lundi 31 mai 2010

Rots chez et merde à Zur

Les belles calanques, merveilles de la nature méditerranéenne, votre vue retrouvée m’a comblé de ce plaisir visuel qui semblait perdu dans les méandres de mon esprit endormi.
Satisfaction physique et mentale, qui malgré la fatigue, redonne une énergie nécessaire à la survie citadine. Si proches et si isolées à la fois, les rochers et la garrigue hurlent la présence d’un dieu de l’esthétique. Le hasard ne peut être le seul responsable. Vous n’existez que là, vous existez pour rappeler notre taille de fourmi, vous êtes éternelles comparé à notre vie d’étincelle.

Les beaux touristes, merveilles de notre société de consommation, votre vue continue d’insulter la beauté de ces lieux. Vos couleurs dépareillées, vos ustensiles inutiles et à la mode, vos marques arrogantes, vos paroles vomies de toute leur puissance pour vous donner l’impression d’être plus gros que le bœuf. Crapauds de la modernité, vous gonflez un peu plus chaque été, plus nombreux et moins heureux, vous voulez posséder chaque galet. Barboter n’a pas d’intérêt, c’est brûler que vous souhaitez, pour que le lendemain, dans votre bureau contreplaqué, la rougeur de votre peau saute aux yeux de vos collègues pâlichons et déprimés. Rabaisser autrui pour être au-dessus de lui. Car si vous ne pouvez monter vers le bonheur, autant faire descendre son prochain vers plus de malheur.

Le beau mistral, merveille des vents chaleureux, tu souffles de toutes tes forces pour tenter de nettoyer cette vulgarité qui te nargue et te crache au visage dès que tu approches. Le glaviot s’en retourne alors vers son propriétaire, car tu restes inatteignable et puissant, sculpteur de la roche et des mers, mon respect seul ne s’envole pas dans tes bras. Souffle, souffle encore, bientôt ces grossiers seront suffisamment lissés pour ne plus te provoquer mais simplement pliés sous ta verve pleine de grâce face à leur graisse. Souffle, souffle, chaque espoir d’exposer la chair dégueulasse s’éteint comme une bougie à ton anniversaire. Bientôt, les gros porcs rentreront au port pour griller calmement dans leur baraquement et alors tu pourras continuer en paix ton incroyable sculpture de notre monde.

30/05/10

dimanche 30 mai 2010

Le sale con serre

Le temple du funk et de la soul,
Seule nouveauté, ça saoule,
Effectivement, James Brown de Bordeaux,
C’est très et trop mauvais, bordel,
Du funk avec l’accent français,
C’est franc et franchement beurk,
Y a pas de mots pour décrire le truc,
Y a pas d’oreilles pour apprécier le trou du c’,
Des musiciens talentueux gâchés,
Par des paroles de yaourt mâché,
Le pire c’est que c’était pas bon marcher,
Ils m’ont pillés mes derniers quatre ronds,
A présent je peux rester seul à tourner en rond,
Caresser mon chat qui ronronne,
Ce n’est pas demain que le king tombera du trône,
Alors je relance mes vieux mp3s,
J’aime James, lui c’est le vrai roi,
Mais c’est dommage qu’en France,
Ces nouveaux groupes sentent le rance,
Le funk et la soul sont voués à rester old school,
Toujours d’actualité mais plus de nouveautés,
Des styles qui ont atteints les sommets,
Et qui dans l’éternité vont résonner,
Mais jamais se renouveler sur le dénivelé,
Inutile de nier, sauf pour les derniers niais,
Et c’est bien triste qu’il y en ait, autant,
Autant qui lassent,
O temps qui passe.

29/05/10

samedi 29 mai 2010

Reste au rang

Soupe épicée et pis c'est pas tout,
Des nouilles aux crevettes crevées,
Un petit vin blanc de Virant chavirant,
Des larmes plein les yeux bleus,
Le nez ruisselant lentement,
C'est bon la bectance d'Asie,
Mais ça rend bon pour l'asile,
Je beugle et mens sous les piments,
C'est le grand nettoyage de printemps,
Les toxines peuvent plus survivre,
Je me retrouve avec un corps de nouveau né,
Adieu la nervosité parasitée,
Prêt à rester assis sans hésiter,
Alors on t'offre un petit rhum,
Un truc de fruits pour les hommes,
Rien à dire elle est bonne cette soirée,
Reste plus qu'à finir sur un bon film,
Et deux litres de flotte qui défilent,
Manque que des filles pour le paradis,
Y a des jours avec et d'autres sans,
Aujourd'hui c'est un jour de sang neuf,
Demain c'est le week-end wicked,
La fin des vacances et de l'abondance,
Une dernière danse pour conclure,
Et place pour les furoncles au cul,
Le recul reste impossible,
Alors je reste impassible.

28/05/10

vendredi 28 mai 2010

Lame or d'argent

On nous dit "fumer tue", mais si je ne m'abuse c'est avant tout la vie qui tue, parce que sans elle faut y aller pour crever. On nous dit aussi que ça peut provoquer une mort lente et douloureuse, et là c'est quand même le comble de la contradiction. Parce qu'on veut vivre le plus longtemps donc la mort est plus longue puisque dès le premier battement de cœur on passe son temps à mourir. Donc si je fume je risque de mourir plus tôt que prévu et pourtant c'est sensé être long et douloureux, donc là je comprends plus que dalle. Si on arrêtait de vouloir nous soigner pour n'importe quoi, si on arrêtait de nous protéger de tout, si on nous laissait bouffer ce qui nous plaît et pas uniquement ce qui est hygiéniquement propre, et bien on pourrait canner en paix plus rapidement, dans moins de douleur et par conséquence vivre réellement au lieu de mourir lentement et longuement.
J'ai l'impression qu'il y a eu un basculement dans le langage de notre joli monde hermétique. Certains, des gars pas cons, on remarqué qu'en nous bombardant la tronche avec un concept légèrement différent du sens original d'un mot on pouvait modifier la vision de ceux qui l'utilise. C'est donc bien le cas pour "mourir". Aujourd'hui on l'utilise à toutes les sauces, je n'ai vu autant de choses mourir. En même temps je suppose que c'est normal puisqu'il y a plus de choses chaque jour. Mais le problème c'est qu'on essaie de modifier notre perception de la mort en l'utilisant pour n'importe quoi. Tiens mon téléphone est mort, j'en aurais un nouveau demain. Tiens, mon caniche est mort, il n'était plus à la mode, ça tombe bien, demain j'aurais un doberman. Tiens, ma grand-mère est morte, ah ben elle était vieille, elle a bien vécu et n'a pas souffert sur la fin de sa vie. Tiens, je meurs de chaud, demain j'achèterais une clim. Tiens, des gens meurent de faim, il faut produire plus et finir son assiette à la fin du repas.
On ne sait plus ce que représente la mort, on nous éloigne de plus en plus de son sens pour ne pas interférer avec le moral des ménages et de la surconsommation. La mort est une information de plus dans cet univers crevant la bouche ouverte. On nous pollue de conneries pour que l'important ne soit plus perceptible. On ne comprend plus rien. Je ne sais même pas ce que j'écris. Alors je ferme les yeux et crie. Demain ça ira mieux, je continuerais à vivre, je continuerais à mourir.

