jeudi 30 septembre 2010

Rond rot ne ment mais si feu ment ?

Mais quel est donc ce bruit qui me vrille la conscience en tous sens ?
Ce n'était qu'un petit bourdonnement au début... brrr... brrr... qu'il faisait de temps en temps... j'aurais pensé n'importe quand, mais maintenant que j'y repense... il y avait un point commun à chaque moment... lequel ? Je ne sais pas mais je le sens...
Ensuite le bourdonnement devint un ronronnement... Au début intermittent puis doucement il devint constant... J'aurais presque pu trouver ça berçant si je n'avais pas eu besoin de toute ma concentration pour tenter de résoudre les vrais et faux problèmes de la vie... Moins je parvenais à me concentrer et plus le ronronnement devenait profond et présent... Mais je parvins à vivre ainsi pendant plusieurs années... de tristes et muettes années... Et je m'enfonçais un peu plus chaque jour dans l'incompréhension du monde jusqu'à ses plus simples bases...
C'est le jour où ces messieurs de l'État sont venus me rendre une morne visite dans mon maigre appartement que le ronronnement a commencé à muter. J'en étais bien entendu au point où je ne parvenais ni à entendre ce qu'ils tentaient de m'expliquer, ni à comprendre le sens de tout ce cinéma... En tout cas ils ont mis quelques unes de mes affaires, caleçons, chaussettes, pantalons et pulls, dans mon sac à dos et m'ont entrainé avec eux en prenant soin de garder mes clés... Impayés, redevable, dépossédé, plus rien, inconscient, irresponsable, grave, inadapté, très grave, irrespectueux, fou, associable... et ce bruit qui se transformait en sirène dans mon âme et qui m'empêchait de réfléchir, de tenter de comprendre... Un sifflement horriblement aigu qui ne permettait même plus de me mouvoir seul... sssiiiiippppp... sssiiiiiiiiiippp... et puis, dans un état proche du légume, le son a atteint son paroxysme... boommm ouuuiinnnnn... boommm booommm ouinnnnnn... si violent que mes yeux ne purent même plus envoyer d'informations à mon cerveau... une belle confiture dans la tête, c'est tout ce qu'il me restait... Je suis totalement incapable de dire combien de temps ce ramdam à duré car je n'étais plus dans ce corps pris d'assaut par un bruit que personne ne pourrait imaginer et dont je ne pouvais pas parler... Le supplice me tortura sans relâche... Si j'avais su jusqu'où irait ce son, j'aurais renoncé à la vie il y a bien longtemps... mais il était trop tard... tellement trop tard...
Et puis un jour, je ne sais pas pourquoi, le bruit s'est arrêté... ou mon esprit est parvenu à prendre le dessus et à l'ignorer totalement... Je pus recommencer à penser, à réfléchir, à jouer dans ma tête... mais uniquement dans ma tête car les seules images que je pouvais voir étaient celles que j'imaginais... mon corps ne bougeait que dans cet espèce de rêve où j'étais prisonnier mais libéré du son... je pouvais même fredonner, chanter, hurler sans que le bruit ne me gène... j'étais à nouveau vivant...
Et finalement, d'un seul coup, j'ai senti quelque chose glisser sous mes doigts... puis mes bras, mes jambes, mes pieds... le sens du toucher me revenait... le temps a commencé à reprendre ses droits et les journées me parurent atrocement longues et difficiles... lorsque la vue me revint, je découvris une pièce entièrement blanche et presque vide si l'on oublie les étranges instruments médicaux qu'il y avait... une charmante dame venait me rendre visite plusieurs fois par jour pour un entretien corporel relativement basic et m'offrir quelques paroles en tout genre... C'est elle qui remarqua que mes paupières bougeaient et qui ramena tout un tas de docteurs et autres énergumènes à peine humains... il me semblait avoir toute l'attention du monde rien qu'en bougeant mes paupières... j'étais heureux...
Il me fallut un an à partir de ce moment là pour pouvoir me servir de mes mains et de mes bras... les jambes refusant toujours d'obéir à ma volonté... et ma langue semblant bien trop lourde pour permettre un quelconque dialogue... mais au moins je pouvais écrire et donc communiquer... ces jours furent plaisants... je décidais donc d'écrire les vagues souvenirs de mon ancienne vie et de ce que j'avais pu ressentir jusqu'à ce jour... mais plus j'essayais de me rappeler et plus ma tête me faisait mal...
C'est alors que hier soir, alors que je forçais de tout mon être pour me souvenir de qui j'avais bien pu être, qu'un bourdonnement familier résonna très loin dans mon cœur... je n'hésitais pas un seul instant sur l'attitude à adopter et rédigeais rapidement ce petit papier... ceci est la marque de mon passage sur cette terre... ceci est un adieu...

