mardi 21 décembre 2010

Le F de décembre...

Résurrection, révélation, le commencement, la fin, le recommencement, l'interrogation de l'abstrait comme du concret, car ceci n'est pas un texte...
Corps congelé, camisole cérébrale, constipation cardiaque, couilles crevées à cause d'une castration de ma connerie, c'est clair, il y a des "C" en décembre...
Un an s'est écoulé, les choses ont bien changées et semblent pourtant les mêmes... dans deux ans la fin du monde, quelle merveille, profitons de la vie car je risque aussi bien de me faire poignarder dans un pays du tiers-monde dans les jours qui viennent... alors je vis, je ris, je fume comme un pompier et picole comme un polonais, je ne saurais dire si c'est réellement profiter, mais en tout cas, jusqu'ici tout va bien... une chute tout en douceur... un atterrissage sans doute moins plaisant...
Un an de passé, je ne me souviens plus de mes résolutions l'année dernière, surement car je n'en avais pris aucune ou bien qu'elles ne méritaient pas d'être accomplies ou encore que je les aie réalisées sans contraintes drastiques de mon mode de vie... on doutera un peu plus de la dernière possibilité...
Donc je suppose qu'il est temps de prendre les résolutions de l'année qui arrive... pourquoi ? pourquoi pas ? je resterai sur le pourquoi et me contenterai de m'abstenir de prendre ce genre de décisions minables... on évolue avec le quotidien, avec les surprises de la vie, avec l'imprévu, donc comment poser des limites à l'inconnu ? Oublions, passons, continuons comme si de rien n'était...
Fêtes de fin d'année, fêtes de nouvelle année, une raison de plus de se mettre une misère au foie à en trouver la foi... quand même pas... mais à part ça ? S'il y avait une seule chose à célébrer dans l'année, ce serait l'arrivée du printemps ou de l'été et non pas une date moisie en plein milieu de l'hiver... mais bon, ce n'est pas l'aberration la plus surprenante de l'espèce humaine, donc inutile de s'attarder là-dessus... poursuivons...
Je n'ai jamais pensé à la dernière abomination littéraire de ce recueil "D à D" et maintenant que j'y suis je me dis qu'il faudrait au moins terminer par une parole sage ou pleine d'ironie sadique et cynique et puis finalement ce serait soit la gâcher, soit donner une valeur trop importante à ce ramassis de pensées mélangées et sans grande réflexion... donc je pense qu'un simple point final fera amplement l'affaire et marquera parfaitement la finalité de la chose...
... hum...
Tout bien réfléchi, je vais m'arrêter sur un commencement car une fin n'est-elle pas un nouveau début ?
Donc, il était une fois, sur la planète Terre, un vieillard sauvage qui possédait un pélican en cage....

20/12/10

lundi 20 décembre 2010

Raidi hors blouse, note

Je bouffe du griot, du griot, et encore du griot. Pas la cerise, non, mais le conteur africain. D'ailleurs, il n'est pas rouge mais bleu. Bleu comme le blues. Bleu comme les fleurs. Mais pas bleu comme l'apprenti.
C'est de la musique rythmée, c'est du talent de tous les côtés de l'oreille, mais c'est du miel. Il raconte des jolies histoires qui émerveillent mais pas qui réveillent. Je rêve de polémiques, d'attaques politiques, d'agressions linguistiques, et là ce n'est que de la musique et des paroles sympathiques.
Mon taf, c'est l'image, l'image qui bouge, qui danse, qui parle... mais je la fait bouger selon les souhaits. Un enfant qu'on met au monde mais que l'on retire immédiatement de la main des parents. Si ce dernier devient un assassin vingt ans plus tard, les parents biologiques seront-ils responsables ? Et pourtant je sens le poids de la culpabilité devant ces images où coule mon sang mais pas mon enseignement.
Aujourd'hui, je peux encore choisir. Le cœur du griot a bon fond et la création finale regroupe deux esprits en collaboration pour le meilleur. Peu de sacrifices. Aucune honte dans les plans et le montage. Et surtout un véritable plaisir amical de créativité et d'enfumage.
Demain, lorsque l'argent aura complètement abandonné mes poches déjà maigres, je devrais fermer les yeux. Retour à l'esclavage moderne. La démocratie du "cause toujours". Se rabaisser, s'aplatir, se taire, pour donner vie à l'inanimé, l'inexcusable, le vendu, le vendeur, le propagandiste... triste perte de contenu et contenant... car les gens veulent qu'on lave les têtes avec du vide en vidéo pour pouvoir se lever le lendemain et aller bosser sans se questionner...
Après-demain en revanche, lorsque le verre sera plein, la rage débordante, la culpabilité trop lourde, alors je sortirais de mon lit douillet à l'odeur de merde et je marcherais avec arrogance vers le conflictuel... mon corps supportera les coups car mon esprit aura durci son armure pendant ces méprisables années... et j'avancerais, droit devant moi, ou en courbes vicieuses, pour terrasser cet ennemi que nous avons laissé se dresser au milieu du chemin de la liberté...
Il faut donner pour recevoir... je donne peu, mais alors qu'est que je reçois... pour le moment j'encaisse les baffes afin de mieux tout rendre lors de ma sortie du coma... alors préparez les joues, il y a des revers qui approchent... ça va partir bien moyenâgeux... fini le sournois contemporain, retour à la base de l'arbre généalogique pour du carnage dégueulasse... ou de la poésie désespérée... qui vivra ne mourra pas...

19/12/10

dimanche 19 décembre 2010

Hymne au sang

Misère, misère, où est passée ma mise d'hier,
Sans chemise, l'ami dans la merde, sale air,
Plus de salaire, du poivre dans la salière,
C'est l'hiver, on oublie les recharges solaires,
Cloué au sol, saoul, seul en période polaire,
Tout pourri, plus rien à glisser sous les molaires,
Prisonnier d'une sale histoire à Baudelaire,
La baudruche vide, les abeilles ont quitté la ruche,
Faudrait des forêts entières transformées en buches,
Pour cette cheminée glacée à la grande bouche,
Et qu'enfin plus une fois je ne me mouche,
Mais je rêve mou, plus qu'un et plus de nous,
Un éternel pendu dont la corde se dénoue,
Un guérillero corse sans le moindre déni,
Je vois poindre des vautours qui sortent des nids,
Et tour à tour viennent picorer mon dos nu,
Comme les flics ricains s'envoient des donuts,
Mais sur mon cadavre ils ne seront jamais dodus,
Je suis une cave navrante et non un havre charmant,
Un cachot de cauchemar où l'on va en s'armant,
Pas pour se cacher mais pour tout saccager,
Je fus le bref passager qui ne vécu pas âgé,
Trop tendre pour être chef, trop cerf pour être fier,
Misère, misère, troll aujourd'hui mais elfe hier...