27/05/10

jeudi 27 mai 2010

L’étang mot derme

Le petit salopiot se présenta au bureau de recrutement des livreurs de publicités anti-nonconsommation. Le regard plein d’envies et les couilles lourdes il portait l’accoutrement des fiers consommateurs d’inutilité et de mode éphémère. Petite chemise avec blasons, pantalon coloré composé de diverses logos, chaussures différentes de deux marques associées, montre dernier cri qui peut tout faire sauf donner l’heure, chapeau de paille et de cuir doublé de velours, lunettes à verres blancs en accord avec le reste et l’oreillette téléphonique surdimensionnée pour pouvoir montrer le nom des plus grands. L’arrogant était fier et bien portant et représentait à première vue le candidat idéal pour défendre les lois pour la surconsommation individuelle.
« Bonjour monsieur, je me présente, Jacques Adidas, protecteur de notre ère et défenseur de l’esthétique moderne. Je souhaiterais postuler pour un poste de livreur émérite de publicités de raison.
- Bonjour monsieur Adidas, veuillez remplir ce formulaire et me le remettre dans la propreté de ma main dès que ceci sera fait. Merci de votre compréhension et de votre temps perdu à ne pas consommer. »
Le prétentieux pris les papiers et les rempli à toute vitesse tout en consultant les nouveaux spams salutaires sur son téléphone. Après quelques brèves minutes, il tend les documents à guichetier comateux.
« Voilà les papiers demandés, monsieur. Il n’est nulle part demandé de justifier son dévouement aveugle pour la juste cause de notre société liberticide. Cela m’étonne au plus haut point d’interrogation, je me suis donc permis d’écrire quelques précisions supplémentaires à l’arrière de ces maigres feuilles.
- C’est extrêmement sain de votre part et sera retenu avec toute l’attention de notre groupe de sélection impartiale. Nous vous contacterons dès délibération. Merci encore pour votre perte de temps non consommatrice.
- Excusez-moi, mais je tiens à insister sur mon souhait infini de participer à votre groupe libérateur. Je sens au plus profond de moi-même que ma participation sera des plus salutaires et saura apporter bien plus d‘une à l’édifice sociétaire. Je voudrais donc avoir un entretien immédiatement.
- Je regrette mais nous avons de nombreuses demandes et celles-ci doivent être traitées dans l’ordre de dépôts. Vous ne voudriez pas voir ce superbe système d’une complexité informatique inhumaine se briser sous les poids de vos extravagances ?
- Tout au contraire, monsieur. Mais je ne peux m’empêcher de penser que les autres candidatures ne sont là que pour ralentir mon intervention dans ce monde en manque de repères. Ma présence est requise à l’instant et chaque minute passée à remplir ces documents et à en discuter ne fait qu’entraver ma prise de poste. J’entends la foule s’égarer sous l’horreur de mon absence. Je me dois de commencer à servir notre glorieuse nation dès maintenant.
- Votre insistance est toute à votre honneur mais comme vous le signalez, chaque instant à discuter ralenti ce système fragile. Veuillez donc attendre que l’on vous contacte.
- Monsieur, vous présentez ici des signes flagrants de non participation à la merveilleuse machine de consommation. Ces minutes perdues symbolisent votre souhait d’assassiner la gloire du culte. Pouvez-vous appeler un de vos supérieurs afin que nous mettions un terme à ces palabres blessantes ?
- Très bien, ne bougez pas. J’appelle l’ordre. »
Le guichetier appuie alors frénétiquement sur un énorme bouton rouge ancré au milieu de son bureau. La lumière se met à clignoter dans toute la pièce, une alarme résonne brutalement et une troupe de gardes armés de bâtons électrisants entrent et se mettent à battre violemment le jeune con qui se débat en hurlant. Après de longues minutes de souffrance, ce dernier s’évanouit sous les chocs et se retrouve menotté et traîné dans une salle adjacente.
« Quel est le jugement pour cette ordure anti capitaliste, patron ?
- Coupable d’entrave à la consommation et usurpation de prétentions nobles. Enfermez-le à vie.
- Très bien patron, considérez ceci comme fait. A la gloire des grandes marques.
- A la gloire des plus grands. Disposez. »
La garde s’éloigne, une petite salopiot se présente au guichet en observant la scène avec respect et satisfaction.
«Bonjour monsieur, je me présente, Carla Coste, protectrice de notre ère et défenseuse de l’esthétique moderne. Je souhaiterais…

26/05/10

mercredi 26 mai 2010

Le Bar barre

Jésus, Bouddha, un grand type à l’allure de catcheur et un petit gringalet chauve sont assis à la table d’un bar obscur et crasseux. Le reste du bar est presque vide, quelques ombres alcoolisées comatent sur diverses chaises hautes ou courtes, un vieux jukebox crachote un tube de Queen par intermittences, les quelques néons encore en fonction clignotent alternativement voulant chacun être le dernier survivant luminescent de l’établissement délabré.
Bouddha demande : « Mais où est encore passé ce satané briquet ? J’ai l’impression de passer l’éternité à le chercher. C’est pas comme si j’avais deux cents poches dans ma veste, je n’en qu’une, et une toute petite.
- C’est ce qu’elles te disent toutes ! s’exclame le catcheur,
- Ouais, trop bon Al, je la note celle-là. Mais faut pas trop le charrier sinon il va bouder notre gros Boubou, hein que tu vas bouder ?
- Très drôle. Ce n’est pas une religion que vous auriez dû fonder mais plutôt une école de cirque, vous auriez peut-être eu plus d’adeptes.
- Oh ça va Boubou, fais pas la gueule, faut bien se marrer un peu sinon c’est l’enfer. Hein Dji que c’est l’enfer si on se marre pas ?
- Exactement ! Vous avez vu la gueule de Luce ? On dirait qu’il a la gueule de bois éternelle. Je peux vous dire qu’on rigole pas beaucoup chez lui depuis quelques siècles. Et pourtant vous savez tous à quel point c’était la fiesta au début chez lui. Le meilleur animateur du cosmos, le gars. Et d’un coup, bim, une grosse claque dans la gueule et tout a changé.
- A cause de l’aut’ salope en plus.
- Mais non, on sait pas à cause de qui.
- Mais si Dji, si elle s’était pas mise à tous nous allumer à coup de foi tous à la fois, ben ça serait pas arrivé.
- Bon on va reparler de ça les gars. Ça sert à rien de revenir sur le passé, ce qui est fait et fait alors passons. Et s’il vous plait trouvez-moi un briquet.
- Attends, il est où le buisson ? Putain où c’est qu’il est encore passé celui-là ? Buisson ? Oh, Buisson ? se met à hurler Jésus.
Le buisson entre en fumée dans la salle tout essoufflé,
- Ouais, Dji, qu’est ce qui se passe ?
- Mais qu’est ce tu foutais encore ? On a besoin de toi ici.
- Ah merde excuse Dji, mais je me suis trouvé une petite botte de paille pas farouche derrière ce rade de nazes.
- Va pas encore foutre ton bordel, la dernière fois que t’es tombé amoureux il a fallu que je raconte toutes sortes de conneries pour nous sortir de ce merdier. Alors reste calme.
- T’inquiète, la donzelle est à fond là. Elle m’envoie du « Monsieur Ardent » à tout bout de champs. C’est pas du respect ça ? Monsieur Ardent, vous devriez tous retenir la leçon, un peu de respect vous ferait pas de mal.
- Oui, Buisson, c’est bien gentil, mais je voudrais allumer cette maudite clope depuis une plombe et je trouve plus mon briquet. Alors aurais-tu l’ardeur de me l’allumer ?
- Mais bien sûr Bouddhidhi ! Tiens, regarde derrière-moi, il doit y avoir un brin qui brûle doucement.
Bouddha se baisse et tente d’allumer sa cigarette à la minuscule flamme vacillante de Buisson. Soudain un énorme bruit de pet résonne dans la salle, une flamme gigantesque explose derrière Buisson et brûle les maigres sourcils de Bouddha qui se relève le regard enragé.
- Nom de rien, mais t’es pas bien toi ? Regarde, ma clope est complètement désintégrée, je fume quoi moi maintenant ? Hein ? Je fume quoi ?
Les autres se marrent à en pleurer, Buisson repart en crachant des petites étincelles de rire.
- Hey Al, file lui un de tes cigares sinon il va nous piquer une crise et faire des apparitions télévisuelles avec ses potes en slip.
- Heu Dji, tu sais que c’est pas des simples cigares ? chuchote le catcheur à l’oreille de Jésus,
- Ouais, justement, ça le relaxera une bonne foi pour toutes,
- Tiens, Bouddhardhar ! Un cigarillo de bonheur, j’espère tu vas arrêter de nous casser les oreilles maintenant.
- Oui, ça va, ça va. Merci. Je vais aller fumer ça dehors, je voudrais pas vous empester la salle. A plus les gars.
- A plus Bou, et arrête de bouder ! »
Bouddha sort pendant que les autres continuent à rigoler en remplissant leur verre avant de trinquer à la paix sur terre dans un éclat de rire général.

25/05/10

mardi 25 mai 2010

Perdus perdure dans une paire d’yeux

Complètement perdus,
Tellement éperdu,
Depuis six ans que ça dure,
On croire tout comprendre,
Et puis en fait on s’égare,
On se déclare déçu,
Parce qu’ils n’ont pas tout répondu,
Aux questions de nos cerveaux fondus,
Réfléchir ? Non, vous avez confondu,
On garde ça pour notre boulot,
Dès le retour, toute la matière au repos, dodo,
Une masse tout juste bonne à être divertie,
Mais que ce soit simple je vous averti,
On est que des robots travestis,
Parfois j’ai plus de respect pour l’imprimante,
Que pour la DRH déprimante,
Plus de respect pour mon pc,
Que pour mes collègues dépecés,
Réduits à une seule fonction binaire,
Voilà donc la rançon du salaire ?
Mais ce n’est pas très grave au final,
La fin nous dit de laisser aller,
Et de continuer à avancer,
Il faut avant tout se pardonner à soi-même,
Et voir où tout cela nous mène,
L’important c’est d’éviter le surplace,
Pour ne pas se retrouver avec l’échec en surplus,
Car de toute façon on est tout perdu mais pas foutu,
Donc au mieux on peut connaître sa propre direction,
Mais personne ne sait ce qu’il y a au bout de nos questions,
La fin du labyrinthe n’apparaît que lorsqu’on la trouve,
Je sais ce qu’il y a derrière cette porte lorsque je l’ouvre,
Alors j’avance et je laisse aller…
Je me laisse aller…

24/05/10

lundi 24 mai 2010

Là, ni verre, sert

Et voilà, trente et un,
Jean et chemise, c’est mon trente et un,
Bar de la plaine, c’est aussi le 31,
Par contre je bois vingt trente et un plus vingt à 45%,
Trop vieux pour faire le calcul, j’accumule,
Et je pense pas que ça recharge mes accus de vieille mule,
Complètement plein et pourtant léger comme une plume,
Le nez qui coule des fois à cause d’un rhume des foins,
C’est le moment de faire gaffe à sa santé et d’en prendre soin,
Les vingt ans arrogants semblent bien loin,
A l’époque on prenait la vie sans gant,
On se voyait mort dans moins de dix ans,
On avançait en se disant le futur est dérisoire,
Et finalement, sans regret on pousse sans engrais,
On s’engraisse pas non plus à son gré,
Bien qu’on y a songé pendant les fêtes de congés,
Mais le corps gère encore et l’esprit est d’accord,
On continue de prendre les virages à la corde,
Parce que la poussière on aime la mordre,
Et il vaut mieux dans tout ce désordre,
Sinon on se désole, à terre rien ne décolle,
Et c’est pas les profs qui te l’apprennent à l’école,
Pas de bol, mais c’est derrière les mûrs qu’il y a un décor,
Et tu ne le vois vraiment que quand tu sors,
Enfin commence le véritable essor,
Les idées bondissent sur leur ressort,
Car il y a tant d’espace dehors,
Alors on peut vieillir presque sereinement,
Avec l’âge s’améliore le discernement,
L’oasis d’un désert ne ment pas cruellement,
Les mirages s’effacent et tu comprends ce que tu as cru,
Seuls les salades et les sushis sont meilleurs crus,
Et pour finir, il paraît que 2010 sera un excellent cru.

