mercredi 31 mars 2010

Bien, Pont, Paix

Tout est dans les pompes,
Que ce soit pour aspirer ou inspirer,
Qu’elles soient funèbres ou festives,
Elle agissent sur l’eau, l’air, l’essence, disons l’avis,
Les miennes sont neuves et toutes flambantes,
C’est pas du croco mais elles dealent,
D’un beau marron pour mieux avancer dans cette merde,
Et des bons gros talons pour appliquer la loi du Talion,
Il n’y a rien à dire, tout est dans les pompes,
Et c’est dans les miennes que repose mon monde.

Tout dans le godillot, dit Yo,
Tu voyais pas Gandhi en boots,
Des bonnes claquettes à la source du roots,
Et bien là, c’est pareil,
Sur moi les tongues ça dépareille,
Alors faut de la vachette tuée à la fléchette,
Et alors j’achète et dessus je crachote,
Parce qu’il faut pas trop que ça brille,
Pour trotter droit sans trop que ça vrille,
Balade relaxe dans le centre ville,
Oblige, de la plaine à l’obélisque,
Même si on aurait préféré les crêtes,
Les falaises balaises qui demandent de la vraie grole,
Mais quand je sors sur le trottoir j’ai l’air d’un troll.

30/03/10

mardi 30 mars 2010

Mais l'eau dit en vous tente

Oh ! La douce mélodie qu’ouïs-je.
Ce n’est pas la mélancolie qui couine,
Mais bel et bien une musique agréable,
Dont le volume est très bas et c’est regrettable.

Tiens, un tambour entre en scène,
Comme un cœur monte en scelle,
Il respire la vie et fait vibrer ses comparses,
Puis soudain, tout s’arrête, un con passe.

Une flûte, invisible jusque là, se pointe,
Un petit air de pipeau m’entraîne sur sa pente,
Le tambour reprend et la mélodie revient plus riche,
Armée d’une machette, elle pourfend les vieilles friches.

Les notes et les vibrations s’harmonisent,
Le son devient palpable, le silence triste agonise,
Agnostique prêt à se convertir à ses origines,
Montrez-moi l’auteur de ce chant contre les os rigides.
Comment ça, ce n’est que toi ?
Une si simple vivante qui me nettoie,
Mais mets-toi à l’aise, entre sous mon toit,
Ce n’est pas Montparnasse, mais quand ça monte, ouah !

29/03/10

lundi 29 mars 2010

La baguette de fille en saillie

« Escarmouche, escarmouche ? Vous voulez de l’escarmouche ? Mais vous n’êtes pas bien complété dans votre tête mon bon ami. Pourquoi vouloir ou même penser que notre petite divergence de point de vue, totalement immatériel et inconsistant, puisse être réglée par le biais si peu recommandé de la violence ? Je m’interroge, je vous observe, je commence même à vous connaître, et je ne parviens à en comprendre la raison. Du coup, je m’interroge encore plus sur cette incapacité de ma part à pouvoir déduire l’attitude à adopter pour vous ramener sur le chemin de la sagesse et de la raison. Je souhaiterais donc savoir ce qui peut vous pousser à réagir de la sorte face à un dilemme d’une importance si minime.
- Mais la voilà la réponse, espèce de maniaque verbeux ! Je suis juste là pour vous vendre du pain, préparé avec patience, attention, et un profond respect. Tandis que vous. Oui, vous. Vous êtes un client quotidien et satisfait de la qualité de ce produit plein d’amour et d’énergie, et n’êtes supposé qu’entrer dans ma boutique, préciser votre souhait et me tendre la monnaie en échange de sa réalisation. Je vous accorde volontiers qu’il est bon de vous pouvoir échanger quelques banalités ou autres ragots sans importance avec son semblable, mais il y a une certaine limite qu’il ne faut pas franchir. Cette barrière, c’est moi qui décide où c’est qu’elle se trouve dans ma boutique. Et bien là, lorsque vous me signifiez des cochonneries sur ma femme, vous avez franchi toutes les frontières concevables. Il n’y a rien qui puisse vous excusez. Et pourtant vous persistez sournoisement à faire le visage innocent. Alors je vous prierais de bien vouloir vous en retourner à vos occupations, et laisser la paix retomber sur ce lieu de travail autrefois si agréable.
- Oh, mère Nature ! Comme je m’en veux soudainement. Je n’avais aucune idée que cette si plaisante demoiselle à la poitrine opulente et provocatrice eut été votre fidèle partenaire dans le chaos qui nous entoure. Vous vous doutez bien que je n’aurais jamais usé de tels propos si cette information capitale avait été en ma possession ? Admettez que mon innocence a été poussée au-delà du possible avec cette atmosphère brulante, toutes ces miches fumantes et cette créature de rêve se trémoussant, riant de toutes parts, éclaboussant ses victimes de ses charmes envoutants et dévorant votre âme à chaque regard désirable. Combien d’allusions m’a-t-elle faite en prenant fermement ma baguette entre ses mains délicates ? Cette femme me demandait clairement de la prendre violemment sur ce comptoir. Les mots ne sont pas toujours nécessaires pour exprimer une envie. Elle m’a…
- Mais vous allez la fermer misérable pervers dégoutant. Je ne mérite pas que vous continuiez de répandre votre fiel infâme dans mon domaine personnel. Alors allez-vous en et ne remettez jamais l’ombre d’un pied en cet endroit sain.
- Je ne peux partir avant de m’être fait pardonner mon inconscience. Le sexe est…
- DEHORS ! Ou ce sont mes bras qui vous guident jusqu’au sol humide qui s’impatiente à l’extérieur.
- Très bien, très bien… Je m’en vais. Mais sachez que je reviendrais demain, chercher mon pain quotidien et les avances de votre très chère. Ceci est mon domaine personnel, et personne ne m’en privera. Sur ce, je vous salue. »

28/03/10

dimanche 28 mars 2010

Le peu t’y pince

Toute émoustillée, la jouvencelle accourut vers son merveilleux prince. Le grandiose n’avait clairement pas souffert de la faim dans son incroyable bataille. Un an à peine s’était écoulé depuis son départ pour les champs de guerre sanglants et il avait tout de même réussi à doubler puis tripler de volume. Son visage ressemblait à une grosse tomate prête à exploser sous la pression de la chair gonflante. Son cou avait totalement disparu, remplacer par un prolongement gras de son menton proéminent. Ses pectoraux autrefois si joliment dessinés et moulés par son haut de corps de tissu fin avaient laissé place à d’énormes mamelles dignes d’une chanteuse d’opéra compressée par son décolleté trop avantageux. La ceinture abdominale avait céder sous un amas de graisse qui parvenait jusqu’à dissimuler son appareil reproducteur si glorieusement sculpté par Dieu en personne et ne laissait entrevoir qu’un fessier rappelant la beauté imposante d’un éléphant. Et pour ce qui était de ses jambes, à l’allure et la grâce de troncs d’arbres millénaires caressant le ciel de leurs branches musculeuses, elles s’étaient transformées en dégoutant sacs de patates noués en leur milieu pour symboliser la présence de genoux tremblant pour maintenir cette masse montagneuse debout.
Lorsqu’il fit un premier pas vers sa donzelle amoureuse, cette dernière s’arrêta tout net, presque apeurée par la vision de ce phoque tentant désespérément de rejoindre la mer pour être soulagé de ce poids devenu impossible à supporter. Si les yeux de l’aventureux avaient encore possédé leur éclat et leur forme d’amende parfaite au lieu de n’être que deux petits points brillants au fond de cet abîme de viande dégoulinante, la belle pucelle aurait remarqué que son attitude blessait son ex-charmant plus douloureusement que tous les coups de gourdins, de massues et d’épées qu’il avait subi durant cette longue année de combat désespéré pour le salut de son étendard. Mais l’émotion de revoir son promis et le choc de constater ce qu’une guerre pouvait faire d’un grand homme, l’estomac féminin ne put le tolérer durant un instant de plus et tenta de s’extraire de ce corps sensuel afin d’éviter d’assister à ce spectacle écœurant. Le déjeuner complet de la déçue se retrouva sur le sol caillouteux prenant la forme d’un aigle resplendissant en plein envol du sommet d’une montagne enneigée et boueuse.
Le cerveau de l’obèse paraissant lui aussi asphyxié par la graisse, il ne parvint pas à concevoir que l’image dégagée par ce corps infâme puisse être vomissible pour la plupart des mortels. Au lieu de cela il en déduit que sa jolie devait être atteinte d’une maladie bien grave. Le répugnant s’empressa donc jusqu’aux côtés de la superbe et des sons profonds et mâchouillés sortirent par son appareil buccal : « Oh ma douche, vous chêtes mal ? Me revoilà à peine et vous mourez déjà… »
Cette fois-ci s’en fut trop, après s’être vidé entièrement, l’estomac de la sensible n’eut d’autre choix que de se jeter lui-même dans l’intrépide escalade de la gorge. Lorsqu’il parvint aux lèvres, il senti la fraicheur de l’air pur et trouva la force nécessaire pour s’extraire définitivement de ce corps bientôt froid. L’œsophage et l’intestin tentèrent inutilement de rapatrier leur maître à l’intérieur de sa prison mais il était trop tard. Le cœur cessa de battre, les pupilles se dissolvaient pour échapper enfin à cette vision d’apocalypse démoniaque et l’âme de la glacée s’éteint lentement dans le pire tourment jamais connu jusque là.
Le gros prince en fut tout aussi troublé et assista, impuissant, bedonnant, à la mort de sa conquise. Voilà donc le sort cruel que le destin avait décidé de lui offrir après tous ces efforts pour la gloire et l’honneur. Un immense désespoir s’abattit sur les épaules du conquérant, la faim lui serra le ventre, la salive déborda de sa bouche. Il fallait qu’il mange, il fallait qu’il oublie. Alors il prit le petit estomac entre ses mains tremblantes et le dirigea jusqu’à sa bouche. Il ne serait plus jamais seul. Il serait deux. Il serait heureux.

