui semble si ralenti... cela pourrait des siècles avant que ça ne pète... il faut trouver l'interrupteur... il y a forcément un petit bouton quelque part... un champignon rouge a presser en cas d'urgences... un point rouge... lumineux... et d'une simple pression, tout s'arrête... une simple pression de la paume... et tout s'arrête... tout s'arrête...

28/11/10

dimanche 28 novembre 2010

Sans, ti es de là, l'hache thé

Un regard, une réalité violente qui parcourt mes veines, une sensation de désolation intérieure, au fur et à mesure qu'avance la soumission à cette paire d'yeux tranchants comme des lames de cutter. Je sens le désert s'étendre dans mon corps, la sécheresse remplace la flotte qui me composait... vais-je m'écrouler, statue trop ancienne, trop passive, qui se contente de subir les ravages du climat. Je ne peux déjà plus remuer, mon cœur se ralentit inexorablement. Ma volonté n'existe déjà plus, esclave volontaire prisonnier de son propre à l'inactivité. Croyant choisir la voie la plus simple je me suis engagé dans un sens unique qui se referme derrière moi. Le sol se modifie à chaque pas, d'une douce herbe verte des charbons ardents sont apparus, éparse au début, mais je vois bien qu'au loin il ne reste qu'eux, dominants destructeurs de la paix, je paye à présent ce mauvais choix.
Il y a bien cet immense oiseau qui plane bien haut dans le ciel au-dessus de ma tête mais je pourrais dire s'il s'agit d'une géante colombe salvatrice ou d'un vautour patient qui connaît mon avenir. Le soleil m'empêche de le discerner correctement et me brûle les rétines à chaque tentative. Je ne crierais pas au secours. Je ne pourrais d'ailleurs pas, mes cordes vocales honteuses refusent de m'obéir et se moquent de moi d'un rire intérieur arrogant et sincère. Il n'y a pas de pitié dans ce lieu sans issu, parce que personne ne la mérite. On hérite de ce que l'on ne souhaitait pas méditer. Un simple obstacle que l'on ne veut pas franchir, une tentative de détour simpliste et nous voilà enfermé dans la sphère obscure de la lâcheté. On aimerait pouvoir se racheter mais il est trop tard, il n'y a plus rien à vendre ici et mon âme ne m'appartient plus. Je n'ai plus rien à offrir si ce n'est ce rire sans espoir qui dépose le point final à la fin de ma réponse idiote à la question complexe de l'existence.
Voilà, j'arrive au bout de mon chemin, mes pieds carbonisés ne quitteront plus jamais ce sol, je n'ai plus qu'à attendre que mes genoux cèdent et laissent tomber le reste de mon corps dans les braises punitives. Alors je m'enflammerais une dernière fois et ma conscience pourra se dissoudre et disparaître pour toujours. Ce n'est qu'un pauvre moment à passer, l'obstacle final, sans suite, sans continuité, sans autres épreuves, rien que le vide, rien. Mes jambes tremblent, l'instinct de survie envoie ces ultimes ressources pour me maintenir debout mais je sais qu'il ne tiendra pas longtemps. J'aimerais qu'il renonce comme j'ai renoncé. Qu'il abandonne enfin ce combat perdu d'avance car c'était au croisement de la facilité et du courage que j'avais le plus besoin de lui mais qu'il n'a point pipé mot. Tous ces maux, il les a mérités autant que moi. Renonce, renonce et viens avec moi dans l'éternel néant.
Mes genoux cèdent... je sens le vent dans mes cheveux, une descente vers la rivière de lave... pourquoi dois-je vivre ce dernier instant au ralenti ? Des images fusent dans ma tête rafraichie par la légèreté de l'abandon... Devrais-je avoir des regrets ? Je n'en ai aucun, tout a été mérité... Ce sort est mien... je l'ai su lorsque la peur m'a fait tourner les yeux vers la verdure... impact avec le sol... mes mollets se réchauffent si rapidement dans cette lenteur extravagante... il ne me reste plus qu'à balancer mon torse vers l'avant et tout sera fini... mon dernier geste... la dernière étincelle de volonté... le souhait que tout s'arrête... lutte contradictoire face à l'instinct primaire... je force pour basculer en avant... une simple pression et la gravité s'occupe du reste...
Voilà, c'est fait, je peux fermer les yeux et apprécier la douleur brûlante qui va dévorer mon corps... Mais quelque chose se referme sur mes épaules... sert, et sert encore, puis me tire vers le haut... la pesanteur est impuissante, mon être se soulève... je sens le vent, plus fort... si je pouvais encore sentir mes pieds je pense que je ne sentirais que le vide sous eux... le vent est si frais, si revigorant...
Ce n'était donc pas un vautour...

27/11/10

samedi 27 novembre 2010

Lasse, primé race, pâle à brasse

El amor me ha rendido el odio,
Adiós paz, bienvenidos pesadilla y sueño,

Paradoja de la duplicidad,
Adora esta dulce realidad,
Riqueza de los sentimientos,
Esperanza de que no mintamos,

La alambrada de espino desapareció,
Una melodía de samba la sustituyó,
Hoy, el mar esta azul y el cielo tranquilo,
Pero, una mala palabra y todo se vuelve sombrío,

Desde brío hasta miseria,
Desde miseria hasta memoria,
Sin todo esto Maria no me amaría,
¿Pero, la petición de mano aceptaría?

Sólo el tiempo lo podrá decir,
Por el momento, es callado y se niega ir,
En la dirección del lejano futuro,
Como si tuviera miedo, entonces espero...

