vendredi 31 août 2007

Les Casse-Bonbons

On dit que chacun est le con de quelqu'un, et bien je me demande si chacun est également le casse bonbons de quelqu'un.
En effet, après avoir vaguement parcouru différentes régions de France et d'Europe dont je ne citerais point les noms, je me suis rendu compte qu'il y avait un nombre incroyable de cons, mais surtout, de casse bonbons.

Commençons par les brises roustons de base, ceux qui brisent à l'aide de leur bouche, uniquement de leur bouche et de rien d'autre, et particulièrement pas à l'aide de leur cerveau.
Où que l'on aille, n'importe où, ils sont là. La bouche grande ouverte, prêt à sortir leurs idées les plus futiles sans y avoir vraiment réfléchi et sans se demander si cela pourrait tomber dans des oreilles qui ne souhaitent pas être violées par ce genre de propos. Non, cela ne les dérange pas, au contraire, tout est bon pour le casse bonbons. Au moindre prétexte, à la moindre occasion, et à chaque fois sans raison valable, il faut qu'ils ouvrent leur grande gueule. Ce trou béant de stupidité, abîme de la bêtise, bouche d'égout du ragoûtant et du perfide, déversant sans cesse une pollution auditive des plus nocives prêt de leurs congénères impuissants. Le plus surprenant est l'effet de répétition involontaire de cette confrérie de casse bonbons. Comme s'il existait un lien mental entre eux sur toute la planète.
Peut-être n'y a-t-il qu'un seul casse bonbons oral et qu'il envoie sans cesse des idées mûrement travaillées dans le but de briser quelques couilles innocentes au travers de ces déversoirs à conneries que sont les gens. Car après tout, c'est ce qu'ils sont tous, des Gens. Des gentils parfois, des gendarmes souvent, des genres étranges, des gendres lourds, des Jean-Paul I et II, des j'empeste, des gencives de porcs, des gens civilisés et des jambons de tous bords et finalement, des j'en passe et des meilleurs.
Oui, ces gens, canalisateurs de mauvaise ambiance, d'atmosphère pesante et redondante, semblent s'être passé le mot pour me broyer les burnos. Certains me traiteront d'intransigeant, d'antisocial, d'athéiste et même de casse bonbon peut-être ; démontrant par conséquent la similitude avec la règle des cons ; et donc je leur répondrais qu'en effet c'est probablement le cas et alors ? Passez votre chemin, allez voir ailleurs pour être sûr que je n'y suis pas et si c'est le cas, et bien restez y.
Donc, voilà ce que je demande, une nouvelle loi dans notre constitution déjà remplie d'âneries, pire qu'un abattoir suisse, interdisant à autrui de proférer à haute voix toutes choses inutiles découlant de son imagination stérile dans les lieux publics et plus particulièrement à proximité directe d'oreilles innocentes. S'il vous plaît, rendez la liberté à nos oreilles. La liberté d'écouter le chant des oiseaux, le chant des voitures, le son de l'eau d'un ruisseau pleurant ses dernières larmes, le brouhaha chaotique d'un marché, le son du vent dans les arbres et surtout, mais alors surtout, la liberté d'écouter le silence.
J'ai visité des lieux divers, pour la plupart touristiques puisque chaque fois il y avait au moins une personne se trouvant là pour visiter également. Telles les plus grandes chutes d'eau de différents pays, des châteaux forts datant de différentes époques, des ruines, des espaces naturels protégés (mais pas protégés contre les casses bonbons justement), des lacs de toutes tailles et de toutes couleurs, des montagnes plus ou moins hautes et bien d'autres lieux dont ma mémoire désabusée peine à se souvenir. Mais ce dont je me souviens, c'est la présence de Gens. Ils étaient là, pour une raison sans doute différente de la mienne puisqu'il semblerait que leur but fut de m'attendre afin de pouvoir sortir leur plus grande futilité dès mon arrivée. Ainsi, j'ai eu droit à des phrases de toute beauté élargissant mon vocabulaire de mots, d'expressions et d'idées dont je n'aurais pu soupçonner l'existence sans leur précieuse aide.
Bien entendu je ne parle que de ceux en français ou ceux que je suis parvenu à comprendre par un incroyable effort de déduction digne d'un Sherlock Holmes du langage, et heureusement, la plupart des langues me sont inconnues et cette ignorance me permet ainsi d'éviter certaines agressions auditives habituelles, qui j'en suis sûr, sont les mêmes pour toutes les communautés. Du moment qu'il y a langage, il y a création de casses bonbons. Donc, les seules parades possibles seraient les suivantes :
L'ignorance absolue de tout langage. Solution qui se trouve des plus ennuyeuses pour comprendre ceux qui ont des choses intéressantes à dire ou à écrire ; comme certains artistes, philosophes, chercheurs, trouveurs ou maîtres, et nos amis, pour ceux qui ont des amis intéressants bien entendu. De plus, cela n'évite pas d'entendre les fameux casseurs de noix utiliser leurs armes favorites, à savoir les terribles onomatopées.
Ensuite vient la surdité complète, qui elle résout définitivement le problème, mais malheureusement retire le privilège d'entendre ce que l'on voulait vraiment entendre, et principalement la musique et la nature. Un bien trop grand sacrifice donc.
Il y a aussi la possibilité de devenir ermite, ne laissant entrer dans son univers que ceux que l'on aura choisis avec précaution, mais sans jamais sortir de chez soi de peine d'être à nouveau attaqué par les ruintes boules. D'où une certaine difficulté pour se nourrir et surtout pour découvrir ce merveilleux monde qui nous entoure.
Finalement, il ne reste que l'établissement d'une nouvelle loi, comme citée précédemment, mais cela signifie donner un nouveau pouvoir à la police. Et c'est là que le bas blesse, puisque si ces hommes et femmes ne possédant d'un simple brevet des collèges devenaient en charge de corriger ceux qui répandent des propos inutiles dans nos feuilles de chou grandes ouvertes, nous risquons de nous retrouver rapidement vivant dans une société de babouins sans parole. Si nous ne le sommes pas déjà.

Me voilà donc bien embêté avec mon histoire de casse bonbons, sans solution valable, chaque jour un peu plus sous pression, entre dépression et haine grandissante, incapable d'apprécier la vie comme je souhaiterais pouvoir la vivre. Non pas que dans notre société française capitaliste, dirigée par le plus grand (pas par la taille) fan d'un président ricain ; tous deux casseurs de couilles professionnels, croyant que notre chère planète Terre ait été créée par un Dieu immoral il y a 4000 ans ; je puisse vraiment vivre ma vie comme je le souhaiterai. Les casses bonbons n'arrangent donc pas l'affaire.
Je suis pourtant quelqu'un qui tende à trouver le bonheur dans de simples choses, sans avoir besoin de beaucoup ; un peu de paix, un peu d'amour, un bon repas, un bon pinard et de quoi avoir suffisamment chaud pour divaguer dans ma rêverie. Or à cause de ces gens, ma paix s'en trouve dérangée, tourmentée, malmenée comme la paix en général l'est dans le monde entier depuis le début des temps. Il semble ne pas y avoir de fin à cette constante abrasion de mes oreilles par ces gens. Je me sens victime, vulnérable et sans autre arme que ma patiente. Et il se trouve que celle-ci, après avoir été mise à rude épreuve commence à vaciller, voire même à disparaître. Ses remparts sont en train de s'effondrer, vaincue par le siège des briseurs de castagnettes, ce qui laissera bientôt place au château de l'intolérance qui s'élève derrière ce mûr.
Je ne prône pas la violence ; n'étant pas vraiment méchant depuis l'origine de ma naissance ; mais je pense que ce groupe d'individus désire réellement que tout cela change. Hurlant toujours plus fort, baragouinant de plus en plus haut leur ignominie d'inculture, porte-drapeau de la bassesse, lourdauds acharnés dans l'éternelle platitude de propos antisavants, antiavancées, mais plutôt pro banal, pro banane, pro vide, incarnation de la providence négative. Oui, je le sens, ils souhaitent me voir leur casser la nuque après qu'ils m'aient tant cassé les couilles. Ils souhaitent que j'arrache une bonne foi pour toute cette langue qu'ils n'utilisent que pour nuire. Cette langue malade, atteinte d'une sorte de rage folle, bavant leur mépris de l'autre, salivant un vomi perfide destiné à empuantir les oreilles saines. Je peux le lire au fond de leurs yeux misérables ; reflétant moins de respect pour l'autre qu'un vautour en a pour la charogne dont il se goinfre ; ce désir inavouable que quelqu'un mette un terme à leur vie de mouette. Cette vie passée à jacter sans fin, piailler sans vergogne, usurper l'utilisation du langage, lui retirer les atours dont tant de poètes l'ont revêtu pour n'en laisser qu'un pauvre bibelot nu et laid. Des mouettes hurlant sans cesse au dessus de nos têtes, attendant que l'on laisse tomber sur le sol une de nos frittes pleine d'expression, pleine d'impressions. Une fritte d'émotion à leur attention. Mais oui homme-mouette, casse cacahuète, je t'ai vu, je t'ai entendu, tu existes et je te le prouve en te jetant cette fritte. Ton cri perçant m'est parvenu et je t'ai remarqué, je t'ai entendu et j'ai porté mon regard sur toi. Oui, tu as une âme, tu interagis avec ton entourage, ou du moins tu l'y forces par tes paroles ; ces petits pets puants sortants de ce sphincter au milieu de ton visage ; tu peux mourir en paix, et aller dans un quelconque monde meilleur auquel d'autres écrases testicules t'ont fait croire à leur avantage perfide. Là-bas tu seras grand, tu seras roi, récompensé pour toutes ces nuisances sonores dont tu as affligé le monde. Alors je t'en prie, vas-y, n'attends plus, ne me force pas à commettre ce que tes maîtres de vie ont commis. Ne me force à t'imposer mon opinion par la force, par la punition, par la vengeance, par une effusion de sang. Va-t’en, simplement, va-t’en. Laisse-moi apprécier ce monde dans le calme, dans l'absence de tes mots et l'absence tes maux. Cesse de vouloir à tout prix me casser les bonbons, soit bon, et tais-toi...