27/03/10

samedi 27 mars 2010

Lis Versant Va

La fin de l’hiver, la fin de mon verre, la fin de ce vers,
Et le début de tout le reste.

Qu’il est bon d’aérer les avant-bras,
De sentir les rayons de soleil percuter ma peau blême,
Les petits jaunes se préparer en terrasse,
Les piliers à terre se mettre leur race,
Les minots se déguiser pour carnaval,
La mine haute, je me grise et avale,
Pendant les sept prochains mois de rêve,
Si la grisaille se repointe, c’est la grève,
Le ciel bleu n’a plus droit à une trêve,
Les belles saisons sont toujours trop brèves.

La photosynthèse peut reprendre sa route,
Mais que mes os repoussent, là j’ai un doute,
Et on s’en fout, ce n’est pas le plus important,
Au revoir les pompes, tant pis je suis bien portant,
Et pourtant, je me rétame, entamé à l’éthanol,
Entouré d’un tas d’états qui somnolent,
Les bourses gonflent mais sonnent molles,
A présent je trace mon chemin à coups d’épaules,
Du Sud au Nord, j’explose les pôles.

Avec ou sans sourire diplômé,
Un mec sur cent est saoul et se dit paumé,
Les autres sont sobres et ne le voient donc pas,
Mais au-dessus de leur tête, un sabre les suit à chaque pas.

26/03/10

vendredi 26 mars 2010

L’amer et les palmes, Yeah !

Voilà un an, aujourd’hui, qu’il est parti. Mon si grand ami, je n’aurais jamais cru qu’il puisse me manquer à ce point. Evidemment, les premiers jours, je pouvais enfin respirer. Le monde m’appartenait, je me suis senti libre. Bêtement libre. Je me vois encore courir éperdument en hurlant à plein poumons. Je défiais cet univers qui n’appartenait plus qu’à moi seul. Oui, les premiers jours, j’ai réellement cru que j’étais devenu un roi. Et puis, les choses ont changé. J’ai lentement réalisé tous ces moments où il m’aidait, participait à ma vie et lui donnait une consistance solide, presque un sens. Et puis doucement, j’ai compris que sans lui mon existence même n’avait plus la valeur qu’elle eut lorsqu’il était encore là. Ce compagnon n’était donc pas qu’une présence supplémentaire à mes côtés, mais il était la clé de mon être. Il était ce spectateur patient qui regarde la télé. Le film qui passe n’existe que parce quelqu’un le regarde. Si le spectateur s’en va alors il ne reste plus qu’une boîte vide et inutile. Personne ne vous entend dans le vide. Je ne sais plus ce que je suis aujourd’hui. A priori je ne dois être qu’une carcasse de chair animée par le déplacement et l’activité de milliards de cellules. Un mouvement inutile, qui ne modifie rien à son entourage, qui ne restera ancré nulle part. Et pourtant il y a cette voix dans ma tête. Peut-être même ces voix. Qui émettent des avis, des émotions, des sensations, et qui semblent vouloir combler ce vide pour se donner une consistance. Mais elles ne servent à rien. Je ne suis un arbre rongé par le vide qui s’effondre dans une forêt vierge.
Je ne sais pas pour qui j’écris ces lignes d’ailleurs, peut-être pour toi mon ami que j’ai abandonné. Peut-être ai-je encore l’espoir que tu sois toujours vivant, à ma recherche. Tes derniers mots résonnent encore dans ma mémoire : « je reviendrais avec de l’aide, tiens bon mon ami, je reviendrais avec de l’aide ». Tu semblais tellement y croire. Je t’ai suivi longtemps du regard t’éloigner sur notre pauvre embarcation faite des misérables branches et de tout notre cœur.
Je comprends pourquoi tu voulais tant que je t’accompagne. Je comprends à peine maintenant pourquoi tu as insisté pendant des jours pour que je parte avec toi. Tu savais qu’il n’y avait aucun chance que tu parviennes à rejoindre un quelconque rivage, et que je serais donc condamné à finir le reste de ma vie sur ce pitoyable rocher à manger de la coco et des racines dans la solitude la plus totale. Nous étions devenus la raison de vivre de l’autre. Seul, je ne suis plus rien. Le Dieu qu’un monde désertique invisible aux yeux de l’univers.
Voilà un an, aujourd’hui, qu’il est parti. A présent, c’est l’espoir qui s’en va. Mais si ces mots sont parvenus jusqu’à un œil étranger, alors je continue à vivre avec mon ami et tous ceux qui les liront. Aller, être humain si curieux, aventure-toi dans cet océan immense pour découvrir l’inconnu. Je suis là, je t’attends. Je t’attendrais aussi longtemps que cette feuille survivra dans cette dernière bouteille. Alors viens, prends ton temps si tu en as besoin, mais viens.

A bientôt.

Antony Deroc, rescapé du Delamore.

25/03/10

jeudi 25 mars 2010

Une baie le rend contre

« Tu vois, j’ai de suite senti que le gars était louche. Ses petits yeux malicieux ne m’ont guère inspiré confiance. Du coup, je le laisse s’exprimer, je l’écoute, mais je reste sur mes gardes. Ça dure pendant une bonne heure le truc, mais je me relâche pas une seconde, aux aguets tout du long. Et pis finalement, il s’arrête tout net, il me regarde, et il me demande ce que j’en pense moi de son histoire. T’imagine ma tête. Moi je m’attendais à tout sauf à truc comme ça. Un coup de poing dans la gueule je te l’aurais esquivé tranquillement, mais ça. Non, là j’ai rien vu venir moi. J’ai raté le moindre de ses gestes, ses petits mouvements de mains, ses tripotage du bouquin qu’il avait avec lui, son regard, ses pieds se déplaçant sous la table, tout, j’avais vu, tout senti, tout perçu. Par contre avec un tel degré de concentration, tu te doutes bien que je pouvais pas en plus écouter ce qui me jactait le gars. Je pensais c’était pour faire diversion son blabla. Donc j’avais pas pité un mot de son charabia et le mec me demande ce que j’en pense. A moi. Vu que j’étais tout seul en plus, je pouvais m’appuyer sur personne. Prisonnier comme un poisson dans une bourriche. Je commence à blêmir forcément. Et le type y doit sentir qu’y a un truc qui tourne pas rond parce qu’il s’agite un peu, y regarde autour de lui, y s’écarte un peu le col de la chemise. Le gars pas rassuré, quoi. Donc moi comme un couillon je me dis que j’ai le dessus, c’est pas ce nabot qui va m’agresser. Alors je lui demande ce qu’il entend par « ce que j’en pense » de son histoire. Le mec il est tout choquer d’un coup. Il s’attendait pas à une réponse comme ça. On lui avait jamais fait le coup, alors il sait pas quoi dire, il s’agite encore plus sur sa petite chaise (je lui avais filer mon petit tabouret de cuisine, pour pas qui se sente supérieur au début). Donc là il réfléchit, je vois qu’il se creuse les méninges, c’est tout nouveau pour lui, il veut pas se planter. Et voilà pas ce qu’on s’est dit :
- J’aimerais juste connaître votre position sur notre Sauveur tout puissant, monsieur.
- Ma position ? Vous pensez que je me tripote en me visualisant à quat’ pates devant votre paysan avec sa petite serviette descendu sur les chevilles ? Mais c’est que vous me prenez pour un pervers qui traîne devant les écoles pour petits garçons. Vous êtes de la police ou c’est vous le dégueulasse avec des idées pas claires comme ça ? Va falloir me donner un justificatif avec des propos pareils. Je peux pas laisser cracher des saloperies aussi malsaines dans mon salon. Il va y avoir des représailles que je vous en dit que vous allez plus les reposer vos questions de malpropre. Alors ? Qu’est-ce z’avez à dire ? On se remue sinon c’est taloche qui tombe direct sur le coin de votre joue de souillon. Non de Dieu, tu causes ou je te vais te faire causer avec une belle voix de fillette.
- Non, monsieur, je vous en supplie, monsieur. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Je m’excuse si je me suis si mal exprimé. Je ne suis qu’un pauvre représentant de vente en bibles catholiques. Je gagne mal ma vie, je ne suis pas très bon dans le métier, c’est pour ça que vous avez mal compris ma question. Je suis désolé. Je m’en vais. Je m’en vais.
- Ben ! Faut pas vous mettre dans des états pareils, mon brave. Faut pas avoir peur de s’exprimer non plus. Vous m’auriez dit de suite que vous aviez un bouquin à me vendre je vous aurais dit de suite que moi je lis que Science & Vie et Détective Mag. Depuis trente ans bientôt. Et que jamais je pourrais lire un autre truc parce que j’aurais moins de concentration à donner à mes deux livres. Du coup vous avez bousillé une heure de votre temps de travail et vous avez pas gagné un copeck. Mais vous inquiétez pas mon bonhomme. Vous aurez pas complètement perdu votre temps. On va se faire un petit apéro, parce qu’avec toute cette discussion, on a pas vu le temps passé et il est déjà 16h. Et ça donne soif la discute, alors on va boire un petit coup et on va voir si on peut pas vous arranger un peu votre système de vente. Le petit jaune il va nous éclairer les idées, que quand vous sortirez de chez moi vous serez plus le même homme et la fortune va vous tendre les bras. Aller !
Voilà, le gars il est resté jusqu’après soupé. J’avais des cacahuètes et une boîte de harengs, on s’est bien fendu la gueule. Pierrot qui s’appelle. Et c’est un bon gars, pas con du tout, avec plein de trucs différents dans la tête, ce qui fait qui s’est pas où aller. Il voit trop de routes devant lui alors il sait pas laquelle prendre. Mais t’inquiète, je lui ai dit qu’on se retrouvait souvent au Bar Icare et il m’a dit qui passerait nous voir. Tu vas voir on va bien se marrer. »