26/11/10

vendredi 26 novembre 2010

Qui héro laisse Pagnol

Había días con y otros sin,

A veces fui un sano,
A veces fui un asesino,
Al menos, el tiempo pasaba y pasara,
Como el humo de tabaco se evapora,

Después, un pájaro se posó delante de mi jaula, obra de arte,
Me miró y se echó a cantar con una voz de otra parte,
De entrada pensé que era maravilloso y apaciguador,
"Esta ave no es de aquí pero puede ser de Ecuador",
Con todos estos colores,
Le dije : "Mi dios, me quieres ?"

Cantó un poco más y se voló,
Entonces mi corazón estalló,
¿Por qué me mostró la belleza?
"O monstruo, no tengo más esperanza",

La vida fue mejor antes de esto,
Habría querido darle un beso,
Pero era demasiado tarde,
No tenía nada más, desgraciadamente,

Desde entonces espero como un pobre perro, detenido,
El tiempo se paró para siempre en el tormento,
Estaba muerto sin saberlo y el pájaro me regaló existencia,
Ahora puedo padecer porque tengo una esencia...

25/11/10

jeudi 25 novembre 2010

L'âme, arche m'accable

La démocratie fait sa crise d'adolescence,
C'est l'Empire de l'essence qui nous plie dans tous les sens,
Qu'est-on censé penser, on est en train de foncer,
En voiture dans le mur, points de suture, point de futur,
Nous sommes mûrs pour la rupture, mais si descendre dans la rue n'est pas dur,
La dictature s'est ferme ta gueule, la démocratie s'est cause toujours,
On l'a bien vu l'autre jour, quand les retraites sont tombées dans le rouge,
Et même avec la rage, ça ne sert plus à rien qu'on bouge,
Plus personne ne croit à la révolution,
Et à part technologique, il n'y a plus d'évolution,
Le tiers-monde crève de faim, les pays riches bouffent de la merde,
Les femmes se gonflent les seins, les hommes se branlent comme des nerds,
Sale texte blasé, je veux de la joie mais sur quoi se baser ?
C'est comme vouloir une barbe quand on t'impose de te raser,
Avoir vingt ans dans sa tête avec un corps de cent années,
Quoi qu'on dise ou quoi qu'on fasse, je lis sur nos faces: nous sommes damnés...

24/11/10

mercredi 24 novembre 2010

Para ti vers bal

Rap non comestible, mélange incompréhensible,
Mais je m'en bas les huevas et prends les cons pour cible,
Como no comprendas, je nage le crawl et toi la brasse,
Alors suis les traces de mis primeras palabras,
J'embrasse toutes les cultures quitte à faire une culbute,
La fortune sera dans le crâne car l'argent c'est plus le but,
J'affute mon vocabulaire, c'est mon plus gros salaire,
Et mon ironie patibulaire te donne un sale air,
Allez hombre, faut bouger pour pas sombrer,
Et si je fais pas danser, y a du champagne à sabrer,
Même si t'es pas sapé, on est pas à ça prêt,
Alcool en quantité pour que tout le monde puisse gerber,
Alors appelle tes amis, je veux que les téléphones sonnent,
El más importante, es la fiesta en el corazón,
On se sent au sommet, même bourré, assommé,
Tout est bon pour se marrer et les bad trips ont les omet...

23/11/10

mardi 23 novembre 2010

Laisse pas la gnôle

Hola amigas mías, la nueva música llega,
Perdonen mi idioma porque no soy de Bogotá,
Estudio español desde hace poco,
Pero un rapero debe divertirse con texto,
Entonces voy por aquí, por acá,
Buscando la palabra buena, la palabra justa,
Pienso, luego esta canción existe,
Hablo, porque mi voz excite,
Vengo de una calle del departamento trece,
Tengo otro testamento que Calle 13,
Soy un ciudadano del mundo,
Y encontraré mi vía buscando,
No importa que la gente piense que estoy de mas,
Con mis huevas haré mover las masas,
Es verdad que no soy muy cortés porque soy francés,
Por eso escupo sobre la tumba de Hernán Cortes.

22/11/10

lundi 22 novembre 2010

Jeu dans ce pas

On me dit je suis trop mou, demasiado,
Mais c'est ça le flow de Mano Titanio,
Pas de Samba dans le sang, quand ça monte, je descends,
A près cent pas de Cumbia, je ne sens plus mes tibias,
Souple comme un robot, je suis l'opposé du bambou,
Un caillou au milieu des roseaux, la délicatesse de Rambo,
Sofisticado como un hombre prehistorico,
Ce son vient de Marseille et non pas de Puerto Rico,
Mais c'est comme ça amigo, je ne suis pas gogo-dancer,
Si je vais sur la piste de danse, c'est pour brancher ta sœur,
Je suis le ramasseur sur ce cours de pénis,
Le doigté d'un masseur pour combler toute les miss,
Mesdames, remuez vos miches, il reste deux places dans ma niche,
Soy el cazador et vous êtes les biches,
Mais pas de triche, j'ai des fiches et j'évite les quiches,
Je m'en fiche des bakchichs, je ne baise pas les poids chiches...