Voilà pour ce qui est du casse roustons de base. Celui qui nuit simplement par la parole, contre notre gré, souvent dans notre dos, simplement en ouvrant cet orifice buccal vierge d'intelligence.
Malheureusement, dans notre univers en expansion constante, cette espèce d'individu est également en constante expansion, par le nombre et par la force avec laquelle ils me les brisent. Toujours plus nombreux, les registres se sont diversifiés créant une évolution dans l'atroce. Aujourd'hui les techniques d'abrasions mentales deviennent de plus en plus... subtile... bien que cette « subtilité » soit inconsciente. Car à présent ces emmerdeurs utilisent le modernisme pour parvenir à leur fin. La télévision en est complètement envahie, à tel point qu'il faut avoir une passion pour la torture afin de découvrir, après des heures de programmes vides de sens, une once d'intelligence cachée dans un programme tardif, tentant de lutter contre l'invasion dominante des briseurs de noix.
Internet à depuis longtemps perdu ses rêves idéologiques de connaissances gratuites et d'art libre ouvert à tous. La pub, le capitalisme, le côté sombre de l'Homme se sont emparés de cet outil pouvant élever l'espèce humaine à son prochain stade d'évolution, reproduisant ainsi les mêmes erreurs que dans notre monde palpable. Les écrases burnes sont devenu « écrases bit ».
Mais ne baissons pas les bras, mes chers comparses aux couilles endolories, nous ne sommes pas vaincus, nous possédons encore un minimum de propriété privée, une petite liberté qui nous permet de fuir ces armées aux gros sabots, et continuer de vivre en espérant qu'un jour la sélection naturelle s'applique à l'Homme et rende impuissant ceux qui nous tant labourer les bourses. Un retour de raquette qui serait bien méritée. En quelque sorte l'arroseur arrosé ou plutôt le casseur castré.

Note de l'auteur : les bonbons, roustons, burnos, burnes, noix, couilles...etc font références à des couilles mentales pouvant s'appliquer à tout individu, homme ou femme. La sensation physique ressenti lors d'un brisage de couilles « mentales » ne diverge guère (je n'ai pas dit guerre de verges) chez l'homme et la femme et se présente le plus souvent par une sorte d'agacement, d'énervement, de colère, de rage, de haine, de pulsions meurtrières et autres sensations liées au désagrément. Une étude est actuellement en cours pour définir quelle partie du cerveau entraîne cette sensation d'exaspération afin de pouvoir, peut-être un jour, retirer la vulnérabilité de nos bonbons, et par conséquent anéantir les casses boules en les privant de boulot.


FIN

mercredi 22 août 2007

Nu comme un ver

Un beau matin, alors que je parcourais les vertes montagnes autrichiennes dans un vieux van Volkswagen, le soleil qui jusqu'alors avait été des plus timides pour un mois d'août se décida enfin à enflammer l'atmosphère. Il n'était pas encore 11 H lorsque les températures commencèrent à dépasser les 30 °C et aucun nuage ne semblait vouloir contrecarrer les plans de notre astre solaire en route pour une course à la grillade terrestre. Tel un marathonien qui souhaite ménager ses forces, cet été 2007 ne semblait pas décidé à prendre son envol. L'Angleterre souffrait d'innombrables inondations, tandis que l'Europe de l'Ouest vacillait entre pluies et maigres éclaircies, enviant le Sud atteint d'une canicule aigüe, lui-même espérant quelques gouttes du ciel désertiquement bleu afin de mettre fin à ces feux de forêts de plus en plus agressifs au sein de la belle garrigue. Trop froid par-ci et trop chaud par-là, voilà l'humeur qui régnait dans nos joyeuses contrées capitalisées. Personne ne semblait satisfait, les syndicats français commençaient même à se demander s'il serait possible de se mettre en grève contre ce temps pourri.
Mais qu'importe, revenons-en à ma propre personne, touriste inarrêtable en quête de culture occidentale et de paysages sauvages. Mon fier destrier chevauchait donc ces montagnes de toute beauté, verdure éclatante et petits chalets isolés se passaient le relai sous un soleil en marche pour la victoire, décidé à satisfaire les esprits humides ; père Noël estival dont la hotte est pleine de rayons de chaleur et de sourires. Cependant, tels les vieux mourants déshydratés dans la solitude de leur appartement parisien, agrippés à cette petite bombe aérosol généreusement offerte par un gouvernement passant ses vacances sous les tropiques, mon vieux van à la Scoubidou venait de consumer le dernier litre d'huile dont je l'avais arrosé quelques jours plus tôt. La petite lumière rouge se mit à clignoter sur le tableau de bord, dernier appel au secours avant l'arrêt cardiaque. La panique s'empara de mon corps transpirant, un désespoir crasseux fit le tour de mes méninges au ralenti, perdu au milieu de la campagne autrichienne, mon avenir touristique semblait fort compromis.
C'est alors qu'apparut ce panneau sauveur, oasis au milieu du Sahara, un camping à moins de 3km ! La joie décapita d'un coup net et sans bavure la détresse qui tentait de s'aborder mon moral. J'étais sauvé, mon van aussi, bientôt nous pourrions nous reposer à l'ombre des micocouliers ou de quelconques autres arbres plus régionaux. Je pourrais me rafraîchir sous une bonne douche froide, ou peut-être même une piscine. Qui sait quelle surprise se présenterait à moi dans ce camping sauveteur de ma barque prise dans la tempête ? J'irais ensuite acheter un bon gros bidon d'huile 15W40 pour rassasier mon embarcation branlante. Tout s'était planifié en quelques secondes dans ma tête bouillonnante et mon salut approchait à grandes enjambées chevaleresques. Encore un panneau signalant de tourner à gauche : camping à 700m. Je pouvais déjà le voir à l'horizon, dans un immense espace vert rempli d'arbres régulièrement espacés promettant un confort ombragé des plus mérités. Voilà, j'y étais, encore quelques mètres, à présent je pouvais lire les lettres géantes au sommet du bâtiment se présentant à l'entrée du site.