24/03/10

mercredi 24 mars 2010

Allah sauce mou tarde

Tic, la petite aiguille de mon horloge avance d’un pouce,
Tic, nerveux, verbale, cérébrale, ça s’emballe,
Tac, la grande aiguille avance à son tour, jalouse,
Tac, au tac, tachycardie, tension tactile, active.

Une course infernale,
Un oursin fer n’a le temps,
Si tôt et pourtant cithare,
Cité haut, épée ou tant citée d’art,
Des mots, juste démons,
Rien que démonstration,
Rie une queue de dés en soustractions.

Aretha l’a, ceux-là valent mieux…

23/03/10

mardi 23 mars 2010

Reine et Sens

Aller mon gars, on se réveille,
Ça déborde d’énergie dans cette carcasse,
Alors profites-en avant qu’elle ne se casse,
C’est comme une batterie de bagnole,
Du moment que les yeux sont ouverts,
Elle se décharge, donc roule au feu vert,
Et le cycle engendre la force dans les jambes.

Pas de jantes en alu, juste la berlue et tu chantes,
Les pare-chocs sont foutus mais ne crains pas le contact,
C’est dans le rentre dedans qu’on gagne en tact,
Vas-y attaque, t’es chaud, attention lapin,
Soit tu l’écrases, soit tu bouffes du sapin,
Et là, c’est moral sapé, happé par la brume,
Tu seras mieux aux côtés de la jolie brune,
A moins qu’elle ne te brûle l’élan,
Et là, hélas, il faut attendre que ça passe,
Mais n’y pense pas, ce qui te tracasse, là, s’efface,
Le temps est une éponge très efficace,
Alors fils, sors le costard, c’est la classe,
Et ça cache ton âme pleine de crasse,
Toute dégueulasse, lasse mais pleine de place.

C’est beau, c’est bien, tu tiens le bon bout,
Tu te sens mieux depuis l’arrêt du bambou,
Et ce n’est que le début d’une nouvelle ère,
Certes, y aura des moments tout vénères,
Mais quoi qu’il arrive, continue pépère,
Relâche les nerfs, et pense à l’énergie,
Qui explose exponentiellement quand tu agis,
Et ensuite tu n’auras même plus à y penser,
Car on peut difficilement stopper un homme dans sa lancée.

Un homme qui entonne un chant comme cent hommes,
Un centaure sans tort qui chantonne haut et fort,
Cet homme, ce roi, c’est toi,
Et personne n’osera te dire « Tais-toi ».

22/03/10

lundi 22 mars 2010

A la colle

Jolie peau jaune au charme cirrhosé,
Je caresse tes seins frais comme la rosée,
Pour calmer les tremblements de mes membres,
Incontrôlés, puis prisonniers de ton ambre,
Mon cœur en cendre se prend pour le phénix,
Et renaît presque, si seulement tu ne feignis,
D’ignorer cette moiteur qui nous serre,
Cette tension émotionnelle qui ne sert,
Qu’à nous montrer l’inévitable avenir,
Le véritable point de départ de nos souvenirs,
Communs, de deux nous deviendrons un,
Alors dans la sécheresse nous serons zen,
C’est tellement beau des êtres qui s’aiment,
Dans un désert, un sot d’eau qui saigne,
Et pourtant tu continues de nier l’évidence,
Dans ce jean Levis dense, tes fesses dansent,
Et me soignent lorsque toujours tu t’éloignes,
J’interroge la lune et les étoiles, elles témoignent,
Et m’expliquent que nous sommes trop semblables,
Si ce n’était toi qui refusais d’y croire,
Je serais parti sans rien dire après le premier soir,
Car je suis amoureux du désespoir,
Et me lasse bien vite des bonnes poires,
Notre union tient grâce au contradictoire,
Une dictature solide sans moratoire,
Fonctionnant selon une hyperbole,
Tu te perds en haut, je m’égare au sol, pas de bol,
Et inversement, jamais sur le même versant,
Ces vers sentent le début du renversement,
Debout et somnolant,
Le bout est insolant,
jamais un seul, je sais en ce jour,
Que nous serons deux pour toujours.

21/03/10

dimanche 21 mars 2010

Arrête Thon

Allons ensemble au fond,
Touchons du doigt du bois,
Je perçois le temps qui fond,
Et ainsi font, fondent les lois,
L’élan coupé, les lents loupés,
Les loups guettent l’erreur,
Et c’est bientôt l’heure de souper,
Ou n’est-ce qu’un leurre,
Pour appâter notre estomac,
Qui laisse tomber sa garde,
Sous estocs et de capes,
Décapé par les coups, ça barde,
Cheveux roux dans la barbe,
Odeur de houx et de rhubarbe,
Couscous athée et arabe,
On se hâte autour de la table,
Un peu de rhum et de sable,
Pour les hommes misérables,
On ne sait pourquoi restent aimables,
J’ai mal à l’inconscient,
Comme un arbre qu’on scie sciemment,
Si je ne peux être ton ami,
Je serais ton amant,
Pas collé comme deux aimants,
Oh nan,
Honnissant,
Ton visage lisse ment,
Je comprends tout grâce à mon talisman,
Plus étudiant, plus taliban,
Telle est la liberté de la solitude,
Solide et sale attitude,
Je n’irais pas plus bas,
Et ne reprendrais plus d’altitude,
Car c’est le haut qui blesse et non le bas,
Je le sais, je viens de là-bas,
Où l’on ne vit que de combats,
Des petits soldats sans âme,
Dirigés par cent ânes,
Généraux peu généreux,
Colonels sans colonne, sans cervelle,
Pas d’amiral admirable,
Que de chefs et de sous chefs,
Saouls qui cherchent leurs clefs,
Pas de révolution et pas de Che,
La seule évolution c’est de se patcher,
Pour éviter le cancer des neurones,
A cause du wifi et du Bluetooth en couronne,
Mais trop tard, je suis contaminé,
Un beau con, le cul sur un tas miné,
Et ça fait le minet, minable,
Merci l’abonnement, l’abo…