18/12/10

samedi 18 décembre 2010

Caisse qui tue, rat conte...

La neige s'abat sur le pays, écharpes et gants sont de rigueur, fumée qui sort des bouches tremblantes, la tête rentrée dans les épaules, l'amabilité semble être parti hiverner et l'amour s'est envolé pour l'autre hémisphère, bien au chaud...
Les soupes sont les bienvenues. Seules amies qui réconfortent réellement l'âme et le corps. Tout le reste est givré. Tout le reste est déjà loin. Le réchauffement climatique a cette fâcheuse tendance à refroidir les hivers. Aujourd'hui c'est pire que jamais. Demain qu'est-ce que ce sera ? Et cette capacité à oublier si rapidement les moments horribles n'aide pas beaucoup à s'habituer. La surprise annuelle. La mauvaise nouvelle récurrente.
Bon, note pour plus tard : ça ne sert à rien de remuer ces idées nocives dans sa tronche. On sait très bien que l'hiver est difficile, mais il y a des gens qui crèvent de froid dehors, d'autres qui crèvent de faim, et certains, les deux... alors un peu de respect et relativisons...
Il y a un an je souffrais le martyr, je perdais un poignet, tétanisé par la douleur, les jointures titanisées, la liberté presque disparue, l'espoir d'un jour meilleur inexistant, et puis tout s'est lentement dissout dans les vagues du temps... je sais que j'ai souffert mais je ne parviens pas à me revoir, à ressentir à quel point, à mesurer correctement ce passé... mon cerveau n'a pas enregistré cette information, il l'a jugée inutile, il l'a jetée, il a gardé le souvenir de ces vacances inattendues... rien d'autre... seul la joie est restée, comme si le passé était constitué d'instants jouissifs entourés de néant. Je n'existe vraiment que lorsque je suis heureux ? Le reste du temps je ne suis qu'une coquille vide qui flotte sur une rivière calme menant à de vertes prairies où broutent de jolies brebis...
En un an, j'ai perdu ma femme, mon poignet droit, mon taf... il y a un an je pensais qu'ils étaient ce qui me définissait et puis, les jours passants, les expériences nouvelles se produisant d'elles-mêmes, j'ai été redéfini... toujours le même mais pourtant différent... il n'y a que la mort qui entraîne une perte définitive... le reste n'est qu'évènements, surprises, espoirs, désespoirs et plein d'autres trucs plus ou moins sympas...
Décousu... conflit d'émotions... bagarres de sensations... un fouillis de pensées... un beau petit bordel interne... mais le temps passe et ce n'est pas ces petites interrogations qui l'arrêteront... voilà au moins une bonne nouvelle...

17/12/10

vendredi 17 décembre 2010

Clé de sol contre toux

Solitude, ô solitude, te revoilà à mes côtés, étrange retrouvailles, je savais que je te retrouverais en ce jour, mais la réalité transforme le savoir en une expérience si différente... je t'ai toujours accueilli avec délectation, temps de repos, de recherches, d'exploration de son inconscient. Nous avons fait tant de belles choses tous les deux. Nous avons fait des choses, ce qui semble plus rare en groupe. Comme si l'activité de groupe m'empêchait de ressentir la sensation d'accomplissement. Nous avons fait telle ou telle chose mais je n'ai rien fait. Alors qu'avec toi, ô solitude, quelle liberté, quelle porte ouverte sur une immensité de possibilités, tout devient possible. Je ne pense pas que ce soit une réaction "normale". La société veut que nous soyons ensemble, sinon ce ne serait pas une société mais un tas d'individus seuls... au même endroit... bon, n'importe quoi... je digresse, je diverge, je dis verger et j'essaie de penser... c'est le moment où je peux enfin... mais je n'y arrive pas... ces images de communication devant mes yeux. Envie de parler, de serrer dans mes bras pour lutter contre la froideur de cet hiver agressif... je regrette, ô solitude, mais je n'étais pas encore prêt à ton retour... peut-être parce que cette fois-ci je ne cherchais pas, je savais que ce n'était pas encore le moment. J'étais bien dans mon petit paradis sensuel et affectif... mais c'est la vie, je ne suis pas surpris à ce point là... il faut toujours que l'agréable se termine lorsqu'on le souhaite le moins... l'imprévisible... responsable d'un bonheur inattendu, enfanteur d'espoir, petit pervers maître des poupées humaines... je t'entends rire, mais moi aussi je me moque de toi car je sais que nous sommes alliés. Bourreaux de l'ennui, chasseurs de nouveautés, nos chemins se croisent pour le changement, alors comment t'en vouloir ?
Solitude, ô solitude, est-ce toi qui as fait entrer ce mauvais rhume dans notre demeure ? Pensais-tu que nous serions mieux tous les trois ? Ou souhaites-tu me faire souffrir pour t'avoir abandonné si longtemps sans même un clin d'œil ? Nous sommes donc des ennemis à présent ? C'est dommage, mais je ferais avec, je vais prendre un malin plaisir à te chasser chaque jour... Seules mes nuits ensommeillées seront tiennes, et encore, mon esprit sera si loin que tu pourras l'approcher... seul mon corps glacé et malade t'appartiendra durant ces quelques heures... alors profite, essaye de le charmer avec tes misérables armes, mais ne te fais pas trop d'idées, ce n'est qu'un bref répit qui prend fin la semaine prochaine... amuse-toi, ô solitude... ma pauvre solitude...

