lundi 24 mai 2010

Là, ni verre, sert

Et voilà, trente et un,
Jean et chemise, c’est mon trente et un,
Bar de la plaine, c’est aussi le 31,
Par contre je bois vingt trente et un plus vingt à 45%,
Trop vieux pour faire le calcul, j’accumule,
Et je pense pas que ça recharge mes accus de vieille mule,
Complètement plein et pourtant léger comme une plume,
Le nez qui coule des fois à cause d’un rhume des foins,
C’est le moment de faire gaffe à sa santé et d’en prendre soin,
Les vingt ans arrogants semblent bien loin,
A l’époque on prenait la vie sans gant,
On se voyait mort dans moins de dix ans,
On avançait en se disant le futur est dérisoire,
Et finalement, sans regret on pousse sans engrais,
On s’engraisse pas non plus à son gré,
Bien qu’on y a songé pendant les fêtes de congés,
Mais le corps gère encore et l’esprit est d’accord,
On continue de prendre les virages à la corde,
Parce que la poussière on aime la mordre,
Et il vaut mieux dans tout ce désordre,
Sinon on se désole, à terre rien ne décolle,
Et c’est pas les profs qui te l’apprennent à l’école,
Pas de bol, mais c’est derrière les mûrs qu’il y a un décor,
Et tu ne le vois vraiment que quand tu sors,
Enfin commence le véritable essor,
Les idées bondissent sur leur ressort,
Car il y a tant d’espace dehors,
Alors on peut vieillir presque sereinement,
Avec l’âge s’améliore le discernement,
L’oasis d’un désert ne ment pas cruellement,
Les mirages s’effacent et tu comprends ce que tu as cru,
Seuls les salades et les sushis sont meilleurs crus,
Et pour finir, il paraît que 2010 sera un excellent cru.

23/05/10