20/03/10

samedi 20 mars 2010

ADN News

She asked for some news about my walk on the dark path. What could I tell her? The truth? Probably, because I couldn’t lie at this moment, couldn’t be bother nor having any idea about the wonderful happiness I wasn’t living in. So, here’s my reality and the memory I’ve got of it.
It was the fifth month of my journey on the unsociable road I had to take due to the an old man, dying of a cancer, feeling like driving a little bit, and maybe trying to take a passenger with him to hell. People told me to be patient on this long trip, and still continue to copy it, zip it, paste it, repeat it… technologic? Anyway, the pain was going away, slowly, the sun started to shine again, the winter saying his last words and the heat warming my soul up. I could see it, nearly touch it. This big light, gone since so long, was so close again. Hope. No doubt, hope was just there. So I believed, naively, life was restarting. Physical exercises to bring back this weak body to a better shape. Reading, writing, enjoying the landscape, waiting for the first flower to come out. Yes, like a vineyard, dead during the winter and coming back to life with the spring. Days passed faster, the walk was easy and fresh, I wanted to run to reach definitely the summer, but the voices continued to say to be patient, so I just walked, a bit faster. Then I found a bike on the side of the road. A bike I knew from this past long gone. Should I use it? Was there something wrong to do that? Be patient, be patient... but I’ve never been good with patience, so I just rode the bike, and the road became brighter and brighter, till I reached hope, finally. The grass was so green there and seemed to continue till the eternity under the blue sky. No need of tricks there. No alcohol, no drugs, only reality was enough to enjoy my soul. I thought.
Because eternity doesn’t exist, this meadow couldn’t last forever. But I didn’t want to know. The air was too good to think about bad things. Bad was taboo there. The word didn’t even exist. But suddenly, one morning, I woke up and discovered a low black sky on top of my head. My body was shaking due to the cold wind coming from a dark forest just in front of me. A forest I hadn’t notice the day before, probably drunk of happiness like every evening since I had reach hope. First I thought I could just go back where I was a few days ago, but I couldn’t see any piece blue sky anywhere around me and decided to continue my journey in the same direction. I decided to cross this forest.
At the beginning, the smell of the trees was kind of refreshing. The path was wide, flat and just soft enough to make you feel like walking on a giant cheese cake. Then the path became smaller, more wild plants and herbs slapping my legs, the ground was getting muddy and smelled like a ugly blue French cheese. The light slowly disappeared under the thick trees making a dark cover on top of this oppressive vegetation. After days fighting to go forward I realised I couldn’t see any path anymore, any light, and wasn’t sure I was going on a straight line. But I continued in the endless night to move. Really slowly. Out of breathe most of the time.
One morning, the little piece of hope I took with me from the sunny sky was gone; stolen by a dark creature living in this forest or dead of starvation. So I walked alone, again, and even if my body wasn’t feeling too much pain compare to the beginning of my journey, my soul was crying louder every step.
At some points, I remember coming out of the forest, seeing the sky again, but his blueness seemed old and stained and I could see the end of it. A circle of weak joy trapped between the strong arms of the wood. Some of these inviolate light spaces were extremely beautiful and helped me a lot to continue walking. But some other parts of the forest seemed lasting forever and more. The time took the attitude of a rubber band, sometime long and tense, other relax but short.
Since that day when I found this darkness surrounding me, I’m still stuck in this shitty wood, the body’s getting used to the nettle stroking my arm but the darkness and the lack of light is slowly but surely breaking my soul apart. I’m not expecting to get out of this place ever. It’s probably what gives me the energy to walk. I just want to see more of it, to see some differences. Like an Eskimo is able to notice loads of contrast and difference of colour of the snow. While a basic European guy will just see white snow, the Eskimo got many adjectives and name for every specific type of snow depending of the time of the year, the temperature, the health of the atmosphere and other things I can’t even imagine. So, I started to notice as well some little details of the night. I don’t have words at the moment to explain them, but I know now the darkness is not only a black thing. It’s complex, deep, and maybe there are living creatures in it with their own spirit and ideas. That’s what makes me continue the journey, even if sometime I just stay the whole day lying on a tree, listening the quiet obscurity, I still continue, the next day, my road in the dark night.
The words and messages of other human being still reach me where I am, but their meaning became more blurry every time and I know one day, I will wake up and won’t be able to understand anymore the common language.
Till then, I will listen and continue to walk...

19/03/10

vendredi 19 mars 2010

Saute Bout de Pont

Tout a commencé par une belle soirée de printemps, je ne sais plus il y a combien de temps, sans doute hier, sans doute le siècle dernier, alors que je trainais depuis trop longtemps déjà malgré ma jeunesse arrogante, une tristesse lourde de non-sens. La seule raison à cette tristesse était l’incapacité à trouvé un sens ou une raison à tout ce magnifique cinéma. Au début, je me disais que c’était les hormones, en explosion dans ce corps pustuleux, et puis au fur et à mesure que les retombées émotives s’effaçaient, la tristesse, elle, restait bien présente, plus étouffante et pitoyable. Je suis alors mis à l’aimer cette tristesse, à la chercher lorsque parfois se dessinait un sourire sur mon visage livide, lorsque les belles journées ensoleillées ravivait mon cœur, je ne pouvais m’empêcher de craindre de la perdre. J’avais fini par m’habituer à elle, ma fidèle compagne, sans attente, sans désir, simplement à mes côtés dans le calme du néant. Si bien que j’aurais voulu qu’elle soit avec moi dans les moments de joie pour pouvoir partager, offrir en retour. Mais elle n’était jamais là, dans ces moments. Jamais je ne pourrais la récompenser pour toute la patiente qu’elle donnait. Si seulement elle avait été un être humain, je l’aurais volontiers épousé pour que nous puissions vivre en peine jusque dans l’éternité.
Je marchais donc sans but, sous le vide étoilé, le long de la côte, seul, avec ma chère tristesse et décidais de m’arrêter un instant sur un petit pont de pierre à l’allure vieille et blasée, en parfait accord avec ma mélodie mentale. Le bruit des vagues clapotant sur les rochers me comblait l’esprit entièrement, empêchant mes pensées salasses de se répandre. Pas de voiture, pas de mouette, pas de gens, la perfection du silence méditerranéen qui ne dure jamais longtemps fût soudain rompue par un couple d’amoureux béat bercé par l’illusion heureuse de la non-solitude. Leurs paroles, bien que déposées à voix basse, ne cessaient de percuter mon fondement rationnel. Des mots d’amour, des mots idiots, des promesses qui ne pourront jamais se réaliser, des projets qui seront brisés dans la douleur, des concepts illogiques, et toutes autres sortes d’horreurs formées par la simple alliance de mots incompatibles. La mer cessa de remplir mon esprit, l’obscur reprit le dessus et mes pensées recommencèrent à dégouliner dans ma tête comme un jet de vomis sur la porte de chiottes atteinte trop tardivement.
Je n’aurai eu qu’à m’éloigner, poursuivre mon chemin, et ma vie misérable aurait pu continuer sa route boueuse sans interruption de joie. Mais non, je restais là, pétrifié. Avalant chaque mot avec un écœurement désirable. Me mêlant de ces vies si différentes et insouciantes. Je suis resté ainsi à écouter contre ma volonté cet égarement si prononcé. Puis, le silence est revenu, alors j’ai tourné la tête et assisté au déploiement d’émotions physiques. Caresses et tendres baisers. Ignorance et immonde passion. Ma jambe droite s’est déplacée vers l’avant. Regards perdus l’un dans l’autre. Ma jambe gauche, jalouse, devança son image. Pelotage de fesses et couinements niais. De nouveau, ma jambe droite avança. Je me rapprochais dangereusement du couple, impossible d’arrêter ce mouvement vers l’avant. Une main invisible me trainait vers ce bonheur partagé. Je ne comprenais pas pourquoi et la laissait alors me tirer sans résistance. Mon corps avait trouvé une raison de se mouvoir indépendante de mon esprit. J’arrivais au niveau des heureux qui cessèrent leur déballement de cochonnerie et me regardèrent plein d’interrogation et de paix. Cette fois-ci se sont mes bras qui agirent d’eux-mêmes, se levèrent à l’horizontale, les poignets se courbèrent, les mains se redressèrent fièrement, telles des gardes royales, et ensuite le mécanisme interne de mon anatomie déclencha un dernier geste de mon bassin vers l’avant. Toujours vers l’avant. J’irais toujours vers l’avant, dorénavant.
Le deux tourtereaux gardèrent leur regard interrogateur tout le long de leur chute et ne disparurent que lorsque ces corps unis se tordirent sur les rochers salés. Une vague les emporta dans son landau pour les bercer jusqu’au petit matin. Après quoi les badauds s’amassèrent, suivit de gendarmes, puis d’infirmiers, avant de retrouver le calme de la veille.
Depuis ce jour, ma tristesse s’est transformée en quelque chose que je ne comprends pas, ou que je n’ai pas envie de comprendre, par flegme ou par peur. Et cette nouvelle chose qui m’accompagne poursuit de temps à autres l’œuvre de ce soir amoureux. J’ai depuis longtemps oublié tous ces corps élégants qui se déforment une dernière fois en atteignant le sol, mais pas les premiers. Ces deux là restent dans ma tête, avec la chose, et semblent attendre que je réponde à leur regard. Mais je n’ai aucune réponse et je n’en ai jamais eu. Alors ils resteront avec moi, observant leurs semblables subir le même sort, et cherchant une réponse. Chaque nouvelle mort n’est qu’une répétition pour tenter de d’obtenir un indice du pourquoi. Si bien que tôt ou tard, ce pourquoi sera un parce que et alors mes compagnes quitteront cette tête sombre pour aller danser parmi les sages.
Si tu ne peux trouver de réponses à tes questions. Fais que tes questions en deviennent les réponses.