16/12/10

jeudi 16 décembre 2010

L'eau m'a à battre

" Je ne saurais tolérer pareil langage dans mon humble et paisible demeure. Je vais donc avoir le désagréable regret de vous raccompagner à la porte. Mais ne m'en veuillez point, vous êtes responsables de votre propre sort. J'ai eu la bonté de bien vouloir vous accueillir dans mon édifice festif et vous en avez atrocement profité sans la moindre honte ni respect. Ce triste châtiment n'est que juste payement pour un tel comportement. Je sais d'ailleurs que l'absence de ma délicieuse personne sera inévitablement votre seconde peine. Dès lors, toute rancune sera dissipée et votre désir de pouvoir me voir et m'ouïr à nouveau l'emportera sur les autres émotions futiles et faiblardes dont vous êtes dotés.
Mais je parle, je parle et je vous vois commencer à vous ennuyer, à vous interroger sur le sérieux de mes propos, et ce n'est pas raisonnable. La sentence a été donnée, on ne peut revenir sur la parole du maître des lieux, alors il faut appliquer ce qui fût dit. Je vous prierai donc de regrouper vos affaires dans le calme le plus complet et de vous diriger avec la même quiétude vers la sortie. S'il vous plaît, ça ne sert à rien de parler, de se plaindre, de quémander ma grâce, vous avez entendu le jugement, merci de vous y plier. Voilà, faites comme vos camarades, la petite veste sur le canapé, le sac sous la chaise, voilà, on garde le rythme, c'est bien tout ça. Maintenant, par là. Allons-y, on ne rouspète pas, je vous ai déjà dit.
Parfait, tout le monde a ses affaires ? Et bien, passez une bonne fin de soirée, dormez bien, méditez sur votre attitude, corrigez votre diction et vos paroles, ensuite nous pourrons tenter de nous fréquenter sur des bases plus solides. Au revoir mes chers amis.
- Heu Sam... le truc c'est qu'on est pas chez toi là... c'est chez moi et j'ai pas envie que tout le monde se barre maintenant... En plus personne a rien fait de mal, t'as trop picolé, encore une fois... Je t'ai demandé d'arrêter ces comédies de Louis XIV, c'était marrant au début, maintenant ça me fait peur...
- Par la couronne qui se dresse sur ma sainte tête. Que veux-tu péon ? Ne crois-tu pas en avoir fait suffisamment pour ce soir ? Il te faut en rajouter en insultant ta seigneurie ? Tu veux que je te fasse jeter dans mes geôles ? Avec cent coups de fouet ? Ou deux cents peut-être, tu m'as l'air bien échaudé ?
Mes gardes, mes gardes. Venez m'ôter cette vision de décadence. Mon propre peuple me donne la nausée, demain je ferais abattre la moitié des hommes, cela ne peut plus durer ainsi, j'entends les anglais qui se moquent de nous dès que le vent du Nord se lève.
- Bon, sa seigneurie ira bien s'allonger cinq minutes avant de revenir aux nombreuses affaires qui l'appellent. Suivez-moi mon bon roi. Voilà, on se tient à mon bras, on essaie de pas vomir, on garde le bec bien clos, et on avance. Voilà, encore trois pas...
- Halte... mais que fait ma garde ? On kidnappe le roi... à l'aide... un lit... à l'aise... oui, voilà, allongé, ça va mieux... que mon armée soit prête à mon réveil, le sang va couler, ma vengeance... holala, terrible, ma vengeance... hop hop hop, un carnage, on va rire, ah qu'est-ce qu'on va se marrer... au réveil... voilà, comme ça, au réveil...
- Bon, les amis, désolé pour ce petit interlude théâtrale, que la fête reprenne et dès l'aube nous décapiterons ce bon vieux roi qui nous exploite ! Vive la République !"

15/12/10

mercredi 15 décembre 2010

Père Iode, glas hier

Une température glaciale, l'impression d'avoir une peau de marbre. Les nerfs constamment tendus. Les pupilles atrocement dilatées. Les âmes deviennent des ombres. Les odeurs se figent dans l'air mais l'on sent la mort qui rode. Patiente et attentive. Elle nous guette. Sachant la victoire inévitable sur nos misérables carcasses.
La nourriture est notre seconde pire ennemie. Sans aucun de mèche avec le climat, elle semble si rare et si faible. Plus rien de gras. Plus rien de solide. Plus de goût. Plus de renouveau. Un simple et unique repas éternel et lent. Une marmite de bouillon sans fond. Des bols semblables. Du vide avec une forme et une petite consistance. Un bol que l'on tentera tous de finir avant d'en finir avec nous-même.
J'ai déjà vu partir deux compagnons. Littéralement partir. Leur esprit quitta soudainement leur corps. Alors ces derniers, n'ayant plus de maîtres, se mirent à marcher droit devant eux dans la neige et la tempête. En moins d'une minute on ne discernait même plus leur fantôme.
Ensuite j'ai tout un tas d'anciens êtres humains se mutiler, se dévorer entre eux, se suicider en groupe, et d'autres choses sans nom... Tous ces gens avaient le même regard. Vide, sans espoir, sans croyances, plein d'incompréhension. Et malgré les dix années qui se sont écoulées depuis le grand manteau blanc, personne ne s'y est habitué et personne ne croit vraiment à des jours meilleurs. Je ne pourrais pas définir ce qui nous maintient en vie. L'abandon semble total, et pourtant nous continuons d'exécuter les tâches de survie minimum. Des zombies... rien de plus...
Je continuerais à survivre et ces petites notes me permettront de rester un peu connecté avec la réalité et les souvenirs de notre ancienne vie. Je n'arrêterais que lorsque le dernier homme aura donné son dernier souffle...
Le silence...
… et ma respiration...

14/12/10

mardi 14 décembre 2010

La vide rue me...

C'est jour de chance, c'est jour de rhume,
La tête enrouée, la gorge rouge de brume,
Une mort lente et étouffée de sale fumeur,
Des appels à l'aide de mauvaise humeur,
L'hiver est la pire saison, une vraie tumeur,
Elle arrive en secret comme une vilaine rumeur,
Et plus rien ne peut l'arrêter quand c'est l'horreur,
Prisonnier de l'orage, sans énergie contre sa rage,
C'est le massacre assuré pendant quatre mois à durer,
C'est ça d'être emmuré ? Je ne pourrais l'endurer,
Chaque année je me fais baiser par derrière,
Le mois de décembre devient l'heure et la dernière,
Et cette fois-ci c'est la bonne, je le sais, je le sens,
Déjà mon cœur ne pompe plus de sang,
Mais surtout ne pas se chier dessus pour crever décent,
Un bien sale temps pour un chien,
Trop insultant comme fashion,
Je suis fâché et attends de me faire faucher,
Avec des frissons car impossible de se réchauffer,
Putain de saison, l'autre hémisphère seul a raison,
L'année prochaine je me trouve une autre maison...