21/11/10

dimanche 21 novembre 2010

Le nom du non

Mon premier est le contraire de l'affirmation,
Mon second n'existe pas,
Mon troisième est similaire au précédent,
Mon quatrième ne joue pas l'originalité,
Mon cinquième, autant l'ignorer,
Mon sixième n'est guère mieux,
Mon septième aurait aimé être mieux,
Mon huitième aurait préféré être pire,
Mon neuvième n'a que le mérite d'être le dernier solitaire,
Et mon dixième marque la fin autant que le début...
Lequel est arrivé avant l'autre ? La poule ou l'œuf ? Le oui ou le non ?
Que serait la vie sans négation ? Pour un seul individu, elle pourrait être meilleure, mais pour la société entière il est impossible de l'imaginer car rien ne serait comme il l'est aujourd'hui... où l'a été il y a cinq milles ans...
Sans négation, on peut même se demander si l'évolution serait possible... L'affirmation constante entraîne donc une stagnation... Lorsque la nature demande au poisson s'il souhaite avoir des pattes pour marcher sur la terre, celui-ci répond donc que oui. Mais alors la nature lui demande s'il ne préfère pas rester poisson, et ce dernier répond une nouvelle fois que oui. Il n'y a plus mouvement possible, puisque toute question a son opposée, et avec un seul choix de réponse il y a forcément paradoxe...
L'affirmation a ainsi besoin de la négation pour exister... lui sans l'autre n'est rien ou bien la même chose... cela rend ses trois lettres de noblesse au non... vive le non, de lui découle l'affirmation, le non devient un oui si on le regarde sous un autre angle...
Le nom du non est donc évolution, progrès, retour, mouvement... merci pour ses multiples beautés, merci pour ses horreurs qui rendent leurs opposés plus belles... le bonheur existe grâce au malheur, grâce au oui et au non...
Je pourrais continuer ainsi pendant des pages et des pages qui ne feraient que répéter encore et encore la même démonstration, alors je dis stop... je dis non, parce que je pourrais aussi dire oui, et comme cette page est consacré au non, donc aussi au oui... mais je dis non et je m'arrête...

20/11/10

samedi 20 novembre 2010

Pain des sons

La magie d'un instant, la machine insistante,
Un œil s'ouvre sur le néant, mais néanmoins,
La rétine perçoit un petit point au loin,
Il y a bien quelque chose dans le vide,
Qu'est-ce donc ? Il faut le savoir vite,
Suivre sa voie, survivre à cette voix,
Qui répète l'inaudible, impossible supplice,
Les sourcils se plissent, disparaît la peau lisse,
Mais que fait la police ?
Elle attend les effets du café,
Tranquillement calée dans sa surdité,
Totalement décalée avec la réalité,
Vivement l'été, le vieil hiver a trop été,
Le vieil ivrogne a roté et pété,
Combien d'années cela doit-il se répéter ?
Signez ces pétitions, confiance à votre intuition,
L'étui de cristal cesse de briller,
Et on a beau crier, la luminescence est en décadence,
On voudrait des cadeaux et des jolies danses,
Mais la désolation devient si dense,
Il n'y a plus d'air, ni de cadence,
Tous les cadenas semblent s'être refermés,
Et personne n'a les clés, torture bâclée,
Le sang continue de gicler,
Et les os de racler aux chevilles et aux poignets,
Maîtres et esclaves sont tous prisonniers,
C'est la réciprocité du tisonnier,
Dommage que les pionniers se soient gourés,
Trompés de chemin, égarés, bourrés,
Dégun sait d'où l'on vient,
Quelqu'un cède ou le veut bien,
Pour qu'enfin dans ce néant il n'y ait rien...

19/11/10

vendredi 19 novembre 2010

D'hiver, tisse, mens

L'aube vint de bonne heure ce jour-là,
Je lisais le journal, banal, assis le long du canal,
Regardant passer les canards et les bateaux,
Je pensais que c'était beau, saluait les matelots,
La douce musique du clapotis de l'eau formait des mots,
Et soudain, des nuages pointèrent leur museau,
Ce fut fini de s'amuser, il fallut rentrer,
Raser les murs, courber l'échine, quelle chienlit,
Mais je refusais de me laisser abattre par ce marasme,
En fait le soleil j'en avais marre, tant mieux qu'il se barre,
C'est sous la pluie qu'il y a plus de départs,
Des parties de marche, des parties de courses,
J'aime ça comme le miel, les ours,
Retour aux sources, mélancolie de l'alcoolique,
Ce n'est pas le ciel gris qui donne la colique,
Je l'ai appris à l'école de la vie sans avoir envie,
En lignes droites et en virages, plaisirs et rages,
La morale, c'est qu'il suffit de garder le courage,
Car où il y a de la merde, les roses sont dans les parages,
Tout ça reste du mirage, la liberté existe aussi en cage,
Houlà, c'est le carnage des palabres, filez-moi un sabre,
Des conneries comme celles-ci méritent l'harakiri,
Ce sera un petit, tout riquiqui, un du maquis,
Qui n'apprécie pas les moqueries,
Mais uniquement la sonnerie de fin,
Avant que je me coupe moi-même la faim...