18/03/10

jeudi 18 mars 2010

Un corps lié de pertes

J’entends parler espoir et je désespère,
Comme si l’on m’avait retiré toutes convictions,
Aucune idéologie, aucune croyance, juste le vide,
Une immense masse sombre domine ma tronche,
Et s’entend un plus chaque jour,
Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien,
Et alors peut-être connaitrais-je la liberté,
Lorsque l’obscur aura surpassé mes anciennes idées,
Ni bien, ni mal, ni humain, ni animal,
J’observe l’ombre avancée implacablement,
Comme sur la ville que le soleil fuit chaque nuit,
Sauf qu’il n’y a pas de lumière pour la percer,
Ma tête a épuisé ses dernières bougies,
Et attend sans émotion la fin du jour,
L’ultime flamme vacille dangereusement,
Et c’est elle qui répand ces quelques lignes,
Un Adieu, un sursaut sur son lit de mort,
Combien de temps lui reste-t-elle ?
On s’en fout, une seconde ou une vie,
Lorsqu’elle sera partie je serais libre,
De ne plus souffrir, avoir peur, avoir honte,
De ne plus mentir, avoir foi, avoir froid,
Et je ne me souviendrais plus de tout ça,
Le passé disparaitra et je ne serais que présent,
Un présent éternel qui ne connait pas le futur,
Un puissant intellect qui ne promet pas de sutures,
Car la seule sagesse que je puisse atteindre,
Est celle du vide visuel, sonore, tactile, émotionnel,
Un pré-bigbang ou un après,
La boucle est bouclée,
Allons nous coucher,
Et disparaissons en silence dans la nuit.

17/03/10

mercredi 17 mars 2010

Halles en bic

Quand je pense à mon passé à jeun,
Je me dis souvent : « Ah, comme j’étais jeune ! »,
Et ce depuis aussi longtemps que je m’en souvienne,
Comme si malgré l’écoulement du temps et les secondes qui viennent,
Je restais un enfant dans mon histoire, fœtus à toute heure,
Apprenant trop lentement de ses évidentes erreurs,
Ne parvenant pas à comprendre les nouvelles,
Toujours novice à chaque épreuve, elles me soulèvent,
Victime de tous les vices, aucune reconnaissance,
Pas de vis détruit dès la naissance,
Impossible de rentrer dans les planches de la vie,
Un avenir fait de cartes en équilibre,
La chute de ce château ne sera que trop tôt à mon avis,
Car jamais je n’aurais pu être libre,
Âme sans passé et ainsi sans futur,
Mes pieds s’enfoncent dans le marasme ambiant,
Qui rempli ma demeure sans ouverture,
Ici, ça pue le mal en bien.

Je prends tout d’aujourd’hui et vite,
Car je débarque d’hier la main vide,
Juste un peu d’eau me file,
Entre les doigts au fond du puits du présent,
Je ne pressens rien de bon, rien qu’un filet de sang,
Ce qui fut indécent, ce qui fut, simplement,
Pour moi n’est plus, et avec tout, a disparu,
Plus de prises sur les parois lisses,
Je glisse, et glisse sans que ça ne finisse,
Inutile d’espérer pouvoir se rattraper,
Je file en flamme tel un rat drapé,
Et ce n’est que lorsque j’aurais touché le fond,
Que peut-être la sagesse m’attendra en ronflant,
Et alors je comprendrais la seule chose que j’ai toujours compris,
J’ai vécu perdu, comprimé par l’oubli, un con prisonnier,
De son inadaptabilité fa ce au concret,
A vouloir écrire le monde avec une craie,
La vie fut un cri derrière une éponge,
On crée, désancré et puis on plonge,
Et continue en se rongeant les songes,
Ce n’est qu’à la fin que je retiendrais la leçon.

16/03/10

mardi 16 mars 2010

Le Tsar Castique

« Non mais t’as vu la gueule qu’elle tirait la vieille ? Oh la vache, ça doit pas lui arriver tous les jours des coups comme ça !
- Je trouve quand même que ça manque de classe ce genre d’action.
- Manque classe ? Non mais écoutez le l’aut’ avec ces manques de classe. T’avais qu’à lui dire merci en partant, au lieu d’attendre comme un gland dans la caisse. Parce que moi je pourrais dire que t’as manqué d’efforts surtout. Et ça, ça se paye mon pote. On a pas le droit de critiquer quand on fout chibre. C’est comme les élections, tu vois. Si tu vas pas voter, ben t’as pas le droit de râler parce que c’est le facho qu’a gagné. Ben là, c’est pareil. Tu peux juste fermer ta grande gueule.
- Tu pousses un peu, quand même. Tu parles de Droit alors que tes actions vont toutes à son encontre. Je n’étais pas d’accord pour te suivre dans ta petite expédition, donc j’ai parfaitement le Droite de critiquer la manière. Je critiquais avant, j’ai critiqué pendant, et je critiquerais encore et encore. Et si tu estimes que vraiment je n’ai pas le droit, alors appelons la gendarmerie pour leur expliquer le dilemme dans tous ses détails. Et ainsi, nous verrons qui est dans ses droits.
- Oh la pourriture ! Ah, j’en ai rencontré des salauds, des ordures, des crevures, des ramassis de chiottes, des perturbés de la rate, des pas-finis, des trop-finis, des puceaux de l’idéologie, des violeurs d’honneur, des ministres et j’en passe des plus murs ; mais un gâcheur gâteux comme toi, JAMAIS. Je devrais te l’enfoncer par l’arrière le précieux et te le faire ressortir par le claque merde. Ça t’apprendrait le respect. Ça t’apprendrait à réfléchir un peu avant de jacter de l’aberrance à longueur de temps. Tu veux que je te dise ? Tu me dégoutes. Y a pas d’aut’ mot. Tu me donnes envie de gerber. Là, comme ça, direct sur mon beau costume, une belle bile putride sortie tout droit de mon fondement…
Oh le salopard…
L’ignoble…
Un gerbant, t’es qu’un sale gerbant.
- Je te remercie pour ta franchise et ce vocabulaire si instructif. Ça justifierait presque tes actes si reprochables. Mais ça ne m’empêchera pas de continuer à penser que cette pauvre dame ne méritait pas ça. Elle ne t’avait rien fait, elle n’a probablement jamais rien fait à personne d’ailleurs, et toi tu débarques avec toute ta violence et ta haine dans son petit monde vert.
- Quoi ? C’est moi qui la donne la violence ? C’est moi qu’ai commencé ? Elle, elle était pénarde sur sa pénate à feuilleter peace magazine, c’est bien ça ?
- Elle était effectivement allongée dans son jardin, en train de profiter des premiers beaux jours, l’âme en paix, calme et sereine. Du moins, est-ce la façon dont j’ai perdu la scène à notre arrivée.
- Ben voilà, c’t’exactement pour ça qu’il fallait agir. Ce genre de sorcières, elles t’endorment tout le monde. Tu passes tranquillement devant sa baraque, tu penses à rien, c’est un moment où tu fais une pause de toute tes réflexions quotidiennes, du lourd fardeau qu’est cette société tourmentée, et d’un coup, alors que ta garde est complètement baissée, BIM ! T’as le joli décor de la vieille esclavagiste qui s’incruste doucement dans ta tirelire, par l’arrière. Toi, tu fais pas attention, t’es trop relaxe. Et c’est dans ces moments que les pires saletés de concepts se font une petite place au soleil dans la patate. La graine est plantée, c’est trop tard. Et chaque fois que tu reverras la momie, peu importe ce qu’elle fera, du bien, du mal, du très mal, et ben tu broncheras pas. Tu trouveras même ça beau. « Qu’elle est mignonne cette dame ! » que tu penseras. Et lorsque tout le monde sera sous son pouvoir. Les cruelles nous dominerons, et s’amuseront avec leurs troupes de zombies jusqu’à ce que la race humaine disparaisse dans d’abominables souffrances de béatitude ignorante.
- Mais où est-ce que tu as bien pu aller chercher une idée pareille ? Ne me dis pas que tu as recommencé à surfer sur internet ? Ah non ! Non, pas ça. Par pitié, ne me dis pas que tu es replongé. Ça ne t’a pas servi de leçon la dernière fois ? Six mois chez les frapadingues à chasser les fantômes avec des spaghettis, tu ne trouves pas ça suffisant ?
- Alors d’abord, ce n’était pas des fantômes, mais des esprits d’une dimension parallèle tentants de pénétrer la notre pour nous exterminer. Ensuite, bien que je surfe à nouveau, j’ai beaucoup appris de mes expériences passées, et dorénavant je n’apporte ma maigre participation qu’un seul et unique site. Donc je ne vois pas en quoi les vérités que je t’énonce pourraient être diminué dans leur crédibilité.
- Mais bon sang, ouvre les yeux ! Tu viens d’enlever trois nains de jardin et un caniche mourant à une pauvre grand-mère sur la fin de ses jours. Est-ce que tu réalises ?
- Oh le saint ! Mon ami, mon frère, mon sauveur, comment ai-je pu t’en vouloir un seul instant. Tu dois mal t’exprimer, voilà tout. Mais ne t’inquiète plus. Je t’ai compris. Et grâce à toi, mon action ; non, notre action ; aura été accompli dans sa globalité absolue. Je fais demi-tour, mon double ; et cette fois-ci, je vais pas les rater les chats, compte sur moi !

