dimanche 31 octobre 2010

L'avis est un pot âgé

La mûre... j'ai envie de parler de la mûre... Quand la mûre est mûre, il faut la consommer sans attendre mais sans se presser non plus sous risque de ne pas en profiter pleinement et de la voir disparaître dans l'estomac en laissant un léger goût amer. Il faut la préparer, l'accoutumer avec son environnement et la savourer lentement mais à chaque instant.
J'avais une mûre, il y a quelques années, et je l'ai laissé pourrir sur son arbre. Sous prétexte qu'elle était là, à moi, je pensais qu'elle durerait toujours sans avoir besoin d'en prendre soin et puis un jour elle est tombée, a roulé au loin, et j'ai perdu la mûre...
Depuis, je me dis que ce n'est pas un fruit pour moi. J'en ai vaguement croisé d'autres, mais je n'y ai porté aucune attention et je les ai laissé où elles étaient. Je ne veux pas attendre qu'elle soit mûre et commencer à l'imaginer dans un gâteau, un yaourt ou un autre plat délicieux car en se donnant trop on risque de finir soi-même en confiture. Alors je n'y pense pas, sauf rapidement de temps en temps, et je reste à distance.
Récemment, deux de mes amis sont devenus totalement accros à la mûre. Ils sont tout rayonnants, ne voient pas les autres fruits qui poussent aux alentours et ne mangent plus que de ça. Contrairement à moi ils gèrent plutôt bien leur mûre mais ce n'est que le début. Ils n'ont pas encore pris l'habitude de voir la mûre joliment à disposition constamment. Lorsque ce sera le cas, on verra bien comment ils la gèrent ces nouveaux jardiniers.
En tout cas, j'ai quelques bonnes poires sous la main et j'en profite sereinement sans aucune complication. Parce que la poire est bien moins demandante au niveau de l'entretien. On peut se consacrer à d'autres fruits sans risquer de devenir un légume.
Parfois je me paye des pommes mais ce n'est pas particulièrement sucré ni intéressant pour n'importe quel dessert alors j'essaie d'éviter. Mais c'est plus fort que moi. Sans doute l'amertume d'avoir perdu la mûre...
Bon, ça commence un peu à partir en chips et je ne suis pas trop patate alors je vais m'arrêter là. On pourrait passer la journée à écrire sur la faune et la flore mais la nature est toujours plus agréable à vivre réellement plutôt que par le biais de descriptions linguistiques. Donc je retourne patauger dans mon potager avant d'être trop âgé.

30/10/10

samedi 30 octobre 2010

Bée n'est diction

"Bonjour mon prêtre.
- Mon Père.
- Votre père ? Heu non, là je crois que vous faites erreur. Même si j'ai peut-être quelques enfants secrets dont une donzelle m'aurait tu l'existence, je ne pense pas que vous soyez jeune à ce point. Et je l'espère.
- Mon fils, je...
- Comment ça ? Mon fils, mon père, il faut vous décidez. J'ai déjà du mal à affirmer une croyance en un quelconque potentiel Dieu, alors si vous vous comportez comme un fou, ça va pas arranger les choses.
- Non, mon fils. Calmez-vous. Ce que je veux dire c'est que vous êtes sensé m'appelez mon Père, et moi je vous appelle mon Fils. Mais il ne s'agit pas de lien de parenté.
- Bon... comme vous voulez... mais je dois avouer que ça commence mal cette affaire. Dans le genre louche, c'est bien barré.
- Vous pouvez m'appeler comme vous le désirez, si vous êtes mal à l'aise avec cette formulation.
- Non, non, pas du tout. Je ferais comme vous faites d'habitude. Si je suis là après tout c'est pour essayer de pas avoir l'âme qui brûle en enfer. Parce que j'ai entendu à la radio tout un tas d'actions qui entraine ce genre de damnation éternelle. Et vrai ou pas, je me sens pas trop de prendre le risque. C'est déjà suffisamment la merde dans ce monde et ça ne fait que trente piges que j'y suis, alors je me dis l'éternité ça doit être salement long, donc autant pas tout gâcher avec des petites erreurs faut d'avoir lu le manuel d'explications.
- Vous êtes non pratiquant donc ?
- Pratiquant ? Pratiquant de quoi ? Parce que j'en pratique des trucs vous savez.
- Pratiquant de la religion mon Fils.
- Ah ! Ben non, je suis pas pratiquant. Mais c'est surtout faute de temps et d'occasions. Vous savez on m'a pas bourré le crâne dans la jeunesse et ensuite personne m'a dit les risques que j'encourrais. A part hier le type de la radio et là, je me suis alarmé.
- Il n'est jamais trop tard pour ouvrir son cœur à Dieu et racheter ses fautes. Vous souhaitez donc vous confesser mon Fils ?
- Holà, une seconde. Comment ça il est jamais trop tard ? Jamais de chez jamais ?
- Non mon Fils. Dieu pardonne à ceux qui le reconnaissent. Qu'importe le temps qu'il faut à votre âme pour le découvrir.
- Oh putain. Mais alors on m'a fait peur pour rien sur ce coup là. Écoutez, vous êtes super sympa et tout et tout mais là j'ai pas vraiment que ça à faire et si je peux racheter mon âme plus tard je vais pas m'emmerder à le faire de suite. Je pense même que je vais attendre le dernier moment. Genre sur mon lit de mort. Hop, juste avant de caner, je reconnais le gars qui crèche là-haut et à moi l'éternité entouré de donzelles sexy.
- Mon Fils, on ne marchande pas avec Dieu. Il vous observe à chaque instant et vous jugera sur vos actes lorsque vous vous présenterez devant lui. Et il n'y a pas de "sexy" au paradis. Les anges sont asexués mon Fils.
- Quoi ? Quoi ? Mais chez la concurrence on parle d'un troupeau de vierges en récompense et vous vous offrez l'éternité en tant qu'eunuque ? Tout ça si en plus on garde sa queue bien sagement rangée d'ici là ? Pouarf, alors là je suis désolé padre mais je crois que je suis pas preneur. A la limite l'enfer doit être plus accueillant. Faudrait contacter le commercial qui s'occupe de votre boîte parce qu'à ce rythme là vous allez faire faillite. Je suis même étonné que ce soit pas déjà fait. A notre époque nom de dieu. Faut être taré pour adhérer à ce genre de club.
- Mon Fils, surveillez votre langage je vous prie.
- Ouais c'est ça, je vais vous souiller les ouïes avec mes propos ? Vous avez peut-être des regrets de vous êtes planté de compagnie et d'avoir signé un CDI en plus, mais moi je me laisserais pas avoir bêtement. Je vous remercie pour le petit éclaircissement et vous souhaite tout plein de bonheur au pays des puceaux. Mais moi la vie m'attend, alors bonne journée... et sans doute à jamais !"

29/10/10

vendredi 29 octobre 2010

Monte âge, Vie des hauts

On n'a rien à dire alors on cause... sauf aujourd'hui... plongé dans l'ambiance du tournage, du montage, immersion totale dans cet univers égoïste où autrui n'existe plus. Le monde n'existe plus que derrière les petits écrans de monitoring. Quel est ce personnage qui gigote sur le rythme de la musique et des paroles ? Ce n'est pas moi, c'est un double fictif venu de l'imaginaire. Il existait dans ma tronche et se dessine doucement sous mes directives. Moi, moi, moi et lui. Bientôt il n'y aura plus que lui. Plus réel que moi. La caméra ancre une personnalité étrange dans notre univers. Il vient d'ici, il se transforme au moment du "rec", et évoluera au fur et à mesure des "cut" et des "edit" pour devenir cet individu figé et pourtant tellement plus mouvant que moi.
Je l'ai rêvé, Sony ne l'a pas fait, c'est un de ses collègues qui m'aide et ce n'est pas un cadeau. La solitude n'est qu'un concept qui n'a aucune prise sur ce monde que je modèle. La concentration est si intense que les heures s'enfuient sous mon regard. Les repas sautent. Les amis poursuivent leur vie. Je ne suis plus qu'un fantôme. Une apparition dans la neige d'une télévision sans spectateur. Il y eu la recherche, maintenant il y a la création. Plus rien n'a d'importance en dehors d'elle. L'ectoplasme dépense toute son énergie avant de s'évaporer à la fin de cet acte imaginé mais pas imaginaire.
Ensuite, il y aura une autre phase. Celle du jugement. Sans intérêt pour le moment. Le monde sera le même qu'avant que je le quitte et restera le même après que je sois revenu avec cette chose venue d'ailleurs. Il n'y a pas de désir de changement. Juste un geste. Comme une partie de foot entre amis. Seul le ballon compte pendant la durée du match, puis, au coup de sifflet final, on retombe au même endroit qu'en entrant sur le stade. Il faut être à un niveau bien plus élevé pour pouvoir influencer les masses. Je suis tout en bas. Je n'influence rien mais je libère cette créature qui me ronge de l'intérieur et demande à sortir. Lorsqu'elle sera loin, il faudra juste se remettre à la recherche d'autre chose. Et peut-être qu'un jour, je tomberai sur cette créature lumineuse qui sera le petit grain de sable capable de briser l'immense machine mondiale pour en fabriquer une meilleure.
Mais pour l'instant, il n'y a que celle-ci, faible, presque vide, sans fond, qui sort à toute allure pour s'échouer dans la virtualité infinie. Elle hurle, se débat, implore pour sortir, alors je l'aide. Je l'aide pour que sa voix ne m'importune plus et que je puisse vite retourner à la recherche d'une plus belle. Car je le sais, elle est là, cachée, discrète, loin, très loin dans un recoin de ce cervelet en agitation. Et je refuse de m'abandonner à une vie concrète et monotone avant de l'avoir trouvée et faite sortir...