13/12/10

lundi 13 décembre 2010

Pas ta ti et pas ta tas

Tu ne m'auras pas,
Jamais, mon aura au pas,
Mon honneur est mon repas,
Ma cape de seigneur je repasse,
Là où je passe, la convoitise trépasse,
Ce feu qui m'attise est une joie qui ressasse,
Mais je ne peux écrire que jamais elle ne me les casse,
Donc des fois je pense qu'il faut que je la fracasse,
En douceur sur un rythme de maracas,
Je vais te faire la peau la pétasse,
Te taper jusqu'à ce que ça passe,
A moins que tu ne me masses,
Pour que la haine passe,
Et que ça le fasse,
Trop las,
Rotasse,
My ass...

12/12/10

dimanche 12 décembre 2010

Où vers tu redescends

Il venait de tout abandonner. Dès la première latte, plus rien n'existait pour lui, le monde venait de se séparer en deux parts distinctes. La réalité dominante et la sienne. Isolé, loin de tout, prêt de rien, il comprit des choses qui le tourmentaient depuis des décennies. A présent le limpide était entré dans sa vie mais sa vie avait quitté le monde qu'il pouvait enfin comprendre. La clarté dans le flou. Voilà ce qu'il touchait du doigt, comme s'il venait de passer de l'autre côté d'une fenêtre embuée, tout devint net et précis, mais s'il tentait de se retourner, il voyait à nouveau cette vitre translucide qui l'empêchait de discerner d'où il venait. Il savait très bien qu'il n'y avait pas de solutions réelles à ce problème. Il devrait choisir de quel côté de la fenêtre il resterait. La connaissance solitaire ou l'ignorance commune...
La décision fut simple à prendre, avec ce nouveau savoir sans limite il n'y avait pas de possibilités de retourner en arrière. Il resterait donc de ce côté. Il oublierait ses proches, ses amis et ses ennemis. Il vivrait incompris mais libre d'assister au désespoir d'un monde sur une pente abrupte. Il assisterait à la destruction de l'Homme par l'Homme et il n'interviendrait pas car il savait comment les gens réagiraient et quelles modifications du réel cela entrainerait. Il n'y avait aucune solution pour l'humain. Il pouvait concevoir toutes les solutions possibles d'un Rubik's cube en un instant et de la même façon il pouvait voir que tous les chemins menaient l'humanité à sa perte. Il alla même chercher des éventualités radicales de réduction massive de la population pour repartir sur des bases plus saines, mais cela ne faisait que retarder l'inévitable. Alors il se contenterait d'assister... comme il le faisait avant de comprendre sans le savoir...
Après plusieurs années pourtant, il se rendit compte que la violence et la souffrance se répandaient encore plus vite que ses prédictions. L'égoïsme et le narcissisme de chacun allait causer une fin bien pire qu'il ne le voyait. Alors il décida d'intervenir. Tirer les petites ficelles de la société pour qu'une simple parole dite au bon moment puisse changer les actions destructrices des armées. Son plan était tellement simple pour lui qu'il se réalisa parfaitement. Une paix surprenante apparue tout en sachant que la fin arriverait quand même. Le malheur diminua incroyablement même si des conflits persistaient. La poursuite du pouvoir pervertissant les esprits idiots.
Ainsi, en dix ans il avait changé la face du monde. L'espoir dominait la planète. Mais il savait que cet espoir était inutile. Sa présence représentait une telle certitude de vie meilleure que ses paroles étaient écoutées comme des paroles divines. Puis un jour, la convoitise et l'insatisfaction de ces nouvelles égalités explosèrent dans le cœur d'un groupe d'êtres peu scrupuleux. L'assassinat était le seul remède à leur condition rabaissée. Dans un monde trop plein de paix, la méfiance n'existe plus, le meurtre fut simple et rapide. La guerre reprit rapidement place et la fin vint comme elle avait été prédite...

11/12/10

samedi 11 décembre 2010

Des tas d'âmes et ta dame...

Les mots d'amour, j'en ai tout un stock,
Et en trilingue, por favor votre honneur,
Mais je vais tout jeter, ça te choque ?
Parce que les mots ne font pas le bonheur,
Et les maux sont plus expressifs dans un bouquin,
Alors les fleurs bleues vont à la poubelle,
ça correspond mieux à ma barbe de rouquin,
Tant mieux pour les boudins, tant pis pour les plus belles...

C'est indéniable, elle me fait bander,
Alors je la baise sans lui demander,
Rien d'incongru, pas malotru,
Jamais elle n'a mal au truc,
C'est direct, sans masques,
Ensemble on est peinard dans nos basques,
Je ne sais pas comment on appelle ça,
De l'amor ? Ella no piensa...
C'est plus fort que moi, ça m'échappe,
C'est de la romance à se pendre par l'écharpe...

10/12/10

vendredi 10 décembre 2010

Tout chez l'œuf, on...