23/05/10

dimanche 23 mai 2010

Be Wine, Rekind

Voilà un thème bonard, on va parler du pinard,
Cab Sav, Merlot, Syrah, Picpoul ou Pinot Noir,
On s’en fout du cépage et peu importe l’âge,
Ce qui compte c’est le goût et d’aller jusqu’au bout ;

Toujours ravi quand mon verre se vide,
Mais c’est le fond du ravin quand y a plus de bouteille de vin,
De plus en plus je deviens un devin,
Et je prédis que demain matin les maux de tête seront divins ;

Jamais de vin chaud et jamais chauvin,
J’étais un chaud lapin et à présent je fais le malin,
J’ai trois copines, coquines, Blanche, Rose, Rouge,
Et qu’une chose à dire, c’est que tous les soirs ça bouge ;

On est que deux et on boit comme vingt,
Nos verres de vin se vident sans fin,
Enfin on se dissout comme du café sans grain,
Du son, du raisin et le regard sans gain ;

Sans déconné, le raison ça me connaît,
Et depuis que je suis né, je passe mon temps à le siphonner,
Car le sens de la vie, c’est la vinification,
Et sa consécration se passe en dégustation ;

Alors tout le monde lève son verre pour se mettre la tête à l’envers,
Si le vin c’est le paradis, alors l’eau c’est l’enfer.

22/05/10

samedi 22 mai 2010

Les cris gros sciés

A base d’obésité, ça fait hésiter,
Comparé à cette pauvre peau sur mes os,
Y a pas de mezzo mezzo, mais au contraire,
On dit que les opposés s’attirent, pour les satyres,
Parce que les graisses saturées ça serait à tuer,
Comme un mot faux, un corps gros à raturer,
En même temps la diversité fait la nature,
Une toile blanche s’embellit avec la peinture,
C’est pas dure à comprendre, juste bon à prendre,
Autant qu’un jambon à pendre, il faut l’apprendre,
Toute notre vie on arpente, tout dépend de la charpente,
C’est plus difficile pour un char de monter la pente,
Donc on choisit, voyager léger ou marche lente,
Quoi qu’il arrive, après un temps les bagages grossissent,
Sueur au front, visage rouge, ho hisse,
Alors parfois on balance tout le long de la route,
Et on se lance comme un fou, à la main la biroute,
Si ça fait du bien au début, ensuite ça rebute,
Car il est plus simple de tenir debout avec un but,
Sinon autant rester allongé sur l’eau,
A barboter librement avec le flot,
De toute façon tout est flou,
La leçon on s’en fout,
Certains sont riches en jouant au foot,
Payé par des moutons en groupe,
La culture pleine de mazoute,
Les avions planent et en rajoutent,
L’opinion ne plaint plus au mois d’août,
La rébellion est knock-out,
Les beaux lions dégoutent,
L’espoir tombe au goutte à goutte.

21/05/10

vendredi 21 mai 2010

Con de sceptre pacques l’air

« Ne pas subir. » Inscrit en jolies lettres sous une sculpture d’art content pour rien. Cette phrase se veut avoir un sens simple mais cette simplicité entraîne une globalité d’autres sens avec elle. Aucune précision sur ce qu’il ne faut pas subir. On parle donc du travail, des relations humaines, du gouvernement, des émotions, des sensations, de tout en fait. Et c’est vrai qu’on peut l’appliquer à tout sans que son sens en soit dévalué. Cependant ce n’est pas ça qui m’a marqué, car tous les jours on essaie de ne pas subir, d’être le plus libre possible, le moins influencé contre notre volonté, donc rien de bien nouveau sous le soleil communautaire. En revanche, la structure de cette phrase possède tout un concept de révélations sur notre monde et notre mode de pensée. Français bien sûr, puisque l’analyse de la structure n’est valable que dans la langue dans laquelle c’est écrit. On pourrait ensuite la transposer dans d’autres langues et constater si oui ou non le modèle est le même.
En tout cas, en français, on constate avant tout qu’il s’agit d’une négation. Le « ne pas » a cette force négative et autoritaire qui normalement réduit la liberté. La sensation causée par cette négation ne permet pas vraiment d’y voir le côté positif, il est agressif et repoussant. Ensuite il y a le « subir » qui à nouveau est difficilement plus négatif encore. Et voilà encore de la violence, le mot en lui-même a cette connotation qui implique forcément le désir que cela cesse, le besoin d’un changement d’état, l’envie de passer cette étape et de trouver quelque chose de forcément mieux après elle. Donc, ce mot sert principalement à spécifier une condition non agréable qu’il faut modifier.
Le « ne pas » va donc presque nécessairement avec, sinon ce serait un « ne plus » au mieux qui serait encore plus évident. Donc voilà une phrase qui suit le simple principe de la multiplication de deux nombres négatifs et qui est égale à un autre nombre positif. Cependant la différence choquante des nombres et des mots c’est que cette phrase ne forme pas de nouveau mot. -1 x -5 = -1 x -5. Il n’y a pas de transformation concrète. Ces deux parties négatives entraînent un concept positif qu’il n’est pas possible de définir en un mot. On ne trouve pas d’équivalence entièrement positive à cette simple expression. Le fait de ne pas subir est définissable par toute une série d’autres mots, de propos, d’argumentations et compagnie mais il n’y a pas un mot seul pour résumé parfaitement le sens de l’expression. Et c’est là que le problème se présente. Si l’on utilise les mots de notre langue pour structurer notre pensée, notre réflexion, alors dans le cas présent notre idée sera remplie de négativité. Rien de pire que de penser avec des négations. Ainsi notre société s’est étrangement bornée à représenter un principe presque vital pour l’Homme par un amalgame de négations. Comment pouvoir adhérer à ce principe si naturel sans expression positive.
Si je dis « je ne suis pas libre » alors je peux aussi dire « je suis prisonnier ». Je sais ce que je ne suis pas et aussi ce que par conséquent je suis. Alors que pour le fait de subir, je sais que « je ne subis pas » mais je ne sais rien d’autre simplement. Je ne subis pas de violence, donc je ne suis pas violenté, mais suis-je simple zen, relaxé, reposé, libre ? Non, je suis autre chose que je parviens à percevoir mais que je ne peux dire. Mon esprit n’a pas de mot à sa disposition pour apprécier pleinement ce fait. Je le ressens et c’est tout. Je suppose que cela suffit à beaucoup de gens, mais personnellement j’aimerais un mot pour me permettre de le comprendre plus pleinement.
Le plus triste serait que tout le monde subit plus ou moins quelque chose et que par conséquent, le fait de ne pas subir n’existe pas et ne mérite pas de mot à lui seul…
Et s’il y avait un mot, est-ce que cet état serait alors possible ?