28/10/10

jeudi 28 octobre 2010

Sape art, le déco a

"Je ne peux pas laisser passer ça. Je suis sincèrement désolé mais... non, pas sincèrement en fait... pas du tout même. Tu ne croyais pas t'en sortir comme ça j'espère ? C'est tout bonnement indécent. On ne traite pas les gens de cette façon. Oser leurs proposer un produit inutile... Quelque chose qu'ils n'ont pas besoin, qu'ils n'utiliseront que parce que tout le monde aura déboursé des ronds pour cette connerie. Tu te moques de moi. Je refuse de participer à cette nouvelle aliénation de la masse.
- Mais ce n'est pas moi qui l'ai inventé. Ce n'est qu'un travail. Et dans notre situation économique actuelle, on ne peut pas refuser un travail. Aussi indécent soit-il, on doit accepter. Et ce n'est pas comme si j'étais le premier à vendre un outil inutile qui deviendra par la suite indispensable. C'est l'époque qui veut ça. Les gens veulent faire partie du tout. S'identifier dans la possession d'objets que le reste du monde accepte. Je n'y peux rien.
- Mais si tu y peux. Bien sûr que tu y peux. C'est une évidence. Tu es l'indigne représentant du développement de cette propagande mondialiste qui asservi le peuple et le rend plus idiot qu'il l'est déjà. Et ta cible... ta cible bordel... les 2-80 ans ? Mais c'est toute l'humanité que tu agresses. Tu veux être un membre de cette fausse révolution technologique ? Tout le concept de cet appareil repose sur le bourrage du crâne, l'aveuglement de l'individu, l'espoir d'un renouveau, la croyance dans le meilleur et l'influence de publicitaires sans vergogne. Il n'y a absolument rien à garder dans ton objet. J'ai juste envie de te le faire avaler pour voir comment ton estomac accepte ta révolution. Il ne serait surement pas content. Il veut de la vraie bouffe lui. De l'énergie, du consommable, du vital. Mais pas du superflu qui use, abrutisse et distrait du but principal de tout organisme vivant, à savoir la survie.
- Tu exagères là. Ce n'est qu'un petit objet pour aider à oublier la merde dans laquelle nous vivons. Il ne fait de mal à personne. Il ne ruinera personne. Il aidera même à unir les Hommes entre eux. Ils auront ce point commun qui les rendra plus forts. C'est presque de la charité.
- Ah non ! Ne me lance pas ton discours de vendeur sans scrupule. Je ne suis pas un de tes moutons. Je me suis fabriqué une carapace spéciale contre ce genre d'êtres irresponsables et venimeux qui tentent chaque jour de nous réduire un peu plus à l'état d'esclave. Je ne marche pas dans ta combine. Je suis un mur impénétrable où tes paroles crapuleuses se brisent sans laisser de traces. Garde tes roublardises pour tes pauvres victimes, mais je ne suis pas l'une d'entre elles.
- Bon... Si tu le prends comme ça... Je n'ai pas besoin de ta bénédiction athéiste pour faire mon taf. Et d'ailleurs il faut que j'y aille, je ne peux pas dépenser tout mon temps avec quelqu'un d'aussi obtus qui n'a rien à apporter de constructif à ce projet innocent. J'y vais, à ce soir.
- Très bien, casse-toi. Va répandre ton venin sur les vrais innocents. Et pour ce soir, amène-moi quand même un de ces petits gadgets que je teste sereinement sans être sous la pression de tes propos commerciaux... Il faut bien connaître son ennemi pour mieux le combattre après tout...
- Bien sûr que je t'en amènerai un... et plus on est de fous, plus on rit, alors pourquoi ne pas se laisser sombrer dans cette folie ?! Tchao.
- A ce soir, ordure..."

27/10/10

mercredi 27 octobre 2010

Ose art, me citent ouailles. Hein ?

Je crèche au quatrième et dernier étage d'un petit immeuble ancien, en plein centre ville. J'ai vue sur la rue qui descend à perte d'œil au loin. Une sacrée rue. Pas bien large, sens unique avec possibilité de se garer de chaque côté.
Lorsque je suis débarqué ici, y a pas trois piges, la rue était flambante. La route faite d'un seul et même morceau de goudron superbement lisse, uniforme et unicolore. La plupart des murs étaient joliment décorés gratuitement par les grapheurs du coin. Le calme y régnait en maître malgré sa situation si centrale.
Puis, un beau jour, la modernité est venue tapée au carreau. Vous pouviez, mais n'aviez pas le droit, télécharger un film en moins de quinze minutes chrono sur la toile. Mais il semblerait que cela n'était pas suffisant. Il fallait que l'on puisse prendre le film en huit minutes, toujours sans en avoir le droit. Alors, ces messieurs de la mairie ont empoché un joli petit dessous de table et se sont dit qu'il fallait immédiatement installer des tuyaux plus gros pour le service du bien heureux et méritant citoyen. Internet est partout, les tarifs ne peuvent plus trop bouger, à moins d'offrir un service toujours plus rapide. Donc on s'est mis à bousiller tout le côté gauche de ma rue, du haut jusqu'au bas, pour pouvoir foutre un bon gros câble deux mètres sous terre. Le bouquant a duré deux mois... plutôt exceptionnel pour la région... et ils ont rebouché leur crevasse façon Bagdad. Adieu uniformité, bonjour les dégradés et les bosses. Qu'importe, on n'est pas maniaque à ce point là.
Malheureusement, on n'arrête pas le progrès... Liberté de concurrence, liberté de technologie, le client est roi et mérite toujours mieux. Une autre boîte a trouvé encore mieux, huit minutes pour un film, c'est un scandale, on se croirait à l'époque de la monarchie, il faut aller voir le maire et lui annoncer qu'on peut obtenir le film en six minutes, sans en avoir le droit toujours. Vite fait bien fait, on regarde ce qu'il se passe sous la table, le maire continue de prendre, c'est pour le bien du citoyen, allez-y installer votre nouveau tuyau. Et voilà que six mois après le premier massacre on ressort les pelleteuses, les marteaux piqueurs, et un tuyau tout nouveau tout beau. Ce coup-ci, on va plutôt le foutre sur la droite de la rue notre câble, parce qu'on n'a pas rebouché le premier trou pour le rouvrir. Faut pas nous prendre pour des cons. Faut qu'on voie qu'y a des gars qui bossent. On éventre encore une fois, de haut en bas, deux mètres de profondeurs, mais par contre chaque minute à creuser fait gagner du terrain à la concurrence alors faudrait accélérer le travail. Creuser plus vite c'est pas possible, poser le tuyau plus vite c'est pas possible, en revanche reboucher et aplatir bien comme il faut on peut le faire bien plus vite grâce à la méthode dite "à l'arrache". Et voilà, un mois et demi chrono en main tout est prêt, le citoyen peut mettre la main à la poche pour aller sur facebook deux fois plus vite qu'avant. Une milliseconde de gagnée mérite bien une quinzaine d'euros supplémentaires tous les mois. Vive le progrès...
En attendant, le calme de la rue a disparu avec les anciennes technologies. La moindre voiture qui s'aventure dans la rue risque d'y laisser les pneus, les suspensions et toutes autres pièces un peu trop sensibles. De plus, la dégradation due au travail mal fini est si efficace que d'ici un an le goudron sera tout barré et les jolis tuyaux seront bien visibles. Ce n'est pas un drame, le contribuable est si heureux du temps qu'il gagne sur la toile qu'il ne s'offusquera pas d'une petite augmentation d'impôts pour refaire encore une fois ses rues défigurées.
Quoiqu'il arrive, pour distraire l'attention des moutons qui penseraient à râler de l'état de la route, notre merveilleux maire a décidé de lancer un squad d'actes anti civiles. Le but de ce groupuscule armé de pinceaux et de pots de peinture est de recouvrir l'intégralité des œuvres de grapheurs. Ainsi ils patrouillent deux heures le matin et deux l'après-midi pour prendre sur le fait ces criminels sans nom et sans conscience. Chose qui se produit rarement vu que les tranches horaires de ces voyous se trouvent être principalement nocturnes. Ce n'est pas grave, cela donne l'occasion d'utiliser les pots de peinture et de laisser l'âme créative des membres du groupe armé s'exprimer allègrement. Leur message jaune pâle et uniforme n'est pas encore parfaitement compris de tous, mais ce qu'un début, laissons leur le temps de développer leur talent.
Voilà, en un an, ma rue est passée du chef d'œuvre libertaire et paisible à une espèce de marais désolé et triste, représentant du néant cérébral de nos chers dirigeants.
Que me réserve l'année prochaine ? Sans doute blouses blanches et masques hygiéniques pour tous les piétons et 4x4 avec pare-piétons blindé pour tous les automobilistes. Va falloir revendre la moto et choisir mon camp...

26/10/10

mardi 26 octobre 2010

La mie, t'y es

Il faut que je retravaille l'amitié que j'avais pour moi. L'amitié du soi permet l'amitié avec autrui. Sans elle, inutile d'aller chercher plus loin, c'est solitude, haine, rancœur, démotivation et toute la famille du pas reluisant.
Donc, il me faut renouer les liens que j'avais avec mon Moi. Car il fut une époque où je me tolérais, j'appréciais ma compagnie et celle des autres, j'étais ami avec ce qui me définissait. Attention, pas de narcissisme là. Je n'étais pas non plus en adoration de ma personne, mais quitte à vivre soi-même pendant toute la durée de l'existence, autant accepter les quelques défauts et profiter des qualités.
Malheureusement, depuis quelques temps, je ne me supporte plus. Je n'aime pas ma façon de penser, ma façon d'agir et de réagir et du coup ça ne fait qu'empirer. On est plein dans le coup de la poule et de l'œuf. Est-ce le fait de s'accepter qui mène à meilleure réflexion, ou l'inverse ? En tout cas, la réflexion actuelle est mauvaise et s'enlise dans une gadoue crasseuse qui empêche toute amitié. A priori. Car comme un ami dans une mauvaise passe, on reste son ami et on essaie de l'aider à sortir de merdier. Donc, il ne faut pas que je m'abandonne mais plutôt que je me soutienne.
Voilà, il suffit donc de me supporter ainsi le temps que ça durera et les choses devraient s'arranger. De toute façon je suis condamné à vivre avec moi-même, alors mieux vaut essayer de faire en sorte que ça se passe bien. Pose cette bouteille, prends un bouquin, va faire prendre l'air à ta conscience et on verra bien...