18/11/10

jeudi 18 novembre 2010

La moue rie, l'use ion

"Mais voyons, l'amour n'existe plus... ne raconte pas n'importe quoi... C'est comme Dieu, il est mort... depuis moins longtemps tout de même, mais le résultat est le même...
- Mais c'est toi qui raconte n'importe quoi. Comment peux-tu dire quelque chose d'aussi honteux, voir idiot. Si tu n'as jamais connu l'amour, je peux concevoir que tu le crois mort, mais ce n'est surement pas le cas. La preuve, je le vis. Et je peux t'assurer qu'il existe bel et bien. Je peux presque le voir, le toucher, le palper à pleines mains. Il est là, tout le temps avec moi, semble inébranlable, chaleureux, presque brulant. Je le sens à chacun de mes battements cœur. Alors s'il te plaît, révise ton jugement et crois-y pour lui laisser une chance d'entrer dans ta vie.
- S'il y bien une saleté de plus que je ne laisserais pas entrer dans ma vie, c'est bien l'amour. Au du moins ce que tu appelles amour. Parce que ce n'est qu'une illusion. Un produit inventé par l'Homme moderne capitaliste pour mieux manipuler le peuple faiblard. Le véritable amour est mort, et c'est tout. Je ne sais pas qui l'a tué, je n'étais pas encore né, et je ne me suis pas vraiment plongé dans une recherche approfondie du problème car je sais que l'assassin est aussi décédé depuis lurette et que savoir son nom ne servira à rien pour ressusciter ce merveilleux sentiment.
Un individu, seul, a compris que l'amour pouvait nuire à un système pourri basé sur le profit et ça ne l'arrangeait pas du tout. Alors il a convaincu une bande de lascars véreux de détruire ce barrage à son projet. Ces derniers l'ont attrapée, torturée, écartelée, violée et tuée sans la moindre pitié, aveuglés par un discours qui dût être d'une qualité remarquable.
Tous sont sans doute morts plein de regrets, comprenant qu'ils venaient de changer la face du monde mais il était trop tard. Il ne restait plus rien à sauver. Les traces de l'amour véritable resteraient de simples souvenirs sur papier. Plus personne depuis n'a vécu cet amour... tous ont vécu dans une illusion manipulée... et tu es l'un d'eux mon ami...
- Voilà, merveilleux, tu parles par détournements, propos vagues sans preuves, métaphores incompréhensibles, et tu espères que je vais te croire. Renoncer à ce glorieux sentiment que je n'osais espérer vivre un jour. Je plains ta vision désespérée qui empêche le bonheur d'entrer dans la demeure de ta conscience. Tu te barricades et t'interroges sur le fait que rien ne vient à ta rencontre. Tant que tu n'ouvriras pas un passage dans ta forteresse, tu resteras isolé, victime de tes seules pensées tristes, et le temps usera ton visage sans que tu n'aies connu autre chose que ton univers fermé. Mais ce dialogue ne mènera nulle part, comme tous ceux que nous avons eus avant sur d'autres sujets que je vis et que tu te contentes d'imaginer, d'analyser, et de reformuler sur des faits inexistants.
- La fuite est sans doute le meilleur moyen de ne pas briser ton illusion. Je ne veux surement pas te priver de cette fausse joie et me retire donc dans mon silence solitaire... à bientôt amigo, nous nous reverrons lorsque tu seras en petits morceaux sur le sol et que je devrais ramasser les pièces pour tenter de récupérer ce qu'il restera de toi..."

17/11/10

mercredi 17 novembre 2010

Sec homme, ça

Violence, violence... je torture, trouble, parasite, pollue, dégoute, énerve, abrase, je suis l'ignoble individu qui nuit à autrui... mais qui puis-je ? ce n'est pas ma faute... directement... ces impressions découlent naturellement de ma soumission aux évènements qui me tombent sur le coin de la gueule... donc je ne peux m'estimer coupable ni responsable... refusant de porter le poids de la culpabilité... ne pouvant porter aucune attention aux erreurs passées... j'erre... j'aère... mais n'adhère pas... du moins je le crois... ou contre ma volonté... qui elle-même n'existe pas...
Et nous y voilà... encore... et encore... le con de clébard qui tourne en rond après sa queue... c'est d'autant plus con que je préfère les chats... ou peut-être les enviais-je tout simplement... liberté et aucune honte à montrer une sorte d'amour en vue d'un profit... sincère ou pas... il n'a que lorsqu'il court après son jouet à travers l'appartement que l'on pourrait sentir une certaine infériorité, et encore, après réflexion, il y a toujours cette liberté de pouvoir profiter de la vie avec un jouet sans appréhender le moment difficile de devoir se nourrir... je m'amuse, je ne pense pas au futur, je me moque de ce qui m'entoure, je fais de l'exercice, et rien ne peut vraiment m'arrêter... empêchez-moi de jouer, je reviendrais lorsque votre motivation sera épuisée, et je sais qu'elle le sera... pitoyable humain... je lis dans vos yeux la faiblesse... à chaque instant, vulnérable, soumis, sans maître et pourtant esclaves...
Sept vies... en plus on leurs a donné sept vies... sans doute justifié par le fait qu'ils soient l'élite de notre société... je ne veux pas imaginer ce que l'humain ferait de sept vies, mais il y a peu de doutes sur le fait que le gouvernement profiterait de cet avantage... les guerres déjà longues deviendraient sans fin... la retraite ne serait qu'une illusion inatteignable... excuses après excuses on nous retirerait nos droits, la torture prendrait une toute autre ampleur, mais au final, on en reviendrait au même dégout du comportement humain... donc vive le chat, et bravo pour ton attitude respectueuse malgré ce qu'en disent certains... tu nous domines depuis toujours et continueras encore pendant longtemps...
Disparition, évaporation, disparition... je m'en vais me cacher là-bas... au loin, de l'autre côté de l'océan, où personne ne viendrait m'influencer de ses idées capitalistes en dégradation... c'est là-bas que je m'enfuis, et je voudrais ne pas avoir à revenir... la mort du perfide contre la naissance de l'être véritablement libre... s'il vous plaît, laissez-moi m'éloigner sans me retenir, sans me laisser le moindre bagage si ce n'est cette envie de ne plus faire le mal... je ne veux plus faire souffrir mais je sais au fond de moi que cette terrible aventure continuera encore et se répètera jusqu'à ce que mes yeux se ferment une dernière fois...