20/05/10

jeudi 20 mai 2010

Peau qu’ère

« Bon, c’est à toi de miser au lieu de rêvasser, essaie de rester concentré bordel, je vois pas comment t’as fait pour remporter autant de pognon ce soir, t’es complètement ailleurs.
- Ah merde, désolé, ce qui me laisse rêveur c’est cette nouvelle main, comment est-il possible quelle soit encore meilleure que les précédente ? Franchement les gars si j’étais marié je me ferais du souci pour mon couple, parce que c’est pas fidèle d’avoir un si bon jeu. Je relance de cent.
- Ferme la bon sang, soit tu dors soit tu fais que jacter, c’est pas jouable ça. Je suis.
- Je suis, et je relance de cinquante.
- Ah ben vous avez pas peur vous. Je suis gentil avec vous, je vous annonce que je vais encore tout rafler et vous persistez, je peux plus rien pour vous là, vous auriez mieux fait de me laisser dormir. Mais bon je suppose que la défaite vous rassure quand à la fidélité de vos pauvres femmes. D’ailleurs je sais pas comment qu’elles peuvent faire pour supporter des losers comme vous. Absent toute la nuit et retour les poches vides, elles feraient mieux d’aller voir ailleurs les coquines.
- Mais tu vas la fermer, en plus tu deviens insultant.
- Bon ça va, ça va. Cette susceptibilité m’amène à croire qu’il y a du vrai dans ce que je dis. Mais ne vous inquiétez pas, je vais repartir tellement plein de fric que la semaine prochaine je sortirais vos femmes pour leur offrir un peu de luxe et de plaisir.
- Je vais te casser la gueule si tu continues, alors ferme là, c’est la dernière fois que je le dis.
- Et ben ça devient de mieux en mieux. Autant de stress me fait penser que tu n’as encore qu’une pauvre paire minable. Y a que le silence de Joe qui ne me rassure pas. Il aurait peut-être enfin réussi à avoir quelque chose de jouable. Mais vu sa chance habituelle, il se verrait vainqueur avec un seul as. Donc, la tension devenant intolérable pour vous deux je vais mettre fin à vos souffrances pour ce soir. Tapis.
- Ah ben c’est beau ça. Donc si tu perds on va devoir te supporter encore des heures. Si on se couche, c’est pas tellement mieux. Et tu m’énerves tellement que je souhaiterais presque tu gagnes. Alors tapis.
- Pareil, tapis.
- Aller, montre un peu ce fameux jeu si merveilleux.
- Oh, je vous en prie, j’aimerais rire une dernière fois pour ce soir, montrez un peu à quel point vous êtes misérables et à quel point j’ai vu juste. Vas-y Joe, montre nous ton as.
- Désolé, mais tu t’es gouré mon petit père. Couleur. Bim, dans ta face. Et qui c’est qui rigole maintenant ? Hein, qui c’est qui se marre là ?
- Ah, joli, et toi Tony, montre ta paire un peu, montre que j’avais pas tout faux.
- Je sens que ça va pas être fini. Tu t’es aussi planté sur mon compte. C’est un full qui me rendait si nerveux espèce de con. Alors vas-y, montre le ton jeu si génial.
- Ah, j’avoue je me suis trompé sur tous les deux. Sans doute à cause de l’excès de confiance que peut donner la célèbre et pourtant si rare Quinte FLUSH ! Merci messieurs, merci, vous avez été des compagnons agréables mais comme je vous l’ai annoncé tout à l’heure vous rentrerez les poches vides vaincus par ma magnificence. Vous pourrez conter mon histoire à vos enfants si un jour vos misses acceptent de refaire l’amour avec de tels minables. Ce fut un honneur de me voir jouer, je vous laisse à votre pitoyable existence et m’en vais fêter ça avec des dames de valeur. Au revoir messieurs, j’espère que vous parviendrez à trouver le sommeil malgré une telle humiliation.
- Pierrot ? Pierrot, réveille-toi. Pierrot, un petit effort.
- Hein, quoi ? Qu’est-ce que ? Oh putain qu’est ce que je fous là ? Quelle heure il est ?
- Il est 2h passé. Tu t’es endormi sur ta bouteille de rhum, tout seul.
- Oh putain, 2h ? Oh non, ma partie de poker… Oh non, mais je jouais si bien ce soir. C’est pas possible que je l’ai ratée… J’aurais dû me douter qu’une chance pareille n’arrivait qu’en rêve… Quel con… quel con…»

19/05/10

mercredi 19 mai 2010

L’art beau récent sens

C’est pour toi, c’est pour moi,
C’est pour eux qu’on fait ça,
Pour chasser la peine et faire venir la joie,
Alors reste pas planté là, c’est le moment de faire le choix,
D’être un espadon ou bien un simple anchois ;

Laisse pas passer ta chance car après plus rien ne change,
Chante comme un chancre et tâche cette feuille d’encre,
Ancre tes idées décidées avant qu’elles ne soient ridées,
Ris des riches et fiche leurs la frousse,
C’est la brousse, à tes trousses, une troupe de tigres,
Tire et tire toi, cache toi dans le tiroir,
Les rois veulent te voir à genoux sans espoir,
Comme une poire, alors garde la pêche ;

C’est la dèche dans ta crèche mais rien ne t’empêche,
De pêcher dans le péché, de cracher sur l’évêché,
T’es fâché d’avoir été pris pour une vache à lait,
Ah les loups qu’il y a et qui te disent alléluia ;

Foutons le camp, quand on voit tous ces fous,
Fouiller dans l’inconscient et le mouiller en toute conscience,
C’est de la science-fiction, toutes les confiances en friction,
Le fric sanctionné par le fisc passionné,
On t’as pas sonné mais ils t’ont assommé,
Pour atteindre leur sommet de salauds gros bonnets.

18/05/10

mardi 18 mai 2010

L’art aux gants

Boulet ou bourrelet, là fut, est et sera la seule, unique et véritable question de l’équation à deux inconnues de ma simpliste mais intense existence.
Il y a quelques temps de cela, alors que j’étais assis tranquillement à la terrasse du 31 à siroter un jus d’anis, je me mis à écouter, contre ma fragile volonté, la conversation qui s’écoulait en parfaite fluidité et futilité à la table voisine. Un jeune con accompagné de deux autres truffes et trois connasses menait clairement le jeu. Les boutades et billevesées s’enchainaient à merveille dans un flot constant de subtilités bien trop grandes pour le reste du groupe qui gloussait et se contentait de rajouter quelques misérables paroles pour participer au spectacle.
L’agréable surprise d’ouïr un petit branleur manipuler la langue de Voltaire avec tant de prestance d’esprit céda la place à un questionnement agressif. Mon pauvre cerveau ralentit par l’abus des classiques produits humains toxiques à lui-même ne parvenait pas à saisir comment cet ignorant pouvait posséder un tel sens de la répartie à un si jeune âge ingrat. Bientôt, je ne pouvais plus penser à rien d’autre et fini par être totalement obnubilé par sa voix de puceau qui pourtant contenait la sagesse de la dérision la plus totale. Mon jus d’anis brula ses glaçons et commença à s’évaporer dans la nature perfide de la ville. Mon corps était figé, mes oreilles tendues et paralysées et mes yeux perdu dans le néant de l’incompréhension. Finalement, à bout de nerfs, épuisé, usé par tous les complexes d’infériorité imaginables, je me décidais à intervenir, tournant ma chaise, écartant brutalement deux des greluches, je me joignis au groupe et dis :
« Pardonnez-moi les filles, bonjour messieurs, permettez-moi de me mêler à cette conversation unilatérale.
- Mais sois le bienvenue grand-père, notre table est celle du peuple et des miséreux, répondit l’imberbe à la verve puissante.
- Parfait, c’est toi qui réponds et c’est à toi que j’aurais des questions à poser, les autres n’étant que des pantins dans ton splendide cours de mots.
- Putain, traiter de pantins mes amis non moins enfantins est une insulte digne d’un sultan ou résultante de tant de supplices implicites qu’ils impliquent une impossible vergogne pleine d’arrogance. Je demanderais donc une suite d’excuses plates ou arrondies, comme cela te sera possible, afin de corriger l’insolence que tu oses déposer dans ce groupe de camarades en rade d’âge mais pas d’âme.
- Bon, passons, ces indignes ne daigneraient comprendre plus d’un quart de tes propos. Tout d’abord j’aimerais savoir d’où tu parviens à sortir tant d’idées pleines d’humour, de maturité et de subtilités ? Aucune école ne permet d’atteindre une telle vigueur d’esprit, il n’y a que l’expérience et la pratique qui pourrait le permettre, mais vu ton apparence, je ne peux croire que ce soit le cas, alors je te demande comment est-ce possible ?
- Et bien c’est on ne peut plus simple, et je vais m’empresser de t’en faire la démonstration afin d’appuyer la véracité d’explications sans doute peu crédibles. Je détiens une relique possédant la capacité d’absorber l’essence des Hommes et de l’insuffler à son possesseur.
- En effet il me faudra une démonstration car je ne suis guère enclin à la fiction des sciences. »
Soudain, le minot sorti une petite montre à gousset de sa poche, il l’ouvrit, et les aiguilles accrochèrent mon regard avec tant de force que je ne pouvais plus bouger ni penser et sentais un certain je ne sais quoi s’échapper de ma personne. Lorsqu’il referma l’engin démoniaque, rien n’avait changé si ce n’est que je pouvais me voir assis en face moi-même, alors je dis :
« Voilà, la démonstration est terminée et ce corps qui me fait face n’est plus qu’une vulgaire coquille vide qui va s’en aller beuglante d’incompréhension parmi la foule anonyme et que l’on ne reverra jamais. »
Ce que fit exactement mon ancien corps alors que je restais sans voix, prisonnier à l’intérieur du perfide gamin aux mille personnalités.

17/05/10

lundi 17 mai 2010

Et lu culs bras si on

Et la murge continua…
Bonsoir très chères et très chers, vous arrivez bien tard ce soir, et l’apéro fut entamé il y a déjà fort longtemps il me semble.
Ah, mais vous ne venez pas les mains vides, un peu de rouge, un peu de rosé, autant tout mélanger après toutes ses bulles ingurgitées. Quel plaisir de voir le décor danser ainsi, ça ne vous embête pas si je reste assis ? Car même si mon cadavre a l’air inerte, mon esprit s’agite dans tous les sens. Pas de répit pour la matière grisâtre marinée du moment que l’on reste bien arrimé à jacter et à rimer, si j’ose m’exprimer. Et vous savez comme j’ose avec tout ce que j’arrose entre les brèves pauses. Sentez l’osmose, buvez jusqu’à la symbiose, mangez peu pour l’apothéose. Un peu de thé pour tout ce beau monde ? Ce n’est pas encore l’été, mais écoutez après avoir gouté comme il approche. L’hiver est dans la poche, le printemps a sonné les cloches, une séance de cinoche et hop le voilà tout proche, alors aucun reproche si vous ne voulez pas lui foutre la pétoche et qu’il refasse encore tout moche. Si le vent souffle s’est pour l’amener plus vite près de nous. Ce sera violent, rapide ou lent, ce sera violent. Je le sens déjà. Il avance en cadence. Il vient du sud bien décidé. Les nuages sont décédés, le soleil les fait céder, et la saison est là pour l’aider, personne ne sera lésé, sortez les parasols zébrés et soyez prêts à célébrer. Allez, ombré, jours heureux en nombre et jours sombres dans les tombes, le bonheur va imploser comme une bombe.
Bon, ça va, c’est bon ? Pop corn et bonbons. Bête à deux cornes et torse bombé. L’insomnie va tomber, plomber par les substances insoumises, je mise et remise, tant pis si je perds ma chemise et fuck la crise, le pognon n’est pas la cerise, l’optimisme est plein de surprise et personne ne me l’a prise, la leçon bien apprise, c’est dans la joie que j’incise, peinarde assise, une proie facile et incomprise par les cons qu’on écoute trop souvent sous le vent soulevant les jupes sous jacentes qui sentent la lutte des classes pas importantes et pourtant bien portantes dans leur misère constante grandissante pas consentante mais qu’on entend tout le temps à cause des gars pas contents pour une raison plus valable qu’une saison et ça on le sait car on saigne sous cette enseigne qui peigne à rebrousse poil pile poil et pille la toile de sa rousse étoile sans voile et vague mais pas sans vague à lame tranchante de l’âme des quidams damnés dans les prochaines années avec leurs chaînes fanées tannées panées vannées et nez à nez avec le néant… Hi han, hi han…