" Mais je te dis que ça ne risque rien, mais après tu fais comme tu veux, si tu préfères jouer à faire la merde posé sur ton cul, hésite pas, tu restes là, t'attends, tu pègues, tu crèves, c'est pas mon problème, mais viens pas te plaindre si retrouves tout seul avec ta main comme seule amie...
- J'ai donné mon avis, ça pue ton truc, et question merde, tu vas t'y retrouver jusqu'au cou, alors c'est plutôt toi qui devrais pas venir te plaindre par la suite."
Ah, je n'aime pas avoir tort. Cette difficulté de revenir sur une idée, baisser les bras, s'avouer vaincu, renoncer, abandonner, ancrer ses propos dans l'erreur, reconnaître son imperfection, ses faiblesses... son humanité... je n'ai jamais été bon à ça...
Il y a pourtant quelque chose que je commence à comprendre. Je n'apprends pas de mes erreurs. Je n'y arrive pas. Je me suis construit une sorte de carapace réfléchissante où les soucis rebondissent et disparaissent dans le néant. Du moins c'est ce que j'ai toujours voulu croire.
Une sale journée ? Mais c'est pas grave, demain tout sera oublié et je serais le même bloc de granit avec ce sourire ignorant. La vie est belle. Tout roule impeccable. Ce n'est que du bonheur.
Et voilà qu'un jour je découvre le fond du trou. Je pensais y avoir traîné suffisamment longtemps pour pouvoir l'appréhender tout en douceur. Mais je me trompais. Encore une fois. Le fond, je ne l'avais jamais vraiment effleuré. A toujours fuir, je passais au-dessus et y jetais les ennuis du jour. Ainsi je pouvais continuer tranquillement mon chemin fleuri sans regarder ce qui se passait derrière.
Et puis voilà, il arrive un moment où le fond est tellement rempli qu'on ne peut plus le survoler. On se cogne dans un immense tas gluant sans issu. Et on coule, coule, lentement vers le véritable fond. Forcément il est bien plus difficile d'affronter une montagne qu'une petite bouse, mais sur le moment, on préfère oublier. Vivre au jour le jour. Garder le sourire. Carpe diem. C'est ce qu'on me conseillait aussi. J'ai dû mal comprendre ou mal appliquer la leçon. Pourtant je savais qu'il fallait se méfier mais trop gentil, trop bon, trop con.
Donc me voilà, à croupir dans la moiteur d'un puits que personne ne trouvera jamais. Pas une âme qui vive à au moins vingt bornes. Pas moyen d'escalader. Pas moyen de bouffer quoique ce soit. Même l'herbe refuse de s'aventurer dans ce traquenard. Même l'herbe est moins conne que moi...
Heureusement que j'avais mon petit sac salvateur avec moi. Comme toujours. Une bouteille d'eau... bien que l'eau soit le seul truc qui ne manque pas ici. Deux barres de céréales, que j'économise bêtement, avec un semblant d'espoir. Ce misérable cahier où j'avais l'habitude d'écrire les idées potentiellement intéressantes et qui conservera mes dernières pensées... non pas qu'elles valent le détour, mais les écrire m'aide à passer le temps plus sereinement. A éviter de me taper la tête contre la paroi pour en finir plus rapidement.
J'ai aussi ce stylo presque vide qui me permettrait de m'ouvrir une veine ou la carotide, mais je suis tellement douillet que je ne ferais que m'égratigner et rendre la fin encore plus douloureuse. Alors je préfère l'utiliser dans sa fonction première...
J'ai aussi mon appareil photo, qui me permet de prendre des photos de ma face pour constater la dégradation flagrante et fulgurante de ma face de cake avarié. Je peux également constater que si les premières photos comportaient un certain humour, celui-ci à tendance à s'évaporer encore plus vite que ma rage de vivre. Je commence à me dire que j'ai bien mérité toutes ces conneries, que je n'ai que de regrets pour toutes les fois où je me suis comporté comme un con. Fuir, fuir, fuir... il n'y avait qu'un endroit sordide comme ici qui pouvait me permettre de constater le désastre que j'avais été et suis encore pour les quelques prochaines heures.
En fait, je ne vais rien regretter. J'ai oublié mon existence toute ma vie, je ne vais pas me mettre à l'affronter dans ses derniers instants. Allez, encore une photo avec le sourire, ça fera de mal à personne. Une photo et je vais dormir, la lumière commence à se faire trop discrète, l'eau est vraiment glaciale je ne pense pas que j'aurais la force de sourire demain matin... si je passe la nuit... et à quoi bon la passer ? Si ça pouvait se finir dans mon sommeil je mourrais presque heureux... aussi heureux que je l'ai été... aussi malheureux aussi...
Alors à demain... si le diable existe...

09/12/10

jeudi 9 décembre 2010

Nos hymnes portent à...

La miré dormirse profundamente,
Mis palabras penetraban su inconsciente,
El amor se borraba después el futuro rió,
Y un grano del tiempo cayó;

Calla o calla, repitió la voz en mí, insistente,
Pero, cada día a las seis, yo tenté,
Mi murmullo de deseos quien mil veces murió,
Y un grano del tiempo cayó;

Como leyendo el periódico,
Ninguna leyenda, nada rico,
Yo no sé nada pero puede ser sabe,
Que un grano de más del tiempo cae;

Un grano del tiempo cayó,
Y un otro grano el tempo siguió,
Van a vivir como mí moriría,
Y nunca permaneceremos en la memoria...

08/12/10

mercredi 8 décembre 2010

Le mais pris sur la fête

J'ai la glotte qui barbotte dans le rhum et le picrate...
Une jolie mixture rosée au fond de la bouche,
Le fondement me gratouille comme Socrate,
Je sais que je ne sais rien mais que j'ai besoin d'une douche,
J'ai plus de face et vais bientôt perdre la rate,
Dans l'espace, moins important qu'une mouche,
Pour qu'un Dieu m'écoute, j'écris mes propres sourates,
Les jette dans un bouillon d'inculture et touille à la louche...

Quand le mélange est fin prêt,
Je dilue le tout dans de l'alcool à cinquante degrés,
Prends mon temps, réfléchis, marque l'arrêt,
Et descends tout cul sec de mon plein gré,
En souhaitant retrouver l'époque où je me marrais,
Et si je pisse sur le futur, c'est que seul le passé m'agrée...

Bon ça va, ça va, je dramatise,
C'est vrai que ma vie n'est pas une toile de Matisse,
Et que le bonheur que je n'ai pas m'attise,
Alors je cherche de partout, je ratisse,
Mais sans chasser mon malheur, jamais je ne dératise,
Du coup, mon esprit a l'allure d'une drôle de bâtisse,
Pleine d'entités sordides qu'il faudrait que je baptise,
Mais je prône autant la liberté du bien que du mal,
Car on ne peut juger un acte dans l'immédiat,
C'est comme arrêter au milieu un bouquin de Dumas,
Et plonger sur TF1 en bavant sur les médias...

J'aimerais terminer sur une bonne note,
Une touche d'espoir, une lueur dans le noir,
Mais à chaque pression sur les touches, je rote,
Je vais gerber une toile qui ne sera pas du Renoir,
Alors j'enlève mes bottes et vers les chiottes je trotte,
Et quand tout sera sorti, je me plongerais dans la baignoire,
Et ce texte, comme tout le reste, finira au fond d'une cuvette...