On a coutume de dire que le destin est farceur. Bien que ne croyant guère au destin, je dois avouer que tout au long de ma vie ce dernier est toujours parvenu à me surprendre lorsque je m'y attendais le moins. Si je devais gagner au loto, je me ferais sans doute renverser par une voiture en allant chercher mes gains. Certains appellent ça le karma, d'autres la punition d'un dieu dictatorial, ou d'autres encore, le hasard, tout simplement. Faisant plutôt parti de la dernière catégorie je n'irais tout de même pas jusqu'à dire que le hasard fait bien les choses, car on voit bien trop d'inégalités sur notre petite planète pour pouvoir penser que le hasard joue en faveur des plus malheureux. Quant aux plus riches, ils s'arrangent toujours pour que ce fameux hasard soit le moins hasardeux possible et les aide à s'enrichir encore plus. Mais ceci est une autre histoire puisque dans mon cas, je n'étais ni trop pauvre, ni trop riche, ni trop gentil, ni trop méchant, mais simplement un voyageur surpris par la tempête et cherchant refuge pour la nuit. En principe, c'est le genre de conditions qui vous amène dans une auberge cannibale où les patrons se nourrissant de leurs clients, comme de si nombreux livres ou films l'ont déjà raconté. Et c'est sans doute cela qui m'a fait apprécier ma « chance », lorsque j'ai pu lire le nom de mon camping sauveur : « Naturist Lido ».
Ce nom a le mérite d'être clair, précis et sans ambiguïté. Cependant, au cas où mon cerveau pudique serait parvenu à trouver une explication autre au genre de camping dont il s'agissait, dès mon entrée à la réception, un homme de la quarantaine au ventre prohibitif consultait les cartes postales sur le comptoir, avec les couilles à l'air. Il n'était pas totalement nu, puisque, faisant parti de ces hommes s'intéressant à la mode ou autre stylisme vestimentaire, ce dernier avait jeté avec classe une petite serviette blanche en éponge sur son épaule droite afin de faire ressortir avec génie ses formes avantageuses ainsi que son bronzage impeccable et parfaitement uniforme de la plante du pied jusqu'à la racine des cheveux. Voilà mon gars, tu y es, ton premier camping naturiste forcé, prend ton courage à deux mains, retire lui ses vêtements et dis-toi qu'au moins ce ne sont pas des cannibales !
Première déception, la réceptionniste se révéla être fort charmante, pleine de jeunesse et de sourire, de jolis seins pouvant aisément remplir une paume de mains, de longues jambes fines surmontées par un fessier à rendre jaloux une Africaine, cependant cette belle combinaison de formes féminines était recouverte de tissu... un pantalon long et un chemisier attaché jusqu'à la gorge recouvrant lui-même un soutien-gorge ne laissant aucune place à l'effervescence d'un téton tendu. Non, rien, pas la moindre partie intime dévoilée, rien que le sérieux de la société moderne bien loin de la nature. Je commençais déjà à imaginer les raisons de cette dissimulation et des sueurs froides glissèrent le long de ma colonne vertébrale. Il y a probablement trop de vieux pervers nus comme des vers avec une serviette sur l'épaule ne demandant qu'à voir une jeune réceptionniste dans le même accoutrement qu'eux. Ma première idée positive du naturisme s'enfonçait déjà dans les limbes, j'en étais sûr, il n'y aurait pas de top models se baladant en tenue d'Eve.
Ce fut rapidement confirmé, après avoir rempli diverse paperasse, je parti installer mon van dans un coin ombragé et découvris une quantité des plus surprenantes de couples plus ou moins âgés se divertissant à toutes sortes d'activités dans leur tenu de nouveau né. La plupart possédant le ventre d'une femme enceinte qui aurait dû accoucher un mois auparavant. Certains hommes ont cet appendice si développé qu'il parvient presque à cacher leur petit sexe totalement rasé.
Ainsi me voilà installé et dans l'obligation de retirer à mon tour ses si précieux vêtements, protecteurs de mon intimité. Je m'y applique avec la tension d'un nouveau prisonnier disant adieu à ses habits sociaux pour revêtir cet uniforme qui l'accompagnera pour le reste de son séjour. Me voilà donc nu, une serviette autour du cou, comme cela semble être la mode ici, ne portant que la blancheur de mon caleçon à cet endroit qui n'avait jamais vu le soleil, telle la marque que laisse un bibelot que l'on retire d'un meuble poussiéreux. Cette blancheur me rendait honteux de ma différence, preuve de ma pudeur, preuve de mon éloignement de la nature depuis ma naissance. Je craignais également de prendre un mauvais coup de soleil sur le gland, ce qui serait sans aucun doute des plus douloureux, telle une castration sans anesthésie. Mais qu'importe, prenons ça comme un jeu, gardons le sourire, et profitons de cette nouvelle expérience pour enrichir un peu mon savoir. Le camping est particulièrement moderne, avec restaurant et bar, petit supermarché, cinq piscines dont une en intérieur avec sauna, deux terrains de volley-ball, quatre tables de ping-pong et un étang pour faire du bateau pneumatique. De quoi passer des vacances merveilleuses, en toute nudité, entouré par de belles montagnes à la verdure éclatante.
Je décidai donc de prendre une douche bien méritée après les différentes frayeurs de la matinée. Nouvelle surprise, sans vraiment en être une si l'on fait preuve d'un peu de logique, les douches sont mixtes ! Lorsque j'y entrai, une jeune femme mature ayant bien dépassé la trentaine se malaxait les seins dans une débauche de mousse et me salua en souriant. Je m'empressai immédiatement de faire jaillir de l'eau glacée sur mon corps en début d'érection. La tension baissa, et je parvins à me laver tranquillement en pensant à la pêche à la truite au pôle Nord.
Une fois ceci terminé, les effets de ma douche revitalisante et les 36 °C à l'ombre des arbres commencèrent à dissiper mes rêves d'Esquimaux. Le contact de mes couilles se balançant d'une cuisse à l'autre lors de chacun de mes pas et tous ces corps revêtus d'une couche de chair flasque et brune, luisante sous le soleil écrasant ne pouvait m'empêcher d'avoir des envies d'orgies bestiales. Je me rapprochais sans doute du naturel si ce n'est du naturisme. Je me dirigeai donc vers la plus spacieuse des piscines, car mon esprit troublé m'avait convaincu qu'il serait plus difficile de remarquer mon excitation à travers les remous de l'eau et je pourrais également étudié l'attitude de ces êtres si peu naturels finalement, qui parviennent à rester zen au sein de toute cette nudité. J'entrai donc rapidement dans l'eau agréablement fraîche de la piscine et commençai mon étude des comportements en milieu peu hostile.
Tout d'abord, il faut savoir que le nudiste n'est pas un être qui souhaite simplement apprécier le contact des rayons du soleil et le souffle du vent sur la totalité de son corps pour une meilleure délectation de ces sensations offertes par la nature. Non, il n'en est rien, le nudiste aime observer des corps dans tous les détails sans camouflage vestimentaire. Chacun s'observe de haut en bas, compare mentalement la taille des ventres, des fesses, des jambes, des muscles, des seins et des pénis, qui tous, sans exception, sont totalement rasés. Pas un poil de couilles n'est laissé libre de grandir et de dissimuler son anatomie. Il faut montrer ses parties intimes dans leur intégralité afin que l'autre puisse apprécier l'outil à sa juste valeur. Les femmes sont également complètement rasées afin d'établir une sorte d'égalité des sexes. Ainsi, chacun s'observe, il y a plus de monde autour de la piscine et à la terrasse du bar que dans la piscine. On se baigne uniquement pour se rafraîchir en quelques minutes et on retourne rapidement s'étaler les jambes écartées sur sa serviette blanche. Il n'y a pas de femmes ou d'hommes seuls, uniquement des couples de tout âge, mais principalement vieux avec des enfants. Beaucoup d'enfants. De 5 à 16 ans, ce sont les seuls qui semblent réellement naturels. Ils s'amusent, cours de partout, profitent de toutes les activités qui leurs sont offertes sans jamais vraiment s'observer les parties intimes. Ce qui rend la chose d'autant plus étrange, puisque tous ces couples passent leur temps à juger les physiques dans des buts qui sans doute ont quelque chose de sexuel, bien que personne ne se ballade en érection, entourés de gamins à mille lieues d'imaginer ce qui se trame dans leur dos innocent. Les plus vieux « enfants » n'ont pas plus de 16 ans, comme si après cet âge fatidique ils avaient la révélation de ce qui se passe vraiment et répugne à y revenir avant d'avoir la peau fripée, un ventre ballonnesque, la ménopause et une perte d'excitation sexuelle. Voilà ce qui ressort le plus de cette atmosphère étrange de corps nudifiés. Les couples les plus jeunes, encore en possession de leurs moyens jouissifs, dégagent une impression de star de porno attendant un clin d'oeil ou un battement de couilles pour se laisser aller à un échangisme cordial. Les couples ayant passé cet âge s'aiment à contempler ce temps révolu qu'ils regrettent tristement. Leur unique chance de voir la beauté, parfois douteuse, de ces corps plus jeunes pleins de promesses sexuelles. Ils montrent leur chair flétrie, des seins tombants sur leurs genoux et des couilles raclant le sol comme un avertissement sournois à cette jeunesse pleine d'illusions sur les effets du temps. Les adultes opérationnels pensent : « Regardez comme je suis beau, comme je suis belle, comme nous sommes bons » tandis que les vieillards leur répondent : « Vas-y jeune con, bande pendant qu'il est encore temps ! Vas-y jeune conne mouille avant la sécheresse ! », entourés d'enfants innocents qui commencent à tomber amoureux de leur père ou de leur mère, bientôt victimes de ce que la nature réserve à tous : le sexe. Car bien que les corps soient nus, les esprits restent habillés. Les mots déguisent les pensées pour les rendre plus belles, plus attirantes, plus désirables. Le plus bel atout de la nudité est le vêtement finalement. Cachez-moi ce sexe joliment rasé, décorez-le d'un simple tissu afin qu'il devienne désirable. Laissez-moi m'imaginer ce qu'il cache, jouons le jeu de l'esprit, le jeu du désir, le jeu de l'homme et non pas de l'animal.
Lorsque j'ai vu tous ces corps nus, mes pensées allaient vers la réceptionniste, je nous imaginai discuter, parler culture pour lui dire que je la désirai nu. Mais pas nu au milieu de cette foule. Doucement mise à nu dans l'intimité. Après un long jeu de cache-cache avec nos désirs. Lentement, je pourrais caresser son corps avant de le découvrir complètement. Lentement, je pourrais la déshabiller afin d'apprécier chaque nouvelle partie de peau pâle dévoilée. Puis, lentement, nous découvririons nos corps pour devenir moins lents, plus désirés, plus désirables, plus excités. Pour finir dans un va-et-vient rapide jusqu'à l'explosion des sens. Alors, nous resterions enlacés pendant quelques instants, puis elle se lèverait, et remettrait un à un ses vêtements, relançant mon imagination, relançant mon désir de ce corps plus parfait qu'il n'est vraiment.
Le naturisme tue l'imagination, il ne montre que la laideur de la chair solitaire. Il n'y a plus de poésie dans la nudité, la piscine s'est vidée et je suis rentré me rhabiller.