16/05/10

dimanche 16 mai 2010

Un champ de pions

« On est les champions, on est les champions ! » que ça braillait de partout dans la ville. Ça rend ma gambette d’une rare qualité esthétique, ce genre de discours savants. Je pense que c’est l’utilisation du « on » qui me trouble le plus, parce que moi personnellement je n’ai reçu aucune prime de victoire, les demis et les pastagas n’étaient ni gratos ni même moins chers, si ce n’est quelques bières généreusement offertes par des supporters à la vision trouble et au jugement sans valeur. Non, mais sérieusement, ON nous prend pour des cons plutôt que pour des vainqueurs. Les seuls victorieux dans ce cirque ce sont les milliardaires en short qui ont eu le cul plus bordé de nouilles que les autres milliardaires en short.
Mais bon, qu’importe, le principal c’est que voilà un évènement qui rend le citadin plus cordial, et ça, il faut savoir en profiter avant le retour à la morosité quotidienne des embouteillages. Donc, descentes astronomiques d’éthanol, musique plus forte qu’à l’accoutumée et jusqu’au petit matin. Rencontres diverses et pas avariées, sans doute un peu de culture et beaucoup de trous de mémoire. Finalement le sport des uns peut faire le bonheur des autres, par causes et effets lointainement liés.
Après quelques heures d’un sommeil lourd comme du plomb, la véritable victoire m’apparaît enfin : pas de gueule bois ! Quel miracle de la nature a permis cette extravagance ? Je ne le saurais jamais mais je m’en souviendrais sans doute le lendemain lors de la prochaine friture de cervelle. Mélanges insultants et par trop déraisonnables, excentricités exorbitées, propos peu classieux, déraillements mentaux et pourtant pas de perçages crâniens à coup de scie à métaux. Décidément, cette soirée portait bel et bien son petit lot de magie incompréhensible, et on est clairement les champions d’une nuit.
Demain sera un tout autre jour avec une toute autre nuit, le frigo à remplir à nouveau, la fuite éternelle pourra reprendre sa route, la victoire sera loin.

15/05/10

samedi 15 mai 2010

Pi, Terre, Pendule, Team Atome

Désolé les gars, mais ce soir je vais au théâtre,
Je voulais du révoltant mais ils passent que Peter Pan,
ça va être gonflant à moins qu’il le fasse en rapant,
Parce que Peter Pan aujourd’hui c’est tous les gens,

Sauf ceux du gouvernement,
Qui nous traitent comme de sales garnements,
Atteindre l’âge adulte, c’est possible mais pas facile,
Atteindre la retraite, c’est un mirage, impossible,

On restera bloquer entre jeunesse et vieillesse,
On restera choquer par Obama et son « Yes,
We can », mais les pauvres cannent, les riches ricanent,
La vie n’est plus une ligne droite, de partout des chicanes,

ça chie man, tout est chinese Man,
Pour aller à Shanghai, y a plus besoin de rames,
Car nous finançons notre anéantissement,
Et en plus nous fonçons au lieu de penser ralentissement ;

Nous sommes tous des Peter Pan,
Mais contre notre consentement,
On nous prend nos sentiments,
Et même notre estime à présent nous ment ;

Je voulais du révoltant mais la révolte vient d’un volcan,
Selon l’orientation du vent, tous les avions foutent le camp,
C’est quand même bon, de voir tous ces cons,
Prêts à faire un procès à la planète pour ses excès,

Un excès de colère et leurs milliards perdent leur couleur,
Une station pétrolière qui coule, la vengeance n’est pas cool,
Et comme ça fout les boules d’être dépendant de ces boulets,
Crachons sur leurs carottes, n’avançons plus comme des mulets,

Pourquoi les tout puissants nous empêchent ils de grandir ?
Afin de contrôler des gens qui n’ont que des peluches à brandir,
Enfermés dans nos berceaux, on ne peut penser que perso,
Mais perçons un trou, regroupons-nous, formons des troupes,

Des enfants dirigés par des enfants,
Qui sont des enfoirés et qui font tout foirer,
A la recherche du bénéfice, indifférents aux sacrifices,
L’Humain ne sera jamais grand car il assassine ses fils ;

14/05/10

vendredi 14 mai 2010

Tue des blocs

Un petit trou dans la chemise,
Un gros trou dans la mémoire,
Un petit tour sur la Tamise,
Un grand tour sur la Loire ;

Une partie de ping-pong dans la tête,
Ou plutôt du squash dans les manettes,
On croit que c’est un vrai bordel,
Mais en fait il y a des murs tout autour d’elle ;

Un interrupteur pressé et une lumière s’allume,
On rajoute des fils par-ci et d’autres par-là,
Et quand on presse l’interrupteur ce sont trois lumières qui s’allument,
Il se passe plein de choses même quand on est pas là ;

Y a de la joie,
Partout où on regarde,
Y a de la joie,
Et pourtant on ne la voit pas ;

Une partie de galipettes,
Avec la gallinette,
On reste galant,
Parce qu’on se sent galeux ;

Gloire à l’ignorance,
Il suffit d’y croire,
Même quand ça sent l’ignoble et le rance,
Car même les roses poussent sur du crottin ;

C’est que c’est un peu mou tout ça,
Les gens s’allongent debout sur le sable,
On ne sait pas trop pourquoi et on se dit,
Si eux le font c’est qu’il y a une raison pardi,
Et tout le monde se fait la même réflexion,
Puis s’endort comme un con en génuflexion ;

Allez coco, prends ta pilule,
Les comme toi ça pullule,
Un têtard têtu et un ovule,
Et tu perds les rotules ;

Bon, laisse tomber,
Te pose pas de questions jusqu’à la tombe et,
Tout se passera bien,
Du moment que tu casses rien,
Y a toujours un couillon,
Pour foutre du fil dans le bouillon.

13/05/10

jeudi 13 mai 2010

Labo ne paye

Alors que Grégoire Stopol se rentrait chez lui par la petite rue de la Mouise, son regard fut attitré par un morceau de papier qui clapotait au vent sous une mini pyramide sombre. Il s’approcha pour identifier l’étrange phénomène et s’exclama : « Non de dieu, mais voilà cinq cents balles sous un tas de merde ! ». Il ramassa un morceau de journal dans une poubelle adjacente et entreprit la récupération du fameux billet de banque. Après un long effort soigné de patiente, le grand gaillard se voyait en possession d’une fortune inattendue mais bienvenue. Il se décida immédiatement à passer par son bar de quartier depuis trop longtemps évité et d’offrir une tournée générale. Une foule d’ivrognes le remercièrent avec une énergie retrouvée et lui tapèrent tour à tour dans le dos en symbole d’une virile affection. Le vieillard à sa droite qui buvait un énième pastaga se tourna vers lui et engagea la conversation :
- Ben c’est pas tous les jours qu’un brave type vient célébrer dans ce lieu miteux. Qu’est-ce qui t’es arrivé mon gars ?
- Oh, pas grand-chose, une journée de boulot toujours aussi minable que d’habitude, et alors que je trainais la patte pour retourner dans mon couple battant de l’aile, la chance s’est dressée sur mon chemin et m’a donné une bien belle accolade.
- Ben c’est pas à moi que ça arriverait ce genre de truc. Ce soir j’ai perdu Georges, mon clébard. Je sais qu’il va tarder à repointer le bout de sa gueule bavante, mais c’est une vieille carne et j’ai peur qu’il se fasse renverser par un poivrot en quatre roues. »

Quels instants plus tôt, alors que le vieillard sortait son chien avant d’aller déguster son petit jaune quotidien, deux voyous qui fuyaient un gendarme obèse le percutèrent de plein fouet et lâchèrent une partie de leur butin durement gagné dans la revente de stupéfiants. Georges prit peur et s’éloigna mollement pour soulager une envie soudaine de défécation. Une première crotte tomba lourdement et écrasa au vol une partie du butin évaporé. Une fois sa besogne terminé il ne parvint pas à discerner son maître dans cette pénombre grandissante.

