mercredi 30 juin 2010

Sol attitude, allons, j’ai

Les secondes viennent de s’arrêter…
Tout est figé dans la pièce…
Rien ne bouge, même le vide me fixe droit dans les yeux,
Il me semble que mon cœur bat toujours mais en silence,
Le ciel a revêtu sa cape de bleu sans contraste, juste intense,
Le canapé inerte porte encore les vagues de l’action passée,
Une assiette sèche sur la table entourée de bouteilles vides,
Des sacs plastiques de lotions et compresses attendent,
Seuls les livres sur les étagères parviennent à garder vie,
Dans les couvertures les personnages s’animent,
Ils n’attendent qu’un simple regard pour poursuivre,
Contrairement à tout le reste du mobilier qui est mort,
Un coup d’œil ne fait que confirmer leur décès irrémédiable,
Ils reprendront un nouveau souffle un jour lointain,
Alors les gestes alentours les réveilleront pour un temps,
Une étincelle dans l’éternité, un grain de sel d’humanité,
Mais ici il n’y a plus que pitié stagnante et immuable,
L’attente d’un renouveau, d’un souffle, d’une brise,
Il faudra plus que des baisers ou des bises,
Plus que de l’amour et de l’amitié en toute franchise,
Plus que du temps et la patiente,
Du courage et la force de l’attente désespérante,
Plus qu’un coup de pied au cul ou qu’une baffe en pleine face,
Il faudra regarder uniquement vers l’avant et faire face,
Le pire n’existe pas, il n’y a que du mieux et du moins bien,
Tout dépend alors tu en prends combien…

29/06/10

mardi 29 juin 2010

Lape est chaume houle

Un petit gars pas bien costaud, plutôt maigre, nommé Phil, marchait le long du port, une canne à pêche sur l’épaule. Il s’arrêta un premier temps, avança plus près de l’eau, observa le lointain, ferma les yeux, les rouvrit et repartit. Il s’arrêta un second temps, guère plus loin, recommença le même rituel, se mit à sourire et s’assit les deux jambes pendantes au ras de la marrée. Il prépara rapidement sa canne et lança son appât vers l’horizon. Il observait patiemment le petit bouchon jaune flotté au gré des vagues.
Après quelques heures sans avoir bougé le moindre du monde, un piéton qui l’avait remarqué plus tôt vint vers lui et lui demanda : « Alors l’ami, ça mord ?
- Non, pas encore, il est un peu trop tôt…
- Et qu’est-ce que vous comptez attraper dans cet eau mazouteuse ?
- Le plus gros poisson de toute ma carrière de pêcheur…
- Comment ça ? Le plus gros poisson va venir dans ce port ? Jusqu’ici, et mordre à votre canne ?
- Exactement… Je le sais, je l’ai vu arriver…
- Pardon ? Vu quoi, ou ?
- Dans un songe. J’ai vu que je pêchais ici et que le plus gros poisson de ma carrière se pointerait.
- Vous plaisantez ?
-…
- Et il va venir quand ce poisson ?
- Bientôt… Il suffit d’attendre, c’est tout… »
Un passant qui justement passait par là entendit une bribe de la discussion et se prit d’intérêt pour le pêcheur. Au fur et à mesure que la journée s’écoulait un plus grand nombre de personnes se joignait à l’attente du poisson. Des petits stands de merguez improvisés prenaient place tout autour. Une sorte de fête communautaire débuta avec la nuit.
Le lendemain matin, alors que les derniers fêtards rentraient se coucher, le petit pêcheur était toujours à son poste, la canne dans les mains. De nouveaux stands de croissants, café et chocolats s’établirent aux alentours. La masse humaine se reconstitua de corps frais.
Vers midi, les premières caméras de télévision commencèrent à débarquer. Les journalistes se précipitaient aux côtés de Phil pour lui poser toutes sortes de questions idiotes. La foule dansait et chantait. L’animation gagnait la ville toute entière qui descendait pour venir rendre visite à l’enchanteur. La bonne humeur dominait les rangs. Chacun était heureux d’être là, sans vraiment savoir pourquoi, et ne cherchait pas à le savoir. Le hasard avait réuni ce peuple en ce lieu pour qu’il puisse prendre conscience de sa solidarité. Une simple lueur d’espoir avait permis ce miracle. Un simple être humain, seul, sans autre artifice qu’une canne à pêche avait créé ce mouvement de vie et de joie.
Après une journée entière, sans que le sauveur n’ait bougé, si ce n’est pour se soulager ou pour se remplir, l’espoir n’avait pas faibli. C’est alors qu’une grosse limousine aux vitres teintées s’arrêta au milieu de la marée humaine. Les journalistes se ruèrent comme des assassins sur le véhicule. Les flashs crépitaient de toute part. Les micros foutaient le vide. Les regards se tournèrent finalement tous dans cette même direction. Le maire de la ville sortit du luxe. Il salua brièvement la foule. Les gardes du corps écartèrent les gens et formèrent un couloir jusqu’au petit pêcheur. Le maire avança lentement, savourant la curiosité du peuple, leur envie de toucher leur dieu. Phil décida alors de se lever et marcha vers la maire le long du couloir humain.
Lorsque les deux furent à même hauteur le maire tendit une main cordiale vers le révolutionnaire et dit :
« Je vous présente mon plus grand respect, pêcheur, au nom de la ville et de ses habitants. Votre courage et votre ténacité sont un exemple pour notre société actuelle. Vous avez montré au peuple qui l’on peut atteindre son rêve si on le souhaite réellement. Bien sur, nous savons tous les deux que vous n’attraperez jamais ce gros poisson ici. Mais ce qui compte, c’est votre détermination. Nous organiserons une journée à la mairie avec diverses petites distractions dès demain pour montrer que votre maire vous a compris et que votre exemple doit être suivi par tous pour conserver l’espoir vivant. Nous arrangerons les grandes lignes de la soirée avec mes conseillers. Vous n’aurez qu’à suivre les instructions et cette journée fera de nous, deux grands hommes de ce monde.
- Maire, c’est un véritable plaisir de voir que nous sommes sur la même longueur d’onde. Demain sera un jour exceptionnel et j’espère qu’on pourra bien se marrer. En revanche, il y a un point sur lequel je ne suis pas tout à fait d’accord. Vous dîtes que je ne prendrais jamais mon gros poisson ici. Et bien, je vois que vous n’avez pas saisi toute la subtilité de mes songes. Parce que mon gros poisson vient juste de débarquer à mes pieds, bien gras et avec le regard du roublard des mers. Nous allons bien nous entendre, gros maire. »