29/09/10

mercredi 29 septembre 2010

Oh, qu'un rat porc

Répercussions...
Il y a mouvement même lentement,
Un lancement de balle au loin,
Le décollement d'un pansement,
Un enfant qui tape des points,
Une connaissance répondant cordialement,
La cueillette pour une confiture de coing,
Des pointillés qui cessent soudainement,
Une femme aux petits soins,
Un homme parlant faussement,
Une course au milieu des bottes de foin,
Un rouge-gorge chantant joliment,
Un robinet doté d'un vieux joint,
Un mois merdique malheureusement,
Un grand-père qui voit moins,
Et des répercussions...

28/09/10

mardi 28 septembre 2010

Salit, dent y tait

On me cause de gosses, on me cause de mariages, on me cause de promotions, d'évolution sociale... et on me cause d'autres trucs que je comprends même pas... Non mais que c'est il passé ? On dirait qu'il y a eu un moment où tout le monde a reçu l'ordre de devenir un adulte responsable implanté solidement dans la société... sauf moi... On a oublié de me tenir au courant, on m'a laissé à l'écart, sans me souffler la moindre information pouvant me guider sur ce chemin... Non, à moi, on a pas donné de consignes... Alors j'ai continué à faire n'importe quoi, à ne rien prendre au sérieux, à me laisser flotter sur le courant le plus chaleureux, à ne penser ni au passé, ni au futur, à essayer aussi bien que possible de profiter de l'instant, rien de plus, pas plus loin, juste là, l'instant est important... du moins c'est ce que je croyais... Mais les autres, eux, mes soi-disant amis, ils voyaient déjà toute une partie du boulot à accomplir pour le une sorte de but ultime qu'ils se gardent en cachette... les salauds... pas un mot... mais oui bien sur, allons faire la fête, critiquons les patrons, insultons les politiques, crachons sur les banquiers, pissons sur les assureurs, vomissons sur l'esprit de masse et puis d'un coup... hop... salut, désolé je peux pas venir, je m'insère... je me case... je me vends... je t'oublie, et c'est mieux pour tous les deux... Non mais, on se fout de ma gueule... ils m'ont vraiment pris pour une cruche... Je vais rester tout seul comme un con sur le bord de mer pendant que mesdames et messieurs se font dorer la pilule sur le gros bateau d'une existence merveilleuse et commune aux envies prédominantes d'on ne sait plus trop qui... Je pense que c'est mieux ainsi en effet... on veut pas d'un fouteur de merde sur un beau bateau comme ça... on veut personne qui brise cette tranquillité aveuglante... non, ça on en veut pas du tout... alors on lui dit rien et on se barre sans broncher... il se rendra pas compte le con... le bon con... hey bien mes couillons, on va voir qui c'est qui s'est pas rendu compte... on va voir si y a personne pour saborder cette saleté d'embarcation puante... dorez, dorez jolis poulets... je vais vous faire dorer à point, moi !

27/09/10

lundi 27 septembre 2010

Quand brille ô l'âge

"Je ressens une forte mouvance dans la force... quelque chose est train de basculer, et nous sommes sans doute les seuls êtres capables de faire pencher la balance du côté le moins lourd...
- Heu... oui, c'est ce que j'allais dire... mais pas de cette façon là... pas du tout de cette façon... d'ailleurs c'est quoi cette putain façon ? La force ? La force qui parle dans ta tête, c'est pas la force, c'est une sale farce. Et pis la balance... non mais celle-là elle est pas mal non plus... le côté le moins lourd ? Non mais ça rime à quoi ? On a un boulot à faire, un boulot qui y a pas plus con sur cette saloperie de planète et toi tu me parles de balance... Non mais bordel tu te fous de ma gueule ? Je vois que ça de possible, sinon c'est que t'es complètement barré dans le ciboulot et là faut te faire interner le plus tôt possible. Ça c'est la mouvance que je ressens. Oui, celle-là je la sens bien. En accord avec la nature, le juste ordre des choses...
- Je comprends la perturbation physique qui te parcourt. Je la ressens aussi. Mais il faut que nous gardions le contrôle de nous-mêmes, sinon personne ne pourra plus rien pour cet univers. Écoute le calme qui règne ici. C'est surement la clairière avant la forêt... Il faut agir rapidement...
- Ouais, c'est une bonne idée que tu viens d'avoir. Franchement, on fait ce boulot et je te dépose direct à l'hosto. Tu seras mieux là-bas. J'ai pas envie de te voir faire des trucs pas nets à une petite vieille qui promène son caniche. Et là, t'es au bord du gouffre... Ils peuvent peut-être encore intervenir et te réparer la durite qui a pété... Bon, le bureau du gars est au bout, tu montes la garde pendant que je vais chercher les papelards. Et surtout tu bouges pas. Tu regardes, c'est tout. N'écoute pas la voix qui te cause dans la tronche, juste deux minutes, tu bouges pas.
- N'aies crainte, ce sanctuaire restera inviolé. Ton dos est plus protéger qu'il ne l'a jamais été. Tu peux aller serein.
- OK, à de suite.

Quelques instants plus tard...