Avant l’irruption intempestive de l’agent des forces de l’ordre, deux dealers de petites envergures reçurent leur plus gros client de la soirée. Tout leur stock y passa et ils se réjouirent à l’idée de pouvoir se rentrer dès le début de leur nuit normalement éreintante. Ce fameux client était un macro de ménagères. Ce dernier avait fini sa tournée et collecté ses revenus chez toutes ces pauvres femmes mariées en manque d’argent, en manque de sexe, ou en manque de nouveautés qu’il avait su convaincre d’adopter cette activité vieille comme le monde afin de combler leur vie journalière si solitaire.
Marguerite Stopol était sans aucun doute une de ses meilleures recettes. La grosse attirait étrangement tout un tas de petits frustrés qui raffolaient de ses rondeurs extravagantes. Son mari ne la prenait plus depuis des lustres, l’argent était une denrée rare, elle était prête à sauter d’un pont lorsqu’il la rattrapa de justesse et lui proposa ce petit arrangement qui changerait sa vie. Ce jour même elle lui avait rapporté pas moins que sept cents euros moins deux cents pour la commission de la vilaine.

Et ainsi la nuit s’écoula dans l’euphorie triste des foyers et exalté des bars de quartiers. Grégoire passa un merveilleuse moment et regretta presque de n’a pas avoir fait profiter sa rombière de cet aubaine. Mais l’alcool aidant, la culpabilité se dissipa vite et la joie coula à flot comme il ne l’avait connu depuis, il ne savait plus combien de temps, mais un sacré bout en tout cas.

12/05/10

mercredi 12 mai 2010

L’autre à part te ment

« Monsieur Titanio ?
- Tout à fait, bonjour monsieur.
- C’est un véritable plaisir de vous accueillir, monsieur. Avant de commencer la visite je m’attarderais sur l’aspect extérieur du bâtiment. Comme vous pouvez le constater la façade est absolument ravissante et conserve la beauté et les formes des édifices anciens.
- Heu, quand vous dîtes « anciens » vous parlez des années 50s et on ne peut pas vraiment parler de beauté face à une architecture si stricte et linéaire fait d’un béton grisâtre du plus déprimant. Mais bon, passons.
- Voyons, monsieur est peu clément. Ce gris est absolument limpide et reflète à merveille la lumière du soleil. Sans dire qu’il n’y pas de peinture à refaire tous les dix ans d’où une économie significative. Mais si cela ne vous charme pas, passons à l’appartement et là vous serez forcément ravi. Suivez-moi.
Oh, pendant que nous y sommes, regardez cette cage d’escalier resplendissante. Mûrs impeccables, escaliers brillants et lustrés, rampe en bois de premier choix, et aucun travaux avant longtemps. Encore une fois, une opportunité financière.
- Disons que je suis content de ne pas habiter dans la cage d’escalier. Parce que ce fameux sol est plus brillant dans la réflexion que dans le bon goût. Des carreaux marrons hideux qui forment des losanges ignobles avec les autres carreaux blancs tachetés d’un beige douteux, l’architecte a soit bénéficié d’une réduction ou abusé de produits hallucinogènes. Décidément les années 50s ne sont pas à regretter.
- Je trouve monsieur encore injuste. Ne sentez vous pas cet air de propreté et de sérénité ? C’est presque un bonheur que de devoir monter jusqu’au 5em étage sans ascenseur. Une marche vers le paradis si j’osais me permettre d’être lyrique.
- Je préfèrerais que vous n’osiez pas.
- Ne m’en tenez pas rigueur monsieur. Mais si je n’avais pas déjà mon appartement je l’achèterais sans même réfléchir. Encore quelques marches, et nous y voilà. Superbe porte blindée, n’est-ce pas ? Voilà, une serrure d’une délicatesse de fleur, je passerais ma journée à ouvrir et fermer cette porte tellement elle est agréable. Mais je vous en prie monsieur, je vous laisse l’honneur d’entrer le premier afin de déguster la magie de ce lieu.
- Merci.
- Donc, dès les premiers pas dans ce corridor chatoyant nous pouvons apercevoir les grandes pièces qui composent cette demeure luminescente. Commençons par notre gauche si vous le voulez bien et découvrez cette superbe cuisine équipée qui ne nécessite aucune retouche.
- Un évier et une hotte ne constitue pas vraiment la totalité des éléments d’une cuisine équipée, il me semble.
- Je vous l’accorde, mais ceci est pour vous laisser le plaisir d’y ajouter vos propres meubles de rangement et le choix entre une cuisinière électrique ou bien au gaz. Le principal est présent, le reste sera votre touche personnelle. C’est tout de même plus agréable que devoir détruire des armoires qui vous ne conviennent pas mais qui seraient inclus dans le prix. Et s’il vous plaît, observez la vue. Aucun vis-à-vis. De la lumière irradiante. Et de la verdure de toute part.
- Si je le voyais avec vos yeux je serais sans doute conquis mais nous sommes plein nord, le soleil ne sera jamais visible de ce côté ci. Pour ce qui est du vis-à-vis, la présence de cette immense route empêche probablement la construction d’immeubles immédiatement devant, mais à moins de cent mètres ces tours de vingt étages sont peu réconfortantes. Et enfin la verdure, comme vous le dites, il ne s’agit que de pauvres platanes disparates qui se distinguent peu du trafic automobile incessant.
- C’est parce que vous ne regardez pas du bon œil. Après moins d’une semaine vous ne penserez même plus qu’il y a une route et seuls ces superbes arbres ressortiront aussi clairement que dans une clairière. Mais je n’en peux plus, passons immédiatement à l’immense salon qui représente toute la magie de ce produit de qualité à un prix si dérisoire. C’est par là, venez, venez monsieur.
- Oh là, alors là… j’avoue j’en reste sans mot… Ce carrelage monstrueux à nouveau… Cette tapisserie insultante… Et ce faux plafond digne d’un bureau des Assedic… Oh non, pardonnez moi, je n’avais pas encore remarqué le bâtiment collé aux fenêtres. Juste du côté où l’on aurait pu avoir un peu de soleil. C’est absolument invivable. A moins que vos amis habitent juste en face, comme ça il vous suffit d’enjamber pour être chez eux. C’est remarquable. Je ne sais pas si c’est la faute de goût de l’intérieur ou l’entourage oppressant qui impliquent ce tarif si attractif. Je pense que j’en ai assez vu, je préfère vous laissez dans l’appartement de vos rêves mythomaniens. Bonne journée monsieur.
- Mais… vous ne pouvez pas partir ainsi. Vous n’avez pas encore vu la chambre et la salle d’eau. Il faut voir l’ensemble pour comprendre le réel potentiel de ce lieu enchanté. Ne vous arrêtez pas à de petits détails insignifiants qu’il vous sera si simple à corriger. Monsieur, revenez. J’ai déjà de nombreuses propositions d’achat, vous ne pourrez pas réfléchir bien longtemps et ensuite les regrets vous accableront. Ne laissez pas votre mauvaise humeur du moment gâcher les prochaines années de votre vie. Monsieur, prenez ma carte. Vous pourrez revenir visiter demain, une fois que la nuit vous aura conseillé plus posément sur ce somptueux palace presque donné. Monsieur ? Mais attendez monsieur. Je ferme la porte et je vous rejoins. Monsieur ?

Monsieur… ?
… bon, encore un de perdu… il va falloir utiliser des techniques plus agressives pour convaincre un de ces abrutis d’acheter ce taudis. A je vous jure quel boulot de merde je me paye. Rendre son prochain heureux en lui vendant des saloperies relève plus de la magie que du commercial…

Quoique… »

11/05/10

mardi 11 mai 2010

Le fait du bout low

Et le travail fut, bières et mini-fûts de pinard,
Au revoir la liberté, au revoir le peinard,
Fini le plumard, place au pognon et à l’égard,
Et oui les gars, me revoilà, le nauséeux, prenez gare,
Plus d’égare, le garnement a repris son abonnement,
La fin de la bonté et des sourires, tout bonnement,
Mais n’ayez crainte, je continuerais la lutte,
Nuire au système et voir sa mort est mon seul but,
Je rebaisse mon pantalon et fais la pute,
Et quand le grand patron sortira sa bite,
Un coup de cutter et ses couilles en orbite,
J’ai bouffer du bitume et en ai pris l’habitude,
La douleur ne s’oublie pas en prenant des tunes,
Alors j’appelle à la vengeance et son engeance,
Filles et fils, rage, haine, pouvoir et perte des sens,
Nous sommes unis pour le changement,
Après avoir été punis par les incompétents,
Mais voici venu leur temps,
La monnaie de leur pièce ça fait tant,
Le monde mourra en nous fêtant,
J’aurais aimé que les innocents survivent,
Mais la violence sera trop grande et trop vive,
Et finalement c’est l’être humain qui s’alignera,
Devant le mur d’exécution et se signera,
En espérant qu’il y ait autre chose après ce bordel,
Malheureusement nous avons vécu au bord de Hell,
Et à présent il faut faire un grand pas en avant,
Plonger dans l’enfer de la culpabilité enivrante.