28/06/10

lundi 28 juin 2010

Il peut, n’ose

La douleur est avant tout mentale. Sous l’émission d’un signal envoyé par les capteurs sur et sous la peau, le cerveau génère la sensation de douleur. En visualisant cette douleur sur un potentiomètre selon le niveau de celle-ci, on parvient à voir l’aiguille de la douleur s’agiter et taper dans le rouge. Après un certain entrainement on peut facilement regarder cette aiguille pour voir à quel point le cerveau envoie l’information de douleur.
Cependant, le cerveau n’étant qu’un organe gérant les informations et envoyant des instructions d’actions selon ces informations, il est relativement aisé de rentrer dans son système et de le piéger, en quelque sorte.
Ainsi, lorsque l’aiguille commence à s’exciter un peu trop, il suffit de tendre la main et de repousser cette aiguille en arrière jusqu’à la bloquer dans la non souffrance. Le cerveau enverra donc l’information qu’il n’y a pas de douleur…
Malheureusement le cerveau est souvent dominé par les informations envoyées par la peau. On ne pourra donc pas visualiser son doigt redescendre l’aiguille… Impossible de se concentrer, la souffrance s’intensifie, la réflexion disparaît, il n’y a plus rien que le mal…
L’important est de pouvoir prendre du recul sur ces sensations. Comme chaque jour, une décision prise par rapport à tel évènement sera souvent plus judicieuse si elle est prise avec un certain recul. En gros pour bien vivre, il faut regarder sa vie. J’observe mon corps se mouvoir, interagir, subir, lutter, s’exprimer en conséquences… Notre corps est notre marionnette et il faut éviter le plus possible de monter à bord. Tout se passe tellement mieux de loin… Esthète de sa propre vie…
Lorsque le monde entier sera capable de s’éloigner de son corps et de réagir selon le meilleur choix pour tous, nous nous retrouverons tous ensemble dans un monde d’esprit commun. Un lieu qui nous appartient à tous et qui est capable de nous montrer les bonnes actions à entreprendre…
En attendant, je suis seul sur mon perchoir, et seule l’attente du temps qui s’écoule m’accompagne et me dicte de fermer les yeux… Le monde est tellement plus beau derrière des paupières…

27/06/10

dimanche 27 juin 2010

Lascars, go !

« Allons-y les gars… Je veux Tony, Raph et Paulo avec moi. Bob et le Marrant vous restez ici en renforts et pour protéger le retour. Rico, Steph et la Plume vous prenez l’autre entrée. Personne ne rentre et personne ne sort, d’accord ?
- Ouais Gros ! tous en chœur,
- Bon, impeccable. C’est tout planifié. Z’avez qu’à me suivre et rester calme. Dans quatre minutes nous serons de retour et nous séparerons par les rues affectées à chacun. On se retrouve dans une heure au point A. Faites comme s’il ne s’était rien passé, agissez comme d’habitude. OK ?
- Ouais Gros ! tous en chœur. »
Le Gros tourne au coin de la rue suivi de ses deux comparses. Il passe devant un restaurant, un café et pénètre dans le troisième qui ne montre aucune affiche ni lumières à l’intérieur.
« Bonsoir messieurs. Pardonnez-moi de vous déranger mais si vous écoutez correctement ma voix et suivez ses consignes, il n’y en aura pas pour longtemps… » le Gros s’interrompt soudainement et regarde tout autour de lui. Tout est sombre et semble désert. Pas un bruit. Il avance de quelque pas à tâtons et trouve un mur qu’il commence à longer à la recherche d’un interrupteur.
Après avoir marché le long de ce mur qui parut sans fin, le Gros mis la main sur un petit bouton. Il pressa vivement ce dernier et une lumière brulante explosa du plafond, puissante, uniforme et partout elle remplissait l’immense pièce vide sauf pour ce qui était du pauvre loustic, paniqué et aveuglé.
Il se mit à courir le long de ce mur qui semblait sa seule attache au monde réel. Il couru, et couru encore pendant des minutes interminables, peut-être une heure, tout droit, dans le même décor immuable. Finalement il s’arrêta, épuisé, le souffle court. Il se reposa le dos contre le mur, face à l’immensité infini du sol et du plafond. Il s’endormi.
Il se réveilla difficilement bien plus tard. Totalement relaxé et désespéré face à cette blancheur sans fin. Il se mit à sourire, se leva… et commença à trotter perpendiculairement au mur… vers l’infini… il trottinait sereinement avec un sourire de plus en plus large…
Il disparu au loin, son éclat de rire résonnait jusqu’au mur… il rit encore aujourd’hui...

26/06/10

samedi 26 juin 2010

La comtesse tension

Un éclat de rires,
Dans ma situation, j’ai connu pire,
Irritation des papilles,
Les papis sur les mamies,
C’est marrant et dégoutant,
On verra à leur âge en y goutant,
Faut juste éviter de rater d’autres virages,
Je sens la chance qui approche dans les parages,
C’est pas de la science ni du bon sens,
C’est plein de bons sentiments en nuances,
Une miss nue,
Une muse nie,
Tout en musique,
Tout le temps unique,
Et le mirage s’évapore,
Les valeurs quittent le port,
Les rapports se corsent,
Les records s’amorcent,
Les rats morts s’effacent,
Les faces d’arbres s’écorcent,
La nature tricote la fin de cette farce,
Un truc bien radical,
Le paradis en calvaire,
Toutes les espèces supprimées,
Et les humains sont primés,
Meilleure race néfaste,
Et bientôt il n’y en aura plus une trace…

25/06/10

vendredi 25 juin 2010

Le rechute libre

Et Mano Titanio retomba… La poisse a encore gagné le combat… que c’est bas… Bête et méchant, elle m’a battu en trichant. Donc retour à la case handicapé. Mais cette fois-ci, difficile de se mouvoir. Une épave sur canapé sans pouvoir. L’inverse du super héros. Sans responsabilité, juste l’effort de rester dans la réalité… Et c’est déjà pas tâche facile. L’équilibre et la raison vacillent. Bienvenue dans le royaume de la douleur. Je connais bien ces couleurs. Le sang qui coule… les boules… ça me saoule… le cycle infernal a terminé son premier tour, place au second. Je pensais bêtement qu’il passerait à un autre gars… je devais être gaga…
Quatre étages à une patte, hey ma chatte… ça brûle et ça gratte… impossible de redescendre chercher du picrate. Quelques jours de désintox et de souffrances atroces, l’heure de descendre du carrosse, place aux coups de crosses…
Heureusement les comparses sont solidaires… Pas de soirée en solitaire, mais du bien drôle qui chasse l’austère. Je pourrais pas vivre en monastère. Ça redonne goût à l’être humain. Tant d’attention… De soucis et d’émotions… de compassion… même l’inconnu s’arrête et s’inquiète. Aider son prochain. Dans certains cas il semble que ce soit encore le cas. Le peuple est endormi mais la passion reste présente au fond de lui. J’aperçois le phare de l’espoir qui luit. A présent c’est dans cette direction que je mènerais ma barque bancale. Je montrerais le chemin vers la joie sans escale…

