Le chat tôt vire en…
Et ils partirent au château, sans chapeau mais avec leur casque de moto. La route ne fut pas aussi agréable qu’ils l’eussent pensé, autoroute et départementales d’une tristesse et d’une monotonie soporifiques après ce lourd déjeuner à base de pâtes et de seiches avec des pattes et pas sèches.
Puis soudain, trois misérables kilomètres dans une nature de vignes et le domaine apparut, salvateur, sous leurs yeux humides. Au loin, le rocher Virant les salua et leurs ouvrit les portes du paradis. La charmante hôtesse les allégea de leur protection crânienne et les laissa se promener en toute liberté dans l’allégresse somnolente de la cave. Les fûts de chêne propageaient leur odeur envoutante sous la courbe sensuelle de la voûte rocheuse. Les années défilaient avec indifférence, les arômes s’épanouissaient à l’intérieur dans une quiétude immuable, impassibles face à l’acharnement des éléments extérieurs.
Ils continuèrent leur visite par ces étranges machines d’une complexité mécanique autant naturelle qu’humaine qui nettoyaient, pressaient, mélangeaient les olives et l’insaisissable pour en extraire le nectar du bonheur culinaire. Magie au repos mais pleine des échos de l’activité écoulée durant tant d’années.
S’ensuivit la danse robotique parfaite en précision qui déposait la capsule sur chaque bouteille pleine et vierge, la serrait avec amour avant de la faire glisser dans les bras roulants qui déposaient le label de la splendide avant de l’envoyer jusqu’au disque de métal circulant en attendant d’être retirer par une main ferme qui la guiderait dans un carton où cinq jumelles l’y rejoindrait avant fermeture et expédition chez le futur serviteur du délice.
Finalement le spectacle prit fin, ils retournèrent voir la jolie qui les avaient accueillit et commencèrent la dégustation si brève à cause de leur si farouche monture. Les goûts nouveaux et surprenants caressèrent leur palais, les idées de festins et de réunions joyeuses remplir leur cerveau, leur cœur battait le rythme de la jouissance gustative.
Ils remplirent leurs sacs, les harnachèrent au fougueux frelon et repartirent vers leur demeure Marseillaise. Un rapide passage chez les merveilleux bulgares et l’apéro éternel pouvait enfin commencer. Les verres ondulèrent du vide au plein ; les olives, anchoyades et autres délicatesses comblèrent les appétits et les attentes. Le bonheur dans son immense simplicité était atteint et comblé.
Et la soirée dura et dura et dura… à tout moment, venez voir, elle dure sans doute encore.