25/10/10

lundi 25 octobre 2010

Larme fœtal

Je suis trop vieux pour ce genre de conneries... A l'époque, ça faisait bien marrer ce genre de répliques répétées par un Danny au sommet. Aujourd'hui, plus de vingt ans après, ça commence à faire moins marrer, mais surtout, on comprend beaucoup mieux ce que cela implique. En effet, le corps ne reproduit plus chaque cellule parfaitement, il y a dégradation, certaines activités ne s'accomplissent plus avec le même panache.
Prenons l'exemple des cuites. Activités pratiquées avec toujours la même volonté de s'amuser, se divertir, fuir un instant, se faire du bien, tout simplement. Malheureusement, la partie bien se réduit et le revers de médaille est de plus en plus difficile à supporter. Petits comprimés au réveil, journée morte, repos intense, et besoin de temps pour oser s'y remettre. Décidément, la vieillesse ne semble porter qu'un horrible sac d'inconvénients alors qu'on me parlait de sagesse, de grandeur de l'âme, de maitrise de ses envies et de ses assouvissements... Une chose est sure, on m'a raconté un beau tas de conneries et à part Danny, personne n'a été honnête sur les conséquences de la maturité.
Les raisons ? A priori, elles sont dues à l'oubli. Parce que si aujourd'hui je ne peux plus satisfaire mon goût pour l'orgie alcoolique, je vais y renoncer et lentement il tombera dans l'oubli de ma jeunesse. Donc plus tard, comment pouvoir conseiller à la nouvelle génération de profiter au maximum de leur santé en la massacrant le plus possible tant qu'elle a la force de se reconstituer ? Le meilleur moyen serait encore d'écrire une lettre destinée aux futures jeunes à n'ouvrir que dans vingt ans avec toutes les choses à faire sans retenue. Chose inimaginable. Parce que si je ne me rappelle plus comment je mettais des mines à l'époque et que je ne peux plus le faire de toute façon, pourquoi aurais-je envie que d'autres en profitent... Quoiqu'il arrive, ils feront comme moi, profiterons, et seront surpris quand ils ne pourront plus...
La boucle est bouclée... la seule chose que l'âge apporte, c'est la compréhension du comportement des adultes que l'on ne peut pas cerner avec un manuel d'explications sans avoir expérimenté. On apprend bien mieux de ses tentatives et ses échecs que d'un bout de papier qui assure que ceci est la vérité et point barre, à la ligne. Donc, autant laisser la liberté d'action et la découverte aux suivants.
Bien entendu on ne peut pas appliquer une généralité globale à ceci. Il y a tout de même certains principes qui peuvent être enseignés sans avoir à les essayer... Une bonne bouteille de rhum passe mieux au réveil qu'un rhum générique à l'enseigne d'un supermarché... Certes, cela mérite l'essai pour confirmer, mais c'est toujours intéressant de le savoir avant... il y a sans doute d'autres exemple plus parlant mais cela dépend surtout de l'individu en question. Et étant d'une nature peu confiante, j'ai toujours apprécié de vérifier des vérités par des faits concrets, donc je serais un mauvais exemple...
En tout cas, l'hiver arrive, mon corps supporte moins le froid qu'auparavant, mon esprit souffre de plus en plus du ciel gris, et je ne peux plus tomber une bouteille un rhum en solo dans une chambre d'hôtel déprimante... Je suis jeune et pourtant déjà trop vieux pour ce genre de conneries... vivement l'avenir...

24/10/10

dimanche 24 octobre 2010

Cat et gorille

Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont la hargne, qui se battent pour leurs envies, leurs principes et tout ce qui peut les motiver. Et ceux qui ne l'ont pas. Je fais malheureusement parti de la seconde catégorie. Malheureusement, parce que si l'on veut avoir un minimum de joie de vivre, il faut un minimum de hargne. Pas de hargne, pas d'envies accomplies, pas de bonheur... Alors que dans l'autre catégorie, on n'a pas forcément que du bonheur, car la réussite n'est jamais assurée, même avec la hargne, par contre on a infiniment fois plus de chances de réussir un projet, quel qu'il soit. Simplement par le fait d'essayer. Fait qui n'existe pas dans ma catégorie.
La seule envie que j'ai vraiment eue était de changer de catégorie. La seule que j'ai tenté d'accomplir et qui s'est soldé par un magnifique fiasco. D'où le renoncement à toutes tentatives, et l'enfermement dans cette maudite catégorie de losers. L'impression d'être le con de clébard qui veut se mordre la queue.
Du coup il ne me restait plus de choix. Je ne réussirais jamais à réaliser une envie importante et je ne trouverais pas le bonheur là-dedans. Mais existait-il une façon d'être heureux dans ma catégorie pourrie ? Il ne faut pas le rechercher, donc il faut se contenter de ce que l'on a sans vouloir mieux. Et c'est tout ? Je ne change que le point de vue et ma catégorie devient celle des gens heureux. Voilà qui me convient au plus haut point. J'achète. J'adhère. Vendu. Hop, par ici la joie...
Ça n'a pas marché pendant longtemps... bien entendu c'était trop simple. Le tout repose sur le fait de ne jamais souhaiter mieux. De profiter au maximum de ces petits riens. Bonjour la galère. J'aime bien les principes simples, mais là y a une couille dans le potage... ça marche pas... j'ai la tronche qui tourne dans tous les sens... elle cherche la faille... elle sait qu'il y en a une, alors elle peut pas se relaxer tant qu'elle a pas trouvé... Je me ronge le bonheur. Je le gangrène... C'est pas du beau... mais je le fais bien, ça au moins... c'est peut-être ça que je suis faire... gâcher... je suis un gâcheur... un bon gâcheur même...
Putain, c'est pas de bol...

23/10/10

samedi 23 octobre 2010

L'immondice court

Le gouvernement nous ment... ah, mais nan... voyons, ce serait nouveau ça... On se fout vraiment de notre gueule et on en prend tellement l'habitude que se méprise entre méprisés... L'habitude d'être au fond, si bien que si on sort un tout petit peu la tête de l'eau, on panique, et on replonge direct... Dressés à se rabaisser, à se cacher, à se taire, à souffrir...
Tiens, aujourd'hui on nous entube avec des faux prétextes pour nous baiser la retraite. Y avait longtemps qu'on y avait pas touché à notre retraite. On en avait causé, ce serait dur, faudrait se serrer la ceinture, fallait qu'on paye un petit bonus pour que ça soit plus sur mais ensuite nickel, plus de soucis, on oublie, on va bosser et on se concentre sur la merde de tous les jours plutôt que celle qui nous attend dans quarante piges. Et puis finalement, c'était qu'une excuse. Y ont revu les chiffres et ça va plus du tout. Faut bosser plus. En même temps il nous l'avait annoncé le nabot. Bon, le détail de gagner plus faut plus y croire, c'était juste pour ce mettre le principe du plus dans un coin de la tête. Maintenant qu'on complètement assimilé, ils peuvent nous dire que là, c'est définitif, faudra bosser plus. La retraite ? On va bientôt s'en carrer de savoir combien qu'on va toucher. Je voudrais surtout savoir si je serais encore vivant... Ce dont je doute avec la vie que je mène comme disait Booga... Belsunce breakdown ? Heu non, là c'est juste nervous, cent pour cent nervous...
Et d'un autre côté, je m'en tape... Le coup des manifs est vraiment sympa. On a envie d'y croire. Tout ce monde, toute cette foule regroupée par elle-même, motivée, prête presque à tout, on dirait... En fait non... Plus on gueule, moins ils se lassent dans leur château.
Trop calme ces rues, qu'ils se disaient. On a trop mis le paquet sur la lobotomie télévisuelle ? S'ils ont les moyens de rester cloitré devant leur tube catholique, c'est qu'ils ont trop de pognon. Fautez-moi une taxe de plus à ces crouteux. Un truc dégueulasse qu'on a pas touché depuis longtemps. Allez-y ministres, cherchez, trouvez-moi le bas qui blesse, je veux des rues vivantes, réveillez-moi ces rues bordel de Bruxelles.
Et voilà qu'ils ont trouvé les retraites. On peut pas leur reprocher ça, ils ont fait du bon boulot. On s'y attendait pas un brun. Rien. Sortie de nulle part la crasse. La saleté qu'ils osaient pas regarder. Le truc à pas toucher. ATTENTION DANGER PEUPLE EN FURIE. Allez, cas d'extrême ennui, on ouvre. On balance ça en urgence et on regarde les gens se ruer sur le bitume.
Ils ont pas été déçus. On s'est bien remué. Super bon pour notre santé ces kilomètres de marche à chanter comme des porcs qu'on égorge au couteau à beurre. Ça tombe bien parce que la santé il va nous en falloir un paquet. Je voudrais le forfait illimité s'il vous plait. Pardon ? Comment ça vous en avez plus ? Non mais il doit y avoir un malentendu, parce que là je vais bosser vingt ans de plus tous les dix ans, alors si je crève avant quatre-vingts ans ça sert à rien d'essayer de vivre. Donnez-moi au moins un bonus santé. Un truc qui me garantit de la longévité. Lentement mais surement. Vers la vieillesse et au-delà.
Pardon ? Il ne vous reste que du cancéreux, du fou, de l'incontinent et du légume. Ah, du choléra qui vient d'arriver. Ben c'est sympa tout ça. Vous faites surtout dans le plus court, le plus douloureux ou plus pitoyable. Rien sur du long terme. De la rallonge. Prolongation. Un supplément. De derrière vos fagots, il reste pas un truc ? Vous avez bien regardé ?
Bon, rien n'est perdu. Encore deux balades en ville d'annoncées. C'est bon pour le sang. La circulation c'est important. Défilé de futurs zombis. C'est toujours sympa de voir les gens s'activer pendant qu'ils ont encore un peu de vie au fond d'eux. Parce que d'ici quarante ans, mon conducteur de bus il verra plus la route et il écrasera les postiers à vélo incapables de pédaler... Ah, si je pouvais tenir jusque là...