Le lendemain matin, je suis parti à pied jusqu'à une station essence afin d'acheter l'huile tant appréciée par mon vieux comparse des routes. La caissière, un peu rondelette, portait une blouse de mécano bleue dont la fermeture éclair était ouverte jusqu'à la moitié de sa poitrine, laissant apercevoir un espace luisant de transpiration entre ses seins. J'ai alors remercié la civilisation pour avoir inventé le vêtement et rendre désirable ce qui ne l'est pas tant que ça. Je fis un dernier petit tour par la réception après avoir épanché la soif polluante de mon van et reparti sur le bitume en attendant la prochaine touche d'humour du hasard.


FIN

mercredi 1 août 2007

Europe Tourisme

Gitan d'un temps, soi-disant le voyage détend,
Dans un vieux van pas propre, j'ai parcouru l'Europe,
Et j'y ai vu des choses, des choses jusqu'à l'overdose,
Perdu dans un flot de photos, des églises aux châteaux,
Ni faucille, ni marteau, je retire mon chapeau.

Comme tous, j'imite et pourtant je suis un touriste bien triste,
Come chacun, j'ajuste et cherche le cliché le plus juste,
Comme aucun, je comprends le pourquoi du comment,
Comme toujours, ce moment que l'on prend est un acte qui ment ;

Et tout devient fictif dans cette Europe touristique,
Le passé est présent et le présent anémique,
Le futur n'est qu'un tas de mauvais recyclages historiques,
Plus rien n'existe, plus rien n'excite et finalement seul rien résiste ;

Car aujourd'hui tout est à vendre, de la semence jusqu'aux cendres,
Tout devient marque déposée et propriété privée,
Et nous voilà donc à payer pour une liberté dont nous sommes privés,
Pour parcourir une Europe occidentale aussi réelle qu'une carte postale.

Les offices du tourisme font découvrir la vie à travers un prisme,
Prisonniers d'une culture régionale ancrée dans les annales,
Ils craignent les mouvements autres que la masturbation anale,
Ceci n'est pas une pipe, ceci n'est pas une vie.


FIN

Enfin !

Enfin ! Le doux son du clocher a repris son chant envoûtant et calme, symbole du temps qui s'écoule, presque au ralenti.
DOM... un premier appel atteignant le fin fond de mes rêves, les accompagnant avec tendresse, rien ne presse. Je continue de flotter, reste dans cette réalité qui est mienne, unique, loin de tout.
DOM... telle une méditation bouddhiste, à présent mes illusions s'ancrent dans ma mémoire, lentement elles y écrivent ce qui se passe en moi sans que j'en sois conscient, réunion chaotique d'une journée, d'une semaine, d'une vie écoulée. Sur le dos d'un oiseau gigantesque, mi-aigle, mi-canard, aux plumes de mille et une couleurs, portant un masque me ressemblant étrangement, nous survolons une cité éclairée par des lumières étranges ; lampadaires vivants dansant sur un rythme flamenco.
DOM... c'est le son du vent qui m'emporte plus loin, vers cette montagne que j'aperçois à l'horizon. Son pied est recouvert de nuages, si bien que son sommet semble détaché de la terre, indépendant de ce qui l'entoure, Olympe de cet univers étrange.
DOM... je me rapproche un peu plus, m'élève un peu plus haut sur ma monture silencieuse, migration matinale, la belle cité s'évapore dans mon dos ne laissant que cette montagne flottante subsister et s'agrandir.
DOM... encore plus proche et pourtant toujours si loin, les proportions troublent ma vision et mon jugement. Le bleu du ciel disparaît, englouti par une couverture nuageuse qui s'étale à l'infini.
DOM... il n'y a plus rien si ce n'est ce blanc cotonneux qui nous entoure de toute part. Une odeur sucrée, caramélisée sature mes sens, je ferme les yeux pour la laisser m'envoûter. Essayer de me rappeler cette odeur si familière et pourtant que je ne parviens pas à reconnaître.
DOM... le nuage est devenu crème anglaise, elle remplit ma bouche et mes poumons, m'empêchant de trouver l'oxygène qui en ce lieu paraît inutile, je n'ai pas peur, je me régale de cette substance nourricière, j'aimerais rester ainsi à jamais, savourant cette saveur, cette texture, ce plaisir presque malsain.
DOM... soudain, nous émergeons à la surface pour y découvrir une île flottante qui s'étend à perte de vue, du caramel éternel orne son sommet reflétant les rayons du soleil parfumé à la cannelle. Je quitte ma monture et pose les pieds sur ce sol moelleux, prêt à explorer mon île déserte, mon dessert idyllique, Robinson Crusoé découvrant un nouveau chez soi, mon paradis privé.
DOM... je commence à avancer à pas délicats par petits sauts légers comme si la pesanteur était celle de la lune. Je rebondis ainsi en direction du sommet où une étoile semble avoir élu domicile. Mes yeux souffrent de la regarder, mais je ne peux les en détacher et me dois de continuer ; je dois voir ce qu'est cette lumière. j'avance, les paupières serrées, mes jambes deviennent plus lourdes, je peine à garder l'équilibre, désorienté par cette lumière brûlante qui fini par me renverser sur ce lit de coton.
DOM... je reconnais ce son, je reconnais le nuage tendre sur lequel je suis allongé, les rayons du soleil traversant le fin espace laissé libre entre les rideaux de ma chambre. Le clocher vient de finir sa chanson pour l'heure à venir. L'odeur de crème est présente, mais semble vouloir fuir cette réalité matinale. Alors je me tourne, l'emprisonne sous mon oreiller et retourne doucement sur mon île paradisiaque.