16/11/10

mardi 16 novembre 2010

Guerres, ils ont

Le jeune génie décida rapidement de synthétiser la toxine venue de l'espace en très grande quantité et de la répandre dans toutes les sources d'eaux potables et dans l'air grâce à des ballons atmosphériques. En moins d'une année la moitié de la population était contaminée, les guerres prirent naturellement fin, plus personne ne voulait faire de la pub ou des bénéfices, les banques et le commerce s'effondrèrent, l'être humain redécouvrit le plaisir de la culture et de l'aide collective. Tout le monde participait collectivement à un effort pour que la nature reprenne sa place dans une euphorie jamais connue sur la planète. Les derniers Hommes non contaminés attrapèrent le virus simplement par contact avec ces individus joyeux et le bonheur gagna la totalité du globe.
Seul le jeune chercheur, qui approchait les cinquante ans s'était volontairement protégé des effets de la substance pour garder le même désir de connaissance et d'analyse. Après avoir constaté les résultats merveilleux dont il était en partie responsable, il lui vint la terrible sensation que dans un tel bonheur, sans nuisances, sans peur de la mort, sans envie d'en savoir plus sur l'existence, l'Homme ressemblait à un vulgaire animal rieur et niais. Pour avoir conscience de son bonheur, il faut avoir connu le malheur. Or, ici, plus personne ne se faisait de soucis. Il chercha donc l'antidote dans les restes de son laboratoire isolé. Il fallait tuer la bactérie sans nuire au reste du corps. Avec son génie, cela ne pris que quelques mois. Derrière son microscope la toxine disparaissait sans laisser de traces en laissant toutes les cellules intactes. Il commença donc à produire son remède en énormes quantités dans une immense cuve. Comme il ne possédait plus suffisamment de moyens pour le répandre sur toute la planète il le modifia pour celui-ci se mêle à l'air ambiant et s'envole avec l'aide du vent.
Le 23 mai 2049 il ouvrit la cuve et un triste nuage gris s'évapora dans l'atmosphère. Les premiers individus atteints semblèrent sortir d'un rêve et reprirent conscience de leur existence. Malheureusement, l'envie de retourner dans le rêve étant bien trop forte ils commencèrent à massacrer avec une violence abominable ceux qui étaient encore heureux de vivre. Le remède mis plusieurs mois à parcourir le globe, la mort l'accompagnant de près. Le pauvre chercheur compris qu'il était bien trop tard pour appliquer un tel remède. Avoir conscience de son bonheur après avoir connu le malheur est une chose, mais perdre un bonheur sans questions et se retrouver face au non-sens de la vie était bien trop dur à supporter pour les êtres humains. La population planétaire se suicida ou extermina son prochain dans une rage incommensurable et la majorité des êtres humains disparue rapidement de la surface terrestre. Les derniers survivants, sans intérêt pour la procréation, continuèrent à errer sans but, se nourrissant tout juste pour maintenir leur squelette debout, jusqu'à ce que la mort les arrache à ce monde dévasté.
Le coupable du désastre mourut le dernier avec un sourire sur le visage. L'Homme était trop imparfait pour pouvoir s'adapter à l'univers avec un certain respect pour lui-même... il mourait en sauveur...

15/11/10

lundi 15 novembre 2010

Poux sieurs, des toiles

En analysant de la poussière de comète récupérée dans l'espace à l'aide d'un satellite à la pointe de la technologie d'il y a vingt ans, les chercheurs ont découvert une espèce de toxine extra-terrestre qui semblait réagir à l'approche d'un corps humain. Après divers petits tests très basics ils comprirent que cette toxine réagissait à une partie de l'ADN qui différenciait l'Homme des autres espèces. La question fut alors de savoir quel genre de réaction risquait de se produire si un être humain vivant absorbait cette étrange substance.
Les essais sur des cobayes humains étant interdits, les tentatives de simulation prirent plusieurs années sans que le moindre progrès puisse être constaté. Désespérés, voyant les subventions diminuer un peu plus chaque mois, un savant décida d'expérimenter sur sa propre personne dans le secret le plus complet, sans assistance ni témoin.
Les premiers jours ne montrèrent rien de bien particulier. Le savant voyait clairement que la substance s'était ajoutée à son hémoglobine et circulait librement dans tout son corps sans que la moindre différence soit perceptible. Cependant, après une semaine, malgré le sentiment d'échec et la fermeture définitive du projet "Star dust", le savant ressentait une joie de vivre qu'il n'avait pas connu depuis bien longtemps. Mais cette joie de vivre l'empêchait de réaliser que cela n'était dû qu'à la présence de ce nouvel élément cosmique dans son corps. Il abandonna donc la recherche scientifique et parti avec sa famille profiter de la vie à travers le monde. Ils voyagèrent dans de nombreuses contrées pour rattraper ces années enfermées dans un laboratoire, coupé des merveilles qui attendaient de partout sur la belle planète bleue. Sa femme et son fils profitèrent également de sa joie de vivre qui bientôt se retrouva aussi dans leur sang.
Ce n'est que dix ans plus tard, alors qu'un jeune prodige de la science étudiait la poussière de comète, que ce dernier remarqua l'influence possible sur certaines parties du cerveau en plus de ce ralliement sans effet aux globules rouges. Celui-ci ayant la fougue des beaux jours et une soif de découverte sans limites, il appliqua secrètement la substance sur une dizaine d'étudiants. Il patienta, observa, et ne tarda pas à avoir la justification de ses soupçons. En effet, il y avait modification du comportement, mais pour chaque personne, malgré leurs différences physiques, morales, culturelles et sociales, tous renoncèrent à leurs études et semblaient extrêmement heureux, mais communiquait cette sérénité d'esprit aux personnes avec qui ils discutaient. Ce n'était pas les effets d'une drogue qui altérait la perception avec les effets négatifs de la privation, mais plutôt un changement de comportement qui parvenait à faire prendre conscience de la beauté du monde et de la futilité des soucis habituels de la vie.

