Grenelle de la nouille
Bonjour mes belles !
Mais quelles magnifiques cuisses se présentent à mes yeux. Pas une trace de gras, pas une once de chair molle, que du muscle, rien que du muscle qui recouvre la fine ossature.
Mesdames, permettez-moi de vous caresser sous un délicat filet d’eau tiède. J’en palpe une première paire, la dépose sur le côté, puis passe à une de ses nombreuses compagnes dans l’attente d’un zest d’amour.
Après quelques brèves minutes, lorsque toutes ont gouté au massage de mes doigts, il est temps de les déposer dans un doux bain de farine qui les camouffle dans un linceul blanc. Ensuite les merveilleuses se mettent à dialoguer avec les échalotes et petits morceaux d’ail dans un lit d’huile d’olive. La musique commence, les odeurs apparaissent de ce mariage et mon corps vibre en accord avec la magie qui s’accomplit grâce à ma maigre participation.
Dix minutes s’écoulent, le paysage s’est modifié pour atteindre la perfection d’une peinture de maître et le feu s’éteint. Le calme revient malgré l’activité incessante des jolies cuisses accouplées. L’heure est venue de passé au salon. Les verres de vin blanc sont plein, L’art de Miles rempli l’atmosphère, le ciel se dégage lentement, le festin peut commencer.
Les premières bouchées révèlent le miracle qu’il s’est produit depuis quelques instants, puis l’esprit se laisse totalement absorber, se dissout dans l’appréciation indescriptible et éphémère des gambettes. Le temps observe, envieux, les évènements qui se déroulent avec innocence. Si Dieu il y avait, ce dernier se serait joint au spectacle.
Enfin, la fin du bonheur se montre, timide et désolée, et le café vient clore cette chanson depuis si longtemps muette. La sieste et les rêves de ces moments passés avec tant d’affection éclairent la scène de leur obscurité berçante. L’après-midi peut se terminer dans l’inaction salutaire de ce petit miracle.