Enfin ! Voilà la première chose qui m'a frappée, ce matin, alors que tout semblait si semblable à ces multitudes d'autres matins, telles des raillons de supermarché, sans surprise, ordonnés, aux couleurs écoeurantes tentants de satisfaire sans surprendre, sans prendre le moindre risque, destinés à la masse, destinés à des millions, regroupés pour ne former qu'un. Un et un seul, toujours le même ; ce Matin que j'avais tant vécu, pour ne finalement plus lui porter aucune attention, aucun respect, rien...
Enfin ! Ce Matin venait de tourner les talons, renoncer à sa vie éternelle après s'être présenté chaque jour à la porte de mon sommeil que j'apprécie tant, pour venir le troubler, tentant de lui offrir un rêve meilleur que le nuage de mes songes dans une réalité palpable, lourde et empoisonnante, tel un vendeur de Tupperwares évangéliste venant révolutionner ma vie sur mon pavillon dégueulasse.
Enfin ! Il avait renoncé. Je ne saurais dire pourquoi. Peut-être avait-il eu une révélation le jour précédent ce si beau jour. Peut-être avait-il pris conscience que son être qui semblait immortel, n'était plus ; n'avait plus de raison d'être. Car à force de revenir, chaque jour, inlassablement semblable, défiant le temps tel un chien hurlant à la mort ; le temps l'avait exclu de son chemin et alors il s'était retrouvé seul dans son immortalité. Ce Matin n'était plus que cette fameuse seconde d'un CD raillé qui se répète et se répète sans cesse, voulant presque former une nouvelle mélodie à elle seule, mais sans jamais y parvenir.
Enfin ! Le CD s'était arrêté. Le temps avait repris les rênes de sa locomotive gargantuesque. Fini les caprices, on arrête les conneries, tout le monde remonte dans le train et que le chaos recommence. Car finalement, c'est cela le temps. Malgré sa tête de premier de la classe, malgré sa régularité si parfaite et intransigeante, ces secondes qui se suivent une à une, tels les robots sur le Champ de Mars lors d'un 14 juillet ; malgré tout cela, le voilà jugé coupable ; peut-être pas responsable certes ; de recèle de chaos. Et je l'en remercie, pour chaque occasion qu'il me donne, lorsqu'il jette à nouveau une de ces précieuses secondes à la suite de l'autre, comme on jetterait un agneau bien gras au milieu d'une fosse remplie de lions. Et malgré tout mon respect pour les agneaux, je me considère comme étant un de ces lions ; et pour continuer dans le métaphorique euphorique ; je ne suis pas encore prêt à devenir végétarien.
Voilà ce que ce Matin m'avait pris ; sans honte, voir même fier de lui ; ma liberté au chaos. Ma liberté de choisir ce que je ferais de la prochaine seconde, et de la suivante également. Ce Matin s'était approprié mon agneau. Chaque jour je me voyais privé de festin, mis de force à la diète. Mes dents restaient creuses, ma montre figée sur 7H ; l'heure à laquelle il était arrivé, ce Matin, il y a bien longtemps, trop longtemps, si longtemps que les autres matins me paraissaient être des illusions, des jeux de mon esprit, inventés pour me torturer ; un rêve cauchemar ou un cauchemar rêve ; qu'importe, car tout cela n'était que sa faute. La faute à ce Matin, ignorant et cupide, maître de mon destin, un destin qui n'existait pas, ou peut-être si, le destin d'un glaçon dans le congélateur. Si tristement cubique et froid, prisonnier à côté de tant de frères jumeaux, hors du temps et dans la pénombre, inconscient et impuissant à cause de ce Matin.
Enfin ! Les aiguilles de ma montre ont repris leur course, maîtresses du chaos elles m'ont sorti du congélo et je suis devenu ruisseau. Un simple filet d'eau pour le moment, je vais au gré du paysage, découvrant la terre, je peux nourrir les plantes ou bien m'envoler grâce au soleil pour n'être qu'un nuage volant au gré du vent puis retombant sur terre je poursuivrais mon chemin joindre d'autres filets d'eau. Ensemble, nous formerons des rivières et peut-être qu'un jour nous serons océan. Mais demain est encore loin car je porte encore les marques que ce Matin laissa en moi. Oui toujours lui, ce Matin reste présent bien qu'il ne soit plus là. Telle l'odeur des madeleines, mais des madeleines moisies offertes par une grand-mère haineuse lors d'un hiver sombre et pluvieux faisant songer à une fin du monde imminente. Alors si jeune, alors si triste, cette odeur est celle de ce Matin. Cette odeur je ne l'oublierais jamais, elle me suivra comme une ombre, s'élargissant ou se cachant au gré du temps, au gré de mes pensées pourtant retrouvées. C'est pour ça que je ne m'en plaindrai pas, car mes pensées recommencent à fonctionner, bonnes ou mauvaises, elles me rendent vivant, elles me rendent humain.
Enfin ! Je suis humain, imprévisible, parfois rieur, parfois risible, je me sens paisible. Mon coeur a repris ses battements, le plus beau rythme de l'univers résonne dans ma poitrine et à moi d'y écrire la mélodie qui va avec. Artiste, compositeur de ma propre musique, je peux me joindre à d'autres pour qu'un jour peut-être, l'orchestre soit complet. Mais rien ne presse, il me reste tant de gammes à apprendre, tant d'enchaînements de notes à découvrir, justes ou fausses, chacune fera partie de mon enseignement afin, je l'espère, de pouvoir écrire cette partition qui dort au fond de moi. Je n'y parviendrai pas seul et cela ne m'effraie pas car le monde se constitue de tant d'artistes, s'entraînant de leur côté, mais aussi de maîtres prêts à partager leur savoir de cette musique que je n'entendais plus, les oreilles bouchées par ce Matin. Je ne suis plus sourd, enfin !
Enfin ! De bon à rien je peux être bon à tout. Je suis sorti du néant pour y découvrir l'infini, avançant sur cette route faite de petits chemins de campagne, de départementales et d'autoroutes, mais d'aucune impasse. On pourrait dire que cette route est comme mon cul, un sens unique qui soulage à chaque avancée. Car on ne peut pas revenir en arrière, mais l'on peut toujours regarder dans le rétroviseur de la mémoire. Même s'il m'arrive de prendre une mauvaise sortie ou bien même une déviation irritante, il n'y a rien à craindre car apparemment tous les chemins mènent à Rome. Et fait plutôt étrange comme tant d'autres dans notre belle langue française, Rome à l'envers ressemble de prêt à « Mort ». On peut également s'y essayer avec une version plus latine du mot qui sera Roma et par conséquent à l'envers on aura « Amor ». Ainsi on obtient une version plus poétiquement romantique, mais un peu niaise qui voudrait nous faire croire que nous arriverons tous à l'Amour, qu'importe la voie que l'on aurait choisie ou simplement empruntée par hasard. Ça n'est pas des plus déplaisants, bien au contraire, mais alors une question m'interpelle : « Et après ça ? ». Car je veux bien arriver jusqu'à cet amour, mais si ensuite il ne reste plus qu'a attendre, je vais tenter de prendre un maximum de détours pour découvrir ce qui se trouve autour !
Mais pour l'instant je n'en suis pas encore là, mon chemin vient tout juste de reprendre, mes jambes sont lourdes et engourdies, les muscles ont besoin de rééducation, comme si ce Matin avait été un coma qui avait trop duré. En fait, c'était un coma, non pas un coma physique où le corps semble sans vie mais l'esprit continue de vagabonder dans un autre monde ; non, mon coma aurait été l'inverse, mon esprit n'était plus qu'un légume mental, un légume sans raison, sans soleil pour le faire mûrir, sans pluie pour le nourrir, sans paysan pour le cultiver. Chacun de ces matins ; ce Matin ; mon cerveau était moins que légume, une racine sèche, desséchée à cause de ce Matin, attendant un jour nouveau pour pouvoir recommencer à pousser tel un cep de vigne abandonné dans un grenier.
Enfin ! Ce matin est un nouveau matin, si différent de ce Matin ; la pluie a repris son cours, je sens le soleil derrière ce gris nuage qui se dissipe déjà, mon cerveau est irrigué, prêt à reprendre sa croissance, grandir, mûrir et être cultivé ; prêt à poursuivre son chemin, un long chemin je l'espère qui me mènera où chacun va, au même rythme, selon sa propre mélodie, seul ou à plusieurs, nous y allons ; et pour cela je me sens brûler de la flamme de l'envie. Et cette flamme je souhaite m'en servir à bon escient, telle la flamme d'un briquet qui allume une cigarette. La flamme de l'envie allumant la cigarette de la vie. Chaque bouffée est un plaisir mais raccourci un peu cette cigarette, alors il faut les apprécier, chacune d'entre elles, les savourer avant d'arriver au filtre. En fait non, pourquoi devrais je filtrer cette fumée si délicieuse ? Pourquoi ne pourrais je pas l'apprécier dans sa totalité ? Vous me direz oui mais fumer tue... Et je vous répondrais que c'est la vie qui tue. Sans elle on ne mourrait pas et est-ce pour autant qu'on l'on souhaite arrêter de vivre ? Ce problème ressemble à celui du chien qui essaye désespérément d'attraper sa queue. Il y a tant de jeux qui nous entourent que ce serait bête de gâcher son temps à attraper un appendice rectal. Profitons bordel ! D'ailleurs en parlant de bordel, je suis sûr que le même bureaucrate catholique pédophile a décidé que fumer et baiser était nuisible à l'Homme. Le plus vieux métier du monde n'est pas le plus vieux pour rien. Alors pourquoi interdire ces maisons respectueuses où certains ; pour des raisons sans doute des plus intéressantes ; tel un dépucelage avec une femme d'expérience et non pas une gamine qui risque de se mettre à chialer et de déverser six litres de sang dans le sac de couchage de ses vacances si prometteuses ; ou bien un mari souhaitant apprécier un corps différent de celui qu'il a tant parcouru et reparcouru depuis les trente dernières années sans pour autant avoir à demander le divorce alors qu'il apprécie toujours autant l'intellect de l'élu de son coeur ; et bien d'autres raisons encore, si innombrables qu'il devrait exister une encyclopédie sur le sujet ; je demande donc pourquoi interdire de telles entreprises permettant d'avoir des contrôles rigoureux, des visites du travail assurant ainsi la bonne santé des employés et par conséquent la satisfaction de clients toujours plus nombreux et par là même empêcher l'explosion du travail au noir dans des conditions déplorables de santé physique et morale, l'importation de force de « main-d'oeuvre » bon marché voir simplement d'esclaves et d'ainsi priver de la liberté de choix.
Tout cela pour en revenir au fait que certains décident pour nous ce qui est supposé être bon ou mauvais pour nous. Certains décident de barrer des chemins pour des raisons de moins en moins raisonnables, si bien qu'un jour nous finirons tous sur la même autoroute polluée, prisonniers de bouchons sans fin, u milieu d'un paysage désertique à regarder, et finalement je me retrouverai avec vous tous, gitans de la vie, paralysé dans ce Matin.
Enfin ! Je le sens, je l'entends, je le vois se jeter sur ces pages blanches, blanches depuis trop longtemps, mon sens critique est de retour, lui aussi engourdi, mais prêt à mordre de ses petites dents pointues de jeune chiot ; lui qui avait baissé sa garde pendant un court instant, laissant la place à ce Matin vicieux qui ne l'avait plus laissé revenir. Je ne lui en veux pas car à cette époque il n'était qu'un petit pet silencieux et sans odeur, mais les temps ont changé et avec toutes les saloperies qu'on nous veut nous faire avaler, je sens déjà mon estomac se gonfler, et si rien ne change dans ce régime, ça risque d'exploser et de laisser des traces indélébiles. Non je t'en veux pas Sens critique, et après tout, le seul à même de te faire une quelconque remarque, c'est bien toi même. Et je le vois dans ton regard, ta fierté a été mise à mal, tu portes encore la marque qu'a laissé ce Matin sur toi ; sur moi. Nous sommes marqués au fer rouge par ce code-barre, numéro parmi tant d'autres, label de mon troupeau, preuve de mon coma, la défaite d'un combat, mais aujourd'hui nous reprenons les armes. C'est une guerre qui sera longue, sans doute pleine de coups bas et de couteaux dans le dos, mais je ne baisserais pas les bras tant que tu seras là. Oh toi, Sens critique, ensemble nous étudierons notre adversaire, chercherons une faille, appellerons des renforts si l'on en trouve, et si vraiment nous ne pouvons le vaincre, alors peut-être passerons-nous entre les mailles de son filet pour nous cacher au fond de l'océan, dans une pénombre paisible où jamais il ne viendra nous chercher.
Enfin ! Mes rêves sont de retour. Mes rêves nocturnes, gardiens de ma santé mentale, protecteurs de ma raison, mais également mes rêves réfléchis, coordinateur de mes idéaux, leitmotive quotidien qui m'aide à choisir mon chemin. Ainsi, je suis cette carte routière de la vie où seules quelques villes sont notées sans aucune ligne pour les lier entre elles. Ces lignes je les trace au fur et à mesure que je parcours le monde. Il n'existe pas de GPS pour cette carte, et c'est sûrement pour le mieux, car la vie deviendrait des plus ennuyeuses et perdrait probablement de son goût. Un repas sans goût n'ouvre pas l'appétit, comme un film dont on connaîtrait déjà chaque image, musique et dialogue perd de son intérêt. Ou simplement savoir que Bruce Willis est un fantôme avant d'avoir vu « le 6em sens ». Certes, nous connaissons déjà tous la fin de notre film, mais il reste tout le scénario et surtout la réalisation à faire. Bien entendu nous avons commencé le tournage avant d'avoir écrit la moindre bribe de scénario, mais c'est là qu'agit la magie de l'improvisation et c'est sans doute ainsi que je voudrais réaliser la majeure partie de mon oeuvre. Un synopsis très simple laisse libre action aux acteurs grâce à un minimum de directives. Malheureusement trop nombreux parmi nous font parti d'un film qui n'est pas le leur. Pendant bien longtemps, à cause de ce Matin je n'étais que le figurant, simple accessoire de décor, une cartouche blanche dans Heat; un grain de sable dans Laurence d'Arabie, un flocon de neige dans L'Empire des Pengouins, une étoile dans Star Wars, ou même une parole dans un Chaplin ou encore la couleur dans Metropolis. Je n'existais plus, mon tournage s'était interrompu, comme un petit film indépendant racheté par la Fox et laissé à croupir au fond d'un placard. Mais aujourd'hui je viens de récupérer mes droits d'auteur, à nouveau maître de ma création. Peut-être encore un petit budget, mais après tout ne sont-ils pas les meilleurs ? C'est par ce chemin que sont passés les plus grands artistes et probablement là qu'ils ont réalisé leur plus grand chef d'oeuvre. 2007, mon odyssée commence.
Enfin ! Le virus de ce Matin a été nettoyé de mon PC. Je peux à nouveau surfer librement sur la toile de la vie, parcourir des sites plus ou moins légaux, contestataires, artistiques ou informatifs. Mon ordinateur fonctionne mieux qu'au premier jour, j'ai accès au monde et le monde peut me contacter. D'une machine à écrire sans papier, je suis devenu la machine la plus complexe au monde, aux possibilités infinies. Quelle puissance, l'intelligence. Ce Matin m'en avait privé. Je pensais pouvoir la mettre à son service, continuer d'emmagasiner des informations, l'utiliser à bon escient, la combler, la ravir, lui offrir ce qui était bon pour elle. Mais tout n'était que promesses. Discours de politicien véreux qui n'a pour seul et unique but que d'acquérir pour son propre bien au détriment de tout le reste. Et oui Intelligence, je t'ai vendu comme un objet banal sur Ebay. Au plus offrant, au plus rapide, à un inconnu quelconque. Comment en étais je arrivé là ? Comment avait-il pu nous séparer, me rendant si seul, incapable même de réaliser que je t'avais perdu. Une prison de matérialisme faite de barreaux d'inconscience. Une belle cage dorée. Sans toi j'étais devenu un simple outil, pièce futile parmi l'innombrable, une simple touche d'un clavier esclave faisant parti d'un réseau immense dont jamais je ne verrais la tour de contrôle. Mais la touche a fini par quitter ce clavier, la prison s'est ouverte, les barreaux sont tombés et je suis à nouveau mon propre instrument. Aujourd'hui je réalise mon erreur, comprends mieux ce virus ignoble et renforce mes anticorps. Il sera plus dur de me contaminer, car à présent je te connais, Matin. Je pourrais venir te côtoyer sans que tu ne m'affectes. Ta force passée est maintenant ta faiblesse. Je suis une pièce rebelle de ton puzzle complet. Un hacker de ton réseau perverti qui vient te prendre un octet de monnaie sur tes gigas de fortune.
Mon intelligence retrouvée, nous partons te faire la guerre, accompagnés du Sens critique et de Rêves, tous immunisés contre la mélodie de ta flûte envoûtante, pour qu'un jour tu te noies dans la rivière de notre rébellion.
Enfin ! J'ai retrouvé ma Morale et cela me remonte le moral. Elle aussi avait été sauvagement attaquée par ce Matin, cette partie de moi s'était vue dissoute telle une aspirine dans un océan. Un peu pétillante au commencement elle n'avait pu résister longuement et avait fini par s'évaporer, me laissant froid et macabre, glaçon parmi les glaçons. Aujourd'hui tu me montres du doigt, me demandes de porter ce sac plein de honte, fardeau d'un temps révolu, jusqu'à ce que chaque cicatrice se soit complètement dissipée. Je suis prêt à payer ce prix, le prix de ma fierté, le prix d'une image nette et saine dans le miroir de mon âme. Pour l'instant cette image est trouble, manque de contraste et de luminosité, manque de relief. Je ressemble à ces photos prises avec les premiers téléphones photographiques. Je manque de pixels. Mais au moins j'ai retrouvé une forme, même basique, j'aime observer cette forme, comme l'on regarde avec une patience amoureuse ces petites graines de blé dans le coton humide, attendant une première pouce, un signe de vie, un signe de croissance. Je suis un sculpteur face à un bloc de granite, l'image de ma future création se forme dans ma tête, je caresse la pierre froide, et m'empare de mon marteau et de mon burin, le coeur battant, les mains se réchauffent, je donne un premier coup et commence mon oeuvre.
Chaque jour je te donnerais un peu plus d'amour, à toi, ma Morale qui a tant souffert. Je te chérirais pour que tu me montres le bon chemin, m'aide à différencier les fines subtilités entre le bien et le mal, ces contrastes dans le gris car il n'existe ni noir, ni blanc. Avec l'aide de la Critique nous pourrons choisir de suivre la Loi ou au contraire de la défier, la confronter à elle-même ou simplement l'esquiver. Car aujourd'hui nous savons que nous ne pouvons pas lui faire confiance aveuglément. Car si cette dernière était juste, aussi juste et égale qu'elle le prétend, comment avait-elle permis ce que ce Matin nous as fait. Chaque jour, emprisonnés par ce Matin, elle nous souriait, nous encourageait à rester congeler. Elle m'avait laissé vendre mon Intelligence, avait acquiescé, salué ce geste si juste pour la communauté. Et lorsque ma Morale se mourait, agonisante dans son cachot, elle avait continué de sourire. Pour cela je resterais à jamais méfiant d'elle, cette vendue, cette putain.
Enfin ! J'ai pu sortir par un trou dans la clôture. Le lapin vient de quitter l'élevage et peut redevenir sauvage. Je vais faire mon propre terrier, quelque chose de simple et rudimentaire. Fini le faux luxe de l'enclos, plus besoin de courir bêtement pendant des heures dans cette roue hypnotique. Fini l'abondance de carottes me rendant feignant et lourd, faisant traîner mon ventre sur le sol, dissipent mes muscles dans la graisse destinée à satisfaire un riche propriétaire. L'horizon s'étend à l'infini et je peux aller où bon me semble. Malheureusement les espaces sauvages se réduisent un peu plus chaque jour, la nourriture se fait rare si bien que je devrais sans doute retourner discrètement dans mon ancienne prison pour dérober de quoi de survivre. Pas plus, un peu de nourriture et beaucoup de liberté, suffisamment pour vivre. Mon passage secret est toujours là et j'espère qu'il le restera aussi longtemps que possible. Peut-être pourrais je ainsi entraîner d'autres lapins sur mon chemin.

