Lab ONU meurt
Mon métier ? Et bien, je suis un régulateur de bonne humeur. C'est un titre pompeux, je vous l'accorde, qui ne se comprend pas dans toute l'étendue de la tâche accomplie.
Mon principal travail consiste donc à réguler, c'est à dire à réduire ou augmenter la bonne humeur alentour. Ce n'est pas aussi simple que cela en à l'air. Tout d'abord, je ne travaille pas constamment, sinon mon entourage commencerait à devenir des plus ennuyeux et finirait par s'autoréguler par lui-même. Non, j'interviens particulièrement lors de soirées animées et que le propriétaire des lieux souhaite maintenir une certaine harmonie et constance dans le déroulement de la nuit. Je permets également d'empêcher les débordements, qui sont souvent responsables de dégâts irréparables, de troubles de voisinage, de rupture d'amitié et tout autre cas dramatique qui entrave le bon déroulement de la fête.
Comment interviens-je donc pour ainsi réguler la bonne humeur ?
Il y a deux types d'interventions. Le premier consiste à orienter les discussions dans des directions positives et enthousiasmantes. Ceci est pour les débuts de fête où les gens ne se connaissent pas trop, ont eu une sale semaine, continuent de remuer des pensées néfastes dans leur tête pessimiste, et n'ont surtout pas encore assez bu.
Le deuxième type d'intervention consiste bien évident à réduire la bonne humeur qui pourrait à tout moment mener au désastre. Deux demoiselles qui ont un peu trop bu, entourées de damoiseaux boostés aux hormones qui veulent voir leurs fantasmes se réaliser devant leurs yeux ébahis, peuvent faire des choses qui dépassent l'imagination humaine et même la leur. Dans ce genre de cas il faut savoir être cassant. Parfois, un simple petit pic bien vu, au bon endroit, suffit à calmer plusieurs esprits surexcités d'un seul coup. Il faut bien sur se méfier du dominant. Celui qui veut que les choses dérapent grâce à quelques incitations bien placées sans être directement coupable. Il faut savoir éviter son attention, se glisser entre les mailles de son filet d'arrogance pour ne pas se faire casser les dents brutalement.
D'autres fois, il suffit de repérer le trouble fête et de mener toute l'activité de régulation sur lui seul. Un élément à terre peut être suffisant pour que le reste des convives s'amusent pleinement sans aucune extravagance dévastatrice. Mais, réguler ce genre d'individu est également une tâche difficile. Selon la méthode d'opération on peut se faire violenter ou au contraire totalement ruiner le moral du dit individu qui aura tendance à tenter le suicide dès son retour dans sa vie sordide.
Je ne vais malheureusement pas pouvoir m'étendre plus longuement sur mes méthodes et expériences car ce serait sans doute révéler certains secrets qui ne doivent être connu que des gens de la profession. Mais si jamais vous souhaitez me voir en action, n'hésitez surtout pas à organiser une immense fête bien arrosée et vous serez assuré de la réussite de cette dernière.