15/03/2010

lundi 15 mars 2010

Corsé Amer

On croit qu’on peut avoir mal au corps,
Mais c’est le corps qui peut faire mal à l’âme,
Et l’âme, elle, elle peut souffrir sans limite,
Disposé à tout recevoir, par bonté.
Lorsque le corps se remet d’une douleur,
L’âme ne s’en remet jamais, à cause du souvenir,
Même si elle semble ne plus souffrir,
Elle garde chacune de ses cicatrices,
Petites pustules mentales prêtes à exploser,
Au moindre choc, insignifiant pour le corps.
Mais contrairement à la souffrance,
Gardée égoïstiquement par l’âme,
La mort, elle, se partage, ou existe,
Indépendamment dans les deux mondes,
Ainsi comme le corps peut mourir,
Et entraîner avec lui, l’âme,
Elle, peut également mourir en premier,
Et entraîner avec elle le corps,
Mais pas nécessairement, dans les deux cas,
Et donc, mon âme est morte,
Mais mon corps continue,
De se débattre, mollement, dans ce monde,
Il traîne avec lui cette odeur de pourriture,
Le cadavre de mon âme empeste,
A travers les pores de ma peau,
Et rien ne peut cacher cette odeur,
Le parfum des mortels reste trop concret,
L’invisible reste insoluble, et pue,
De toutes parts, sur les êtres,
Qui ont conservé leur âme en vie.
Lorsque j’approche, leurs yeux picotent,
Ils ne comprennent pas pourquoi,
Ce qu’ils ne voient pas, n’est pas,
Mais inconsciemment, ils comprennent,
Ils aimeraient pouvoir lui faire du bouche à bouche,
A ma pauvre âme refroidie,
Mais il est trop tard,
Le choc fut trop violent, il ne reste plus rien,
Que ces petites morceaux de chair psychologique,
Qui continueront de moisir dans ce corps.
Seule une nouvelle âme pourrait effacer cette puanteur,
Une petite, sans ambition, sans envergure,
Même toute chétive, pas méchante, pas gentille,
Mais présente, simplement étant.
D’ici là, je flotte en ces lieux,
Je n’attends pas, mon corps est là,
C’est tout, présent, insensiblement,
Là, battant jusqu’à la fin,
Une montre avec un pouce,
Rien de moins, rien de plus,
J’attends, m’étends, mais tends, vers le tentant,
Tout le temps, tout instant, insistant, pas incitant,
J’attends, sans avoir mal,
Et ça, c’est pas plus mal.

14/03/10

dimanche 14 mars 2010

Homme Age

Les plus belles idées viennent autour d’un café,
Alors je bois, et bois encore à m’en décoiffer,
Du coup, fais caca mou,
Dans l’attente de devenir Camus,
Mais le talent me reste étranger,
Et dedans, ma soif ne peut s’étancher,
J’ai beau me pencher, mon lac est sec,
Donc c’est dans le sable que nait l’essai,
N’est pas Queneau qui veut,
Encore un mot et sauve qui peut,
Sauf s’il pleut, même juste un peu,
Pour prendre la route, il faut des pneus,
Ou une bonne paire de jambes,
Je suis impair et déjante,
Ne serais jamais un père de jeunes,
Encore un café contre cette gêne,
Pour être comme la cantatrice d’Eugène,
Et qu’on me pende pour mon innocence,
Cette incapacité à trouver le moindre sens,
Ce n’est pas de l’amateurisme, non, pro, c’est,
Le cas, à la Kafka et son procès,
Mais assez, attendons demain, attendons le Go au dodo.

13/03/10

samedi 13 mars 2010

Pi Peau et Pi Passe

C’est sur un air de pipeau que je perdis la mémoire,
Je ne me rappelle plus ce qu’il se passa hier soir,
Si ce n’est cet air de pipeau qui me berçait,
Me perçait les tympans jusqu’au cerveau,
Mélodie en cerceaux qui serre vos os,
Vos valeurs, va leurs prendre leur malheur,
Une bonne odeur sans le moindre labeur,
Je n’ai plus peur, car je ne saurais de quoi,
Un innocent inconscient de lâcher son sang,
Sans se fâcher un seul instant, je ne sens,
Plus rien, anesthésié de l’esprit,
Je ne souhaite pas qu’on me rende ce qu’on me pris,
Juste un air de pipeau au coin d’une rue,
Qui me transforme en poisson cru,
Non, je n’ai pas la berlue, je l’ai aussi perdu,
Ce ne fût pas dur puisque je ne m’en souviens plus,
Comme sous le soleil, on oublie qu’il a plu,
Sur un air de pipeau, enfin c’est le repos,
Cette musique sera mon repas,
Pour l’éternité, car sans souvenir, les regrets,
N’existent pas, la paix avance à son gré,
Au milieu de ces gens gris,
Qui ne connaissent cette sangria,
Immunisés à l’allégresse, ils s’engraissent,
Que c’est beau un gros,
Dansant sur un air de pipeau,
Un peu plus tôt, un peu plus tard,
Accompagné d’une cithare et de cigares,
On s’égare si on prête gare,
Aux regards hagards,
Ceux qui comptent sont les fêtards,
Pour qui il ne se fait jamais lard,
De l’art ou des dollars,
Trop dole,
Ah…
Revoilà mon air de pipeau,
Venu pour sauver ma peau.

12/03/10

vendredi 12 mars 2010

Chant, je mens

Ma haine se comporte comme une bite d’acteur porno,
Chaque jour plus dure pendant plus longtemps, pas de quoi être content,
Hier ils m’ont coupé le frein, je peux haïr dans toutes directions,
Envoyez les trous du cul que je me serve de cette érection,
Faites tourner les caméras, il va y avoir de gros dégâts,
Comme une partouze avec une femme et cinquante gars.

Ma bonne humeur explose telle l’énergie d’une canette de RedBull,
Adieu la colère, castré de ma rage, plus de sexe raide ni de boules,
Pour une fois je me sens humain, avec mon cerveau et mes deux mains,
Profitez-en, nouveau dans ce domaine, ça ne durera peut-être pas jusqu’à demain,
Sans doute pas d’ailleurs, car mes émotions font du yoyo,
Et quand elles sont en bas, ça fait fuck Sarko, sale fayot, Yo !

Alors c’est ça la joie ? Ça pique les zygomatiques,
Le rire débarque à l’improviste en automatique,
Surtout ne pas se demander le pourquoi du comment,
Je risque de tout gâcher et de ruiner ce bon moment,
On est plus heureux moins intelligent et plus spontané,
Si je recroise la négation, il faut couper les ponts et lui mettre une tannée.

C’est de plus en plus surprenant au fil des vers,
Je reste jouasse comme après avoir bu plusieurs verres,
Je ne crains même pas le revers, logiquement pas de gueule de bois,
Se sentir bien à jeun, c’est rare et c’est même la seule fois,
Comme quoi on peut apprécier sans se massacrer le foie,
Du coup, l’avenir semble possible, pas sacré mais j’ai la foi.

11/03/10

jeudi 11 mars 2010

Iraktionnel

C’est le besoin d’argent qui m’avait mené jusqu’ici. Plutôt que de mourir de faim et de froid dans une rue de la grande nation, j’en étais étrangement arrivé à la conclusion qu’il valait alors mieux mourir dans une petite nation, le ventre plein. Ce jour-là ce raisonnement ne me paraissait plus aussi clair et encore moins logique. Après trois semaines à être surpris par le son sourd des détonations, suivi par l’animation des foules et le tintamarre des sirènes désaccordées, je ne voyais vraiment pas ce qui avait pu me pousser à débarquer dans pareil endroit. Mon rythme cardiaque semblait s’être calé sur le rythme de la mort environnante. Boom au loin, boom dans ma poitrine. Silence dehors, silence dedans. J’en venais même à me demander si j’étais toujours vivant dans les longs moments de calme absolu. Et soudain, la pétarade d’une arme automatique me rappelait que oui, du moins à cet instant.
Notre très cher capitaine entra sans se faire annoncer dans le baraquement sablonneux et métallique qui servait d’antre paisible à nos carcasses rouillées par l’excès de consommation de flotte. Il se mit rapidement à brailler toutes sortes de consignes, d’insultes, de banalités et autres dégradations mentales avant de repartir sur le même pas décidé. Mes compagnons dans le néant se remuèrent en chœur. Je fis comme eux, mais mes jambes ne pouvaient se déplacer avec leur rigueur habituelle. Sans doute une sensation connue par les plongeurs en scaphandre. Sauf que je n’allais pas voir de poissons, mais uniquement des épaves, de véhicules et d’humains. Je parvins finalement à jeter mon sac sur mon dos courbé et sortis du calme loin derrière mes acolytes qui attendaient déjà dans leur blindé respectif.
D’ordinaire la route me reposait. Ces immenses étendues désertiques ne montraient aucune trace du chaos qui régnait sur ses bordures. Et pourtant, cette fois-ci, la mer de soleil qui nous entourait ne faisait que me perturber un peu plus à chaque regard. Nous allions vers la mort, à toute allure. Bientôt nous serions comme cette poussière que laissent nos engins sur cette route sèche. Je souhaitais crever le ventre plein, ce serait fait, sans faute, aujourd’hui. C’était bien dommage car l’hiver n’était pas encore arrivé où j’habitais avant de signer pour la vente de mon corps. Ainsi j’aurais encore pu profiter d’un automne qu’on disait magnifique en cette année clémente. Mais j’avais baissé les bras trop vite, et lorsque l’on accepte la défaite, il n’y a pas de retour possible. Le game over n’allait pas tarder, je le sentais, et pourtant je ne parvenais pas à l’accepter comme je pensais m’y être résigné depuis longtemps. Le moment arrivait et voilà que les doutes m’envahissaient cette tête qui m’avait nuit toute ma vie et à présent également ma mort.