14/11/10

dimanche 14 novembre 2010

L'as huit

En continuant d'observer le trophée de la créature vaincue et de son propre reflet dans le miroir éblouissant, les souvenirs de la soirée de la veille lui revenaient plus clairement sans toujours comprendre comment il avait pu réaliser un tel exploit alors que deux jours plus tôt il aurait tout aussi bien pu se trouver au sommet de la plus haute tour de la ville, prêt à sauter, sans remords, sans un cri, sans émotions... Mais le destin en avait décidé autrement et la vie venait de changer de direction et de sens...
"C'est lorsque j'ai commandé le deuxième rhum que j'ai croisé le regard de cette créature irréelle, trop parfaite dans son apparence et ses gestes pour faire partie de ce décor classique de soirée de trentenaires libérant leur énergie gaspillée le reste de la semaine dans des emplois inintéressants et voués à les tuer à petit feu... Mais que faisait-elle ici, d'où pouvait-elle bien venir et surtout pourquoi me fixait-elle ainsi ? A présent je me pose ces questions extrêmement logiques qui auraient dues me percuter immédiatement lorsque nos regards ont fusionné, mais ce n'est pas ça que j'ai pensé sur le moment... Je me revois clairement me lever, confiant, serein, ne pouvant détacher mes pupilles dilatées de celles de ce mirage majestueux et marcher lentement vers elle en me faufilant, avec une aisance plutôt surprenante de ma part, au milieu des corps dansants et suants qui formaient une mer de vagues humaines brulante... Toujours rien dans ma tête... Je n'ai pas repassé cent fois les possibles phrases que j'allais tenter de déposer aux oreilles de cette merveille... non, je ne pensais toujours à rien, j'avançais, et seuls ses yeux comptaient... surtout, ne pas les lâcher... la ligne s'enroule et nous rapproche un peu plus, mais lequel de nous deux est le pêcheur, et lequel est le poisson ? Toutes ces questions sont restées au plus profond de moi, incapables de remonter à la surface pour détruire la magie de l'instant...
J'étais... tout simplement...
Alors je suis enfin arrivé à son niveau... il me semble avoir glissé pendant des heures jusqu'à elle, sans être bousculé une seule fois malgré la foule compacte et gesticulante... mais cela peut s'être déroulé en une seconde également sans que je puisse dire laquelle de ces deux estimations est la plus vraie... Le temps n'avait plus la même valeur, la même constance, la même influence sur eux, sur elle, sur nous...
- Si j'avais l'habitude de venir dans un tel endroit, je pense que je ne vous aurais jamais croisé avant ce soir, lui dis-je abruptement, sans autre introduction, en me collant à son oreille droite presque enfoui dans le creux de son cou,
- Si je n'étais pas égarée, je ne pense pas que tu m'aurais trouvée, me répondit-elle en dévoilant une voie plus douce que la caresse d'une brise de printemps et par la même occasion un sourire d'une sensualité capable de vendre n'importe quel produit dans une pub télévisée,
- Et à présent que je t'ai trouvée, je vais t'enlever à ce lieu indigne de notre romance à venir et t'emmener là où nos charmes se répondront jusqu'à atteindre la jouissance que nos cœurs méritent...
Et ainsi de suite, les phrases romantiques saupoudrées d'une touche d'ironie se succédèrent tout au long de la nuit sous le ciel en admiration au-dessus de nos têtes jusqu'à finir chez elle, dans cet immense appartement plein de charme attendant que je le remplisse de ce charisme libéré qui ne pourra plus jamais se taire...
Et c'est là que j'en suis, le petit matin commence déjà, la lutte amoureuse fut farouche mais je ressors victorieux et pourtant presque triste car il faut que je m'en aille et abandonne la belle à sa vie transformée qui ne pourra plus vivre de relations aussi intense que celle-ci et fera souffrir un peu plus violement chaque homme qui tombera dans ses filets... Mais moi aussi, il me reste tant de personnes à changer et répandre l'idéal de l'individu que l'on ne reverra plus jamais... Je sais ce que désire chaque être dès le premier regard, je vais lui offrir puis disparaître en laissant un vide bien plus grand que cet espoir qu'il y avait au début... JE vais prouver que l'espoir est incompatible avec le bonheur et bien qu'il puisse y donner accès, il ne peut le conserver... préparez-vous à souffrir, pauvres créatures..."