07/12/10

mardi 7 décembre 2010

Plus haut que le soleil

Trop classique, trop basic, j'ai souhaité devenir surhomme,
Mon vœu se réalisa en musique, j'ai trouvé le bon sérum,
Si on te demande d'où ça vient, tu diras que c'est du Rom€,
Si on te demande où ça va, dans l'espace, c'est de l'hélium ;

Aujourd'hui j'ai mal au titane, il va pleuvoir, ça t'étonne ?
Et tu crois écouter du Mano, mais c'est le tonnerre qui tonne,
Ma réalité te devance et dépasse ton sonotone,
Car j'ai trois saisons d'avance, je suis l'été et toi l'automne ;

Avoir les deux pieds sur Terre c'est comme crécher six pieds sous terre,
Je suis plus léger que l'air, trop haut pour être populaire,
Je ne peux plus atterrir, même dans le malheur je suis mort de rire,
Plus fort qu'un sourire et plus discret qu'un soupir ;

C'est pas la soupe aux choux qui fait que ça bouge sous mon poncho,
Tu veux que je te fasse un dessin, mais qu'est-ce que tu mets entre deux seins ?
Je suis pas un assassin, un saint plus innocent que le ciel,
Pendant que tu cherches, je te surveille, je suis plus haut que le soleil...

06/12/10

lundi 6 décembre 2010

Ces leurres de la fête

Préparation des fêtes,
Stocks et réserves de rations en tête,
Combustibles pour le foie et munitions,
Que tout le monde s'amuse sera ma mission,
Mis à part le fait que Noël me fait gerber,
Chrétienté de fanatiques au rabais,
Faut gérer, mettre les mauvaises idées de côté,
Tout bien décorer pour faire bander mieux qu'un décolleté,
C'est pas gagné, ça empeste le niais on ne peut nier,
Les magasins sont pleins autant que les paniers,
Mais faut faire la queue,
Je suis un poisson hors de son milieu aqueux,
Ah, que ça m'emmerde !
J'use de toute ma patiente sans passion,
Quel gaspillage d'énergie irrationnel,
Il faudrait que tout ça nous cassions,
Pour débuter le vrai voyage ascensionnel,
Tous ces cadeaux sont des prisons,
Boulets et chaines d'une illusion,
Et on se demande pourquoi nous crisons ?
C'est comme si notre liberté nous l'usions,
Alors que c'est le meilleur moment d'en profiter,
Mais trop peu ont le regard suffisamment affuté,
Pas assez futés, c'est l'aveuglement général,
Plus de sagesse, la consommation est plus vénérable,
Et je baisse les bras,
Comme pour l'arrêt du tabac,
La confiance en moi au plus bas,
Le désespoir m'abat,
Que de faux pas dans cette samba,
Et je m'en bas les...
Plus de temps pour écrire, c'est l'heure d'emballer...

05/12/10

dimanche 5 décembre 2010

Constat terne et dame nation

Ça part de rien et ça veut aller loin,
L'avantage de n'avoir rien, à perdre on a moins,
Mais c'est plus dur de construire,
Faut des fondations, donc il faut s'instruire,
Mais plus j'en apprends et moins j'en sais,
Quand je prends le ballon, rare est l'essai,
Les pensées se mélangent, les plans changent,
L'appétit apparaît puis disparaît quand je mange,
Pas d'idées fixes, pas d'opinions irréversibles,
J'admire le pile mais le revers à une face sensible,
Ça n'a pas de sens, pas de directions,
Les seins autant que les fesses me donnent une érection,
Impossible de rectifier, on a beau se méfier,
On dit que c'est en pratiquant que rentre le métier,
C'est surement que je ne dois pas vraiment pratiquer,
Après trente ans, la vie, je l'ai vainement mastiquée,
Elle a toujours du goût mais parfois elle me dégoute,
La joie passe par éclairs alors que la merde au compte-gouttes,
Mais sans répits, constante et régulière,
Alors tous les jours je donne un coup de serpillère,
Et j'oublie les erreurs d'hier,
Qui tombent dans le néant des lamentations et des prières...

04/12/10

samedi 4 décembre 2010

Mais l'ange, être ange

Mais quelle est donc cette voix que j'entends ? Mais quel est ce langage que je crois ouïr ? Ce n'est surement pas du français, bien que je ne sois pas une référence dans le domaine, mais je pense tout de même être capable de reconnaître la langue de mon enfance, et là, ce n'est pas le cas... il s'agit donc d'une autre langue... à priori latine, car je crois comprendre de nombreux mots, ou du moins les assimiler à certains que je connais correctement et qui leurs ressemblent étrangement... l'accent est aussi pour beaucoup dans cette étrangeté... si tout le monde parlait avec cette jolie mélodie, je pense que je pourrais plus facilement appréhender les différences réelles qui se présentent ici... donc, par élimination, j'en déduirais que c'est de l'espagnol ou du portugais... les italiens sont beaucoup plus tranchants et la mélodie plus machiste... si je puis la décrire ainsi... c'est en tout cas la façon que j'ai de le différencier... une sorte de méthode mnémotechnique de sauvageon provençal...
Bon revenons-en à nos moutons... ce n'est pas nordique, c'est certain... ça manque de k... et ces r qui ne cessent de rouler... mais pour différencier l'espagnol du portugais... alors là... je n'ai sans doute pas assez voyagé ou écouté les deux suffisamment proches pour pouvoir trancher... mon inculture est flagrante et pitoyable... oserais-je simplement demander ? Encore eusse-t-il fallu que je sache d'où venait la voix... on dirait qu'elle est dans ma tête... mais c'est impossible puisque je n'ai aucune connaissance dans ce domaine... à moins que ce soit mon esprit qui me joue des tours et simule une telle langue... ne la connaissant pas je ne pourrais dire si c'est juste ou faux... voilà qui est embêtant... essayons de l'ignorer... mais elle roucoule si profondément que ça me semble galère... pensons à autre chose... voilà, qu'est-ce que j'ai fait hier soir, petit exercice de mémoire... souvenirs, ô souvenirs détournez mon attention...
La bouteille qui se vide, gloup gloup, j'adore ce bruit de liquide qui passe par un goulot étroit, ça me berce, ça présage un petit instant de bonheur en instance pour mon gosier, gloup gloup, et plus le verre est grand, plus on peut entendre la bouteille chanter... et cette odeur, c'est fort, il faut couper ce nectar, trop clair, trop de degrés sans aucun doute, du sucre, c'est ça qu'il faut, rajouter du sucre, et presser deux oranges, des belles oranges gonflées du marché, pleines de jus, pleines d'énergie... tiens, le verre est déjà fini ? je ne me rappelle pas avoir bu quoique ce soit... pourtant je suis seul dans la maison... je crois en tout cas... ai-je ouvert à quelqu'un ? Il me semble, mais je ne vois pas de visage, personne ne passe le pas de ma porte... gloup gloup, tant pis, je peux encore écouter le doux bruit de remplissage... mais la bouteille fait une bien triste mine... qui a pu descendre mon rhum comme ça ? Là, ca ne peut plus durer, il faut intervenir, appeler, demander une explication, je veux du détail, des réponses claires et précises, holla ? Montre-toi inconnu qui me torture en cachette... je sais que tu es là... De l'eau... oui, il me faut de l'eau, ma gorge est rugueuse, elle pègue, je me sens poisseux de l'intérieur... gloup gloup... encore ce verre ? Décidemment, c'est une malédiction, je suis dans un jour sans fin sauf qu'au lieu durer une journée mon expérience ne dure que quelques minutes... et je ne me rappelle toujours pas avoir bu une seule gorgée... et cette soif qui s'étale, qui se répand de partout dans mes veines... la grande sécheresse globuleuse...
Mais quelle est donc cette voix que j'entends ? Mais quel est ce joli espagnol que je crois ouïr ? Hasta mañana bellísima señorita... Felices sueños y gracias por la música dulce en mis orejas... Quelle agréable compagnie, quel délice que de pouvoir profiter de tant de grâce en un seul individu, au sexe faible de surcroît... bien qu'elle est plus de pouvoir sur moi que je ne pense en avoir sur elle... faible... c'est plutôt moi le faible dans cette histoire... et ces idées qui se mélangent dans tous les sens... cette impression de déjà vu mais avec des variantes... sans doute la fatigue... qu'est-ce que j'ai mangé aujourd'hui ? Est-ce que j'ai seulement mangé ? ça ne me dit rien... je crois avoir le souvenir d'un gloup gloup mais je ne parviens pas à le rattacher à quelque chose de réel... ça manque de concret dans ma tronche... mieux vaut dormir, les choses seront plus claires demain ou ne seront plus... dans les deux cas, inutile de s'en préoccuper maintenant...
Bonne nuit amor... le beau ne nuit à mort... et cette belle voix qui me berce... doucement... si doucement...

