mercredi 6 octobre 2010

Ah, l'ère gît...

Y a de la joie dans l'air, ça déborde la bonne humeur de toute part, et ça pue... voilà, je suis devenu allergique à la seule chose qui puisse aider à tolérer la vie sur cette planète austère. Depuis peu je ne peux plus être proche des gens heureux. Car comble de l'horreur, le bonheur s'exprime, s'extériorise, se partage, se communique gratuitement et tente de t'entraîner dans ses mailles épineuses. Un véritable fil barbelé qui m'arrache la peau sur toute la longueur et la largeur de mon esprit. Je n'en peux plus... Je me souviens du passé, il y a encore peu de temps, où je cherchais à tout prix cette espèce de concept merveilleux qui m'apporterait la libération mentale dont j'avais tant besoin... et à présent, je suis devenu allergique... le moindre sourire, la moindre émotion positive me noue l'estomac, me ronge l'intestin, me brule le cerveau et me plonge encore plus profondément dans l'obscurité nauséeuse qu'est mon existence... Le bonheur n'est plus compatible avec mes principes vitaux. Je n'y ai plus droit. Je n'ai pas su m'habituer au peu que j'avais. Je n'ai pas su apprécier son gout, son odeur, sa force, et maintenant il ne faut surtout pas qu'il m'approche sous peine de me consumer dans d'atroces douleurs éternelles...
Mais ce n'est pas grave, car tous ces moments que j'ai passé à le rechercher n'existent plus et me laissent une immensité de temps libre pour faire mieux dans le néant du néfaste... que doit faire l'être humain qui ne cherche pas le bonheur ? Nuire... nuire à tous et à toutes sources de vie... Je vais devenir le fléau des gens heureux... la noirceur qui vient souiller le mûr blanc... la tâche dans le décor impeccable... je me sens déjà plus valorisé... armé de mon nouveau but je n'ai qu'a trouver l'énergie nécessaire pour commencer la pollution des illusions... malheureusement, pour convertir la joie en son opposée, il faut la fréquenter, s'y mêler, acquérir toute sa confiance et enfin, on peut l'anéantir... mais je ne peux l'approcher... je suis contraint à me tenir à distance et ne possède aucune arme longue portée pour attaquer... je suis voué à vivre dans l'échec et à mourir dans une solitude vide de joie et pleine de laideur...
Demain, il vaudrait mieux aller voir un toubib... car sans aide, je ne peux faire que descendre dans la tourmente...

05/10/10