lundi 17 mai 2010

Et lu culs bras si on

Et la murge continua…
Bonsoir très chères et très chers, vous arrivez bien tard ce soir, et l’apéro fut entamé il y a déjà fort longtemps il me semble.
Ah, mais vous ne venez pas les mains vides, un peu de rouge, un peu de rosé, autant tout mélanger après toutes ses bulles ingurgitées. Quel plaisir de voir le décor danser ainsi, ça ne vous embête pas si je reste assis ? Car même si mon cadavre a l’air inerte, mon esprit s’agite dans tous les sens. Pas de répit pour la matière grisâtre marinée du moment que l’on reste bien arrimé à jacter et à rimer, si j’ose m’exprimer. Et vous savez comme j’ose avec tout ce que j’arrose entre les brèves pauses. Sentez l’osmose, buvez jusqu’à la symbiose, mangez peu pour l’apothéose. Un peu de thé pour tout ce beau monde ? Ce n’est pas encore l’été, mais écoutez après avoir gouté comme il approche. L’hiver est dans la poche, le printemps a sonné les cloches, une séance de cinoche et hop le voilà tout proche, alors aucun reproche si vous ne voulez pas lui foutre la pétoche et qu’il refasse encore tout moche. Si le vent souffle s’est pour l’amener plus vite près de nous. Ce sera violent, rapide ou lent, ce sera violent. Je le sens déjà. Il avance en cadence. Il vient du sud bien décidé. Les nuages sont décédés, le soleil les fait céder, et la saison est là pour l’aider, personne ne sera lésé, sortez les parasols zébrés et soyez prêts à célébrer. Allez, ombré, jours heureux en nombre et jours sombres dans les tombes, le bonheur va imploser comme une bombe.
Bon, ça va, c’est bon ? Pop corn et bonbons. Bête à deux cornes et torse bombé. L’insomnie va tomber, plomber par les substances insoumises, je mise et remise, tant pis si je perds ma chemise et fuck la crise, le pognon n’est pas la cerise, l’optimisme est plein de surprise et personne ne me l’a prise, la leçon bien apprise, c’est dans la joie que j’incise, peinarde assise, une proie facile et incomprise par les cons qu’on écoute trop souvent sous le vent soulevant les jupes sous jacentes qui sentent la lutte des classes pas importantes et pourtant bien portantes dans leur misère constante grandissante pas consentante mais qu’on entend tout le temps à cause des gars pas contents pour une raison plus valable qu’une saison et ça on le sait car on saigne sous cette enseigne qui peigne à rebrousse poil pile poil et pille la toile de sa rousse étoile sans voile et vague mais pas sans vague à lame tranchante de l’âme des quidams damnés dans les prochaines années avec leurs chaînes fanées tannées panées vannées et nez à nez avec le néant… Hi han, hi han…

16/05/10