13/11/10

samedi 13 novembre 2010

Île et têtu foie

Il n'en croyait pas ses yeux et pourtant il venait de réussir à vaincre la terrible créature grâce à son courage et sa détermination sans faille. Rien d'autre... pas d'armes magiques, pas de pouvoirs extra sensoriels, pas d'amis cachés dans son chapeau, non, rien que deux pauvres qualités qu'il avait abandonné depuis longtemps et qu'il venait tout juste de retrouver pour cette occasion particulière.
La créature gisait inconsciente, ou morte, à ses pieds solidement ancrés dans le sol recouvert d'une moquette moelleuse.
"Je ne suis plus le même homme, se disait-il à lui-même, j'ai surpassé mes capacités, dépassé mes espérances les plus grandes, et acquis ce que je désirais depuis si longtemps sans même parvenir à l'approcher à moins d'un kilomètre... Je suis un autre être, meilleur, plus fort, plus juste, implacable et pourtant toujours doté de cette pitié immense pour les vulgaires choses inférieures à ma personne... qu'il y a-t-il d'ailleurs qui ne soit pas inférieur à moi ? Si Dieu existait, je citerais peut-être son nom, mais pas entièrement convaincu... or ce n'est pas le cas et je ne vois rien dans les limites presque infinies de ma conscience qui puisse approcher la perfection que je suis devenu aujourd'hui... Hier encore je me souviens d'avoir été là, las, dans la solitude la plus totale, sans grand espoir de renouveau, à me questionner sur l'intérêt de cette existence pesante et misérable... et puis, dès mon premier pas à l'extérieur j'ai senti qu'il y avait quelque chose de différent dans l'air... une sorte d'aura, dirais-je, semblait vouloir m'entourer et libérer ce potentiel incroyable qui résidait dans ma personne... Les gens dans la rue me regardaient étrangement... le fait qu'ils me regardent était déjà étrange, mais en plus, il y avait une sorte de respect dans leurs yeux... Je ne parvins pas à le percevoir comme tel sur le moment, et me contentais de poursuivre ma marche vers nulle part qui me menait finalement dans cette espèce de pseudo bar-boîte de nuit, où de jeunes gens, hommes et femmes de belle posture, remuaient sur des rythmes que je jugeais familiers sans pouvoir les identifier...
Qu'est-ce qui m'a mené dans un tel endroit avant tout ? Je ne suis pas du genre à participer à ces réunions de masse sans réflexion ni avenir... je les fuis même depuis l'adolescence suite à ce fiasco monumental qui me valut les moqueries les plus espiègles de la part de soi-disant amis et qui ruina totalement ma motivation à me mêler à autrui et tout espoir de lier contact avec un individu autre qu'un patron idiot, une femme de ménage sans consistance réelle ou un bureaucrate robotique dépouillé de son âme... Seize années d'abandon de la cause humaine pour en venir à ce jour non prémédité qui révéla l'excellence qui dormait au fond de mon corps exilé...
Je ne me posais aucune question, ni pourquoi j'étais sorti, parti dans cette direction, entré ici, assis à cette table et commandé ce rhum agressif... j'agissais sans pensées, libre, ni pour ni contre le reste du monde d'habitude si ragoutant... La musique continuait de me réconforter dans mon attitude, me réchauffait le cœur, me portait dans ses bras mélodieux où mes pieds battaient la mesure sur ce rythme si enivrant... En y repensant je sais qu'à ce moment-là j'étais heureux, libre et pourtant sans aucun espoir... Je ne recherchais rien de particulier, n'espérais rien de mieux ou de différent, j'étais, et rien de plus... "

12/11/10

vendredi 12 novembre 2010

L'aura de Laura l'aura et alors ?

Rien de tel qu'une bonne nuit de sommeil...
Et pourtant rien de tel qu'un bon repas bien arrosé entre amis...
En fait cela dépend du contexte et de rien d'autre... on pourrait même imaginé que tout, séparément, peut être mieux que le reste, selon le contexte... Un simple verre d'eau peu sauver la vie, un simple baiser peu la changer, une simple baffe peut aussi être salutaire... donc difficile de dire ce qui est le mieux avant que l'état soit passé... le mieux ne peut exister que dans le passé et le présent, il n'a pas sa place dans le futur... car qui peut savoir ? Déjà dans le présent il est dur de le juger à moins de réussir à prendre un recul nécessaire sur la situation vécue immédiatement... chose possible mais difficile à atteindre constamment...
Le mieux reste de bien se marrer je pense... n'importe quand, même dans le pire, car l'humour donne une distance sur le vécu... il peut malheureusement gâcher les sentiments plus profonds mais cela en vaut la peine car souvent, plus c'est profond et plus c'est sombre... alors courons vers la lumière, la fête et la joie !
Seul la fatigue prend le dessus sur la rigolade et là, c'est l'heure d'aller se pieuter... rien de tel... rien de tel...

11/11/10

jeudi 11 novembre 2010

L'ognon fait la farce

Bercé par la mélodie des mots,
Grandit et grandit le rameau,
Sous l'eau portée par le chameau,
Le charme qui efface les maux,
Rien de plus simple et de beau,
Bien loin du bruit des lourds sabots,
Qui sabotent l'existence du robot,
L'empêche de prendre la vie d'en haut,
Le maintient à l'état de marmot,
Brindille futile du hameau,
Attendant sa Juliette, Roméo,
Reste figurant d'un film de Romero,
Puis enfin il devient le héros,
Lorsque le un s'ajoute au zéro,
L'histoire commence, levé de rideau,
La musique entame son premier do,
La voile se gonfle et tire le radeau,
Plus petits deviennent les badauds,
Plus de douleur aux abdos ni au dos,
La liberté est faite d'eau,
Et noie les fardeaux en cadeau,
C'est la mort de la solitude sado...