Enfin ! Hier soir je me suis rendu face à un des glaçons de ce congélateur géant. Un glaçon plus gros que moi. Un de ceux qui cherchent des sources d'eau chaude pour les refroidir. Celui-là même qui m'avait accueilli, avait acheté mon Intelligence, jeté ma Morale et mon Sens Critique à la porte, fermé la gueule de ma Raison et enfermé mes Rêves dans une boîte fermée à double tour. Ce chef de basse coure, lui aussi esclave d'un fermier sans scrupule, mais qui n'en avait plus conscience et n'en aurait plus jamais. Depuis trop longtemps rongé par ce Matin, il avait oublié. La boîte dans laquelle ses rêves étaient enfermés a été brûlée. Plus jamais il ne pourra l'ouvrir. Tant pis. Moi j'avais encore l'ombre d'une chance et je l'ai saisie. Je lui ai remis cette lettre écrite par cette partie de moi que je pensais avoir perdue. La clef de ma liberté. Voilà ce que je réclamais.
Il m'a alors regardé d'un air abruti, l'incompréhension élargissant ces yeux venimeux. Puis reprenant un peu de sa constance, il m'a demandé d'y réfléchir. Pourquoi voulais-je quitter ce magnifique édifice de la société ? Pourquoi voulais-je à nouveau retourner dans la nature sauvage, là où règnent le chaos et la rêverie ? Peut-être voulais-je y réfléchir un peu plus. Peut-être devrais-je attendre demain Matin. Attendre à nouveau ce Matin.
C'est alors que j'ai souri, comme je n'avais plus souri depuis longtemps. Le coeur léger, le coeur retrouvé, j'ai ri et je suis parti.