- Nom de dieu... mais bordel de nom de dieu de merde... mais qu'est-ce que t'as foutu ? Mais qu'est-ce qui n'était pas clair dans le terme "ne bouge pas" ? Non mais il faut que tu m'expliques. Il faut que tu comprennes à quel point t'es ratatiné. Au bordel... t'as détruit tous les écrans... tous... c'est bien ça ? T'as détruit absolument tous les écrans de ce maudit bureau...
- J'ai également arraché le fil des souris, claviers et tous les autres trucs en divagation énergétique. Je savais que tu ne considérerais pas cet excès de zèle comme "bouger". Perçois-tu maintenant le poids de notre influence dans la force ? Le bon est de nouveau plus vigoureux. Un temple obscur vient de s'effondrer grâce à nous. Je te félicite pour ce geste chevaleresque. Nous pouvons partir le cœur plus léger.
- Mais juste pour être sûr. Tu te rappelles bien que notre client voulait que la disparition de ce dossier soit entièrement rejetée sur le gars qui travaille dans ce bureau ? Tu te rappelles qu'il a vraiment insisté sur ce point. Et toi tu lui as même garanti que notre passage ne serait connu que de nous trois... "Seulement trois être vivants auront conscience de notre intrusion, et il me semble que nous sommes déjà trois dans cette pièce, vous n'avez rien à craindre"... c'est bien ça que tu lui as sorti ? C'est pas moi, c'est bien toi qui lui as précisé... Donc, quelle magie va permettre que notre passage ne soit connu de personne ? Hein ? Tu peux m'expliquer, parce que là je vois que des emmerdes à perte de vue, un immense tas de merde sans fin...
- Tu as parfaitement raison en ce qui concerne ma citation. Aucun mot de manque et le ton est presque exactement le même. J'apprécie que tu sois à l'écoute de mes propos même quand ils ne sont que de maigre importance. En revanche je ne vois pas ce que la suppression des sources négatives dans cet endroit peut entraîner la divulgation de notre passage. Je t'accorde que de nombreuses personnes seront au courant de la venue d'individus ici même et de leur action. Mais j'ai bien pris soin de couper toutes les caméras avant notre entrée et donc personne ne saura qu'il s'agissait de nous. Seules trois personnes sauront que nous étions ici. Et pas une de plus, je te l'assure comme j'ai pu l'assurer à notre client. Autre chose ?
- Je... non, tu... L'hosto s'est trop tard... c'est foutu, plus personne peut rien pour toi... un bloc de ciment aux pieds et une petite plongée sous-marine... c'est tout ce qui t'attend... ce qui nous attend même... alors je vais plutôt m'éclipser seul et si jamais je recroise ta sale face d'illuminé tu vas bien la sentir la perturbation de ma force... alors adieu... et bonne chance pour sauver ta peau...
- Mais, attends... qu'est-ce qui te prend... mais non reviens... il faut encore qu'on aille chercher l'autre moitié du cash... Hey ? Hey... et bien tant pis pour ta gueule, j'irais le chercher seul et je partagerais avec moi-même... Malade !"

26/09/10

dimanche 26 septembre 2010

Les je veux au vent

C'est de l'insensé, pas du sensé, pas du sensas,
C'est du sans gain, sans cesse sans rien,
Tu connais ce son, tu reconnais ses fondations,
Une goute de provocations qui provoque l'inondation ;

Ça fait combien de temps qu'aux infos y a plus rien de calme ?
Les spectateurs se calent et attendent leur nouvelle came,
C'est pas bon pour le karma de se complaire dans le carnage,
Zarma, la rage, c'est dans la merde qu'on nage ;

Je veux une nouvelle vie pour assouvir mes envies,
Je veux une nouvelle patrie où les patrons ne font le tri,
Je veux pouvoir être heureux sans avoir à être valeureux,
Quand on veut, on peut, pourvu qu'on soit nombreux ;

J'entends pas de question, personne fait attention,
Mais pour la révolution il y a une date de péremption,
Plus besoin d'élections, il faut monter à l'Élysée,
On va violer leur réalité pour les aider à réaliser ;

Je veux que tout le monde se réveille pour sortir de ce cauchemar,
Y en a marre de rater le coche, on est qu'une sale bande de flemmards,
Je veux vivre du vrai, des faits concrets, du frais,
En tout si j'étais libre c'est que je ferais ;

25/09/10

samedi 25 septembre 2010

L'éther nie tes nuits

Au début j'ai cru être au fond d'un immense gouffre, mais en regardant plus attentivement je réussis à discerner le ciel infiniment gris s'étendant à perte de vue au-dessus d'une plaine déserte également infini... Je décidais de marcher dans une direction au hasard car je ne pouvais voir la moindre étoile ou lumière... Je marchais donc pendant l'éternité mais rien ne changea jamais... le même ciel gris, le même sol sec avec ces quelques brindilles d'herbes mortes, aucun mouvement, aucun signe de vie, de jour, de nuit... de mort... J'ai arrêté de marcher finalement... je me suis allongé et j'ai contemplé ce plafond immuable... Après beaucoup de temps je parvins à apercevoir des mouvements dans les nuances de gris... s'il y avait du mouvement, il y avait écoulement du temps... mais je n'avais toujours pas faim... après être convaincu que plusieurs journées s'étaient écoulées je compris que je n'étais qu'un esprit en ce lieu... mon corps étant sans doute nourri par je ne sais trop quel moyen dans la réalité... je pourrais rester ici pendant plusieurs éternité donc... mieux valait ne plus bouger et essayer de m'endormir dans cet univers pour me réveiller dans le bon... et c'est ainsi que je vis depuis toujours... je m'éveille de temps en temps pour découvrir le même et même spectacle décevant alors je ne bouge pas et me rendors... telle est ma vie pour toujours...