Les boîtes en taule s’arrêtèrent en plein milieu de mes pensées torturées et les aplatirent par la même occasion. Je pris mon fusil, sortis, me mis en position selon les signes du chef et le silence revint. Le vent aussi semblait attendre. La planète s’était mise en pause le temps que chacun prenne sa place finale. Nous n’étions plus dans le désert mais sur un îlot montagneux. Le sable restait timide et caressait tout juste cette roche oppressante qui se dressait devant nous. Personne ne bougeait. Les âmes attendaient le prochain départ pour l’au-delà.
Un sifflement sur ma droite donna le go. Les fusils hurlèrent de toutes parts. Je ne voyais rien. Sur quoi devais-je tirer ? C’était mon devoir et je ne savais comment l’accomplir. Je tournai la tête vers le Spagueto, comme on le surnommait, pour découvrir son corps allongé à mon côté, la moitié de la cervelle étalée sur plusieurs mètres derrière. Pris d’une nausée incontrôlable, je me retournais promptement pour apercevoir des cadavres naissants et mes comparses crevants. Je vomis, et vomis encore, et alors je me dis que finalement je crèverais le ventre vide… mais bien au chaud…

10/03/10

mercredi 10 mars 2010

Masse, Car, Ad

Non, je dis non, à toutes vos solutions,
Et rien ne peut me faire changer d’opinion,
Surement pas vos drapeaux, ni vos euros,
Car vos avis, sombrent sous mon sombrero,

Non, je ne quitterais pas l’ombre de mon arbre,
Et n’approchez pas, j’ai un sabre,
Sans aucune peur pour m’en servir,
Alors gardez vos distances, où je vais sévir ;

Non, je dis non, qu’importe le nom,
Pas d’exception, vous n’êtes qu’un malgré le nombre,
Et c’est dommage, mais n’attendez pas d’hommages,
Car je n’ai pas encore vu d’Homme sage ;

Non, gardez votre message idiot,
Je n’aurais pas écouté, même si vous étiez Dieu,
Alors circulez, sortez de mes yeux,
Il n’y a rien à offrir ici, messieurs.

09/03/10

mardi 9 mars 2010

Dis vague à l'âme

Tant de regards croisés,
Curieux de la ville déboisée,
Ils observent mes pas,
Le prochain, je ne le mets pas,
Alors, ils s’arrêtent aussi,
Mais ne sentent pas le poids des soucis,
Ils souhaitent simplement être adouci,
Et je leur offre un sourire en sursis ;

Sois sûr que si tu me croises,
Tu ne verras pas ces tristes phrases,
Car je ne sors jamais sans mon masque,
Inséparables comme une pute et son mac,
Et ainsi la société se porte mieux,
Du moins dans ces publics et non pudiques lieux,
A cause de la vérité de chacun,
Attendant patiemment chez soi, l’air taquin,
Et nous poignardant au passage de la porte,
On garde donc ce couteau jusqu’à ce que l’on sorte ;

Trop sotte et trop forte,
Aujourd’hui plus personne ne la porte,
Mais plutôt la traîne,
Comme le père Noël devant ses rênes,
On ne sait plus bien à quoi ça rime,
On rame, grattage pubien et on trime,
Métro, tramway et autres transports mortels,
Qu’importe l’habitat, on vit tous dans des motels,
Le pantalon aux genoux, le monde interdit les bretelles,
Pour démasquer celui qui a des jambes plus grosses que des bretzels,
Et c’est surement pas moi, J’ai maigri à cause d’elles,
Et au cas où je m’évade, elles m’ont coupé les ailes.

08/03/10

lundi 8 mars 2010

Rêves ? Oh, l'eussions

C’était la révolution.
Après tant d’années à voir la société descendre toujours plus bas, elle était enfin arrivée. Je me souviens de ce jour bien mieux que tous les autres. Pas uniquement car il fut le premier jour qui marquait le changement, mais également car il fut le jour le plus rempli d’espoir depuis que j’avais mis les pieds dans cette poubelle. Et il l’est malheureusement resté depuis.
Je me souviens l’avoir appris après tout le monde car mon eye-T était défectueux à ce moment-là. Pour ceux qui n’ont jamais connu cette époque, il faut savoir que la technologie évoluait de plus en plus vite et qu’entre mes premiers pas et le jour des mes quarante ans j’avais eu le temps de voir la naissance du numérique et sa transformation en intelligence. Autant dire que j’avais découvert le feu à dix ans, la bombe atomique à vingt, le mondialisme à trente et comment s’en servir à quarante. Il ne fallait pas que le cerveau se repose un instant sinon il risquait de subir un traumatisme temporel. L’impression de se réveiller dans le futur chaque matin. Lorsque le Cer-V est né, les Hommes ont continué sur le même chemin égoïste et financier qu’ils connaissaient depuis longtemps déjà. Les pauvres ont continué d’être plus pauvre et vice-versa. Durant la moitié de ma vie j’entendais le mot révolution. Tout allait changer. Ça ne pouvait pas durer éternellement ainsi. Mais nous attendions. Et plus nous attendions, moins nous arrivions à imaginer la façon dont cette révolution se produirait. Alors chacun souffrait en silence. Chacun mourait dans l’anonymat des grands rouages d’un système mathématiquement stable malgré les pertes humaines énormes.
Et puis c’est arrivé. Grâce à un pirate, comme on disait. Ce n’était pas tellement éloigné des romans d’ailleurs. Une bande de voyous, hors la loi, naviguant sur des océans ou des toiles, cherchant à voler de quoi vivre selon leur plaisir matérialiste ou virtuel. La différence ici est l’impact qu’à eu l’attaque de X. Son plaisir personnel étant basé sur la liberté de mouvement sur toute la planète, il n’y avait qu’un moyen d’atteindre cet idéal, et c’était bien entendu de couper la queue du Cer-V. Cette excroissance de bêtise humaine qui contenait toute notre vie, la réglementait et l’emprisonnait, n’avait jamais été nécessaire et pouvait disparaître dans le passé chaotique de l’humanité.
En une minuscule seconde le système planétaire s’est transformé. Les barrières sont tombées, le choix nous a été remis. Cette liberté si simple, si pratique, si partagée était tout ce que l’on aurait jamais osé imaginer. Et nous avons pu l’embrasser immédiatement pour enfin commencer à vivre.
Mais je n’ai jamais vécu, hormis ce jour là. Au début bien sur, je croyais découvrir la vie. Ne pas travailler, avoir tout ce temps libre sans contrainte, rien ne pouvait être mieux, et rien ne le serait. Ce morceau de cervelle virtuel a parfaitement compris les règles qui régissent notre univers, et principalement notre planète. De quelle façon chaque espèce est liée à l’autre. L’équilibre naturel présent depuis toujours et uniquement troublé quelques instants par une humanité débordante. Pas de souci, il a bien tout compris. A présent l’Homme ne trouble plus aucun ordre. Il s’est rangé et marche au rythme de sa planète. Nous pourrons sans doute voler dans un million d’années. Nous téléporter dans deux. Et devenir des Dieux dans trois. Alors nous serons véritablement heureux. Nous pourrons contempler la vie suivre son cours. Nous serons des clients malades abrutis par l’observation de l’aquarium de la salle d’attente. Et resterons ainsi dans le temps figé.
Ce que je regrette le plus depuis cette révolution, c’est de ne plus avoir rien à regretter. Nos plaintes n’ont aucune valeur. Nos désirs sont tous futiles. L’espoir est mort dans le bonheur.
Aujourd’hui, j’écris ces premières lignes en signe de protestation. Lorsque j'étais jeune, j'étais Français. Et un Français n'est jamais satisfait. Alors cessons de dormir. Réveillons nous. C’est bientôt l’heure de la révolution…

07/03/10

dimanche 7 mars 2010

Taule, errance et rage

Ma taule est rance et abuse de ma tolérance,
Mais où sont mes tauliers que je présente mes doléances,
Je ne me souviens plus comment je suis arrivé là,
J’étais sur mon vélo et puis soudain me voilà,

Enfermé ici, où tout le monde se dit merci,
Dans ce troupeau de moutons, au premier loup c’est sans merci,
Je suis de la chaire à saucisses avec un gros cœur tendre,
Jamais vainqueur, merde, je ferais mieux de me pendre,

J’ai rien à vendre, mais je suis prêt à tout acheter,
Aller crache sur mon pyjama peau de pêche et tacheté,
Je ne suis qu’une cloche, mais qu’est ce qui cloche,
Dans cette caboche si moche, c’est pas fini, c’est qu’une ébauche,

Cette putain de taule empeste le moisi,
ça fait trente ans que je suis là, quand je parle espoir on me dit crois-y,
Mais cette fois-ci, c’est la fin de ces illusions,
Mano Titanium prend de la rage en transfusion.