22/10/10

vendredi 22 octobre 2010

La porc te part à l'aile

Tiens, c'est bizarre. Je l'avais jamais vu cette porte. Quelqu'un a installé une nouvelle porte dans mon salon... Sans doute pendant que je faisais les courses. A moins que ce soit pendant la nuit, mais je l'aurais sans doute entendu. On n'installe pas une porte sans faire un peu de bruit. Et puis il est costaud ce mur. Tout ça sans laisser un brun de poussière. Vraiment du bon travail. Maintenant, la question est de savoir où elle mène cette jolie porte noire. Parce que si je ne m'abuse pas, ce mur donne sur l'extérieur. Et du quatrième étage, ça fait quand même une sacrée marche... Il doit y avoir une autre explication. Un truc plus sensé. Le plus simple est de regarder. Je suis chez moi, je suis bien le seul à devoir savoir où mène ma porte. Aller, on ouvre...
Bon...
Déjà, ce n'est pas la rue. Parce qu'il fait encore jour et là je vois qu'un gros trou sombre. Pas moyen de discerner la moindre forme... Voilà qui n'est pas bien pratique... Il doit sans doute y avoir un interrupteur. Le long de la porte normalement... Ah putain, on voit rien et je trouve pas de bouton de lumière... quel est le con qui m'a installé cette saleté de porte dans mon salon. Ah, je vous jure, on arrête pas de se faire emmerder par les cons. Chez moi en plus... dehors, je veux bien, c'est une putain de démocratie... mais là... chez moi... c'est privé... on ouvre pas un passage chez les gens qui mène sur le néant. C'est nul comme attitude. Non, mais franchement... Je m'en fouts moi. Je prendre la lampe torche et je vais aller te dénicher ce qui se cache dans cette pénombre. C'est pas ça qui va me gêner. Et je vais pas gêner pour aller voir...
Bon...
C'est de mieux en mieux... pourquoi que ça éclaire pas à plus d'un mètre cette saleté... on dirait que c'est plein de brume, mais de la brume noire... pourtant c'est pas de la fumée, ça se respire bien ce truc... C'est même pas mauvais niveau goût... J'ai l'impression que ça relaxe. En tout cas, je suis pas tendu un pet. Je vais aller tout droit, c'est le meilleur moyen de trouver quelque chose. Et le moins de dangereux pour se perdre.
Et ben dites-moi... ils se sont pas foutu de ma gueule sur ce coup... c'est que ça continue sans fin ce bazar. Je vais faire une petite pause. Respirer tranquillement cette bonne odeur. Réfléchir un peu à ce qui se passe. Voilà, là c'est parfait... Je commence à m'habituer à cette obscurité totale. C'est reposant tout compte fait. Et y a pas de bruit. C'est bien le silence des yeux et des oreilles. Et cette odeur. C'est impeccable ici. Je suis pas mécontent de cette porte finalement. Tiens d'ailleurs, la porte on la voit plus de là... J'ai pas bien regardé en arrière, mais là y a plus rien... C'est pas le drame, j'ai toujours été tout droit... Tout droit dans cette direction... ou par là plutôt... ah putain... je me donne le tournis, c'est partout pareil, du noir, du noir et encore du noir... ça sert à rien de tourner la tête dans tous les sens... je suis perdu maintenant... je suis perdu...
Mais je suis pas plus mal que dans le vrai monde... on m'agresse pas ici... on essaie pas de me vendre une machine à tourner les pouces... on me demande pas pourquoi je glande... on me parle pas... on me dérange pas... je suis au poil ici... une bonne petite sieste pour bien commencer mon nouveau voyage dans ces splendides ténèbres accueillantes.

21/10/10

jeudi 21 octobre 2010

Laisse tôt ma dent lait, t'as long

Tout peut se jouer dans un œuf... Fécondé, il produit la vie et toutes ses implications. Sinon, il offre une nourriture adaptable dans mille circonstances. Mais si ce dernier est trop resté stagnant. En attente... alors il peut être fatal. Agression de l'estomac instantanée. Et ça part en gerbe... Malheureux quand on n'a pas bu une goutte de la journée... Le comble de l'alcoolo... Avoir la tête dans le cul à cause d'un misérable œuf... A cause d'une altération temporelle...
Alors on part au pieu de bonne heure. On dort mal. On se réveille tôt. Pour une fois, ça pourrait être utile, mais le corps refuse de répondre aux sollicitations. Donc, on meurt. Lentement mais surement. Douleurs interminables qui te laissent à l'état de minable. On aimerait bien dormir. Que tout se règle dans le sommeil et qu'au réveil ce n'ait été qu'un mauvais rêve. Mais impossible de fermer l'œil. Comme si les nerfs optiques étaient vraiment reliés au trou du cul. Sans en tirer un poil, j'ai la larme qui perle. Et tout ça à cause d'un œuf. Confirmation que l'œuf était bien là avant la chair de poule.
Et les secondes refusent aussi de se bouger le fiacre. Elles m'observent. Ricanent bêtement. Me défient de les remettre en marche. Mais elles et moi savons bien qu'il y pas l'énergie nécessaire dans cette carcasse pitoyable.
Le spectacle durera jusqu'au soir, pas bien tard, et se finira sans applaudissement. Rideau, demain est un nouveau jour. Demain est une nouvelle peine...

20/10/10

mercredi 20 octobre 2010

Gérant contré lu six fers

Un ami m'a dit qu'il avait croisé Lucifer et que celui-ci lui avait proposé d'acheter son âme. Mon ami a tout d'abord rigolé, mais il comprit dans le regard de son interlocuteur que ce dernier ne mentait pas et n'avait pas que lui à rencontrer, âmement parlant. Il considéra donc la proposition. Que pourrait-il souhaiter de si important qu'il sacrifierait l'éternité de sa mort ? Quelque chose qu'il ne pourrait pas acquérir par le travail, la chance ou une arnaque quelconque.
Après cinq bonnes minutes de réflexion qui décideraient du reste de sa vie et de sa mort, il regarda le diable droit dans les yeux et dit : " Je voudrais être une femme célèbre ! ".
Ce qu'il devint instantanément. Et bien que reine d'Angleterre n'était pas vraiment ce à quoi il pensait en faisant ce pacte, il me confit souvent qu'il est plus heureux qu'avant. Même si la mort est plus proche qu'auparavant et que l'enfer risque d'être difficilement agréable après une telle fin de vie. Il apprécie son nouveau rôle.
Il m'a raconté, un jour qu'il venait de recroiser le diable, que ce dernier lui a offert l'existence de la reine car elle avait fait comme vœu d'être un jeune opportuniste avec un beau corps. Il avait donc simplement inversé les deux esprits.
Plus tard, alors que je me promenais avec lui dans ses jardins, il m'arrêta brusquement et me montra un grand jardinier d'au moins deux mètres qui lisait un journal, allongé dans une brouette. Il me dit que c'était lui. Lucifer. Celui qui réalisait le souhait des opportunistes. Il me poussa dans sa direction pour que je puisse moi aussi avoir un vœu.
Le diable leva les yeux. Me dévisagea de la tête aux pieds et me demanda ce que je foutais devant son soleil. Il n'avait pas une grande pause et souhaitait profiter de la chaleur des derniers rayons du mois d'août. Mon ami lui dit que je souhaitais aussi vendre mon âme. J'étais un créatif, j'avais plein d'idées de bonheur, plein de concepts géniaux et mon âme devait surement valoir la peine d'un petit vœu.
Le diable reprit son étude de ma personne. Regarda mon ami et lui dit que je ne valais rien. Personne n'offrirait le moindre souhait à une épave maigrelette comme moi. Mieux valait voir du côté de Dieu, si lui ne pourrait pas avoir pitié d'une de ses si misérables créations. Ce dont il doutait, vu l'intérêt inexistant qu'il portait pour ces insectes.
Je libérais donc la vue du soleil à l'ingrat et quittais mon ami, le cœur lourd. La bouffe de château est décidément trop grasse pour moi.

19/10/10

mardi 19 octobre 2010

Trou bleu passe âgé

Victime d'une sorte d'entourloupe que j'ai toujours du mal à saisir. Quelque chose de plutôt athée je dirais. Je revois bien tranquillement assis dans mon fauteuil aspirateur. Le téléphone sonne. Je réponds. Tiens un pote qui veut aller se boire une petite bière à la crèmerie du coin. A deux pas. Un effort minime pour une petite joie facile. Je dis d'accord. Sans chercher beaucoup plus loin. J'enfile une paire de pompes. Pognon, téléphone, clés. Je suis prêt, j'y vais.
J'arrive le premier mais une connaissance traîne au bar. Je salue. Commande un pastis. Commence la discute. Ça me cause d'une soirée à côté. Avec jolie terrasse feuillue. Alcool et bonne humeur. Mon pote débarque à deux de tension. Salue. Commande. Se mêle à la discute. Cette histoire semble le réveiller un peu. Il propose qu'on picole un peu ici histoire de se donner la pêche et qu'ensuite on se joint à la fête. Vote unanime. Les verres s'enchaînent. La mémoire se trouble.
Dans un hamac avec un verre de trucs exotiques à la main. Une grenouille qui me croasse des paroles que je ne comprends pas. Je rigole. M'arrose le gosier. Pas dégueu. La lumière s'évapore.
Allongé dans la pelouse. Une bouteille de whisky à la main. A moitié pleine. Je descends une rasade pour me raccrocher à la réalité. Je suis entouré de grenouilles. Elles croassent en chœur. Elles gloussent aussi. Je m'entends parler mais je ne parviens à saisir les mots. Elles gloussent encore. J'en embrasse une, dévoré par une envie soudaine de goûter ces ravissantes créatures. Elle est délicieuse. Je me retourne et goûte la seconde. Elle est encore meilleure. Je me rafraichi avec le sky. Je me sens bercé. Caressé de toutes parts. Je ferme les yeux.
L'impression d'être sur des montagnes russes. Des spots de toutes les couleurs me flashent la gueule. Mon corps gesticule dans tous les sens sur le rythme des vibrations dans le sol. Il y a foule dans cet endroit que je n'arrive pas à bien distinguer. Je transpire. J'ai soif mais je n'ai rien dans les mains cette fois-ci. C'est plutôt sympa cette danse. Et j'ai l'impression que tout le monde est à poil ou à caleçon. Des seins qui rebondissent dans l'air sur la droite, sur la gauche et droit devant. Tiens, voilà une paire qui m'offre un autre cocktail tropical. Ça se boit tout seul et ça réveille bien. Je commence à reprendre conscience. Je me frotte contre ce corps rosé et charnel qui se dandine si joliment devant moi. Et le monde repart en fumée.
Il fait jour. Le petit matin je dirais. J'entre dans une boulangerie, tiré par les deux grenouilles de l'autre rêve. Elles commandent tous les gâteaux et pâtisseries qu'il existe sur la planète. Je rigole. Elles gloussent et croassent. On se retrouve tous les trois autour de ma table de salon. Café et croissants. Je suis tellement fatigué mais tellement bien. Le café me réchauffe. On se glisse sous les couvertures. La poche de chaleur démarre. Le sommeil ne se fait pas attendre.
Et là je me réveille. Le plafond me fixe. Je repense à tous ces rêves et essaie de comprendre à partir d'où ils commencent. Une peau douce se frotte le long de ma cuisse. Une main fine me parcourt le torse. Une autre. Puis une autre. Et enfin une quatrième. Mes questions s'envolent.