24/09/10

vendredi 24 septembre 2010

Nais, toi ion

C'est l'heure du grand ménage...
Débarrassons ce marécage...
Il est temps de tourner la page,
Me voilà de retour sur la plage,
Peut-être un nouveau départ,
Peut-être enfin un bon départ,
Pour l'instant la prise de conscience est difficile,
Mais les choses avancent presque dociles,
La magie de l'inconnue gît devant moi nue,
Chaque jour sera surprise insoumise,
Parfois incompréhensible, mais qu'importe ?
Tout n'a toujours été que château de cartes,
Voué a s'effondrer à la première claque,
Il faudrait construire sur du solide pas qui craque,
Mais la fébrilité de mon univers me va, sans trac,
Alors je sais que je vais reproduire mes faiblesses,
Ce qui ne te tue pas te blesse,
Au moins je viens de couper une laisse,
On verra bien ce qu'il reste, ailleurs,
Pas trop loin car j'ai cassé mon dérailleur,
Donc je vais y aller doucement en marchant,
A travers la ville qui devient mon champs...

23/09/10

jeudi 23 septembre 2010

Conclusion de la contusion

Aller-retour Panam, prends ton panard, ton panaris et ton pétard mais soit pas en retard pour le contact humain, la source humaine, dans une sale boîte, c'est important le côté humain... et ce sera sans doute le dernier contact avec eux, alors un peu de tact...
A peine sorti de la gare je fonce aux Cadrans pour une petite binouze et un repas très correct en terrasse ensoleillée... la dernière de l'année que disent les gens autour... et avec un peu de chance le dernier passage sur Paris aussi... je vous quitterais avec le soleil et ne suis pas sur de vous le ramener un jour... vous semblez trop heureux de voyager sous terre dans une atmosphère lourde et étouffante, alors la pluie vous rafraichira et la prochaine on réfléchira... bande de malades... savourez votre bonheur de taupe, je m'occupe de savourer celui du sud... merci... un petit rosé corse avec tout ça et ce sera parfait, je suis fin prêt...
Passage métro, un peu mais pas trop, débarquement un peu tôt... le temps de penser à ce qui m'attend... quoi un licenciement ? L'aurais-je fait sciemment ? Aucunement ! Mais oui merci, j'accepte, sans rechigner... pourquoi négocier ? Je fus apprécié mais maintenant ça me fait chier alors ciao... à jamais si possible...
Et encore du métro, hop, hop, pour aujourd'hui c'est vraiment trop... filez-moi un train, le prochain, le premier, dès que possible, maintenant, voilà, merci, adieu Paris... espérons que nos chemins se croiseront dans de meilleures conditions... bien cordialement, votre fidèle serviteur vous salue bien bas...
Le tout en douze heures... je rentre tout plein de douleurs... plus de forces pour la douceur... au pieu de bonne heure... demain, c'est loin...

22/09/10

mercredi 22 septembre 2010

La tente dure nous vaut

Opération cracha, mais te cache pas,
Le répudié, le dégoutant, le décevant,
Ce que j'ai fait, tous en ont eu vent,
Mais il va falloir aller de l'avant,
Agressif comme du dissolvant,
Cette fois je ne peux plus reculer,
Donc souhaitons qu'il ne pourront pas m'enculer,
Et que pour me nuire il vont pas tout calculer,
Sinon il va y avoir des envies de tuer,
J'ai déjà l'estomac qui commence à puer,
Quand les collègues m'ont tout juste salué,
Mais demain j'en saurais plus sur mon sort,
Aller-retour Panam, ça va être du sport,
J'entrerais peut-être victorieux au vieux port,
Mais inutile de rêver d'abord,
Parce qu'ils risquent de me balancer par dessus bord,
Je les connais ces salauds, ils vont me faire payer,
Mon surplus de gentillesse ne sera pas sur le papier,
Ce qu'ils veulent, c'est que j'implore leur pitié,
Mais les patrons, et des mieux, il y en a des milliers,
Alors restons fort et solide comme un pilier,
Je ne partirais pas avant de les avoir pillé.