24/06/10

jeudi 24 juin 2010

Transes, sports, encore maintes…

Le train quotidien…
Métro, métro, rer et train, train quotidien,
Y a rien de pire pour un marseillais,
Je vous conseille pas d’essayer,
Essuyer les plâtres sans se battre,
Rabat le moral à mort,
L’âme se nourrit au dehors,
Sous terre ça sent le remord,
Sous le ciel gris ça rend aigri,
A Paris on dit que tous les chats sont gris,
Dans leur petit costume cravate,
J’ai envie de distribuer les coups de savate,
Y a pas idées de vivre comme ça pour un plus gros salaire,
Dans le sud ce qui compte c’est le sel et l’air de la mer,
Et là-dedans je sens que de l’amer,
Des esprits amaigris par ces boîtes à sardines,
On bosse on s’écrase et on dîne,
Mettez ce monde en sourdine,
Je me casse au plus vite,
Le décor à 320 par la vitre,
Retour dans l’univers qui m’abrite…

23/06/10

mercredi 23 juin 2010

Cuite nationale

Et bien la revoilà, la bonne vieille gueule de bois… Impossible de sortir du plumard, la tronche en vrac avec le marteau piqueur à l’intérieur, la mémoire qui se dilue, le patron qui harcèle mon répondeur, et le monde qui continue sa route comme si de rien n’était…
Finalement mon cadavre se plonge sous la douche, ne change rien à mon état, pas de résurrection, le petit dej est fini depuis des lustres, le déjeuner reste dans son assiette, sieste dans un petit parc ombragé, la force revient péniblement, il faut quand même aller faire acte de présence au turbin…
Mon collègue compatit à mon visage ravagé, explique que la fête de la musique à Panam se termine souvent en dérapage, voilà pourquoi il l’évité dorénavant… Certes je lui concède, mais n’étant pas de ce patelin et n’ayant pas l’intention d’y revenir chaque année à la même période, je passe… L’énergie ne reviendra décidément pas…
Finalement, fait oublié et totalement inexistant de mon univers, l’équipe de France de football joue son troisième et dernier match de la coupe du monde… L’excitation dans le bureau m’aide à me faire discret, tout le monde a les yeux collés sur son écran et éclate de rire à chaque but encaissé… Le moral de la France est au plus bas… Les milliardaires en short se font insulter, mais ne perdent pas leur fortune… Ils renonceront tout de même à leur prime sponsor… On continue à se foutre de la gueule du français moyen… Les choses empirent mais ne changent guère… Vivement la guerre…

22/06/10

mardi 22 juin 2010

Le fait de la muse… hic !

Ça commençait doucement sur un air de clarinette et de quelques violons. La foule remplissait un peu plus les rues à chaque nouvelle note. Une petite bière entre potes et puis l’apéro accompagne le rythme plus énergique. Trois chips, deux bretzels et un mini fût et la lumière fut. Promenade de mots dits en maudits. La batucada démarre et ne semble pas prête de s’arrêter un jour. Le cœur s’accélère. Les verres deviennent sévères. Zigzags avec mes compères que je trouve et perds. Une belle paire de trois au gosier peu étroit et adroit dans la descente. Tends-moi cette clope que je la sente. Une odeur qui recentre mais des gestes qui se restreignent. La danse reste tienne mais la chance est la mienne. Rencontres culturelles. Je bâtis mon mur du savoir sans truelle, sans tutelle et m’exclame à tue-tête. Je ne saurais plus quand je quittais la fête ni comment je suis rentré à bon port pour m’effronder sur le pieu comme un porc. Paris m’a offert une belle partie, dans deux jours je serais reparti pour un retour dans le pastis. Décidément le temps passe vite…

21/06/10

lundi 21 juin 2010

Car l’os

Viva la revolution ! Qu’entends-je ? Le glas sonne… j’en frisonne, complètement frit, une nouvelle fois. Le teint jaune, il me faut un nouveau foie. J’ai cru trouver la porte d’échappatoire du désespoir mais je me suis gouré. Englué… Il n’y a que les armes qui pourront me sauver. Si je ne peux plus bouger alors je me ferais péter… qui sait ce que j’aurais été si j’avais passé l’été ?
Il est temps de porter le béret révolutionnaire, j’y ferais honneur et je serais fier. Dans la marrée humaine je serais une pierre. Avec ou sans ricochet je déclencherais d’abord des vaguelettes qui grandiront et grandiront jusqu’à devenir une immense vague qui viendra emporter les gouvernements pollués avant de se briser sur la montagne de la raison.
Les idées renaitront lentement mais plus sereinement. Les océans reprendront vie. Le ciel s’éclaircira, le bruit se dissipera et enfin on verra… Fini la vie de rats… C’est ce qui arrive quand tout dérape…

20/06/10

dimanche 20 juin 2010

Métastases de chattes au fort

Couper des fruits comme un ninja,
Tripper sur Mars comme sous Gandja,
Salsa et capoeira et qui boira aboiera,
Alors sers moi du lourd qui me déboisera,
Ras des déboires sous les étoiles grisantes,
Je calotte les cloches dans la nuit électrisante,
Electron libre érectile ravi de l’éclairci,
Est-ce clair si je dis que je veux le monde à ma merci,
Fini le sursis sur ce site qui incite à l’illicite si vite,
Une rivière de civières sévères et si fières de montrer l’enfer,
Armure en fer blanche et rouge qui sait comment faire,
Sans commentaire sous terre terrifié,
Sans reste d’illusion plus rien à vérifier,
La vérité mystifiée devient un mythe sans mérite,
Plus un rite qui irrite qu’une place forte qui abrite,
Y a qu’une porte sans pourtours portant une tour,
Invisible, invincible, cible de pauvres vautours,
Au loin des veaux aux aveux prononcent leur dernier vœux,
C’est très pro, sans accroc, on obtient ce qu’on veut,
Et ce qu’on veut on le peut alors on a plus peur…

19/06/10

samedi 19 juin 2010

Le fait de pas nier

C’est la fête du panier, me voilà pris la main dans le sac… ça repart en rhum, l’ambiance est chaude mais on s’enrhume… Sandwich brochette avec la dose d’harissa, ça réveille ça, vive l’épicé, épicentre en fusion, intrusion fumante de solides et de liquides, j’aurais pas l’estomac aride, mais l’abus donne des rides et fait gonfler le bide comme le dude… Lebowskien dans l’âme et le corps, d’accord dans le zen, désaccord dans la raison, ce soir ça manque de raisin mais le punch pousse à l’oubli, dans la tête c’est le fourbi, la musique rend sourd, étourdie, et tout tourne, plus personne comprend ce que je dis, l’articulation d’un cul en relaxation, coliques verbales, quolibets mentaux, faudrait foutre mon cerveau dans un manteau, le réchauffer par un mentor, retrouver la confiance assassinée par les menteurs, alors je reprends un mojito plein de menthe, c’est la bonne heure, on se demande plus où se trouve le bonheur, on en a plein la bouche, plein la souche, je suis complètement plein quand je me couche, raide comme une mouche sous raid, c’est louche, d’être saoule m’aide… du moins jusqu’au lendemain, où on regarde dans le creux de sa main, et qu’y a plus rien, mal aux reins, plus d’air hautain, plus de fraicheur dans le teint, odeur de mort et de thym, je suis plus Hadock que Tintin, et enfin la réflexion s’éteint…