Enfin ! Ce matin, lorsque je décide d'ouvrir les yeux pour de bon, après avoir mûrement savouré ces parties de moi retrouvées, le clocher sonne 13 h. La journée appartient à ceux qui se lèvent tôt ; moi, je me coucherais tard...


FIN

J'emmerde le Monde

J'emmerde le monde des bourgeois,
Qui trouvent leur joie dans l'immonde,
Je sens la rage qui m'inonde,
Je compte les secondes comme une bombe,

Prêt à péter les plombs,
J'ai un plan, couper des têtes,
Des têtes de beu, des têtes de gens heureux,
Dans le genre plein d'argent ;

Je deviens intransigeant dans ce putain de monde trop exigeant,
Trop de taxes c'est insultant, et trop de sultans qui nous taxent,
Trop de présidents relaxes, fiers de leurs actions dégueulasses,
Plus on gueule moins ils se lassent, car c'est ça passe ou ça casse.

Aussi sûr que l'eau mouille, j'emmerde le Monde,
Y a tout qui part en couilles et j'emmerde le Monde,
C'est comme ça c'est la vie alors emmerde le Monde,
On demande ton avis, mais emmerde le Monde ;

Tu te sens concerné parce que les condés t'ont serré,
Mais cette société, basée sur le respect de la monnaie,
Qui manigance et manipule, car plus t'avances, plus on t'encule,
Alors prends un peu de recul, fume et hurle ;

Emmerde ce monde de faux-cul, les juges sont tous corrompus,
Ils vivent d'abus du pouvoir, t'es leur pute sur le trottoir,
Sans futur, sans histoire, la liberté dur d'y croire,
Ils nous prennent pour des poires, mais il va pleuvoir des pêches ;

Tu connais mon devoir, j'emmerde le Monde,
Je le fais sans le vouloir, j'emmerde le Monde,
Toi aussi tu râles, alors emmerde le monde,
Y a tout qui part en rade et on emmerde le Monde ;

Antisocial c'est mon cheval, j'emmerde ce monde de chacal,
Où c'est chacun pour sa peau, et pour les pauvres, manque de pot,
Pas de compte en banque plein d'euros, pas de super héros,
La vie de château, frérot, elle se décide au berceau ;

Perso, j'ai l'impression d'avoir les poches percées,
Mais c'est parce que l'Etat se compose de P.O.R.C.
S., quand est-ce qu'ils en ont assez de tant ramasser ?
Assez, je ne suis pas leur taspé, je ne laisse plus rien passer.

Je suis toujours à la dèche, et j'emmerde le Monde,
T'as du T.N.T. Et t'emmerde le Monde,
Je vais allumer la mèche, car j'emmerde le Monde,
Faisons tout péter, car on emmerde le Monde ;

J'emmerde Chirac, ses Airbus et ses arnaques,
Sarko et ses matraques, et la putain Villepin ;
J'emmerde l'Église et sa clique de pédophiles,
La religion j'ai perdu le fil, des fanatiques bons pour l'asile ;

J'emmerde le nucléaire, et les compagnies pétrolières,
Les hommes d'affaires, Maîtres de guerre, et leurs missiles Air, Terre, Mer ;
J'emmerde toutes les marques en attendant que leurs usines craquent,
Et les fast foods, tous dans le même sac, je préférerais bouffer de l'Anthrax.