10/11/10

mercredi 10 novembre 2010

Là, mais ris, canot

Il veut faire l'américano, méricano... oui mais plutôt l'américano du sud, parce que le respect pour le nord s'atténue un peu plus chaque jour.
A l'époque de la guerre du golf, avec les études, la découverte de la liberté adolescente, le je m'en foutisme ambiant, je n'avais guère tout compris l'étendue de la mauvaise fois états-unienne. Ensuite, l'Irak a totalement renversé la donne. La recherche du pourquoi, du comment et du depuis quand a révélé l'abomination du gouvernement ricain et de ses grosses compagnies d'armement, de banques, de bouffe et des presque tout... Adieu les Nike, les Mac Dos et la propagande idiotiquo-chrétienne... Bonjour le reste du monde, bonjour les dominés, les exploités, la réalité... La France à genoux, la droite de salopards Gaullistes et petits toutous de l'Empire...
Je m'ouvre à la culture latine, Espagne, Brésil, Colombie, Argentine et compagnie, sans discrimination, et m'aperçois que l'on ne m'a rien appris... que l'on m'a même caché une autre réalité, refusé d'enseigner un mode de vie loin du notre... pourquoi ? Toujours à cause de l'Empire... décidément, on ne sera plus jamais potes...
Des années et des années de lobotomie ne m'ont pas rendu perméable, heureusement, mais que de temps perdu... combien faudra-t-il d'autres années pour rattraper ce retard ? Seule l'immersion totale pourra permettre un tel exploit... et l'espérance d'une vie plus longue qu'initialement souhaitée... je ne peux pas crever aussi inculte et ignorant... avec de la chance bien sûr... j'ai l'occasion aujourd'hui de corriger le tir, ne le gâchons pas...
Et ainsi font, fondent les illusions...
Et ainsi font, et se fondent les nouvelles résolutions...
Allumette, gentille allumette, je te gratterais la tête, tu me brûleras les restes de mes influences néfastes et des cendres renaîtra, je l'espère, un être plus profond, plus sage, capable d'utiliser les autres cultures pour être un être digne et fier de ses choix...
Bla, bla et bla, au revoir abrasion estivale, les nouveaux enseignements me tiendront chauds cet hivers et peut-être que le prochain se passera à l'autre bout de la Terre, où les saisons n'existent pas...

09/11/10

mardi 9 novembre 2010

Ah, l'ex en drains

Dans la vie parfois je me prends des sales baffes,
Je les ignore et continue sans faire gaffe,
Mais mon visage garde ces marques de coups,
A ce rythme là j'en aurais bientôt partout,
L'important est de ne pas zieuter le miroir,
Cela aide énormément à dormir le soir ;

Je ne sais si c'est fuite ou heureuse poursuite,
Dans l'oubli les surprises ont plus de réussite,
Si elles sont souvent bonnes elles sont parfois tristes,
Les erreurs passées se reproduisent et insistent,
Quoiqu'il arrive je persiste et signe, digne,
Sur un chemin de croisements sans aucun signe ;

J'ai tenté de changer de direction un temps,
Derrière, devant, à gauche, rampant, trottant,
Mais le meilleur se trouve en fait où je me tiens,
La brume épaisse empêche de voir mieux que rien,
Le réel est maintenant et à mes côtés,
A papoter, me concentrer sur la beauté ;

Mes cicatrices ne sont visibles que par moi,
Depuis que je les ignore, plus je ne larmoie,
Je suis le roi d'un univers simpliste sans loi,
N'écoutez ce chien malheureux qui au loin aboie,
Si mon chemin m'amène tout de même vers lui,
Je m'en moque après la nuit toujours le soleil luit...

08/11/10

lundi 8 novembre 2010

Qu'au long bien né

Hola, viva Colombia !
Oh oui, que la Colombie est belle, surtout celle qui vient d'entrer dans ma vie... malgré mon côté français typique, ma blondeur aryenne et ma peau trop blanche elle a su y trouvé ma part mexicaine... ça fait plaisir, le charme me rend fou, l'accent est délicieux et se consomme sans modération, la longue chevelure sombre et bouclée me ligote et m'emprisonne comme un FARC, les yeux plus noirs qu'une nuit sans lune se transforme en soleil dans les miens, je succombe dangereusement à cet exotisme libérateur et me laisse glisser le long de cette pente abrupte qui me mène droit dans le piège de son âme...
Je sais très bien les complications qu'entraînent la distance de sa terre natale et l'incertitude du futur mais à quoi bon se gâcher le présent sous prétexte de pauvres potentielles difficultés à venir dans un lointain inconnu ? Je m'en moque, ou du moins je préfère les ignorer car le bonheur immédiat est bien trop jouissif et si simple...
L'autre bon point est cette mise face à face avec mon ignorance dans cette langue si agréable et proche de mienne. Son apprentissage en sera plus aisé, plus motivé, et ouvrira les portes de tous ces pays qui semblent merveilleux et pourtant actuellement presque fermés à cause de cet incompétence quelque peu honteuse... Il est temps de réveillé ce fameux côté mexicain et de profiter du reste du monde qui jusqu'à présent était inatteignable...
Et pour finir, la tendre Colombie s'occupe d'artistes jeunes mais pleins de talents et d'originalité par rapport à mes influences aujourd'hui un peu trop limitées à quelques pays déjà trop connus de ma part... Ouverture, ouverture, mes bras sont prêts à accueillir ce nouveau monde sans en piller les merveilles mais au contraire en les enrichissant de ma maigre contribution de vieille européen...
Mais ne nous emballons pas, aujourd'hui, je me laisse capturer pour apprécier ce bonheur qui je n'ai ni demandé, ni mérité... mais ce n'est pas à moi d'en juger...

07/11/10