21/09/10

mardi 21 septembre 2010

Con de vocation

Et bim dans la gueule,
A peine débarqué du train voilà le boss qui gueule,
"Tu fais perdre du fric à l'Empire capitaliste,
On va te chopper entre six yeux.",
Prépare-toi à l'enfer plus qu'au cieux,
Parce que pour ces messieurs tu portes atteinte au précieux,
Du coup je disgracieux,
Avant le meeting je suis tout anxieux,
C'était pourtant le but recherché,
Mais ce premier pas vers la sortie est trop à l'arrachée,
Je me sens perché,
Sur une branche que j'ai moi-même sciée,
Les rois vont me retirer mon titre princier,
Adieu printemps, été, c'est l'automne,
J'entends le ciel qui tonne,
Et comme un con, ça m'étonne,
Coupable d'être trop gentil
Mais ici l'égoïsme est le seul outil,
Et je n'ai jamais appris à m'en servir,
J'ai pas été assez servile pour les viles,
Tout ça par que je ne supporte pas cette ville,
J'ai mal joué mes billes et je me bile,
C'est dur de jouer au débile face à plus débile,
Et le pire c'est que mes erreurs me rendront plus habile,
Ça me dégoute et m'obnubile,
La victoire revient toujours au rapace subtil,
Regarde le fiasco des sub-primes,
Une bande de vautours qui supprime le sublime...
Laissez-moi disparaître dans l'abîme...

20/09/10

lundi 20 septembre 2010

En corps des fonds c'est...

Doucement, de plus en plus doucement,
Fini l'avancement,
Fini la clarté, la lumière devient rareté,
Un jour presque raté,
Mais surtout besoin de s'arrêter de gratter,
Les croutes de mes cicatrices mentales,
J'ai l'intérieur de plus en plus lamentable,
Alors je sombre dans la décontraction,
En fumant de la relaxation,
Les illusions débarquent en profusion,
J'entre en fusion avec le néant,
Un jour entier pour faire le fainéant,
Mais intérieurement je sens la culpabilité,
Ce n'est que remettre à plus tard la réalité,
Et ce n'est pas comme ça que je pourrais l'affronter,
Au contraire, ce serait plus se tirer une balle dans le pied,
Je fais pitié, les responsabilités ne cessent de m'épier,
Attendant leur tour, de plus en plus nombreuses,
Tandis que je m'observe le nombril et creuse,
Creuse l'oubli,
Mais ce n'est pas devant un lapin que le loup plie,
Tant pis, pour aujourd'hui je reste au tapis,
Et quoi que je fasse, je sais que devant et derrière il y a pire,
Alors autant sourire...

19/09/10

dimanche 19 septembre 2010

Démon d'âme lourd

Du bonheur, de la joie, du plaisir,
Une si agréable belle que je désire,
Mais malgré tout, les mots ne parviennent pas à ma bouche,
Ils se forment faiblement dans ma tête, mais quelque chose bouche,
La circulation des sentiments est interdite,
Un régime dictatorial a pris le pouvoir,
Mes pensées n'ont pas le droit de sortir,
Le mot amour s'est fait bannir,
Mais que vais-je devenir ?
Suis-je la source de mon propre cauchemar ?
Il suffirait que je m'éveille pour qu'enfin je m'émerveille,
Que mon cœur couleur vermeille face couler son miel,
Mais plus je me pince et plus mes dents grincent,
Mince, l'espoir est mince, et la misère immense,
Que j'aimerais te dire ce que je pense,
Si rapidement, indispensable est devenue ta présence,
Je crains de ronger ta patiente,
Mais l'émotionnel n'est pas une science,
Ou du moins, pas exacte,
Alors pourquoi, bloqués sont mes actes ?
Et surtout mes paroles qui ne remplissent pas leur rôle,
Elles fuient la concrète réalité en étant drôles,
Mais je vois que tu mérites et attends plus,
Besoin de surplus plutôt mes maigres supplices.

18/09/10

samedi 18 septembre 2010

Tintin qu'au 'ti daim

Je remballe les affaires pour un bref acte de présence,
Bonjour tout le monde, un café ? Oui, merci !
Encore deux heures avant le week-end de sursis,
Je vois que personne n'apprécie,
Le Parisien n'agit pas ainsi,
Vendredi 19h, il est toujours assis,
A son bureau, craignant la venue de bourreau,
Mais c'est du boulot pour pourceaux,
C'est pas pour ceux qui viennent du sud,
Alors sur mon dos ils cassent du sucre,
Ce n'est pas leurs murmures qui m'empêchent de faire le mur,
Direction la gare, hagard,
Je choppe le premier train au départ,
Ça se calme un peu dans la poitrine,
Je remplace la déco de ma vitrine,
Après l'interminable voyage minable,
Je retrouve mes amis autour d'une table,
On savoure des Malbec argentins,
Un, et encore un, tu veux de l'argent ? Tiens,
Ma ville, une bien belle compagnie, et pourtant...
Je ne suis pas tranquille, c'est déroutant,
A cause de mon boulot dégoutant,
Ce n'est qu'une pause à ma détention,
Dur de se détendre, manque d'attention,
Il me faudra la nuit pour faire chuter la tension...
Tout plaquer, tout oublier, quelle tentation...

