Bée n'est diction
"Bonjour mon prêtre.
- Mon Père.
- Votre père ? Heu non, là je crois que vous faites erreur. Même si j'ai peut-être quelques enfants secrets dont une donzelle m'aurait tu l'existence, je ne pense pas que vous soyez jeune à ce point. Et je l'espère.
- Mon fils, je...
- Comment ça ? Mon fils, mon père, il faut vous décidez. J'ai déjà du mal à affirmer une croyance en un quelconque potentiel Dieu, alors si vous vous comportez comme un fou, ça va pas arranger les choses.
- Non, mon fils. Calmez-vous. Ce que je veux dire c'est que vous êtes sensé m'appelez mon Père, et moi je vous appelle mon Fils. Mais il ne s'agit pas de lien de parenté.
- Bon... comme vous voulez... mais je dois avouer que ça commence mal cette affaire. Dans le genre louche, c'est bien barré.
- Vous pouvez m'appeler comme vous le désirez, si vous êtes mal à l'aise avec cette formulation.
- Non, non, pas du tout. Je ferais comme vous faites d'habitude. Si je suis là après tout c'est pour essayer de pas avoir l'âme qui brûle en enfer. Parce que j'ai entendu à la radio tout un tas d'actions qui entraine ce genre de damnation éternelle. Et vrai ou pas, je me sens pas trop de prendre le risque. C'est déjà suffisamment la merde dans ce monde et ça ne fait que trente piges que j'y suis, alors je me dis l'éternité ça doit être salement long, donc autant pas tout gâcher avec des petites erreurs faut d'avoir lu le manuel d'explications.
- Vous êtes non pratiquant donc ?
- Pratiquant ? Pratiquant de quoi ? Parce que j'en pratique des trucs vous savez.
- Pratiquant de la religion mon Fils.
- Ah ! Ben non, je suis pas pratiquant. Mais c'est surtout faute de temps et d'occasions. Vous savez on m'a pas bourré le crâne dans la jeunesse et ensuite personne m'a dit les risques que j'encourrais. A part hier le type de la radio et là, je me suis alarmé.
- Il n'est jamais trop tard pour ouvrir son cœur à Dieu et racheter ses fautes. Vous souhaitez donc vous confesser mon Fils ?
- Holà, une seconde. Comment ça il est jamais trop tard ? Jamais de chez jamais ?
- Non mon Fils. Dieu pardonne à ceux qui le reconnaissent. Qu'importe le temps qu'il faut à votre âme pour le découvrir.
- Oh putain. Mais alors on m'a fait peur pour rien sur ce coup là. Écoutez, vous êtes super sympa et tout et tout mais là j'ai pas vraiment que ça à faire et si je peux racheter mon âme plus tard je vais pas m'emmerder à le faire de suite. Je pense même que je vais attendre le dernier moment. Genre sur mon lit de mort. Hop, juste avant de caner, je reconnais le gars qui crèche là-haut et à moi l'éternité entouré de donzelles sexy.
- Mon Fils, on ne marchande pas avec Dieu. Il vous observe à chaque instant et vous jugera sur vos actes lorsque vous vous présenterez devant lui. Et il n'y a pas de "sexy" au paradis. Les anges sont asexués mon Fils.
- Quoi ? Quoi ? Mais chez la concurrence on parle d'un troupeau de vierges en récompense et vous vous offrez l'éternité en tant qu'eunuque ? Tout ça si en plus on garde sa queue bien sagement rangée d'ici là ? Pouarf, alors là je suis désolé padre mais je crois que je suis pas preneur. A la limite l'enfer doit être plus accueillant. Faudrait contacter le commercial qui s'occupe de votre boîte parce qu'à ce rythme là vous allez faire faillite. Je suis même étonné que ce soit pas déjà fait. A notre époque nom de dieu. Faut être taré pour adhérer à ce genre de club.
- Mon Fils, surveillez votre langage je vous prie.
- Ouais c'est ça, je vais vous souiller les ouïes avec mes propos ? Vous avez peut-être des regrets de vous êtes planté de compagnie et d'avoir signé un CDI en plus, mais moi je me laisserais pas avoir bêtement. Je vous remercie pour le petit éclaircissement et vous souhaite tout plein de bonheur au pays des puceaux. Mais moi la vie m'attend, alors bonne journée... et sans doute à jamais !"