18/10/10

lundi 18 octobre 2010

Bourré gym

- Mais calme-toi mon ami. Ce n'est qu'une idée que tu te fais. Tu imagines cette maladie, elle n'existe pas, concentre-toi et tu le comprendras. Ne laisse pas ton esprit jouer contre toi.
- Ta gueule vieillard. Je sens bien mon estomac qui tente de digérer tous mes organes. Je le sens tirer mon foi, mes intestins, mon cœur, mes poumons... Bientôt il s'attaquera à mes nerfs et aux muscles de mes jambes. Je ne serais alors qu'une pauvre épave allongée sur le sol attendant que mon estomac m'avale tout cru. Il faut que ça cesse. Il faut que je l'empêche. J'ai besoin de lui, mais il faut l'affaiblir pour qu'il arrête son processus d'absorption. Je ne suis pas un putain de plat principal. Je vais te le calmer ce salopard.
- Mais arrête de penser dans la même direction illogique. Te mutiler ne réglera aucun problème. Il faut que tu sois en accord avec ton corps. Écoute-le. Laisse le te guider, laisse-le te montrer ce dont il a besoin.
- Mais je vois bien de quoi il a besoin. Il souhaite ma mort et la sienne. Il veut mettre fin à ce régime drastique que je lui impose. Il veut de la bidoche. Du sang. De la mort. Il me ronge de toute part pour ne plus avoir à digérer le moindre légume. Je serais son dernier. Incapable de bouger. Dépossédé de mes organes moteurs. Une cible bien facile. Du sang, et encore du sang. Il me consume comme une cheminée joue avec les bûches. Je suis devenu son combustible. Il ne tolère plus mes principes, mes idées, mes convictions, mon amour de la vie, ma haine de la mort... Il ne me supporte plus. Il me digère...
- Bon... J'ai l'impression que tu t'emballes de plus en plus. Essaye de prendre un peu de recul. Si vraiment tu t'auto-digère, cela ne va pas se faire dans les cinq prochaines minutes. Alors, oublie ce qu'il t'arrive et pense plutôt à ton existence. Ton mode de vie. Ces fameux principes que ton corps te reproche.
- Je ne remettrais jamais mes principes en cause sous la menace de cellules stupides attirées uniquement par la propagation. Non, je serais un exemple pour cet univers. Je montrerais le chemin qu'il faut suivre. Je ferais renoncer les hommes à leurs destructions violentes. Je les ferais s'aimer et aimer le monde. L'harmonie est possible... Haaaaaaaa... Et ce maudit estomac qui continue... sans relâche...
- Mais, si tu dis que ces cellules s'orientent principalement dans un concept de propagation. Pourquoi tenteraient-elles de te tuer et par conséquent de se détruire elles-mêmes. Il y a quelque chose qui ne marche pas dans cette théorie.
- Mon attitude pourrait entraîner un changement général du comportement cellulaire à travers l'univers. Toute vie agirait dans le bien des autres et ainsi renoncerait à cette idée de domination sans pitié. C'est pour cela que mon estomac préfère se tuer que d'être l'initiateur d'un tel changement.
- En même temps, il n'a pas complètement tort. Le comportement et les actions de l'Homme sont de plus en plus complexes et tentent de prendre conscience de leur impact sur l'environnement. Il y a de plus en plus de contraintes, l'Homme cherche à maintenir un niveau de vie agréable tout en sacrifiant certains loisirs nuisibles. Il ne peut pas se transformer entièrement et oublier ces millions d'années d'évolution pour reprendre du début. Il faut faire un tri et continuer d'évoluer avec cet environnement altéré.
- Maudit sois-tu. Ces propos me donnent envie de vomir. Mais je n'ai déjà plus rien à vomir pour réagir à ce choc qui frappe mes oreilles. Ce sont aussi tes cellules qui parlent pour toi et tentent d'intervenir dans ce changement fondamental que je suis en train de démarrer. Mais je lutterais jusqu'à la mort, sans crainte, et même si je disparais, ma conscience influencera les générations à venir. Mon mouvement est inaltérable. Je suis un immense rocher descendant une montagne et je ne m'arrêterais qu'à son pied. Même mort je roulerais encore et encore.
- Oui... très bien... j'ai eu de la compassion, de la peine, de l'amitié pour toi, mais là je vois que tu souffres d'un truc pas propre dans la tronche alors je vais pas continuer. C'est pire que de causer à un mur. Et en fait tu sais quoi ? Je pense que j'ai envie de te voir te faire digérer par ton estomac. Rien que pour le principe. Par curiosité scientifique je dirais. Donc vas-y, garde bien toute cette merde en tête et fais-toi bouffer. Envois le spectacle, je suis au premier rang...
- Pauvre être asservi. Ton esprit n'est déjà plus en ton pouvoir. Chez toi les cellules ont agi différemment. Elles ont attaqué directement le cerveau pour que tu ne te rendes pas compte de ta captivité. Je ne peux rien pour toi mais mon action saura venger ton esclavage. Au revoir ancien ami. Nos chemins se séparent ici.
- Mais non, attends. Laisse-moi au moins t'accompagner sur ton lit de mort. Tu ne vas pas refuser à un pauvre idiot de veiller ton deuil ? Je serais muet comme ta tombe...
- Non, ce n'est plus la peine. Ma conviction et ton exemple d'abandon m'incitent à lutter plus âprement et à rester en vie jusqu'à ce que mon œuvre ne puisse plus être inversée. Cet estomac pitoyable n'aura jamais la force que je possède pour m'empêcher de changer le monde. Mon cœur ne s'arrêtera qu'à la fin de ma conquête et pas avant.
- Ah... ben c'est presque décevant du coup... donc tu fais quoi là ? Tu continues ton régime ? Une partie de cartes ça n'enfreint pas tes principes, ça te dit ?
- Heu ouais, une partie de carte ça me branche bien. Allons-y !

17/10/10

dimanche 17 octobre 2010

Des gras d'action, deux la voient

Nous assistons à une dégradation importante de la voix publique. Les manifestations restent sans écho. Le peuple gueule mais personne ne l'entend. Il y a dégradation. De notre voix. De notre vie. De notre avenir. Le seul recours semble être la violence physique. La dégradation de la voie publique. Aux armes citoyens. Le sang de l'injustice a trop coulé dans nos sillons. Il déborde. Il abreuve notre rage. Il va y avoir de la casse. Voilà ce qu'il arrive quand ça ne passe pas. Une dégradation en réponse d'une dégradation. Votre fameux œil va voir son retour. Une dent pour mille dents tombées. Alors fini la dégradation de la voix publique, place à ses poings.

16/10/10

samedi 16 octobre 2010

Chant, ce peut être

Il était une fois un jeune garçon pas bien grand, pas bien fort et pas bien intelligent. Cependant il possédait une chose que peu de gens ont en ce monde. La chance. On disait au village qu'il avait le cul bordé de nouilles. Personne n'avait vu quelqu'un avec une telle chance de cocu sans même être marié ou avoir eu l'ombre d'une expérience sexuelle. Non, cela dépassait l'entendement humain. Pourquoi un être aussi insignifiant, sans disposition pour la vie ou le monde pouvait avoir autant de chance ? Personne n'avait la réponse et personne ne souhaitait trop penser à cet insolent voué à la réussite malgré ses désavantages.
Un jour que le garçon passait par le centre du village, il remarqua un groupe de gens entassés qui semblait passionné par un point central qu'il ne pouvait discerner. Il s'approcha donc et poussa légèrement la foule pour se faufiler jusqu'au centre de l'attraction. Un étranger se tenait derrière une table portant seulement trois petits gobelets. L'étranger le remarqua et lui expliqua le concept de ce jeu très simple et tellement agréable à comprendre. L'homme avait une bille en métal qu'il plaçait sous l'un des gobelets bien en évidence pour que tout le monde puisse voir et ensuite il déplaçait les gobelets sans les soulever pendant quelques secondes avant de demander où se trouvait la bille. Si l'on devinait, il vous donnait une belle somme d'argent. Sinon, on perdait les cinq pièces donné avant de donner sa réponse. Donc, pas très difficile, pas très dangereux et avec une belle récompense en cas de victoire.
Le garçon voulu immédiatement tenter sa chance mais l'un des villageois lui proposa des rajouter un pari sur celui de l'étranger :
" Si tu trouves la bille du premier coup, non seulement tu gagnes son argent, mais en plus nous te laisserons démarrer la cérémonie de l'art 'ti fils en allumant la mèche majeure du spectacle. Chose normalement réservée au meilleur travailleur du village, qui se trouve être moi cette année.
Qu'en penses-tu ?
- Et si je perds ? répondit l'idiot avec une certaine intelligence,
- Si tu perds ?! C'est très simple, tu n'auras pas le droit de participer à la fête durant les deux jours entiers. Tu seras obligé de quitter le village et d'attendre la fin des festivités avant d'y remettre les pieds. Ce n'est pas très risqué avec ta chance habituelle. Alors, tape cinq ?
- D'accord, tape cinq. "
Alors, l'étranger plaça la bille sous le gobelet du milieu. Il demanda si le garçon était prêt et débuta ses manipulations. Le gobelet alla à droite, puis à gauche, revint au centre et ainsi de suite une bonne dizaine de fois avant de s'arrêter.
Un silence intense tomba sur la foule et le garçon cru sentir ses jambes plier sous ce poids. Il respira profondément, ferma les yeux, et pointa le gobelet du centre. L'étranger lui demanda s'il était sûr de son choix, ce qui était bien le cas, et souleva lentement le gobelet. La foule retint son souffle avant de hurler brutalement sous le choc de la surprise. Le gobelet était vide et ne masquait que de l'air. Le pauvre garçon, étonné de perdre pour la première fois de sa vie, se mit à pleurer tandis que la joie de cette défaite résonnait déjà dans tout le village.
Dès le soir, une foule attendait devant la maison du perdant pour voir son départ et savourer leur victoire. Le triste bonhomme sorti finalement avec un petit baluchon sur l'épaule et passa devant tout le monde sans relever la tête ni souffler un mot. Il marcha droit devant lui pendant de longues heures sous la lumière de la pleine lune avant de déposer son ridicule paquetage sur un rocher au sommet d'une grande colline surplombant la vallée où l'on pouvait encore discerner les minuscules habitions des vainqueurs. Il s'endormit le cœur rempli de douleurs et l'esprit fortement chahuté.
Le lendemain, il fut réveillé par un bruit lointain qui provenait du village. La fête avait débuté et le bruit ne fit qu'augmenter jusqu'à la tombée de la nuit. Le perdant ne put détacher son regard de ce petit lieu plein de joie qui l'avait rejeté. Le grand feu de la fête de l'art 'ti fils allait bientôt commencer. Au moins il pourrait tout de même assister à ce merveilleux moment de magie qui allait remplir le ciel.
Le calme reprit sa place dans la vallée. Les yeux et les esprits s'apprêtaient à être submergés de grandiose lorsque qu'un violent bruit sourd retentit jusque dans le sol et fit trembler la vallée. Un immense feu éclata au centre du village et commença à s'étaler comme une vague de flamme recouvrant tout sur son passage. En quelques instants le village avait disparu et la forêt l'entourant brûlait abondamment. Le pitoyable garçon regarda son passé s'effacer en cendres derrière ses larmes et le feu dura toute la nuit sans jamais pouvoir escalader les contours rocheux qui le dominaient de toutes parts.
Au petit matin, après quelques difficiles minutes de sommeil, le jeune garçon descendit dans le fond de la vallée pour voir de plus près l'étendu des dégâts. Le spectacle lui arracha le cœur. Les quelques squelettes de maisons encore debout s'effondraient un à un dans une poussière sombre et étouffante. Il quitta les lieux autant dévastés que sa conscience et marcha droit devant lui sans vraiment savoir où il allait. Au bout d'un moment il fini par arriver au terrible précipice des suppliciés. Un gouffre sans fond qui empêchait tous passages vers le sud du pays. Le malheureux mais chanceux survivant regarda un instant vers le fond de l'abîme géant qui lui soufflait son haleine fraiche et sauta courageusement dans ce vide accueillant.
Et ainsi se termina l'existence de ce village isolé et de son étrange chanceux. Si j'avais su, je n'aurais pas retiré la bille du gobelet avant de le retourner...