18/06/10

vendredi 18 juin 2010

Ma sage

Lorsque je vis la belle blondie, mon cœur bondit et se dit : « je déroberais son âme tel un bandit » pardi.
Mais la femme nous maudit et les mots dits partirent dans les cages de l’enfer et y restèrent enfermés.
J’aurais du devenir fermier, ferrer des chevaux, au moins ça vaut ce que ça vaut et c’est mieux que des veaux.
Je m’y serais dévoué de toute mon énergie, les nerfs dénoués par magie, oh oui, j’aurais agit.
Au lieu de ça je m’agite, me bats pour le couvert et le gîte, et vénère mon chat comme en Égypte.
L’esprit combattant m’a quitté, je contemple le monde qui ne pourra jamais s’acquitter.
On cause encore équité, mais j’y crois plus, il a trop plu et la crue a tout emporté.
Si on devait faire mon portrait et celui de l’humanité, ce serait un porc trait pour trait.
Et pourtant de temps en temps on voit des lueurs d’espoir, des bonnes poires qu’on a la pomme.
Si on fait la somme bonheur plus malheur, le résultat brise les leurres, et sonne l’heure de la fin.
La leur, celle des gars en haut de la pyramide qui passent leur temps à nous chier dessus.
Les gonzes regardent en bas et voient que de la merde, je regarde en haut et vois que des trous du cul.
Si on remettait tous les pieds sur terre y aurait qu’eux pour se sentir tomber d’un niveau.
C’est pas nouveau et c’est pour ça que rien ne change, la diète est dure quand les autres mangent.
Alors il ne reste que la dérision, c’est la seule bonne décision et je la salue sans appréhension.
Après attention, ce n’est surement pas la solution, mais c’est la mienne et j’en perds pas une miette.
D’ici quelques misères je pourrais sans doute me remplir une assiette pour accompagner mon pastis.
Ensuite que se passe-t-il ? Un passe-partout pour une île ? Continue, mets de l’huile…

17/06/10

jeudi 17 juin 2010

Du tout au rien en un tour de reins

Attention à la tentation… Mouvements de rotation… Retour dans le tunnel, la lumière disparaît au loin, à ce qu’il paraît il fallait en prendre soin… Pas la peine d’en faire un foin, au fond c’est tout du pareil au même, myrtilles et salsepareille, amène ton sac pour le remplir… Les jambes se plient sous le poids écrasant de la légèreté d’esprit… Pris la main dans la poche, pas de reproches, mais la tension s’approche… Qui s’est mis à compter les secondes écoulées depuis qu’on l’a vraiment écouté ? Il fut un temps où l’on savait compter, mais des problèmes restaient irrésolus et insolvables, face à ce mur d’incompréhension il était difficile de toucher la réalité de plus près. Alors on continuait à réfléchir, prenant des détours, des retours et goutant l’impossible un peu plus chaque jour.
Et puis finalement, un arabe s’est pointé les mains vides mais remplies de solutions. Il dessina un cercle et donna sa valeur à tous ceux qui cherchaient sans jamais rien trouver. Ce cercle n’a aucune valeur. Il représente cette même valeur. Il est ce qui n’est pas. Sans début et sans fin. Voilà, je vous laisse sans rien et pourtant avec tout car j’ai faim.
A partir de ce simple cercle sans la moindre valeur le monde commença à se transformer. La solution à tous ces problèmes passait par ce cercle. Un O rayer qui a réveillé tout le monde. Ce qui avait paru incompréhensible, infaisable, inexplicable, presque magique, ne dépendait que d’un rien. Sans ce rien, il n’y avait rien. Avec lui, l’infini fut.
On pourrait y chercher une morale mais sa signification serait affolante, alors on oublie et on continue. Ce que l’on ne comprend pas aujourd’hui dépend peut-être de quelque chose qui vaut moins que rien ou plus que tout, mais il est si difficile de rajouter un élément inconnu dans ce que l’on ne parvient pas à comprendre avec nos valeurs actuelles que l’on s’obstine avec la même méthode idiote et bornée. A quand la prochaine révélation ? Où se cache le gars qui détient cet élément indispensable à la compréhension et que l’on refuse de voir ? On t’attend l’ami, prends ton temps, mais lorsque le moment sera venu, montre-toi et ouvre nous les yeux, j’en ai marre de ces œillères…

16/06/10

mercredi 16 juin 2010

Lape lui du jour

Plic…
Ploc…
Voilà comment ça commence… Une petite goutte minable… puis une seconde… et d’un coup ça part en apocalypse… Rythme de batucada endiablé sur mon casque, les jambes fouettées avec violence par de simples gouttes d’eau… Les habits imbibent doucement le liquide… Et soudain, l’horreur de l’hiver oublié revient me glacer les os… La chemise totalement trempée se colle à mon torse… Les membres se refroidissent à une vitesse ahurissante, la tête tourne, les mains se flétrissent, les jambes serrent le réservoir en quête d’une once de chaleur, les pieds se dissolvent, la nuque se frise, impossible de tourner la tronche, raide comme un ballet brosse, les dents commencent à claquer, l’esprit tente de s’éloigner vers un lieu plus estival composé de palmiers et d’une plage de sable fin battu par le soleil, mais rien y fait, la chemise se décolle, laisse une courte pause pour l’inspiration puis revient se coller plus agressivement et plus froidement qu’à l’instant d’avant, la fin du voyage n’arrivera jamais, le temps se ralenti, la route crache des torrents de toutes parts et attendant l’inclinaison trop prononcée pour m’emmener dans un ailleurs plus froid encore, les aiguilles d’eau se plantent de plus en plus sur mes cuisses, fakir non consentant je serre les dents entre deux claquements, la peur n’a même pas sa place dans cette enfer de glace, le cerveau n’arrive plus à gérer l’extérieur, il subit les douleurs du corps, il ne peut s’en échapper, il cherche une porte de sortie mais il n’y a que la route dégoulinante, motard perdu dans l’anonymat solitaire de son avancée désespérée vers là-bas, quelque part devant, toujours devant, regarder au loin, se concentrer, oublier, prendre une patiente indomptable, se moquer du temps, se moquer du climat, du jeu de la nature, salutations à toi grand-mère nature, aujourd’hui tu me pisses dessus rit de ma condition misérable et volontaire, alors je ris avec toi, le respect face à ta force est inévitable, tu montres une nouvelle fois que c’est toi qui domine, et que nous ne sommes rien, de pauvres grains de sable portés dans tes bras vers où bon te semblera, là-bas, au loin devant…
Suis-je arrivé un jour ? Sans doute, la nuit tombe, je suis couché, l’eau me caresse encore les os, la mâchoire est douloureuse d’avoir tant claqué, le cœur retrouve lentement un rythme plus calme, la journée s’efface, une autre prendra bientôt sa place…