Aussi sûr que l'eau mouille, j'emmerde le Monde,
Y a tout qui part en couilles et j'emmerde le Monde,
C'est comme ça c'est la vie alors emmerde le Monde,
On demande ton avis mais emmerde le Monde ;

J'emmerde les inconscients et insouciants ne se souciant de rien,
Savourant leur seule réalité sur le réseau hertzien ;
J'emmerde Israël et leur putain de bouquin divin,
Tout ce que j'entends c'est Dieu qui divague et mitraille sans détail ;

J'emmerde la mondialisation, libéralisme pas question,
Le racisme en ascension, à quand son implosion ;
J'emmerde le temps qui s'écoule, à cause de lui tout ça s'empire,
Ce n’est pas le réchauffement climatique qui fait que je transpire ;

J'emmerde les ondes, le passé, l'avenir, le monde ;
Aussi sur que la Terre est ronde, qui que tu sois à la fin tu tombes.


FIN

de A à Z

A, Avis Aux Alcolos, Alors voilà,
j'Arrive Ainsi Accroché A mon Alphabet,
Allongé, Allégé, Armé et Alarmé, j'Abrège,
l'Air Abruti, Avance et Attends le B, Bouche Bé !

Bonjour et Bienvenue aux Bons Bougres des Bistros,
Buvant une Bonne Bière, Bercés par le Bordel des Bados,
je vais Baver des Boniments et
Bavarder Bonnement de la Beauté d'un Bédo ;

Cette Caractéristique Créatrice du Creusage de Cerveau,
Cadeau du Créateur mon Cul, mais Cadenas de mes Cauchemars, C'est Clair !
Ce sera Critiques Cassantes et Cassage de Couilles,
C'est Con et C'est Comme Ça, alors je Continue.

Doucement, je Danse sur cette Dictée en Dérapage,
sans Dieu ni Démon, car ils Déçoivent et c'est Dommage ;
Donc pas De Destin Déjà Dessiné, seul Du Danger, me Demandant si Demain,
je Dormirais Dans Des Draps Dérisoires ou Dans un Décor Délicieux.

Et j'Évacue des Émotions Évasives,
Évalue mes Erreurs Et mes Esquives,
Être plein d'Espérances En Errance,
j'Énumère ce qui m'Ennuie, m'Émerveille Et m'Emmerde ;

ces Faux pas sans Fin qui Fatiguent, ces Frôlements du Feu, Fétides,
car au Fond je suis Fou Furieux sans Finalement Foncer,
je Fais gaffe à mes Fesses Fragiles et me Fends le Foie,
dans un Flot de Fêtes Féeriques où le Fiasco Foisonne ;

je Garde mes Gants comme un Gangster, et
Glande comme un Gland ou une Grand-mère ;
Guetteur de Guet-apens, Gare, c'est la Guerre contre la Gloire,
Galilée de la Gandja, pas de Gain dans mon Grimoire.

Hello, Héros du Hasch et de l'Herbe !
Halte aux Hypocrites et vive l'Hydroponique,
car l'Homme Habite sur un Horizon Hypnotique,
Hanté par des Harems Hertziens Honteusement Hitlériens ;

les Iris Irrités, Ils Inondent tes Idées
par d'Immondes Idéaux où les Insoumis sont Illégaux ;
Ici, l'Illusoir Inculque l'Inculte, c'est Injuste et j'Insulte,
pour ne pas qu'ils m'Injectent leur Infect concept de n'être qu'un Insecte.

J'aimais Jubiler sans Jamais Justifier,
mais J'ai Jeté mes Joues Joviales, car J'attends la Juste Justice dans le Journal,
Jusqu'au Jour J où nous pourrons Jouir de la Joie,
Sans Jouer au Jeu de la Loi ;

oui, le K avant le L, c'est le cas des Képis et des Kaquis,
c'est Kif-Kif, car le monde est K.O.
Superman n'est qu'un Kiwi en Kimono,
et ils ont de la Kryptonite de Kérosène par Kilo.

Las ou Lâche, La Liberté se Lamente,
Lorsque La Loi Lorgne sur L'argent Latent,
tu Lis et La Lecture devient Lourde et Lente,
mais Laisse La Lumière se Lier dans Les Limbes.

Merci, Mais Maintenant Mettons fin à cette Merde Mégalomane,
Mots et Mensonges Minables Manipulent Mon Moral, Man,
c'est le Moment de Manoeuvrer vers un Monde Meilleur,
Merveilleux Miroir Marginal où le Matérialisme se Meurt ;

Nudifions Nous en Nombre dans le Noir Nihiliste,
Narrateur Nostalgique de Notre Naissance Naturiste,
je dis Non au Narcissisme et oui aux Narcotiques,
car moins Nerveux Nous Nagerions dans les Nuages ;

Or, l'Oeil Opaque On Oublie nos Origines,
trop d'Obstacles, On n'Organise plus d'Orgies,
On nous Oblige à un Ordre Obscène Ordinaire,
tels des Ordinateurs s'Observant l'Orbiculaire.

Putain, ça Pue le Pouvoir de Partout,
Pourquoi n'est-il Plus Possible de Penser Partouzes ?
à Présent c'est Prêtres Pervers et Principes Pédophiliques,
Pitoyable, je Pars à la Pêche au Pavot dans un Pré Philosophique.

Quoi, Qu'est-ce Qu'il y a ?
je te Quitte en Quête de Quidam Qualifié,
car trop de Quiproquos Quotidiens Qui me Quintent,
sur le Qui-vive je crains Que Quelqu'un me coupe la Quenouille.

je Ris, je Râle, je Rouille et Range ma Raison,
Rien à Reprocher au Ricard, Roi de la Relaxation,
sans Rage ni Rancoeur, je Retiens ma Respiration,
mon Regard Reste Rouge dans un Rayon de Réflexion.

Super Simple, je Sifflote en Solo,
Sursaute face au Sourire des Salauds,
Sur ce, il faut qu'on Se Sépare Sagement,
Si tu ne cesses de me Suivre, ça Sature Salement.
Tant pis Tu es Toujours là, Têtu, Tu ne Tournes pas la Tête,
pas de Trêve dans ce Texte, il faut que je me Taise,
mettre un Terme à cette Torture de Testicules Trop Triste,
Tu n'as pas Tort si Tôt ou Tard Tu me Traites de Terroriste.

Usure Ultime de cet Univers Urinaire,
par Un Usage qui me donne de l'Urticaire,
Urgences, Une à Une je les Utilise et Unie,
à coups d'Uppercut, elles sont Usurpées rien d'Unique.

les Voilà qui se Vengent les Vingt-six Vilaines,
me donnent le Vertige dans mon Ventre et mes Veines,
mais je ne suis pas Venu en Vain, plein de Vin et Valeureux,
dans un Vent de Violence je serais Victorieux.

Walla, dans le Wagon des W j'ai Walou,
ça cause Western, Web et Wu Tang,
What the F**k ? c'est le Wyle,
je devrais juste le jeter aux W.C. ;

eXactement pareil pour le X,
je joue du Xylophone sous rayons X,
sur un air de X-wing Xénophobe,
rien d'eXtra ni d'eXcitant, c'est eXacerbant.

mais ça Y est, nous Y sommes,
ouvre les Yeux, plus de Yoyos des mots,
Youpi ! allons-Y, un dernier Ying, un dernier Yang,
entre sur mon Yacht, mon Zigue ;

c'est le temps du Zen, plus de Zigzags,
à la Zidane plus de Zèle, le Zoo ferme,
nous sommes dans la Zone du Zénith,
et ça fini en Zéro, Zut, désolé mon Zouave !


FIN

Afro Duck

Je m'adresse à toi mon canard,
Beau dans ce monde de connards,
Allant ainsi au fil de l'eau,
Afro au milieu des roseaux ;

Au rythme de la vie, tu vis,
Sans stress, que de simples envies,
Juste un peu d'herbe et beaucoup d'eau,
Afro parmi les animaux ;

Quand le monde me semble affreux,
Je te cherche et te trouve heureux,
Le temps n'a pas prise sur toi,
Sous la pluie, le ciel est ton toit ;

Moi je suis las et me lamente,
Au milieu des glaces à la menthe,
Alors changez moi en canard,
Dans une fumée de pétard ;

Je sais que je suis fait pour ça,
Quitte à recommencer poussin,
Après la mort, changer de corps,
Canard sans tort et sans remords ;

Sur ce, je me laisse flotter,
Et vois le destin comploter,
Il est temps de reprendre un tè,
Sur ce, je m'allonge et me tais.

FIN