15/10/10

vendredi 15 octobre 2010

Je n'ai ce dent, la fille a

- Espèce de fumier ! Je vais te faire la peau sale pourriture ! Vas-y, mais vas-y nom de dieu, amène ta mâchoire que je lui ôte quelques chicots. Oh, je me tiens plus, je sens la rage qui fait bouillir tout mon sang. Ça me brûle, ça me pique, ça m'irrite, ça rend fou. Retenez-moi ou c'est le massacre. Quelqu'un, à l'aide, une personne est en danger, elle va se faire démolir le fondement, intervenez, par pitié pour cette saloperie de charogne verdâtre. Personne ? Personne pour cette créature sur le point de quitter la sphère des vivants ? Et ben tu vois, t'es tout seul en plus ma crevure. Y a dégun qui veut te sauver. Tout le monde se moque de ton existence. Tu ne vaux rien. Tu ne sers à rien si ce n'est pour faire de la merde. Tu répands ta merde, c'est tout ce que tu as fait dans cette vie et elle va se terminer. Tu te rends compte ? Ça te choque pas ? T'es pas sensible à ton propre destin ? Non, hein ? Tu le savais que ça se terminerait comme ça. Tu l'attendais. En fait c'était que des appels au secours tes petites actions néfastes. Tu voulais qu'on t'éradique, qu'on libère le monde de tes nuisances, qu'on allège le fardeau de la société en lui retirant ton poids dégueulasse de chienlits. Alors, voilà, je suppose t'as rien à rajouter ? Vaudrait mieux pas, remarque, t'as raison, partir avec au moins cette seule et unique décence, c'est le bon choix. Tu peux fermer les yeux si tu veux, je t'oblige pas à voir mes poings sanglants arriver sur ton visage abominable. Ferme les yeux et repense comme tu as été un parasite plein de pu et putride moisissures. Pense que c'est pour le mieux. Et plus t'auras mal, plus tu expieras un peu de tes souillures. Tu vas souffrir mon salaud. Ah je vais prendre mon temps, je vais faire durer le plaisir, durer la vengeance, te maintenir en vie le plus longtemps possible et conscient surtout. Faut pas que tu rates un moment de ta correction définitive. C'est l'heure de payer. Et je suis celui qui appliquera la sanction que tant de monde sur cette pauvre terre ont voulu te donner bien avant moi. Je suis la somme de tes crimes en retour. Ton boomerang est allé suffisamment loin, le voila qui revient sous ma forme et mes phalanges. Souris une dernière fois et accueille avec servitude mon poing salvateur...
... et là, bim, je lui fous un pain...
Qu'est-ce t'en penses ?
...
C'est pas bon ? Il va s'ennuyer avant la fin et va soit se barrer, soit m'en foutre un d'abord. Je pourrais peut-être ponctuer mes phrases avec une balle dans un membre. Je commence par une jambe, ensuite un bras, l'autre jambe, l'autre bras... et ensuite à mains nues...
C'est mieux ? Avec ou sans le flingue ? Allez bordel, aide-moi, c'est ma future carrière de gangster qui se joue.
...
- T'as future carrière elle s'arrête là petit con. Tu m'as gavé avant de commencer, ça sert à rien qu'on continue, t'es refusé, alors à genoux et ferme-la.
- Quoi ? Mais putain t'es mon mentor, je suis bien obligé de te demander ton avis avant de me mettre à la tache. Toi aussi on t'a écouté au début, on t'a conseillé... alors faut faire pareil avec moi... tu comprends, c'est tout le principe du passage de compétences dans un métier non écolier qui se pratique principalement sur le terrain d'action ou sans action avec but d'en créer une qui saura faire converger un revenu non substantiel qui nous permettrrrrrr.....
BANG, BANG, BANG.
- Petit con, je t'avais prévenu. C'est pas un métier de causeurs.

14/10/10

jeudi 14 octobre 2010

L'heureux gara mère

J'habite au bord de la mer et pourtant je suis amer,
Cannebière ou Bonne Mère, ça reste la demer,
Mots et tête à l'envers, j'ai le vertige au niveau de l'eau,
Un poisson qui se croit oiseau, et ouais ça rend mégalo ;

Et j'avance au galop mais on me dit que je suis au trot,
Après deux heures au bistro, là on me dit que je suis en trop,
Trop anthropocentrique et pas assez excentrique,
Seulement, rarement, excellent j'ai la trique ;

J'habite les pieds dans l'eau, incognito et solo,
Indigne et salaud, je suis l'alcoolo du troupeau,
Mais faut pas se tromper, je bêle comme un mouton,
Et sur une face d'ado, je suis un putain de bouton ;

Un renégat en négation qui prend des cours de natation,
Pour éviter de se noyer sans même avoir aboyé,
J'en ai marre de plier, je veux voir mes ailes se déployer,
Et m'envoler en passion, jamais à cours de rations...

13/10/10

mercredi 13 octobre 2010

L'y dit : "Oh !"

Et il déclara tout haut : " Que l'on me coupe les couilles si cet idiot est capable de le faire voler ! ".
Quelques jours plus tard, le sage hâtif qui avait proféré ce défi se fit donc retirer ses précieuses bourses. L'idiot avait réussi à faire voler sa machine du diable et personne n'osait l'accuser de sorcellerie de par le manque de respect qu'un tel jugement aurait comme conséquences. L'idiot reçu de vagues applaudissements, plus dans l'espoir indigne de voir le sage se faire rétrécir que par l'exploit réalisé.
L'idiot ne s'en découragea pas pour autant et se décida d'inventer un autre engin, qui lui serait capable de transporter un individu entier et mature. Il s'attela à la tâche sans relâche et bientôt il alla faire l'annonce devant les sages de son projet de démonstration devant la foule du village. Le premier sage, l'amoindri, se recula dans son fauteuil et dit qu'il attendait l'évènement avec impatience.
Le second sage déclara tout haut : " Que l'on me coupe les couilles si cet idiot est capable de voler ! ".
Quelques jours plus tard, l'autre sage hâtif rejoignait son compagnon dans le club réduit des sages réduits. En effet l'idiot avait parcouru un superbe cercle dans les airs au-dessus du village et cette fois-ci les villageois applaudirent par admiration pour ce deuxième castrage en bonne et due forme. L'idiot ne se sentit que plus motiver à inventer une autre machine qui aurait un succès sans limite à travers le village et le reste du monde.
Malheureusement les idées n'accouraient que timidement dans son esprit victorieux et bientôt il commença de craindre qu'il n'aurait jamais le respect tant mérité. Un jour, le troisième sage du village, le dernier couillu, vint lui rendre une petite visite et se moqua de lui et de sa bêtise :
" Tu es bien trop idiot pour que moi aussi je perde mes fidèles burnes. Tu ferais mieux de retourner en place publique et d'attendre la lapidation qui tu mérites pour tant d'ignorance ! "
L'idiot devint furieux à cause de tels propos sans scrupule et proposa un dernier pari avec ce dernier :
" Et bien soit, sage arrogant, je te pari que je peux faire venir plus de dix mille personnes dans ce village en une seule journée et que toutes seront là uniquement pour se moquer de toi et tes deux pitoyables comparses. Et comme d'habitude, si j'y parviens, vous connaissez le barème.
- Dix mille personnes ? Rien que pour moi ? Cette fois-ci je sais que personne n'acceptera d'écouter l'idiot du village voisin pour venir se moquer d'un sage de renom comme je suis. J'accepte, bougre d'idiot, mais si je gagne, tu iras en place publique ?!
- Marcher conclu... "
L'idiot s'empressa de regagner son atelier et se mit au travail immédiatement. Le lendemain il sorti son petit appareil volant, le plaça sur une chariote et quitta le village. Il ne revint que tard dans la nuit et alla se coucher exténué.
Au petit matin un voisin vint le réveiller en hurlant, des hordes de populaces se ruaient en masse autour de la place publique et personne ne comprenait pourquoi. L'idiot sourit, s'habilla et parti pour le centre du village. Les trois sages l'y attendaient et le regardèrent avec effroi. A midi exactement, le dix-millième étranger passait l'entrée du village et d'autres milliers le suivaient encore. Le troisième sage blêmit, baissa son pantalon et le docteur expérimenté retira les cinquième et sixième couilles de sa dure vie de sauveur. La foule en furie hurla de joie et d'excitation, alors le sage se tourna vers l'idiot et dit :
" ô toi que l'on osait appeler idiot, révèle-moi comment tu es parvenu à tel exploit.
- C'est très simple, ancien couillu. J'ai tout bêtement inventé la banderole aérienne et je lui prédis un grand avenir avec mon autre invention que j'ai nommé la pue bécilité. "