17/09/10

vendredi 17 septembre 2010

L'avis con t'y nue

Douleur, d'où l'heure,
Manque de sommeil sous le ciel gris,
Manque de soleil dans cette vie,
Comme si la paix de l'esprit venait de la plage,
Et ce n'est pas à Paris que je pourrais tourner la page,
Cette ville me saccage, elle est ma cage,
Elle aime me faire sentir ses marécages,
On me dit que c'est génial à mon âge,
Mais mon mal du pays n'est pas un mirage,
L'impression d'être abandonné le jour de mon mariage,
J'en ai marre de traîner dans cette mare humaine,
Ça manque de sourires et empeste la haine,
Je suis Gepetto dans le bide de la baleine,
Et ce n'est pas permis d'avoir une telle haleine,
Ni de faire aussi froid sous ma petite laine,
Courage, demain je retrouve la chaleur de la Plaine.

16/09/10

jeudi 16 septembre 2010

Lame agit de l’avis

Je me croyais seul dans un désert bondé,
Et une mini soirée a débuté, plein de bonté,
Plein de pinard, de faux Ricard, et rancard,
C’est bien quand on s’y attend le plus tard,
Accompagné au plumard, bon art,
La romance à la Parisienne, un vrai film,
Mais les journées abominables de taf tirent les fils,
Ennui mortel, l’impression d’être un immortel,
Attaché pour l’éternité à un boulet immoral,
A quoi rime tout ce cirque,
Je suis le lion dompté parabolique,
Et voilà, je sens que descend la colique,
Heureusement qu’il y a au moins quelques acolytes,
Et tous ces litres, à côté,
Disparu avant d’avoir pu compter,
Plus grand-chose à raconter,
Tant s’est déjà effacé,
Impossible de faire face, et,
De continuer comme si de rien n’était,
Ignorer l’hiver qui remplace lentement l’été,
Oublier le taf qui me rend alité,
Oublier tout ce qu’il a été,
Et essayer de toujours rêver…
Imaginer que je peux me lever,
Que vous me dissolvez,
L’existence…

15/09/10

mercredi 15 septembre 2010

Manne au p’ti agneau

C’est du Mano Titanio, Holla,
La main de titane, le cœur du sheitan,
Les couilles sur la table, je crache sur l’imbitable,
Et si tu te sens ciblé, esta possible !

Je me sens décidé, dangereux comme le sida,
Joignez-vous à moi, j’aurais besoin de soldats,
D’attaque, shootés, sous crack, armés de matraques,
Hargneux comme les FARC, fous et qui s’en foutent du fric,

Je veux une bande de fadas, plein de bombes dans le barda,
Qui fait passer Rambo pour un touriste en bermuda,
Une putain de bande de barjots, des bastards enragés,
Des militants en gagés, prêts à tout pour faire dégager,

Alors oublie les congés, car une fois que t’as plongé,
Tu pourras t’allonger une fois mort et congelé,
Le repos des guerriers c’est juste bon pour les salariés,
Ici quand t’as signé, faut pas que ça s’arrête de saigner,

Montre-moi tes crocs, montre que tu es accro,
Au carnage, à la mort, tu veux avoir la peau de Sarko,
Tu veux voir ses tripes et toutes celles de l’élite,
Tu bandes plus dans le risque que dans un clit…o…

C’est du Mano, ouais c’est du costaud,
Pas besoin de cent mots pour envoyer à l’hosto,
Mon studio c’est le bistro, c’est pour ça que je pisse trop,

14/09/10

mardi 14 septembre 2010

Lys en ciment

Et ça repart pour Panam,
Le motard du sud va se sentir comme un poisson hors de l’eau,
Adieu moto, bonjour métro,
C’est trop de monde, trop tôt, trop tard,
Et tout ça pour bosser dans une banque,
Une belle bande de salopards,
Je transpire les scrupules de toutes parts,
Mais c’est le patron qui décide, avide,
Va falloir agir comme un plat acide,
Pour qu’un jour enfin il me retire ses menottes,
C’est vraiment pas gagné, trop de bonnes notes,
Trop compétent, trop con, je serre les dents,
Je pensais pas que ce serait la merde avant de mettre les deux pieds dedans,
Aujourd’hui j’y suis jusqu’au cou,
Et le plus dur, c’est de pas en voir le bout,
Alors j’enchaine les bouteilles,
Je marche comme s’il me manquait quinze orteils,
Plus d’orgueil,
Je vis un mauvais recueil,
Je voudrais être un fruit pourri que personne ne cueille,
La passion est morte, je suis en deuil,
Mais le palpitant continue à pomper le sang,
Alors j’avance à contre cœur et ça se sent,
Faut espérer que ça ne durera pas jusqu’à cent ans,
Je suis coupable de tristesse et attends la sentence,
Au lieu de ça le juge me file une ordonnance,
Pour que je mette de l’ordre dans ma tête,
Et travaille bien sagement pour perpète, pour quelques pépettes, trois cacahuètes,
Que je trouve le caca chouette,
Mais ce genre de conneries m’emmerdent,
Je voudrais juste qu’on m’oublie et me perde…