03/12/10

vendredi 3 décembre 2010

Lis vers, ah, beau minable...

A présent, c'est certain, l'hiver s'est installé, le petit chauffage à pétrole ronronne dès l'après-midi, les pieds restent gelés, même dans les grosses chaussettes et les pompes fourrées, les mains brûlent et rayonnent d'une couleur rouge douloureuse, le nez coule constamment, la gorge racle, l'écharpe est de sortie, les gants vont suivre avant que les poches de la veste soient perforées, le ciel ne semble plus vouloir bleuir, les soupes sont à l'honneur dans la plupart des repas, la déprime guette à chaque coin de rue, à chaque coin de pièce, la moto ne veut plus trop démarrer et quand elle veut s'en suit un horrible périple éternel dans l'enfer de glace, et pourtant c'est le sud... je ne veut même pas imaginer comment ça se passe plus au nord... la neige tombe il paraît... ça c'est le bouquet, pour l'instant elle n'ose pas trop approcher d'ici, mais elle est à nos portes, attendant la faille, la moindre faiblesse de la mer, une pollution amoindrie, et elle sera là... plus personne n'en doute... on la sent dans l'air, hargneuse, vorace, glaciale et impossible à stopper... le sommeil devient difficile également, les UVs étant limités en journée, l'activité réduite à son minimum, une fatigue constante s'installe et ravage lentement mes cellules grises blanchissantes...
On oublie si vite à quel point l'hiver est sans pitié dans nos habitions centenaires males isolées... le moindre petit brun de vent se glisse à travers les multiples interstices des fenêtres, sous les portes, par les murs trop fins et par le toit estival... On chauffe plus la rue que l'intérieur de nos demeures inadaptées... et on a beau se dire qu'on a survécu l'année précédente, on doute toujours, on se dit que cette fois-ci c'est pire, le réchauffement climatique à détraqué le thermomètre et le froid va tous nous abattre comme des petits lapins sans terrier... seule la compagnie permet d'ignorer un peu ces attaques incessantes, mais chacun doit retourner vaquer à ses occupations, travail, travail, travail, il nous sépare, nous éloigne les uns des autres pour nous affaiblir un peu plus et nous empêcher de respirer... alors le chômeur se retrouve seul dans sa bâtisse frigorifique et attend la fin... il en vient à la demander mais l'hiver est bien trop cruel pour mettre fin à ce terrible calvaire si promptement, il se complet dans nos souffrances, je l'entends jouir de bonheur sous la porte... pfuit, pfuit, pffffuiiitttt... sifflement moqueur qui observe jusqu'où notre corps affaibli pourra tenir le choc, encore un peu plus longtemps, il reste des réserves dans ma carcasse, mais elles s'amenuisent sans jamais récupérer... il faudra attendre jusqu'au printemps, de longs mois, de longs instants à claquer des dents à subir les poignards de cet assassin frigide et sans cœur... alors on a foutu Noël au milieu de cette misère pour que les humains reprennent un maigre espoir avant la dernière, longue ligne droite dans cette blancheur cauchemardesque...
Les gens s'entassent dans les magasins surchauffés en croyant y être plus heureux, plus confortables, mais dès leur sortie ils comprennent que ce n'était qu'une illusion... une illusion qu'ils oublient durant la semaine et où ils replongent plein d'entrain le week-end suivant... une ordre de cadavres qui se maintient en vie grâce à une consommation effrénée et répugnante... les files d'attente s'allongent et s'allongent, permettant aux zombies de profiter un peu plus de cette chaleur hors de prix... Les couleurs de coca-cola qui dominent ces scènes méprisables me donnent envie de vomir, mais je n'ai pas le droit de gaspiller cette soupe qui m'a sauvé la vie ce midi... alors je ravale ma gerbe et passe mon chemin à la recherche d'une image plus gratifiante de l'espèce humaine... et ainsi, toujours je rentre bredouille, désespéré, dans l'attente du printemps lointain ou les vignes renaitront de leurs cendres... si seulement je pouvais les imiter et mourir durant l'hiver... je sens que je ne suis pas fait pour cette période glaciaire alors sans doute étais-je un cep dans une autre vie et on ne m'a pas fourni de nouvelles ressources pour survivre patiemment à ces instants immoraux... en souvenir je me noie dans des verres de vin chaud, ceci fut mon sang, et le sang retourne au sang et retourne ma tête... seul ce cycle cannibale me permettra de tenir le coup et de pouvoir apprécier les rayons du soleil quand ils daigneront revenir... après cette éternité de glace...