12/10/10

mardi 12 octobre 2010

Mou ce ticket qu'on science

Anatole décéda dimanche soir devant le journal de vingt heures. On retrouva son cadavre lendemain, la tête dans son potage froid, la main crispée sur le cœur. Les toubibs déclarèrent une simple attaque cardiaque sans doute due à sa masse corporelle trop importante, il fut enterré une semaine plus tard en présence d'un voisin de palier qui comptait bien récupérer le téléviseur plat qui le faisait baver depuis plusieurs mois. Et c'est ainsi qu'Anatole disparu dans la mémoire inexistante de l'univers...
En revanche, ce même dimanche soir naquit un bébé moustique presque invisible à l'œil humain. Le bébé était très bien portant et les parents avaient toute confiance envers cet anonyme de plus qui saurait imposer le respect et la supériorité incontestable de leur espèce face aux primates avec ou sans poil. Ils le nommèrent A908054123584123 en hommage à l'un des plus grands guerriers moustiques que la Terre eut portée l'année passée.
Cependant, dès les premiers jours d'entrainement au camp des jeunesses moustiquéennes, ANonante, comme ses amis l'appelaient, se montra peu compétent et sans concentration suffisante pour entrer dans la vie active. Ses parents pensèrent d'abord qu'il lui fallait un peu de temps et qu'en un rien il rattraperait son retard et se montrerait digne de son nom. Il n'en fut rien et ils durent l'amener chez Psymousse, la célèbre guérisseuse d'esprit. Après plusieurs entretiens avec ANonante, la psy demanda à parler aux parents. Elle leurs révéla que leur fils souffrait d'un mal incurable. Un trouble du comportement qui avait pour conséquence irréversible de se faire aplatir ou réduire à l'état de crotte de mouche par le premier humanoïde qui croiserait son chemin. Affligés par cette nouvelle, les parents décidèrent de garder leur fierté génétique enfermée et de lui apporter de la nourriture dans des petits bols normalement utilisés pour se laver le visage.
Ce cinéma fonctionna pour le mieux pendant longtemps. Mais comment retenir une créature toute puissante, même handicapée, enfermée sans qu'elle puisse profiter de la vie qui lui est consacrée à l'extérieur ? ANonante décida donc un jour de s'éloigner de ce cocon familial étouffant et de vivre l'existence qui lui était promise pleinement, même si ne devait être que pour quelques brefs instants. Mieux vaut vivre comme un feu d'artifice plutôt que comme un fossile dans un musée. Il s'envola fièrement et sereinement vers les effluves parfumées qui constellaient le ciel. Il découvrit la nature en plein activité, ces millions d'individus qui semblaient tellement à leur place, indispensables à ce gigantesque rouage, si semblables et pourtant tous uniques... Et c'est là qu'il comprit que son rôle dans cette immense machine infernale n'était pas la gloire, la lutte, la conquête ou le sacrifice... Non, son rôle était bien plus simple...
Une main humanoïde s'abattit violemment sur ANonante qui se désintégra en particules invisibles et son absence ne fut jamais remarquée par qui ou quoi que ce soit car tous les univers se disloquèrent en même temps, la dernière seconde s'écoula et l'Histoire cessa d'être un livre pour ne devenir qu'une image fixe...

11/10/10

lundi 11 octobre 2010

Le tôt qui haut qui hoquet ?

Je vous reçois 10/10... je dirais plutôt je reçois le même message brouillé le 10/10/10 mais je comprends toujours rien... nada... que dalle... du vent... crap wind... ça en deviendrait presque énervant... non mais sérieusement, c'est pas déconné d'être autant la ramasse que ça ? ça m'insupporte... je m'insupporte d'ailleurs... ça ne peut pas continuer comme ça, il faut que quelque chose se passe, un changement, n'importe quoi... du mieux ou du moins bien, ça m'est égale, mais il faut que ça change... le problème, c'est que dans cette attitude stationnaire que j'ai adopté, l'évolution n'est pas particulièrement aidée... au contraire... tout est figé dans un état ni bon ni mauvais mais trop neutre... beaucoup trop... l'impression d'être un rocher qui refuse de tolérer l'érosion naturelle... il faut se ramollir, laisser un peu de mou, accepter un peu de remodelage pour que du neuf sorte de cette épave... on ne sait jamais, tout peut arriver... mais je vois bien qu'il va me falloir une bien grosse patiente comme je n'en ai pas eu depuis la naissance... mais bon... tout peut arriver, il suffit d'y croire et de ne pas se raidir contre le vent, il faut un peu plier pour mieux revenir, plus vigoureux, plus efficace face à cette force unidirectionnelle qui prête à rire... pas de peur au devant... alors plie et ferme-là... le moment du retour ne viendra qu'après le départ...

10/10/10

dimanche 10 octobre 2010

La fondue nait ploc

Et le voilà, le jour heureux est prié de se présenter à ma porte... le premier ou le dernier, la fin d'un cycle, la fin d'une époque, espérons que ce ne soit pas la bonne mais au contraire qu'elle me mènera vers ce mieux, ce meilleur, du bon, du beau, du bien ou n'importe quoi qui s'en approche un peu...
N'y pensons pas... continuons l'abus... j'y enterre ma face... ma volonté, mes visions... j'y noie l'avenir... et ses croyances...
Le temps passe bien vite dans l'inaction larvaire de mon métabolisme larmoyant... rien ne se passe d'autre... seul le temps est autorisé à bouger, tout le reste attend... ce dernier jour... ce dernier oubli... cet impact final peut-être... le dernier battement de mort avant cette nouvelle vie...
On verra bien, je ne rappelle déjà plus de hier et commence à m'interroger sur aujourd'hui... rien, il n'y a rien, à quoi bon chercher ? Tout n'est que néant et oubli... cet instant n'existe pas... ni pour moi, ni pour quiconque d'autre... demain, je m'éveillerai et nous verrons... nous verrons si je vois quelque chose... espérons...
Espérons que j'entre dans la bonne époque...

09/10/10

samedi 9 octobre 2010

Des santons en fer

Un avant dernier jour de descente... abus de tout, je ne fais rien... rien de lucide... des ombres passent devant moi mais elles restent ombres... le frigo se vide et se rempli seul... il n'y a pas d'autre locataire avec moi et pourtant, une existence se déroule chez moi... sans doute cet autre moi, le robot impassible qui maintient le nécessaire vital dans mon corps... l'étranger qui tente de me coller cette vie sociale qui refuse d'adhérer à ma peau... oui, c'est lui qui continue de s'activer malgré les doses d'abus qui désagrègent mon cadavre... où va-t-il chercher ces relents d'énergie dont j'aurais tant besoin pour régler le focus de ma vision... il se fait ses propres réserves sur ma charogne... pense-t-il pouvoir se passer de moi pour s'intégrer parmi les vivants ? Le premier zombi à trouver un travail et des amis ! Ça donne presque envie de laisser faire, pour voir... mais du coup je ne pourrais pas assister au spectacle si ce dernier repose sur ma disparition... Dilemme... Ce n'est pas grave, je lui laisse encore demain pour tenter l'impossible et ensuite je reprends les rames et je pagaierais seul... seul...

08/10/10

vendredi 8 octobre 2010

L'habit ruinte

L'approche labyrinthique des méandres de mon esprit est effectivement une merveilleuse solution. Trop de simplicité, trop de fainéantise, de faiblesses, alors que dans une complexité à mesures inhumaines, il est bien plus facile de s'égarer correctement et se résoudre à des vérités incompréhensibles et des principes sans rapport avec le monde... Essayons de marquer notre passage avec des petits cailloux mentaux. Je vais tout droit, j'arrive à un croisement... logique non prouvée et surréalisme sans connaissance... prenons à gauche, par non principe... j'avance jusqu'au prochain croisement... merde... les cailloux... bon mettons en un ici et continuons... prenons encore à gauche mais la prochaine à droite... sinon je vais tourner en rond... merde... les cailloux... donc j'avais dit à droite et deux fois à gauche ? la prochaine à droite... ou tout droit... voilà c'est bien, on avance, et avec une telle aisance que je regrette de pas y avoir pensé avant... et merde... saletés de cailloux... abandonnons cette idée... je reconnaitrais bien si je repasse deux fois au même endroit... je comprends un peu ces dégradés sur les murs... là-bas c'est plus clair, on va aller jeter un coup d'œil... ou peut-être pas... c'est sans doute un piège, je n'aurais surement pas mis un sac plein de bonheur dans un coin bien éclairé de ma tête pour tout le monde puisse passer et se servir... non, allons voir du côté sombre... le meilleur endroit pour cacher un trésor... tiens... j'ai l'impression que les murs s'éclairent quand je m'approche... le lointain est toujours sombre alors que mon point actuel est toujours clair... c'était un mauvais indice... il faut penser complexité... la longueur des couloirs les uns par rapport aux autres... trouver le chiffre d'or, suivre les directions se rapprochant de pi... ah ben tiens, voilà un caillou... je suis passé par là ou bien mon cerveau me joue peut-être des tours en rajoutant des saletés de caillasses n'importe où... je ferais de m'allonger et d'attendre le lever du soleil, on voit rien dans ces corridors tout dégueus... aller, bonne nuit...

07/10/10

jeudi 7 octobre 2010

Vaut gueux, l'algue à l'air

Une étincelle... je ne suis plus qu'un vague aperçu d'être humain, un concept non terminé, en attente d'une fin qui ne viendra jamais... une hypothèse invérifiable, un théorème incomplet, une preuve sans exception, une application sans but... L'éternel départ et l'éternel arrêt... une tentative de vie, des duplications moléculaires mais sans évolution, sans règle, sans envie... un pas de plus dans un désert infini, pourquoi faire ? à quoi bon mourir ici ou là-bas ? Le centre est partout et nulle part... unique ici, et seul... ici ou là-bas ? Partout est le même endroit, il n'y a aucun repère, pas de début ni de fin, la perfection de la sphère unie, lisse et vide au milieu du néant... ça a toujours été ainsi, est et sera... il faut donc changer d'univers... tout simplement !

06/10/10

mercredi 6 octobre 2010

Ah, l'ère gît...