13/09/10

lundi 13 septembre 2010

En régis ce très mensonge

La gueule enfarinée, direction le studio d’enregistrement,
Les musicos ont l’air encore plus fracassé,
Une semaine enfermée dans un lieu attachant mais sans oxygène,
On sent bien que ça les gène,
En deux seconde je constate que l’atmosphère gèle,
Cigarette sur cigarette, c’est pas aujourd’hui que j’arrête,
Alors je débite deux ou trois conneries,
Y en a trois ou quatre qui sourient,
Ça se détend tout doucement,
Les prises de son s’enchainent agréablement,
Ça transpire le talent,
Que du bon, plus d’Achille que de talon,
Ça groove par-ci, par-là, je sens la célébrité qui approche, pas loin,
Chaque note est perfectionnée,
L’ingénieur complètement attentionné,
Du coup je me sens minable,
Sans corde à mon arc, sans accords, sans guitare,
Mais je reste et écoute, qu’importe qu’il soit tard,
Car demain est un autre jour, celui du mitard,
Alors je profite de l’invite, du rythme et du mythe qui se construit,
Je parle peu, car trop souvent la bouche bée,
Mais pourquoi ce sentiment d’impuissance ?
Ce sont mes amis et pourtant je suis petit et eux immenses,
Mais pourquoi me suis-je noyé dans les 0 et les 1 ?
Hein ? Pourquoi ?
Il n’y a donc rien au bout de mes doigts ?
Rien non plus dans ma voix ?
Ne suis-je donc qu’une calculette avec deux noix ?
Je vois bien qu’au fond de moi tout est noir,
Et la seule chose que je sache bien faire me dégoute,
Je me suis bêtement trompé de route, aucun doute…
Malheureusement il n’y a pas de demi-tour,
Je resterais donc sur ma rayure comme un vieux 45 tours,
Ou plutôt comme un pauvre CD qui attends de décéder…
Si seulement on pouvait revenir à l’analogique,
Je deviendrais collector numérique,
Et attirerait les foules dans une vitrine,
Ici repose le vide inutile…

12/09/10

dimanche 12 septembre 2010

L'âne hiver serre

Journée anniversaire,
Pour les amerlocs ce sont des souvenirs tristes,
Pour quelques organisations secrètes, c'est le symbole d'un certain succès,
Pour une de mes amies, c'est son dernier anniversaire avant d'atteindre celui de Jésus sur sa croix...
Donc au final, une raison de faire la fête et deux d'oublier les conflits mondiaux pendant une longue soirée,
On achète quelques fleurs, quelques litres d'alcool,
Et dès 20H, ambiance brésilienne,
Des corps de femmes à faire pleurer miss France,
De l'humour sans retenue à faire crever un curé,
Des toasts multicolores, des noix de tout, une tarte salée et des gâteaux à faire bander un obèse,
De la bière, du punch, du pinard et du champagne à faire rêver douze alcooliques,
La recette parfaite pour que les minutes s'envolent à bord d'une fusée intergalactique,
Les souvenirs seront vagues mais la sensation de joie restera mémorable,
Une semaine douloureuse s'efface pour ne laisser place qu'à une mémoire floue d'un samedi euphorique,
Si seulement j'avais 360 excellents amis, mes jours seraient bien heureux,
Et chaque jour je me tournerai d'un degré pour que chaque année soit l'éternel retour à la joie...
Dommage que cela ne semble possible que dans un monde merdiquement virtuel...

11/09/10

samedi 11 septembre 2010

Là, matte hier, aube se cure

Déroute globale du système de pensées,
Ça tape là-dedans, un vrai bordel,
Ça s'entrechoque de partout mais rien ne sort,
La boîte crânienne trop étroite sans doute,
Je me demande si un petit coup de perceuse à la temps droite ne règlerait pas le problème,
Les idées sortiraient par ce trou et celles restantes auraient plus d'espace pour s'épanouir,
Elles s'étaleraient de toute leur longueur,
Elles fructifieraient avec grâce et deviendraient de véritables belles idées utiles,
Alors que là, ça tape de partout,
Les embryons d'idées étouffent et laissent des micro-cadavres encombrants,
Impossible aux nouvelles de grandir,
Même si elles essaient, il n'y a rien à faire,
Un tombeau dans la tronche,
Il faudrait au moins pouvoir sortir tous ces cadavres,
Avec un bon trou dans la temps, je suis sûr qu'ils sortiraient,
Ne garder que le bon, le vivant, les trucs potables...
Ou rien du tout peut-être,
Sortir la matière grise et visqueuse de ce crâne pourri mais solide,
Ne rien laisser et tout reprendre à zéro,
Tout doucement, petit à petit, repartir avec une seule idée,
La cajoler, lui donner tout ce dont elle a besoin,
Puis quand elle serait bien mure, la laisser sortir à la face du monde,
Et recommencer ainsi avec une autre idée, une seule à la fois,
Fini les embouteillages cérébraux,
Terminé les petites idées minables et stagnantes,
Uniquement de la grande idée, du formidable, du fou ou du génie...
Je sais que c'est la seule solution,
Mais lorsque je me regarde dans le miroir, la perceuse à la main,
Quelque chose me retient,
Sans doute une petite idée en train de mourir qui n'arrive pas à s'exprimer complètement mais qui parvient juste à retenir mon doigt d'écraser la gâchette du salut...
Et donc, ça continue de taper là-dedans,
Ça cogne et ça cogne sans fin,
Sans solution ni espoir de sortir de cet état immuable et passif...
Saleté de matière moite...
Saleté...