02/12/10

jeudi 2 décembre 2010

C't'étagère bée

De l'urine verbale, de la petite pisse lexicale, de la grosse merde littéraire, de l'ignorance lexicale, ce n'est pas ce dont à quoi j'aspire et pourtant je m'y noie jusqu'au coup, je patauge dans ce sérieux faussement intellectuel, dans ces excréments expérimentaux qui voudraient porter le blason de la révolution génialissime...
Plus je fréquente des personnages cultivés et plus je me vomis dessus et sur eux par la même occasion. On se fout vraiment de notre trogne mais avec une telle sévérité qu'on ne parvient même pas à se détacher de cet univers grandiloquent qui se proclame savoir suprême et absolu.
" Oh mon Dieu, mais quelle vulgarité...
- Que c'est mauvais, ces tentatives de modernisation de notre belle langue immuable.
- Mais quelle honte de se répandre ainsi dans un tel ramassis d'ignominies simplistes sans profondeur ni fondement.
- Un bel essai qui ne mènera sans doute nulle part non pas faute d'essayer mais plutôt par un manque de talent évident.
- De la littérature populaire pour les pauvres qui malheureusement ne lisent pas et entraineront cette œuvre dans le néant qui les attend eux-mêmes.
- Si Frédéric Dard écrivait pour les ménagères en se moquant avec arrogance de l'Académie, celui-ci écrit pour encore plus dépourvu de culture qu'il ne mérite même pas qu'on en parle.
- Bla bla bla, voilà qui résumerait à merveille ce torchon de mots qui insulte nos si grands écrivains.
- De l'anglais, du français, de l'espagnol, encore quelques langages et nous aurons la paix universelle pour que plus jamais ne se reproduise ce genre d'infamie."
Mais allez-y, vomissez tant qu'il vous plaira. Car si vous pouvez vomir c'est que votre estomac est déjà trop plein. Les critiques et lectures des plus Grands me permettent de poser en numérique ce que ce monde refuse de voir et d'affronter. J'en paye un tribu bien lourd par des formes épuisées, des idées usées, des sens vides, une légèreté enfouie sous terre et un humour terrassé.
Que suis-je devenu en voulant ancrer l'ironie de tous les jours sur du papier vierge d'espoir et à l'avenir limpide ? Je me rends compte d'avoir perdu quelque chose dans cette irréalité mais également dans la réalité quotidienne. Je me suis alourdi. Mes doigts écrasent le clavier avec une lourdeur abominable. Mon cerveau s'est enfermé dans un recoin livide de l'existence. Je boude constamment. Je n'ai plus la force ou l'envie de rire. Je n'ai plus l'envie ou la rage du monde pourtant si drôle. Moins blasé qu'avant et pourtant sans motivation. L'exception ne semble plus exister aujourd'hui. Tout est plat. Je suis passé des torrents joviaux de la joie sans désir à la plaine aride de la satisfaction universelle. Il n'y rien de bien joli à voir ici. C'est le calme. Il ne se passe rien de non prévisible. Il ne se passe rien tout court. On se masturbe en groupe sur la généralité flagrante. On applique bien gentiment les règles centenaires. On s'abaisse, s'agenouille, se courbe, se plie, accepte l'esclavage et refuse le défi, on bande mou et c'est tout.
J'étais bien mieux avant toutes ces conneries. J'aimais tellement emmerdés le galvaudage et les lois, me moquer de ce sérieux coincé du cul qui défini les règles de la beauté et du plaisir, et malgré tout, aujourd'hui, je baisse mon pantalon et attends calmement le gourdin que l'on me glissera dans l'orifice fécal...
S'il vous plait, je vous prie, approchez, n'ayez pas peur, amenez votre quenelle, qu'importe la taille, je suis prêt, les fesses bombées, je suis ouvert à vos principes fondamentaux, je les accueille à cul ouvert, je suis là, j'attends, alors allez-y, enculez-moi...
Foutue chienlit, dans quel bourbier me suis-je avancé, je ne souhaitais pas grand chose, juste offrir et voilà que j'ai perdu ma liberté mais gagné un superbe paquet de chaînes rouillée qui m'empêche de me marrer comme avant. Mes bouteilles de picrates ont toutes le même goût, mon rhum est industriel et sent pisse même coupé au jus d'orange, mes clopes me pourrissent les poumons et la gorge sans soulagement, les chattes sont sèches comme le désert en été, les films de boules sont surzoomés, le soleil est glacial, l'herbe est verte pâlichonne, mon basilic végète, et mon chat gerbe ses boyaux sur les tomettes... J'en viens à regretter le bon vieux temps sans illusions, sans espoir, complètement libre et ironique... Je n'ose imaginer l'année à venir... et les possibles autres à suivre... Rendez-moi mon innocence et ma dérision... laissez-moi chier tranquillement en lisant du Céline et en me fendant la gueule, peinard sur mon trône... saloperie de sérieux, crève la bouche ouverte, personne ne regrettera...

01/12/10

mercredi 1 décembre 2010

El cenicero no sincero o si

Vino y vino en mis venas,
Air et vêtements sentent la vinasse,
¿Porque, porque te vas?
Vite et mal le temps passe ;

Secuestrada para un mundo de agonía,
Que me quema con una triste ironía,
Juste bon à écrire des vers niais,
Si j'en suis l'auteur, j'aimerais le nier ;

Ignorancia de nos sueños,
Arrogancia en nos ojos;

Mis juicios evolucionan,
Hier encore j'avais la banane,
Tus calidades se evaporan,
Et je me comporte comme un âne ;

Nos miramos los pies, bajo la mesa,
Sin comprender su facies, que farsa,
Le moral en pièces, et je remets ça,
Besoin de faire la sieste, ça passera ;

Rey y reina de la incomprensión,
Serait-ce la contradiction qui nous passionne ?
Vida moderna sin compasión,
Pourquoi est-ce le bonheur que l'on rationne ?

Autant de bien que de mal tu me transmis,
Corro tras ti y corres tras mi,
Siguiendo la traza del circulo sin fin,
Comme des zombies sous morphine ;

Dos sombras que buscan un sol,
Sombrant dans la pénombre du sous-sol,
Y siempre permanecerán solo,
Car on ne peut se parler sous l'eau,
Porque el uno tapa de otra, y viceversa,
Et déjà sèchent les larmes que l'on versa,
Como una mentira tapa una verdad, veras,
Que l'amour toujours la haine terrasse,
J'espère y esperas...

30/11/10