15/06/10

mardi 15 juin 2010

L’âne hiver serre

C’est son anniversaire, comme chaque année, encore, mais à quoi ça sert ? Le gars est trentenaire et bosse chez les militaires. Avec nos partenaires, on reste solidaire, et le moins solitaire possible. Pas envie de servir de cible. Bosser dans l’armement, c’est alarmant mais heureusement le gars joue la carte du mec charmant. Les demoiselles apprécient et ne lui disent pas d’arrêter son char. Avec l’âge ça ira qu’en s’améliorant. Un vrai prince d’Orient en occident. Les petits africains vont s’en prendre plein les dents. Décadent. Le cadre des cadres est de plus en plus décevant. Utiliser ses compétences pour la France, aujourd’hui relève de l’indécence. Mes sens en effervescence, je voudrais que tout ça change de direction et de sens. Mais c’est mal barré. Le seul moyen de nettoyer son âme c’est l’arrêt. Mais alors ça devient la galère, mauvaise humeur, l’ère de la gale. Y a vraiment que les ordures qui se régalent sans égal. A quand la balle au centre et le nouveau départ ? N’est-il pas déjà trop tard ? Le système n’est plus un petit têtard. Mais un gros crapaud plein de tares…

14/06/10

lundi 14 juin 2010

Bas là dans mots tôt

Le Verdon, un véritable don vert. Lac turquoise. Forêt d’émeraudes. Quelques touristes rodent. Les motards se saluent dans les courbes hypnotiques. Le soleil illumine ce paradis. Trois euros le pastis et j’ai pas un radis. Bandes de radins. Les villages merveilleux ressemblent de plus en plus à Disney Land mais sans attraction. Vivant l’été et endormi l’hiver. La nature dort sur son lit vert avant de brûler sous la canicule. Marche effrénée sur les rochers à s’en péter les clavicules. Un marché bio par-ci, trois cafés par-là. On roule au milieu d’un triste bitume qui se déroule. Premiers pas de la foule avant la folie d’Août. Profitons avant que ce lieu soit out. Ensuite on attendra en se saoulant. Le temps passera soit vite soit lentement. Le gardien du sablier s’amuse bêtement. Des humains ou des bêtes, ça perfore l’entendement. La différence se trouve dans les enterrements. Penser à ses morts avec entêtement. On boit la mémoire en tétant. Jamais assez même quand en a tant. Tu veux en ramasser sinon tu attends. Tu te retrouves essoufflé et haletant. Alors relaxe, t’as le temps. Et si c’est pas le cas, et bien tant pis. On ne regrette plus rien après le tapis. Ceux qui restent souffrent. Ceux qui partent se marrent. On ne revient plus au port dès qu’on lâche les amarres. Après on fait tous parti de la grande mare. Alors profitons du don vert…

13/06/10

dimanche 13 juin 2010

Mets queue ce pastis ?

Désenchantement sans mélodie en éveil,
Les appels au secours sont restés sans réponse et sans oreille,
L’écœurement mental devient physique,
Envie de vomir sur le temps psychique,
Mais le salaud s’enfuit en prenant soin,
De regarder ses cochonneries de loin,
Alors on contemple impuissant le passé,
On s’en goinfre sans en avoir jamais assez,
Changez vos meubles pour oublier,
Le futur saura vous séparer ou vous lier,
Alors ça cherche à quitter l’ancien,
Mais impossible de couper les liens,
L’histoire fait ce que nous sommes,
Erreurs et réussites donne la somme,
De ta personnalité,
Alors personne alitée ?
Bienvenue dans l’immoralité,
Humeur de café, moral au thé,
Mort fécale, maux et râles ôtés.

12/06/10

samedi 12 juin 2010

Fit l’eau zoo fi

La philosophie du grain de sable. L’énorme machine est fait de minuscules mécanismes dont certains très complexes. Un simple grain de sable peut avec le temps, placé au bon endroit, détraquer la machine. J’ai trouvé ma voie, maintenant il s’agit de trouver le lieu, l’effet et ses conséquences. Je resterais sans voix jusqu’à ce moment, mais lorsque j’aurais trouvé, je braillerais de toutes mes cordes vocales rouillées. Observateur silencieux. Un grain de sable perdu parmi tant d’autres sur une plage oppressée. Attendant que le vent me porte là où ma fonction primaire se transformera en étape majeure de l’univers. Un caillou s’écrase sur Terre, des débris s’envolent dans l’espace immense, un amas se forme, une sphère apparaît et tourne tranquillement autour de sa mère, les océans la salueront jusqu’à sa disparition. Un grain de sable dans l’univers, exactement au bon endroit dans l’infini, et la nature évolue. Dans un univers plus petit, un grain de sable plus petit peut faire changer les marées. Nous marcherons tous ensemble vers l’avant puis vers l’arrière sur une mélodie joyeuse, la plage dansera avec le vent.
La dent sait belle. Les maux s’en mêlent et les mots s’emmêlent. L’étanche ange à l’orgeat tend… Ah l’or Jah temps… Et jactant… Ejac’ tant… en corps long tend…

11/06/10

vendredi 11 juin 2010

Il eut Zion

J’assiste à la convention du geek. Je découvre leurs plans sadiques. Un geek, ça bosse, ça dîne et ça se dandine. Mais jamais ça pionce. Le lit pour eux c’est des ronces. Le repos sent le rance. L’ordinateur fout en transe. Voilà les futurs orateurs de la France. Faut pas leur parler du monde. L’avenir c’est le virtuel. Les réalistes vivront dans des tunnels. What the hell ? L’informatique ça tue. Collés au clavier jusqu’à ce qu’il sature. Mais il n’est pas trop tard pour tous les envoyer sur Saturne. Il faut que le cycle de l’évolution se retourne. On repart un peu en arrière, on voit le chemin vers ce futur et on le contourne. L’herbe sera plus verte là-bas. Les gens seront plus sympas. Tristes quand on les sépare. Parce que là-bas y a pas de facebook. La vie est vraie même si c’est le souk. On efface pas un homme mais juste ses avatars. Alors retournons en arrière, j’ai regardé y a pas de barrières. On recule, et on change de route. Ce sera forcément mieux, y a pas de doute. Alors suivez-moi, c’est par-là. C’est écrit sur le papelard. On va prendre notre panard, peinard. Bienvenue dans le monde réel…

10/06/10

jeudi 10 juin 2010

L’âme en tension

On était pas vingt, mais on buvait du vin,
Et puis un jour vint, le temps des sapins,
Mon ami m’a dit : « ça pue, ça pue »,
Moi j’ai répondu que ça pourrait être pire,
En plein été quand je transpire, ça puire…
Alors on s’hydrate au picrate,
On fait les hypocrites quand on nous traite d’alcooliques,
On bouffe épicé pour donner soif et des coliques,
Rhum et pinard en collocation dans mon foie,
C’est bon pour la foi à chaque fois,
Merci à rhésus pour son sang,
Je ressuscite chaque soir mais pas sans,
Sinon c’est plutôt les cent pas en rond,
Les méninges qui se déroulent,
Le ménage dans la tête défoule,
Allez-y, dites qu’on est des fous,
Mais seulement quand la boisson fait défaut,
Les piliers sobres se sont des faux,
Je t’enverrais tout ça à l’échafaud,
A froid comme à chaud,
A poil dans un sot dans un show,
C’est la chute vers le haut dans un sens,
L’inconscience d’un verre d’eau qui tue,
Départ pour la verve d’une biture,
On s’habitue mieux au liquide qu’au dur,
Dedans tout devient limpide,
Dehors tout insipide,
Alors on reste ainsi,
Et ce n’est pas stupide comme tu dis,
Observe, goûte et étudie.