06/03/10

samedi 6 mars 2010

Chrysalide, tu cris à l’aide

Un océan de calme,
Un ciment de silence,
Si les mots se lancent,
Ils s’écrasent aussitôt,
Leur sens pique comme du citron ;
Mais comment ai-je pu être si con ?
Ce n’est pas vraiment une question,
L’antisocial règne sur ma gestion,
Chaque geste fait pour éloigner,
Afin de rester seul à payer le loyer,
Une habitude devenu une loi,
Le temps me tue de loin,
Il ne fut une époque où je râlais moins,
Avec ou sans les deux mains,
Je ne pense guère à demain,
Et fais la guerre à hier, ailleurs,
Odeur d’ail, enlève ton tailleur,
Qu’il t’aille ou pas, on s’en fout,
Plus j’approche, plus c’est flou,
Plus c’est trouble et triste,
Changement, je double et change de piste,
Ce sera plus simple,
Ce sera plus sain,
On s’ennui dans la sagesse,
Mais évite les mauvais gestes,
Je serais mieux là-bas,
Où le malheur on l’abat,
Sans histoire, sans débat,
Sans espoir de débâcle,
Là-bas pas de tacles,
Et si tu a peur, il y a du talc,
Facile comme un tac-o-tac,
Gouteux comme un tic-tac,
Douteux dans ce mic-mac,
Bienvenue chez le mac.

05/03/10

vendredi 5 mars 2010

Retoucher Soie

Et tu me parlais dérision et recul,
Regarde-toi aujourd’hui, les désillusions t’acculent,
Tu te complais dans ce faux malheur,
Fuis le soleil, attire la pâleur,
C’est la fin de l’hivers et de la chaleur,
En plein paradoxe d’eau sans vapeur,
Tu n’es plus serein, je lis en toi la peur,
De retrouver cet univers malsain, erreur,
Car c’est là que tu es le mieux,
Dans le néant tu installes ton pieux,
Et tu peux te rendormir, retrouver tes rêves,
Oublie la lumière, seul l’obscur offre une trêve,
A cet esprit indécis sur le sens de sa vie,
Qui sans cesse change d’idées et d’avis,
Mange ton kiwi, lui peu t’aider,
A lâcher prise et céder,
Il n’y a rien de bon pour toi là-bas,
N’y retourne pas, c’est fini et bon débarras,
Ici, tu auras tout ce dont tu as besoin,
Pied de vigne mort, tu redonneras du raisin,
Et tu sais que j’ai raison, l’ami,
Regarde, le désespoir est là où tu l’as mis,
Il t’attendait patiemment,
N’intervenait pas sciemment,
Solide et immobile comme du ciment,
Pour cet instant, pour ce moment,
Ce monde ne te mentira jamais,
Plus honnête que l’autre où tu ramais,
Bienvenue chez toi,
Fini les « tais-toi »,
En ce lieu sombre, tu es le roi,
Plus d’illusions ou de désarroi,
Installe-toi dans ton fauteuil de velours,
Tu n’auras plus la force de soulever ce corps lourd.

04/03/10

jeudi 4 mars 2010

Nombre bis Et garée

Je n’ai que des non à écrire,
Pas des non d’hommes célèbres,
Mais des petits non qui font rire,
Comme ce non qui sorti de ses lèvres ;

Non, je regrette, je ne vois rien d’autre,
La négation envenime mon esprit compressé,
Une belle mare de non où je me vautre,
A ceux qui diront que j’étais con, pressé ;

Je suis un NoMan dans mon noman’s land,
Un nomade du refus, confus sans absolu,
Non madame, ne croyez pas que je bande,
Mon corps et mon esprit ne sont pas dissolus ;

Marécage obscur et vaseux jusqu’aux genoux,
Les arbres morts ont pitié de mes pauvres pas,
Mais je survivrais tant que je reste debout,
Dans cette boue collante qui ne me sauve pas ;

Las, hélas, j’ai perdu mon élan,
Ne peux pas avancer contre ce vent,
Trop de coups dans le ventre et les dents,
Ça brûle dehors comme dedans,
Ça monte et descend,
Dans mes décombres et mes cendres,
Seule la plaque de titane témoigne,
Tandis que les relents de mon âme s’éloignent.

03/02/10

mercredi 3 mars 2010

C'est rieur supérieur

Ce qui importe, c’est la dérision, disons,
Le trop sérieux mène à la désillusion,
Alors on prend du recul, s’éloigne du centre,
Puis on trouve une porte vers ailleurs et on entre,
Il devient alors difficile de prendre prise,
Dans un univers de fumée abstraite de matière grise,
Et seule la réaction étonnée des amis,
Rappelle le goût des émotions comme celle du salami,
Lors de ce bref passage dans ce monde feu réel,
Qui mourut pour une raison, c’est elle,
Infusion stellaire, vision de plein air,
Et l’erreur de se croire libre en planeur,
Plus de vent et c’est le plat dans l’océan,
Les pieds dans le plat au repos sur son séant,
Est-ce indécent ? Un incendie qui monte et descend,
Sans un décès, c’est l’excès qui tua l’adolescent,
Incandescent, un con pour cent,
Un camp de poussins, puis un con de poux sains,
C’est pousser un peu loin, plus de panneaux,
Ni de caniveaux, nids de cannes et veaux,
Ce que ça vaut, de la voracité,
Les carnivores cités souffrent de cécité,
Impossibles à situer, l’impôt cible à tuer,
Un destin écrit mais raturé,
En pâtures pour les rats,
En parjures devant l’Etat,
En léthargie,
Personne n’agit,
Le père dans le sona gît.

02/03/10

mardi 2 mars 2010

A la base, est-ce qu'elle...

Et père du Mans,
Perdu dans un monde,
De lettres illettrées,
Crochet, interrogation, épée,
Hache, paix,
Les noms varient autour de leur base,
Se mélangent robotiquement dans ma tête en phase,
La part humaine s’efface doucement, plus de phrases,
L’inhumanité sereine et mécanique prend sa place,
Ici il y a tant de choses qui se meuvent, s’enlacent,
Parfois se perdent de vue,
Me regardent avec déconvenue,
Alors je les pousse dans l’espace vide,
Qu’elles dévorent, voracement avides,
S’accouplant dans la redondance des vérités de La Palice,
Ou le langage est plus rigide que la police,
Et pourtant, je m’égare,
Trop confiant, je me baladais, sautillant, sot idiot, sans prendre gare,
Et j’ai raté le train,
Seul, entouré de mines, sur ce terrain,
Vague, qui donne le vague à l’âme,
Damné, là où je me suis amené,
Dominé par des minets que je croyais mener,
Sursis sous menaces,
Les soucis me lassent,
Eloignons nous,
Les lois, nions-nous ?

01/03/10

lundi 1 mars 2010

La boule ange rit

L’ingé rit, fait mine In,
L’hammam out, dans le pré, hisse-toi,
Qui se coule dans la fraiche heure,
Le riz sèche, nez dur, pas un fini, mensonge.

Ils rêvaient de se tremper dans un bain au chocolat,
Croix sans odeur, croissent en aube heure,
Ou dans un bain aux raies zinzin, pour éviter le choc, holà,
Ainsi que le cola chaud, col d’artichaut qui colle archi tôt ;

Chiche ou poids, il fallait le faire,
Tout se jouerait quitte ou doux,
Inutile de repousser à plus tard,
Inuits, îles de repos où c’est au plus taré ;

Arrêt sur images, arrête sourde, magie,
La main agit, le lapin gicle, fin du cycle,
Si faim, siphon et fondent les marres honnêtes,
Mario pas net, nie tant Do, Ré, Fa, femme, Sol, seul, Mi, tôt, mie, tare, miss, tic, tac, In.

28/02/10