10/05/10

lundi 10 mai 2010

Pères et cèpes sont

Mais soit la bienvenue petite dévergondée, notre club accueille toutes les insultes de ce monde trop prude. Nous somme la honte de cet univers. Ceux que la société rejette à cause des ses idées contre la norme abominable que l’on tente de nous imposer. Et qu’importe, car quoi qu’ils fassent nous existerons, nous naitrons dans les têtes réfléchissantes, nous procréerons dans les foyers écervelés, nous nous répandrons par les interstices grandissants de leur énorme vulgarité avilissante.
Oui ma fille, soit la bienvenue parmi la logique implacable de l’inconnu, au sein de la maison de l’incompréhensible, au cœur de l’exactitude parfaite de l’improbable, au milieu de l’indescriptible, dans l’idéal des sens infinis. Nous sommes tout et rien, surtout rien mais tant tout que l’on ne peut y poser un mot.
Tu as frappé à la bonne porte. Il n’y a pas d’erreur. Il n’y a pas d’entrée et pas de sortie, tu es apparue ici et ne pourra t’enfuir qu’en t’évaporant dans le meilleur ou le pire. Le croisement de la vie et de l’avis. Le choc des vices qui vissent en toi.
N’aie pas peur, ici il n’y plus de crainte à avoir, toute évolution te mènera au-delà ou ailleurs, et le mouvement est la seule chose qui compte. Par là tu trouveras ton prince charmant de conte et par ici la pince alarmante de cons. Les sens seront toujours privilégiés car les mots rabaissent l’indicible à une prison bornée d’or dont tu es la cible.
Ce que je te dis n’a probablement aucun impact sur toi pour le moment car à nouveau ces mêmes mots entendus mille fois durant ta vie se posent dans tes oreilles nouvellement ouvertes, mais leur agencement de te déstabilise. Que penser de ce fou qui te parle. Rien.
Mais un jour ce sera tout, et ce texte t’ouvrira les portes du supérieur. Alors enregistre et range, continue comme si de rien n’était, le chemin n’a pas de fin et tu n’en es qu’au début, alors continue. Un pas après l’autre, à ton rythme, avance et rempli ta hotte.
Bienvenue, bonjour et au revoir, nous ne nous reverrons que lorsque tout sera complet et alors tout ceci aura toujours été et ne sera plus jamais. Mais au fait, qu’est ce qui est et qu’est ce ?

09/05/10

dimanche 9 mai 2010

Rie bien, belle sans bambin

Que ne nie la quenelle,
Et que rie la querelle,
Inconnue, telle quelle,
Ni caniche, ni teckel,
Dans le caniveau actuel,
Cancan au niveau du rituel,
Quand manque le riz, elle tue,
Sous tutelle, en fond de ruelle,
Là où se ruent les fous,
Serrures fermées à double tour,
Au milieu et tout autour,
Sur mille lieux sans détour,
Sur terre et sur mer,
La sureté surmène,
Les énergumènes assurent,
Paris ou côte d’azur,
Couteaux et blessures,
Coupent les blés, c’est sûr,
Des petits dés d’usure,
Indécis dans la grande cité,
Gronde les messies non cités,
Il ne fallait pas les inciter,
Sans vouloir insister,
Ce que l’un sût,
L’autre l’ignore toujours,
Ignoble sans bon vignoble,
Mais si noble cigogne,
Un jour, on y gagne,
Dans la musique des cigales,
Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si,
Dormez bien, famille sans souci,
Si seulement ce n’était pas sans le sou,
Nous serions moins saouls,
Debout sur la table et non dessous…

08/05/10

samedi 8 mai 2010

Grenelle de la nouille

Bonjour mes belles !
Mais quelles magnifiques cuisses se présentent à mes yeux. Pas une trace de gras, pas une once de chair molle, que du muscle, rien que du muscle qui recouvre la fine ossature.
Mesdames, permettez-moi de vous caresser sous un délicat filet d’eau tiède. J’en palpe une première paire, la dépose sur le côté, puis passe à une de ses nombreuses compagnes dans l’attente d’un zest d’amour.
Après quelques brèves minutes, lorsque toutes ont gouté au massage de mes doigts, il est temps de les déposer dans un doux bain de farine qui les camouffle dans un linceul blanc. Ensuite les merveilleuses se mettent à dialoguer avec les échalotes et petits morceaux d’ail dans un lit d’huile d’olive. La musique commence, les odeurs apparaissent de ce mariage et mon corps vibre en accord avec la magie qui s’accomplit grâce à ma maigre participation.
Dix minutes s’écoulent, le paysage s’est modifié pour atteindre la perfection d’une peinture de maître et le feu s’éteint. Le calme revient malgré l’activité incessante des jolies cuisses accouplées. L’heure est venue de passé au salon. Les verres de vin blanc sont plein, L’art de Miles rempli l’atmosphère, le ciel se dégage lentement, le festin peut commencer.
Les premières bouchées révèlent le miracle qu’il s’est produit depuis quelques instants, puis l’esprit se laisse totalement absorber, se dissout dans l’appréciation indescriptible et éphémère des gambettes. Le temps observe, envieux, les évènements qui se déroulent avec innocence. Si Dieu il y avait, ce dernier se serait joint au spectacle.
Enfin, la fin du bonheur se montre, timide et désolée, et le café vient clore cette chanson depuis si longtemps muette. La sieste et les rêves de ces moments passés avec tant d’affection éclairent la scène de leur obscurité berçante. L’après-midi peut se terminer dans l’inaction salutaire de ce petit miracle.

07/05/10

vendredi 7 mai 2010

J’aime ce broc gnome

Je me sens bien,
Tellement bien,
Je savais que ce serait ainsi,
Et je me sens bien,
Quand je te tiens dans mes bras,
Je sais que je ne peux te faire aucun mal,
Mais j’ai besoin de te posséder,
Et quoi qu’il arrive,
Et bien je me sentirais bien.

Certains gens se font de l’argent,
Avec de l’art gentil,
Avec du lard aux lentilles,
Mais nous, on est anti,
On veut que le monde soit les Antilles,
Tout le monde en short et espadrilles,
Ce sera la top, la liberté sans grille.

Abandonne,
C’est l’heure de perdre,
Mais oui ma belle,
Abandonne,
C’est l’heure de perdre,
Tout seul,
Je suis tout seul, même avec toi,
Nous sommes tout seul, surtout ensemble,
Alors abandonne, beauté,
C’est l’heure de perdre.

06/04/10

jeudi 6 mai 2010

Le chat tôt vire en…

Et ils partirent au château, sans chapeau mais avec leur casque de moto. La route ne fut pas aussi agréable qu’ils l’eussent pensé, autoroute et départementales d’une tristesse et d’une monotonie soporifiques après ce lourd déjeuner à base de pâtes et de seiches avec des pattes et pas sèches.
Puis soudain, trois misérables kilomètres dans une nature de vignes et le domaine apparut, salvateur, sous leurs yeux humides. Au loin, le rocher Virant les salua et leurs ouvrit les portes du paradis. La charmante hôtesse les allégea de leur protection crânienne et les laissa se promener en toute liberté dans l’allégresse somnolente de la cave. Les fûts de chêne propageaient leur odeur envoutante sous la courbe sensuelle de la voûte rocheuse. Les années défilaient avec indifférence, les arômes s’épanouissaient à l’intérieur dans une quiétude immuable, impassibles face à l’acharnement des éléments extérieurs.
Ils continuèrent leur visite par ces étranges machines d’une complexité mécanique autant naturelle qu’humaine qui nettoyaient, pressaient, mélangeaient les olives et l’insaisissable pour en extraire le nectar du bonheur culinaire. Magie au repos mais pleine des échos de l’activité écoulée durant tant d’années.
S’ensuivit la danse robotique parfaite en précision qui déposait la capsule sur chaque bouteille pleine et vierge, la serrait avec amour avant de la faire glisser dans les bras roulants qui déposaient le label de la splendide avant de l’envoyer jusqu’au disque de métal circulant en attendant d’être retirer par une main ferme qui la guiderait dans un carton où cinq jumelles l’y rejoindrait avant fermeture et expédition chez le futur serviteur du délice.
Finalement le spectacle prit fin, ils retournèrent voir la jolie qui les avaient accueillit et commencèrent la dégustation si brève à cause de leur si farouche monture. Les goûts nouveaux et surprenants caressèrent leur palais, les idées de festins et de réunions joyeuses remplir leur cerveau, leur cœur battait le rythme de la jouissance gustative.
Ils remplirent leurs sacs, les harnachèrent au fougueux frelon et repartirent vers leur demeure Marseillaise. Un rapide passage chez les merveilleux bulgares et l’apéro éternel pouvait enfin commencer. Les verres ondulèrent du vide au plein ; les olives, anchoyades et autres délicatesses comblèrent les appétits et les attentes. Le bonheur dans son immense simplicité était atteint et comblé.
Et la soirée dura et dura et dura… à tout moment, venez voir, elle dure sans doute encore.