09/06/10

mercredi 9 juin 2010

Faut, est-ce poire ?

« Paris, Paris, ha t’as voulu voir Paris ?!
- Ben non, j’ai rien demandé, moi…
- Et ben tu vas la voir Paris. Et pis t’as intérêt à te faire plaisir. Faudra pas geindre, ça sert à que dalle de geindre. Alors tu vas visiter. C’est joli comme patelin, tu verras.
- Mais j’aurais jamais le temps de visiter, je vais creuser, tu te rappelles ?
- Mais tu vas la fermer ? T’es pas encore parti que tu commences déjà avec de la jactance toute négative. C’est propre ça comme comportement ? Tu veux que je t’en colle une direct ? J’ai dit pas râleries. Alors tu mets ton plus beau moral, tu fais ta valoche, et tu parts pépère…
- Ben j’ai pas le choix de toute façon. Et pis je vais y aller en courant non plus. T’as vu la chaleur qui fait chez nous ? Par contre c’est sûr que là bas je vais galoper comme une petite jouvencelle. Faudra suivre le rythme de la foule. Au trot, tout le long, deux jours intensifs, avec la petite pause du soir pour se remettre la masse cérébrale à la bonne place, l’imbiber de bonne humeur, la faire chanter, la faire rayonner de tous les côtés. En fait je sens je vais me faire plaisir. Je vais voir du nouvel horizon, c’est bien ça, les nouveaux horizons. Et y aura aussi des nouvelles ganaches, donc des nouvelles idées, des concepts, des perceptions, de la variété. Moi, j’aime bien ça la variété. Ha, ça y est je suis au taquet. Je sens toute les bonnes vibrations qui montent de partout dans mes muscles. Aller, c’est parti, j’y vais. Excellent !
- Ho, doucement… Mais regarde-toi comme tu t’excites comme une puce dans un cirque. T’es pas bien ? Tu vas pas résister longtemps au pays de la ruminance. Y aura des gens c’est vrai, mais y aura pas de joie. Elle est interdite la joie là-bas. C’est condamnable par la loi. Ils vont te foutre dans un cachot pendant dix jours si tu te pointes avec cette énergie. Je le sens pas du tout ce voyage en fait. Tu devrais peut-être annuler. Appelle le boss, dis lui que tu viens chopper un sale truc. Une maladie tropicale contagieuse qui t’empêche de te déplacer. Repose ce sac. Va t’allonger cinq minutes. Faut réfléchir là. J’aime pas quand tu te mets dans des états pareils. Et c’est moi qui ramasse les morceaux après. Alors va t’allonger. Respire à fond…
- Non, mais ça va bien, franchement.
- Oh, putain, t’entends la voix que t’as ? C’est pas normal. Tu couves un truc, c’est pas bon du tout. Tu vas me claquer dans les pattes. Je le vois venir. C’est pas bon du tout… pas du tout…
- La voix ? La voix que j’ai ? Non, mais là tu pousses le bouchon. Je te rappelle que tu crèches dans ma tronche. Alors si t’es pas content tu te casses. Je t’ai pas forcé à t’installer là. Si le décor ne plaît pas à monsieur, il peut aller se trouver une autre tête. Moi j’ai la grande forme. Je veux voir Paris, oh oui, je vais voir Paris.
- Non mais on aura tout entendu. Tu m’as pas forcé ? J’espère tu te fous de ma gueule. Parce que si je suis là c’est parce que t’étais qu’une pauvre merde sur un trottoir quand j’ai eu pitié et que je suis venu t’aider. Mais je vois qu’on oublie vite. Tu me rappelleras quand tu seras encore au plus mal. Et ça va pas tarder. Je le vois dans ton dedans. C’est tout pourri. Ça sent pas bon. T’es gangréné de l’espérance mon pauvre. Y a plus aucune chance que tu t’en sortes. Tu sais quoi, je me casse. T’as gagné. Va crever tout seul dans ta capitale de minables et surtout n’essaie pas de me rappeler. T’es tout seul mon gros et tu vas le rester jusqu’à ce qu’on retrouve ton cadavre desséché dans une ruelle moite. Adieu, et je vais pas te dire qu’on a passé de bons moments. C’était l’enfer. Depuis le début c’est l’enfer. Alors meurs lentement et en souffrant, charogne. Je me casse…
- Oh, putain. Ça va moins bien d’un coup. Tu m’as encore bousillé la motivation. C’est toi qui devrais crever dans une ruelle obscure. Ah, c’est sympa de m’abandonner maintenant. Je m’en rappellerais. Tu n’as jamais eu de cœur de toute façon. Bon vent mon salaud… Et à bientôt… »

08/06/10

mardi 8 juin 2010

Et l’un dit

Mets ton t-shirt capitaine. Va falloir suer aujourd’hui. Je veux pas voir de pieds traîner. Je veux voir du sourire plein le visage. Je veux de la pêche plein les veines. Alors on se remue, mets ton t-shirt capitaine.
C’est pas si mal, une demi-heure pour ouvrir les yeux. C’est pas si mal. Mais maintenant tu te lève et tu mets ton t-shirt capitaine. C’est une bien belle journée quoi t’attend. Elle est prête depuis des lustres, elle attend plus que toi. Alors vas-y, émerge. Je te vois en train de te dire qu’y a rien qui urge. Mais c’est pas quand tu serras trois pieds sous terre que tu pourras te lever. Alors vas-y mets ton t-shirt capitaine.
Je sais, trois pieds c’est moins qu’avant. Même les morts ont plus le droit au respect. Les vivants ont plus la force. Alors on creuse que trois pieds. Et c’est déjà pas si mal… Imagine dans cent ans… On te laissera à même le sol. En plus le sol devient de plus en plus dur, alors t’as qu’à le creuser toi-même ton trou…
Je sais, c’est l’impression que t’as tous les jours. Tu creuses. Tu creuses. Le blondin avait pas tort, y a deux catégories et t’es pas dans la bonne… Mais comme tu pourras jamais changer, mieux vaut t’y faire… Alors tu la fermes, tu mets ton t-shirt capitaine et tu creuses. Comme tous les jours, pendant les misérables années qui te restent. Parce que ça va pas être resplendissant, je te l’annonce. Y aura rien de fantastique, mais de temps en temps, si… Je peux pas te dire quoi, mais de temps en temps ce sera le paradis. Et du coup mon con, juste pour ces petits moments si rares, tu vas continuer à creuser et à mouiller le maillot. C’est ça la vie… C’est ça ta vie…
Ouais, je sais, elle est sale ta vie…