Y a de la joie dans l'air, ça déborde la bonne humeur de toute part, et ça pue... voilà, je suis devenu allergique à la seule chose qui puisse aider à tolérer la vie sur cette planète austère. Depuis peu je ne peux plus être proche des gens heureux. Car comble de l'horreur, le bonheur s'exprime, s'extériorise, se partage, se communique gratuitement et tente de t'entraîner dans ses mailles épineuses. Un véritable fil barbelé qui m'arrache la peau sur toute la longueur et la largeur de mon esprit. Je n'en peux plus... Je me souviens du passé, il y a encore peu de temps, où je cherchais à tout prix cette espèce de concept merveilleux qui m'apporterait la libération mentale dont j'avais tant besoin... et à présent, je suis devenu allergique... le moindre sourire, la moindre émotion positive me noue l'estomac, me ronge l'intestin, me brule le cerveau et me plonge encore plus profondément dans l'obscurité nauséeuse qu'est mon existence... Le bonheur n'est plus compatible avec mes principes vitaux. Je n'y ai plus droit. Je n'ai pas su m'habituer au peu que j'avais. Je n'ai pas su apprécier son gout, son odeur, sa force, et maintenant il ne faut surtout pas qu'il m'approche sous peine de me consumer dans d'atroces douleurs éternelles...
Mais ce n'est pas grave, car tous ces moments que j'ai passé à le rechercher n'existent plus et me laissent une immensité de temps libre pour faire mieux dans le néant du néfaste... que doit faire l'être humain qui ne cherche pas le bonheur ? Nuire... nuire à tous et à toutes sources de vie... Je vais devenir le fléau des gens heureux... la noirceur qui vient souiller le mûr blanc... la tâche dans le décor impeccable... je me sens déjà plus valorisé... armé de mon nouveau but je n'ai qu'a trouver l'énergie nécessaire pour commencer la pollution des illusions... malheureusement, pour convertir la joie en son opposée, il faut la fréquenter, s'y mêler, acquérir toute sa confiance et enfin, on peut l'anéantir... mais je ne peux l'approcher... je suis contraint à me tenir à distance et ne possède aucune arme longue portée pour attaquer... je suis voué à vivre dans l'échec et à mourir dans une solitude vide de joie et pleine de laideur...
Demain, il vaudrait mieux aller voir un toubib... car sans aide, je ne peux faire que descendre dans la tourmente...

05/10/10

mardi 5 octobre 2010

Lait tard gît

Envie d'action, d'activités, d'explosions, mais les muscles ne sont pas d'accord, ils ont une toute ambition, la passivité douloureuse. L'estomac se contracte, tire sur les nerfs, renvoie des odeurs de sardines grillées et de bile, pas de bol, encore une journée qui tombe dans l'oubli. C'est la débandade physique qui fait de son mieux pour attirer le moral avec elle et elle y parvient. Retour sur le parvis de la dépression où plus rien ne ravi. La vie prend le goût de vieux raviolis trop cuits, sans doute à cause de trop de cuites et de pizzas frites. Ça frise le cauchemar mais ce n'est qu'un retour au bon ordre des choses. Cette place est si familière qu'une sorte de sérénité, ou de confort plutôt, se fait ressentir. Ce serait presque comme un enfant qui va chez le dentiste. Il sait que ce sera sans doute douloureux, mais il sait aussi que cela ne dure pas à vie et qu'il y aura surement une récompense ou un cadeau avant la tombée de la nuit qui du coup sera reposante et apaisée.
Ici, il n'a rien d'agréable, mais l'évolution est lente, voir inexistante. Une chute au fond d'un puits. Une fois dans l'eau glaciale, il suffit de garder son sang froid et d'être patient. Si l'on s'acharne à vouloir remonter en escaladant la paroi, chaque nouvelle chute est plus douloureuse et le désespoir s'intensifie jusqu'à la noyade. Si en revanche on économise ses forces, on peut espérer qu'une âme charitable passe dans les environs et envoie la corde salvatrice.
Aujourd'hui, j'attends dans l'obscurité moite de mon puits isolé...

04/10/10

lundi 4 octobre 2010

Lab ONU meurt

Mon métier ? Et bien, je suis un régulateur de bonne humeur. C'est un titre pompeux, je vous l'accorde, qui ne se comprend pas dans toute l'étendue de la tâche accomplie.
Mon principal travail consiste donc à réguler, c'est à dire à réduire ou augmenter la bonne humeur alentour. Ce n'est pas aussi simple que cela en à l'air. Tout d'abord, je ne travaille pas constamment, sinon mon entourage commencerait à devenir des plus ennuyeux et finirait par s'autoréguler par lui-même. Non, j'interviens particulièrement lors de soirées animées et que le propriétaire des lieux souhaite maintenir une certaine harmonie et constance dans le déroulement de la nuit. Je permets également d'empêcher les débordements, qui sont souvent responsables de dégâts irréparables, de troubles de voisinage, de rupture d'amitié et tout autre cas dramatique qui entrave le bon déroulement de la fête.
Comment interviens-je donc pour ainsi réguler la bonne humeur ?
Il y a deux types d'interventions. Le premier consiste à orienter les discussions dans des directions positives et enthousiasmantes. Ceci est pour les débuts de fête où les gens ne se connaissent pas trop, ont eu une sale semaine, continuent de remuer des pensées néfastes dans leur tête pessimiste, et n'ont surtout pas encore assez bu.
Le deuxième type d'intervention consiste bien évident à réduire la bonne humeur qui pourrait à tout moment mener au désastre. Deux demoiselles qui ont un peu trop bu, entourées de damoiseaux boostés aux hormones qui veulent voir leurs fantasmes se réaliser devant leurs yeux ébahis, peuvent faire des choses qui dépassent l'imagination humaine et même la leur. Dans ce genre de cas il faut savoir être cassant. Parfois, un simple petit pic bien vu, au bon endroit, suffit à calmer plusieurs esprits surexcités d'un seul coup. Il faut bien sur se méfier du dominant. Celui qui veut que les choses dérapent grâce à quelques incitations bien placées sans être directement coupable. Il faut savoir éviter son attention, se glisser entre les mailles de son filet d'arrogance pour ne pas se faire casser les dents brutalement.
D'autres fois, il suffit de repérer le trouble fête et de mener toute l'activité de régulation sur lui seul. Un élément à terre peut être suffisant pour que le reste des convives s'amusent pleinement sans aucune extravagance dévastatrice. Mais, réguler ce genre d'individu est également une tâche difficile. Selon la méthode d'opération on peut se faire violenter ou au contraire totalement ruiner le moral du dit individu qui aura tendance à tenter le suicide dès son retour dans sa vie sordide.
Je ne vais malheureusement pas pouvoir m'étendre plus longuement sur mes méthodes et expériences car ce serait sans doute révéler certains secrets qui ne doivent être connu que des gens de la profession. Mais si jamais vous souhaitez me voir en action, n'hésitez surtout pas à organiser une immense fête bien arrosée et vous serez assuré de la réussite de cette dernière.

03/10/10

dimanche 3 octobre 2010

Faites du plat tôt

Grandiose, splendide, magnifique, les sens en éveil, l'estomac patraque qui attend le contre choc, tout est en place sur le plateau, les stands maisons s'installent doucement, l'heure de l'orgie rhumesque tombe d'un coup sec et précis, les sourires s'élargissent, les soucis s'éloignent, la course folle dans un bain de foule peut commencer.
On essaye toutes sortes de punchs et autres cocktails brésiliens... on s'attarde tout de même à la charrette à caïpirinha, le monde tourne et tourne de plus en plus, l'euphorie est totale, les rencontres s'enchainent à une allure immémorable, et on court toujours dans cette jungle urbaine où les cultures se rencontrent, se mêlent, se mélangent, s'aiment comme on aimerait le voir partout sur la planète...
Les souvenirs ne s'ancrent pas car l'instant est vécu pour ce qu'il est et non pas pour ce qu'il a été ou sera. Ce n'est qu'un instant, un moment de vie, un éclair de joie, une éclipse de tristesse, un remède temporaire, une vague d'alcool pour le monde...
Et comme la veille, le sommeil viendra sans aide, en toute simplicité, avec une aisance que l'on souhaiterait retrouver le reste de l'année mais sans les douleurs matinales qui seront sans nul doute encore pire que ce jour... Mais qu'importe, ce n'est qu'un instant, demain est encore loin et ce qu'il sera ne compte pas face à ce qu'est ce moment... sa grandeur restera inchangé dans l'éternité... belle nuit...

02/10/10

samedi 2 octobre 2010

Ah, vends la faite

Il cru à la fête mais ce n'était que pour le lendemain... Alors il fallut satisfaire cet estomac en attente de rhum, la soirée débuta à la maison à cause de la ville au repos avant la tempête... La bouteille tint la nuit, les volumes vocaux augmentèrent au fur et à mesure, la musique également, des pizzas se joignirent à la fête pour assister la digestion des molécules d'éthanol et le temps passa bien vite...
L'avantage de se coucher totalement imbibé réside principalement dans la simplicité à trouver le sommeil. Tout le reste est le prix à payer pour ce privilège... Un prix que je paye fort souvent... toujours le même tarif... ce qui est plutôt bien dans notre société basée sur l'inflation... au moins une chose reste stable... la jolie migraine et la merveilleuse nausée, fidèles comparses de mes matins lents...
Je rêve de pouvoir rêver à nouveau... c'est le seul rêve qu'il me reste... où sont passés les autres, difficile à dire, voir impossible, si ce n'est des remarques négatives sur mon mode de vie déséquilibré que je refuse simplement d'entendre... l'oreille sourde aux critiques, ouverte à la déchéance et aux mots qui me mènent sur son chemin...

01/10/10

vendredi 1 octobre 2010

Pet rit ode, est-ce t'y val ?
Ne serait-ce pas une bien belle journée ? Fin septembre et le soleil est toujours là, fier et chaleureux. Un temps à tomber des bouteilles de punch maison... Aller, c'est parti, un peu d'activité durant la journée histoire de ne pas trop culpabiliser et on peut s'envoyer dans des rêves exotiques d'oranges, de vanille, d'épices et de rhum... Le bonheur a portée de verre, que demander de plus ? Les mouvements de coude et d'épaule se succèdent. La vision se trouble. Les idées semblent s'éclaircir. La lucidité n'est plus... impeccable... ce n'est qu'à minuit que je roulerais sous la table...
Ça remue beaucoup sur les fesses du bouc. Ça m'interpelle, je m'interroge, je proteste, ça continue, je me moque un peu et je plie comme un roseau... Sans doute trop faible dans l'opinion, les décisions et toutes sortes de résolutions... Je me retrouve donc avec un joli pucelage sur les fesses du bouc... moins d'amis que dans la vraie vie... surement mieux pour ne pas attirer l'attention des services de renseignements francophones... surement rassurant pour ma paranoïa... surement un bon départ pour une fin imminente... une nouvelle fois le monde passe au-dessus de ma tronche irréaliste et je me questionne dans la mauvaise direction...
On continue l'incrémentation de la mobylette, changement de cales pieds, le bonheur ne tient décidément qu'à peu de choses de grande valeur... On sinue et s'insinue sur la Gineste, vision toujours autant paradisiaque, et toujours cette envie de rater une courbe pour rejoindre ce décor de rêve et s'y mêler jusque dans les entrailles... Une petite pause de fumée et les idées étranges cèdent la place à d'autres... Le bonheur tient à un poumon... Les mourons tiennent peut-être à sa perte... On le saura bien assez tôt...

30/09/10