lundi 31 mai 2010

Rots chez et merde à Zur

Les belles calanques, merveilles de la nature méditerranéenne, votre vue retrouvée m’a comblé de ce plaisir visuel qui semblait perdu dans les méandres de mon esprit endormi.
Satisfaction physique et mentale, qui malgré la fatigue, redonne une énergie nécessaire à la survie citadine. Si proches et si isolées à la fois, les rochers et la garrigue hurlent la présence d’un dieu de l’esthétique. Le hasard ne peut être le seul responsable. Vous n’existez que là, vous existez pour rappeler notre taille de fourmi, vous êtes éternelles comparé à notre vie d’étincelle.

Les beaux touristes, merveilles de notre société de consommation, votre vue continue d’insulter la beauté de ces lieux. Vos couleurs dépareillées, vos ustensiles inutiles et à la mode, vos marques arrogantes, vos paroles vomies de toute leur puissance pour vous donner l’impression d’être plus gros que le bœuf. Crapauds de la modernité, vous gonflez un peu plus chaque été, plus nombreux et moins heureux, vous voulez posséder chaque galet. Barboter n’a pas d’intérêt, c’est brûler que vous souhaitez, pour que le lendemain, dans votre bureau contreplaqué, la rougeur de votre peau saute aux yeux de vos collègues pâlichons et déprimés. Rabaisser autrui pour être au-dessus de lui. Car si vous ne pouvez monter vers le bonheur, autant faire descendre son prochain vers plus de malheur.

Le beau mistral, merveille des vents chaleureux, tu souffles de toutes tes forces pour tenter de nettoyer cette vulgarité qui te nargue et te crache au visage dès que tu approches. Le glaviot s’en retourne alors vers son propriétaire, car tu restes inatteignable et puissant, sculpteur de la roche et des mers, mon respect seul ne s’envole pas dans tes bras. Souffle, souffle encore, bientôt ces grossiers seront suffisamment lissés pour ne plus te provoquer mais simplement pliés sous ta verve pleine de grâce face à leur graisse. Souffle, souffle, chaque espoir d’exposer la chair dégueulasse s’éteint comme une bougie à ton anniversaire. Bientôt, les gros porcs rentreront au port pour griller calmement dans leur baraquement et alors tu pourras continuer en paix ton incroyable sculpture de notre monde.

30/05/10