07/06/10

lundi 7 juin 2010

Hey, dis manche

Et bien il l’a belle l’autre feignasse qu’a bosser six jours et qui s’est pris une pause le septième. Et notre magnifique société qui nous offre le droit de faire la même chose. Mon cul, oui. Parce que c’est pas moi qui ai le droit de me reposer en cette superbe journée ensoleillée. La semaine, on nous fait trimer comme des cons, on rentre à point d’heure. On picole pour avoir l’énergie de repartir le lendemain faire le même processus nihiliste et du coup on a pas le temps de faire autre chose. Et voilà que débarque le dimanche. Repos. Je t’en foutrais moi du repos. Esclavage personnel. Nettoyage de sol. Nettoyage de chiottes. Nettoyage de vaisselle. Et quand tu peux enfin respirer, le soleil se fout de ta gueule et part se pieuter. Alors, ça repart déjà. Une bouteille de rosé, un couscous. Une autre bouteille. Et on va crève tranquillement dans son lit en espérant avoir la force de se bouger le cul le lendemain. Le lendemain… Putain, déjà… Faudra plus de bouteilles cette semaine… Voilà au moins une certitude… Je m’endors réconforté… C’est toujours ça de gagné…

06/06/10

dimanche 6 juin 2010

Comptine puis condor

Petite fête entre amis et connaissances. Une trentaine de personnes en tout. Les boissons descendent à allure régulière sans précipitation. Après quelques heures la plupart des invités se sont plus ou moins croisés en lançant deux trois paroles communes. Des groupes se forment tout de même sur des tons différents. Enfin Carlos, barbu d’un bon mètre quatre vingt dix, voix qui porte et regard convivial se dirige au milieu de la terrasse et commence ainsi : « mesdemoiselles, mesdames et messieurs, veuillez porter toute votre attention durant un bref instant vers moi, je vous prie… C’est bon, tout le monde m’entend correctement ?
Très bien…
J’ai donc une petite activité à proposer pour relaxer les esprits. Ce n’est ni très long, ni un gros effort, mais les résultats sont extrêmement bénéfiques pour la communauté. Je vais citer une série de noms parmi vous. Lorsque vous entendrez votre nom, je vous prierais de vous mettre en file indienne face à moi. Ceux qui n’auront pas été cité auront deux possibilités. Soit vous vous mettez en file indienne à gauche de la file des élus. Soit vous continuez à vaquer à vos occupations sans vous occupez du pourquoi et du comment. Par contre vous ne pourrez pas revenir sur votre décision. Alors réfléchissez un minimum sans non plus vous brûler un neurone. Est-ce que tout le monde à bien compris ? ».
La petite foule acquiesce pleine d’interrogations.
« Parfait, alors voici la liste des élus.
Yvan…
Serge…
Béatrice…
Pascal…
Ju…
Pierre…
Et Louise…
Voilà, en ligne. Merci. Inutile de continuer à jacter, vos pouvez fermer vos clapets. Je sais à quel cela doit être dur pour vous, mais ce ne sera pas très long.
Pour les autres, ceux qui le souhaitent peuvent se mettre dans la seconde file. Mais rappelez-vous, si vous n’y êtes pas, vous ne pourrez plus y entrer…
Allez, on se décide…
Voilà, c’est bon. Tout le monde est bien sûr ? Par contre la file des non élus, si vous pouviez reculer jusque derrière la fin de la première file. Voilà, encore un peu… Parfait…
Maintenant, je demanderais aux élus de fixer un point loin devant vous. Vous ne devez plus bouger. La tête bien droite. Les bras le long du corps. La bouche close. Respirez calmement…
Je vais me mettre devant la seconde file. Je vais alors commencer la séance relaxative. Vous devez me suivre de près et faire la même chose que moi. L’important est de conserver le rythme jusqu’au bout…
Pour ceux qui ne me voient pas, faites comme votre voisin de devant. Et surtout gardez le rythme, c’est très important pour le bon déroulement de l’opération…
Et surtout, ne vous posez pas de questions. Il vous suffit de copier le mouvement sans réfléchir. La moindre interrogation pourrait être désastreuse. Alors soyez attentif et laissez agir votre corps. Eloignez votre esprit quelques instants et tout se passera à merveille…
Vous êtes tous près ? Elus, on regarde devant soit… On respire et surtout on ne bouge pas…
Alors c’est parti… »
Carlos décroche une énorme baffe sur la nuque de Louise, la dernière de la file de élus, puis avance d’un pas et reproduit le geste avec Pierre, et ainsi de suite jusqu’à Yvan, le premier de la file. Les non élus semblent d’abord surpris pas la violence du clac sur ces nuques fraichement ouvertes mais sans réfléchir commencent à suivre le mouvement en rythme. Une sorte de musique simpliste faite de clac et de cris prend place. Les élus n’ont pas le temps de réagir et dès que l’horrible vérité se prépare dans leur cerveau une autre baffe tombe et coupe les flots des pensées. Dix huit baffes pour chaque élu en quelques secondes. Ceux restés à l’écart regardent avec effarement la scène. Certains regrettent de ne pas être entrés dans la file des claqueurs. Tous les élus sont choqués, totalement amorphe, incapable de comprendre ce qui est arrivé, la nuque rouge brulante, le cerveau bloqué, le regard vide.
Carlos retourne au centre de la terrasse : « Voilà mesdemoiselles, mesdames et messieurs, c’était l’instant de relaxation ultime. Le calottage des cons. Car il y a en effet environ 20% de cons dans chaque groupe d’individus. Ces cons occupent souvent la majorité des conversations. Dirigent les dialogues sur des thèmes qui n’intéressent pas grand monde autres qu’eux-mêmes. Les autres subissent, au fond d’eux se forme une sorte de boule d’ennui qui se transforme bientôt en haine, puis en colère et finalement en rage avant d’exploser. Parfois des années plus tard, sur une personne innocente le plus souvent…
Cet exercice permet donc à chacun de nous d’extérioriser cette réserve de pus et de repartir totalement serein. Les cons, eux, prennent enfin conscience de leur état et pourront enfin commencer à vouloir corriger ce défaut. Le souvenir rougeoyant sur leur nuque leur rappellera pendant longtemps qu’ils ont été nocifs à beaucoup de monde et qu’il faut rattraper ce temps gâché…
De même pour les claqueurs, rappelez-vous ce soir, et méditez également sur votre conduite envers autrui, car il est toujours possible qu’un jour, vous soyez dans l’autre file…
Merci à tous pour votre participation, vous pouvez reprendre où vous en étiez avant que je ne vous interrompe. Une bonne soirée à tous ! »

05/06/10

samedi 5 juin 2010

Faits de no, aïe

Festival du soleil, la fête pour peu d’oseille, rhum, punch et ti-punch maison pour deux misérables euros, de quoi être rapidement heureux, après quatre heures, le soleil se couche, la vision louche, la foule se resserre, l’atmosphère est sincère, la chaleur humaine se mêle à la moiteur de la fin du printemps, culture du melting-pot marseillais, ambiances musicales riches et variées, pas de flics ou de présences avariés, de haut en bas on se fait charrier par les vagues d’êtres saoules, damoiseaux sans dessus, demoiselles sans dessous, les sound systèmes donnent les thèmes, les couples se lancent des je t’aime, les barbecues frémissent et crachent leur graisse peu saine qui sauve, sandwich merguez harissa, punch, punch, on plonge, replonge, punch, ça pousse, la gravité est partie se pieuter, les jambes n’ont plus besoin de forcer pour nous tenir debout, c’est la magie qui s’en occupe, science occulte de l’alcool massif d’une masse unie, il fait jour quand le monde se replie dans le calme, alors Newton reprend le dessus, personne n’est déçu, il faudra plus d’une matinée pour qu’on dessaoule, une après-midi pour retrouver ses esprits et ensuite ce sera reparti avec autant de répartie.