05/05/10

mercredi 5 mai 2010

La Fa Mi La Do Ré

« Oh, mais quelle belle surprise ! Entre donc mon petit fils, ta grand-mère va être ravie de te voir. Nous parlions justement de toi pas plus tard que ce midi, et nous nous disions qu’il serait si agréable de te revoir et d’en savoir un peu plus sur la merveilleuse vie que tu sembles mener. Bien sur, nous savons à quel point tu es débordé et que notre compagnie n’est sans doute pas des plus enrichissantes, mais la famille est ce qu’il y a de plus important et la fierté que tu nous donnes sera toujours plus insatiable au fur et à mesure que nous nous rapprocherons de nos derniers jours en ce monde.
- Et bien papi, en voilà de jolies paroles, mais je crois que vous surestimez ma valeur dans cette société chaotique. Je ne suis qu’un simple petit employer de banque et me contente d’apporter une bien maigre contribution à l’immense édifice financier international. Il n’y a pas vraiment de raison d’être fier de moi, je fais mon travail et comme vous me l’avez toujours appris, qu’importe le travail, l’important est de le faire au mieux, et c’est ce que j’essaie de faire chaque jour de la semaine, sauf celui du seigneur.
- Voyons petiot, tu es trop modeste. Regarde comme tu es somptueusement habillé, la belle voiture que tu possèdes et ce sourire charitable que tu portes avec tant de sincérité. Ah, si tes parents ne s’étaient pas suicidés à cause de ces escrocs d’assureurs sans cœur ni âme, je sais qu’ils seraient encore plus fiers que nous le sommes. La vie n’a pas été toujours charmante avec toi et pourtant tu n’as jamais baissé les bras et tout ce que tu as, tu l’as gagné à la sueur de ton front sans vicieuseries quelconques. »
La grand-mère entre dans la pièce, toute courbée sur sa canne et avance difficilement jusqu’à la chaise la plus proche avant d’y tomber douloureusement. Elle lève alors péniblement la tête vers son petit fils et s’exclame : « Oh, Dieu soit loué ! Mais c’est le petit Louis. Regardez comme il est beau, il n’en fini plus de s’embellir, il sera bientôt plus beau qu’une sculpture grec. Hein, Jean qu’il est beau ? Et tu lui as dit comment qu’on était fier de lui ?
- Mais évidemment que je lui ai dit, mais il est trop modeste, il se rabaisse à chaque compliment. Il est vraiment merveilleux, on ne pourrait pas être plus heureux. Ce n’est plus un homme, c’est un saint. Ah si je n’étais pas en chaise roulante je te sauterais au coup et je ne te lâcherais jusqu’à ce que mon cœur explose de bonheur.
- Arrêtez, vous me mettez mal à l’aise avec toutes ces belles émotions. Si vous n’aviez pas été là, je ne l’aurais pas été non plus, vous savez. Je ne suis que le fruit de votre amour, donc vous pouvez être fiers de vous-même avant tout. Mais je vois que le temps passe, et malheureusement je ne suis pas venu pour profiter de votre si plaisante compagnie. Je n’ai pas une minute de libre, toujours esclave de mon travail, et lorsque j’ai vu votre nom dans mon fichier je me suis permis de venir en personne afin de pouvoir vous voir quelques instants tout en continuant les lourdes tâches qui me sont confiées. Donc pour en venir aux faits. Si je suis ici c’est avant tout pour vous rappelez que vous n’êtes plus en mesure de payer vos différents crédits, et avec la dernière hospitalisation de mamie les choses ne se sont pas arrangées pour votre compte bancaire. Je vous remets donc cette lettre d’expropriation et vous demanderais de bien vouloir libérer les lieux avant la fin de la semaine afin que nous puissions revendre cette pauvre demeure et tenter de corriger les nombreux impayés passés. Pour ce qui est de l’avenir, vos revenus étant plutôt réduits je vous conseillerais de vous rendre dans une maison de retraite le plus rapidement possible afin d’éviter de nouveaux frais d’hospitalisation qui ne sauraient tarder vu votre état actuel.
Voilà, tout est dit, le temps passe toujours et le travail n’avance guère, je vais donc vous laisser préparer les diverses commodités pour votre départ. Je vous aime toujours plus et espère vous revoir très bientôt, mais avec un peu de chance hors de mon travail. Je vous embrasse. »
Le petit fils quitta la pièce avec le même sourire candide après avoir étreint affectueusement ses grands-parents bouche bé.

04/05/10

mardi 4 mai 2010

L’aval, heure de la scie est-ce ?

C’est certes l’heure de la sieste. Après l’effort, café et confort, je m’endors. La lumière du ciel grisâtre se tamise doucement, la pénombre étend son grand drap sur mes paupières lourdes, je sombre dans un monde fait d’évènements de la matinée et d’une irréalité absurde mais nécessaire.
Des lieux étranges se forment et se transforment avant de pouvoir y entrer pleinement, le ronronnement d’un moteur semble me suivre sans que je puisse voir le moindre véhicule, des vignes sortent du parquet de lambris et les raisins murissent à tout allure avant de devenir un liquide qui coule, limpide, des branches feuillues pour colorer le bois sous mes pieds. Les murs s’émiettent en silence laissant apparaître une immense paroi de verre qui m’entoure. Le vin monte le long de mes chevilles, son odeur délicieuse emplit lentement mes narines, mon palet salive et mes pupilles se dilatent sous le désir rouge qui commence à remplir cette pièce de verre et de vignes. Bientôt, le niveau de ce nectar dépasse mes hanches et soulève mon corps, libre de s’allonger pour flotter en cercle à l’intérieur de ce verre géant. Je me retourne pour plonger ma tête sous la surface et ouvre ma bouche qui se rempli de goût et d’enchantement. J’avale et soudain une explosion d’émotions envahit mon esprit troublé. Qui suis-je ? Qu’importe. Quel est le sens de tout ceci ? Qu’importe. Le vin me porte dans les profondeurs de mon rêve et mon conscient s’évapore complètement, incapable de pouvoir comprendre la magie de cet univers, incapable de pouvoir l’enregistrer dans la mémoire endormie. Je disparais de l’existence, vais là où l’Homme n’a pas sa place ou son mot à dire. Les mots n’existent plus, la compréhension est au-delà du sens. Le temps a cessé d’être, je ne saurais jamais ce qu’il s’est passé là-bas mais mon cœur en porte le souvenir et refuse ou ne peux le communiquer à mon cerveau.
Lorsque je m’éveille enfin, une demi-heure s’est écoulée et pourtant j’ai l’impression d’avoir vécu une vie de bonheur loin d’ici. La sérénité a pris la place de la fatigue. Une paix intérieure domine tout mon être. Cette sieste fut la meilleure et pourtant je ne pourrais jamais l’expliquer et je sais que demain elle ne sera déjà plus qu’un vague souvenir imaginaire. La pluie molle me rabaissera le moral et tentera de m’amener des idées tristes. Mais à l’instant, je suis incroyablement reposé et me sens d’attaque pour affronter cette journée de grisaille, car mes yeux la repeignent aux couleurs d’un arc-en-ciel et ma joie restera inaltérable jusqu’au prochain jour.
Certes, ce fut une bien belle sieste.

03/05/10

lundi 3 mai 2010

Plis ou blis

Il y a des temps d’abstraction totale où la mémoire rejette tout un pan d’existence…

02/05/10

dimanche 2 mai 2010

Par Tea Time

C’est un fait, c’est l’heure de la fête. Alors rehaussez-moi donc ces lèvres tristes, ces sourcils tombants, ce menton qui traîne sur le sol et ces épaules qui semblent porter toute la misère d’une vie. Le concept de la fête est de vivre réellement et pleinement l’instant présent, ce qui fut n’existe plus et n’a jamais existé, le passé est un rêve ou un cauchemar et maintenant qu’on ouvre les yeux, il s’évapore.
Les verres se remplissent puis se vident dans une magnifique boucle cyclique qui ne prendra jamais fin car le futur n’est pas. Ce moment est infini et varie au rythme de la musique. Les mots volent à travers la pièce en tout sens formant des phrases communautaires au-delà de la compréhension grammaticale, seul le cœur peut les comprendre et s’en réjouir sans définition.
L’ambiance chaleureuse serre tout le monde dans ses bras moelleux et ravive cette partie de l’Homme qui dort si souvent. Voilà la vie dans toute sa simplicité, l’univers s’ouvre à tous et révèle les secrets de l’unicité polymorphe. Cet instant ne peut être décrit plus profondément car les mots ont cette sale manie de vouloir cloisonner l’indéfinissable dans une structure à une seule dimension. Ce sont le corps et l’âme qui peuvent ressentir ces émotions intemporelles. Inutile de les ancrer au fond de la mer de la connaissance, elles flottent à leur gré puis prendront leur envol quand les yeux ne pourront plus rester ouverts.
Allez-y joyeux esprits, profitez de cette éternité dans l’espace sans fin.

01/05/10

samedi 1 mai 2010

Salut Maît'e

Allumage de l’allumette,
Hallucination sur la comète,
Salutations du commis chef,
Haussement de ton des conifères,
Faussement bon, inconnu, que faire,
Toussotements, son incalculable de fer,
Tout sottement son inculte âme en enfer,
Aussi sainement qu’un cul d’âne se serre,
En saucisson, le recul à rien ne sert,
Une sauce citron rebute par l’amer,
Un faux piston chahute sur la mer,
Un beau fiston dans une hutte de chat sans mère,
Rognons pistou, la lutte sincère,
Rots et gnons culbutent puis s’insèrent,
Le pognon suppute sur l’ère,
Pas de pot, non, se fut clair,
Papé mignon souffle dans l’air,
Palpe les minois souples et débonnaires,
Pantin pantois se saoule de bonne heure,
Plaisantin sournois sous le bonheur,
Tu plais un temps puis dissous ton honneur,
Plein tant que t’as dix sous dans le carburateur,
Puis se plains samedi, suivant le chiropracteur,
Qui sent le sapin sans pudeur,
Ou le pissenlit en puanteur,
Et pisse au lit aux petites lueurs,
Peace, pouce, passe, salut les heurts,
Pousse-pousse et passe-passe de tueur,
Une rousse se prélasse en fureur,
Dans la brousse et les prés enfouis,
Et rebrousse si près du cambouis,
Retrousse ses gambettes fines,
La frousse embête les filles,
La trousse rempli de bêtise,
Grosses emplettes de défi,
Les brosses s’empilent en délit,
Coups de crosses pile en hélice,
C’est atroce, où est l’île aux délices ?

30/04/10