04/06/10

vendredi 4 juin 2010

Un père t’y nuance

J’ai perdu mon clan, perdu de vue mon crew,
A présent je manque de cran, un boulon sans écrou,
Je vaux plus un clou, un esquimau sans iglou,
Y a plus de tête sur mon cou, évaporé d’un coup,
Une biroute sans gland c’est moins grand,
Un bivouac sans feu ça fout le camp en l’air,
C’est une biture sans alcool qui dure,
Une ambivalence de deux similarités,
Impossible de l’arrêter ou de la démarrer,
Elle reste à l’arrêt dans le mouvement,
Descend en se soulevant,
Durcie dans du solvant,
Un sol qui vol au vent,
Le ciel en support,
L’essentiel du futile,
Un futal plein de vide,
Le zéro de l’infini,
Le positif du nihilisme,
Le tout dans le rien,
La toue dans les reins,
L’atout dans l’ère, hein ?
La roue dans l’éteint,
Une lumière s’est éteinte,
J’hume l’air ça éreinte,
Ça me ruinte,
Ça suinte,
Alors je souffle.

03/06/10

jeudi 3 juin 2010

Le char bon de l’eau co-motive

Il court, il court le petit gars, le petit salarié de sale boîte, il passe vite fait par ci, et repassera aussi vite par là, c’est la course contre la montre, plus le temps de vivre, ni de survivre d’ailleurs, il suit simplement le courant du temps le pauvre gars pas malheureux mais pas heureux non plus. Une âme qui flotte entre deux univers. Ni vivant, ni mort, il est et c’est tout. C’est déjà pas mal d’ailleurs. Un rouage. Un petit rouage pas particulièrement vital pour le système. Une sorte de pièce en rabe qui sert à pas grand-chose. Mais qui sert quand même. Une pièce de tuning du monde. Une fausse prise d’air sur le capot de la société. Alors on la laisse posée cette pièce mais le jour où on se lasse, on tire un coup et ça dégage. Dès le lendemain personne se rappellera qu’il était là. Parce qu’il ne peut pas laisser de souvenirs mémorables. Il sert à que dalle. Il ne modifie rien au mouvement de roue. Alors il s’oublie vite le gars. Il se remplace facilement. Parce que les pièces comme lui, y en a toute une panoplie dehors.
Le petit gars aurait voulait être plus. Il s’en fou qu’on l’oublie mais il aurait aimé avoir une meilleure prise sur l’existence. Parce que courir c’est bon pour la santé, mais courir vers rien, dans le vide, ça démotive. Un passager de locomotive plutôt qu’un morceau de charbon. C’est ça, il aurait voulu être charbon. Se consumer pour donner la force à la machine d’avancer. Même un tout petit peu. Juste un petit peu. Un simple charbon pas mémorable mais essentiel.
Tant pis, c’est ça la pseudo vie. On veut être charbon et on est juste client sans tune, viré au premier contrôle, jeté sur la chaussée. Le petit gars s’usera alors lentement par l’érosion. Et du coup le temps passera moins vite et peut-être qu’un jour il sera trouvé par une autre âme en ballade et que leur union donnera une petite barque qui disparaitra sereinement sur l’océan.

02/06/10

mercredi 2 juin 2010

Livre aux gneux

Et bien oui, l’alcool se digère moins bien en bossant. La moindre cuite se passe mal. Le lendemain est bien plus difficile que lors de jours sans boulot. Sans doute à cause de ce sale prétexte d’arriver à l’heure. De plus il n’existe pas de lois autorisant le malheureux salarié à ne pas se présenter le matin en cas de gueule de bois. Pourtant nos ministres sont sans aucun doute de bons buveurs. Alors quelle est la raison de cette erreur judiciaire ? J’ai beau réfléchir et la seule réponse valable semble être le complot international. Il n’y a pas écrit « boire tue » ou « boire peut nuire à la santé » sur les bouteilles. Donc l’alcool est bon pour la santé et le moral. Mais il faut quand même aller travailler la face enfarinée à l’heure habituelle. Si vous avez la grippe on ne vous demande pas de venir. Si vous faites un gamin on vous donne des jours de vacances à tour de bras. Mais si jamais vous contribuez au commerce du pinard de notre beau pays vinicole, vous n’avez pas d’excuses. Aucun professeur ne semble travailler sur la pilule miracle du lendemain de picole. Personne n’en parle. On se demande même si la gueule de bois existe en semaine.
C’est évident, il y a complot. On nous fait taire. Je sens déjà les futures menaces de mort sur ma tête ou mon foie dès la publication de ce misérable texte sans prétention. Alors observez. Jugez par vous-même. Et déduisez-en la triste leçon de notre société surproductrice.
Ce soir, je boirais plus pour oublier cette édifiante réalité. Demain, j’irais encore au taf dans le pire des états et mes collègues me diront que j’ai une sale mine sans oser savoir pourquoi. Mais ce n’est pas grave, j’aide ainsi le monde à tourner et à tourner toujours plus… encore un peu plus…

01/06/10

mardi 1 juin 2010

Au bout low

« Arbeit macht frei »…
Alors celle-là elle est bien bonne. J’arrive à comprendre le sens du propos malheureusement on a totalement salopé le sens du mot travail. Aujourd’hui travail rime avec chômage, retraite, esclavage, escroquerie, désespoir et bonne poire.
Hier il voulait dire que l’être humain s’épanouit dans le travail. Le cerveau est sollicité et apprécie l’effort. Il se complait dans cet exercice et innove grâce à l’enseignement qu’il déduit du travail. Lorsque je décide de construire un mur dans ma maison je découvre tout d’abord les méthodes existantes. Je les comprends avec l’expérience, les assimile et progresse dans la fabrication du mur jusqu’à obtenir une œuvre de qualité ce qui n’ont seulement est utile, sinon je n’aurais pas eu envie ou besoin de faire ce mur, mais en plus ça apporte une satisfaction personnelle de réussite. Donc dans ce cas le travail rend libre.
A notre époque les objets deviennent de plus en plus clos et temporaires. La bouilloire ne marche plus on la jette et en achète une autre encore moins solide. On ne sait pas comment elle fonctionne, lorsqu’elle fonctionne, et donc le cerveau ne se sent aucunement sollicité lors de l’achat. La société nous rend de moins en moins libre et de plus en plus dépendant face à l’anodin.
Mais bon, faute de pouvoir changer en mieux, je bosse comme un con. Mon travail me donne au moins la liberté de pouvoir vivre dans un appartement et payer mes bouteilles d’alcool. Alors on continue, et on continue.
« Le travail me frit »…

31/05/10