10/09/10

vendredi 10 septembre 2010

Y m' hanse des espoirs

Désenchantement,
Mon vin n'a plus de goût,
Mon pastis sent l'eau croupie,
Mon saucisson corse est bien fade,
Mes tomates bio empestent le chimique,
Ma femme a l'air terriblement triste,
Et le temps ne semble plus vouloir s'écouler...

Désolation,
Il n'y a plus rien à voir,
Un désert moite m'entoure,
Le ciel gris a recouvert mon plafond,
Il neige dans mon âme et grêle dans mon cœur,
Les oiseaux se suicident contre les vitres,
La vermine sort de chaque pore de ma peau,
Un abîme de vide rempli mes oreilles,
Et le temps s'est arrêté de battre...

Désillusions,
Toutes les couleurs sont devenues noires,
Toutes les formes se sont aplaties,
Tous les sons ne sont que bruit blanc,
Toutes les odeurs sentent l'ammoniac,
Je ne touche que de l'air pestilentiel,
Et le temps reste figé dans cet état oppressant...

Désarroi,
Je n'ai pas compris ce qu'il se passait,
Je ne comprends pas ce qu'il s'est passé,
Je ne comprends pas ce qu'il se passe,
Le futur n'existe plus,
L'incompréhension a établi son campement,
La compréhension s'est faite humiliée et étripée,
Le vide et l'oubli sont mes deux seuls saluts,
Mais le temps attend et l'espoir est mort...

09/09/10

jeudi 9 septembre 2010

ça, l'eau part de pas tronc

Ah, vieille ordure, tu prends tant de plaisir à me torturer, à m'utiliser comme un petit pantin sans défense, esclave servile que je suis, ta perversité me plonge dans une rage dégoulinante qui pollue mon entourage, tes concepts d'escroc patronal me répugnent et empestent chaque bouchée d'oxygène que j'ingurgite avec peine, tu es la souillure de la société, un de ces nombreux clones véreux qui gangrènent le monde, sans cesse présent dans mon esprit avili tu me pourris la vie avec une indigne maitrise sans trace du moindre scrupule, et je ne suis qu'un parmi tes pauvres larbins tristes, la souffrance règne tout autour de toi, espèce de salopard ignoble, infecte pestilence puante qui tente de corrompre chaque particule vulnérable, je te vois te complaire dans ta solitude méritée et mépriser le bonheur d'autrui, l'innocence est ton terrain de prédilection, tu t'y incrustes tel un parasite indestructible, et tu la souilles de tes idées dégueulasses pour la rabaisser plus bas que les fonds marins, vulgaire arrogant narquois qui manipule avec une aisance inhumaine les idéologies trop pures, tu me répugnes, je ne parviens plus à respirer, j'étouffe de ton air vicié et abjecte, mais tu me maintiens à la limite de la vie pour continuer de servir tes intérêts infâmes jusqu'à ce toute ma sève se soit répandu sur le sol aride que tu as asséché depuis si longtemps...
Observe mes mots qui ne peuvent plus trouver la voie de l'humour ou de la distance, tu es arrivé déjà si loin que je ne vois plus d'issues à ton sortilège juridique qui m'emprisonne dans ta cage rouillée mais solide...
Pitié, j'aimerais tant pouvoir te demander grâce et retrouver ma liberté mais la pitié ne fait pas partie de ton univers sordide alors je me plie un peu plus chaque jour et attends avec impatience et un espoir immense la fin mon existence abattue...
Alors, un effort, je suis si proche du bord de ce ravin qu'il te suffirait juste de me pousser pour que tout ce cirque prenne fin, enfin...

08/09/10

mercredi 8 septembre 2010

La paire c'est psy, honte rouée

Un demi siècle... ben ça nous rajeunit pas tout ça... du moins ça me laisse encore jeune à côté, mais ça fait plus penser au vieillissement qu'à autre chose...
Un demi, ça c'est pas dégueu tout de même, j'en consomme relativement souvent et ça passe plutôt bien... donc le problème vient principalement du siècle... cent ans... j'aurais surement dit au revoir aux demis depuis longtemps dans cent ans... je n'étais même pas un concept il y a cent ans...
Donc oui au demi mais non au siècle... comme quoi deux mots ensemble fonctionne comme les multiplications. Positif par négatif donne du négatif... positif par positif donne du positif... mais qu'en est il de négatif par négatif ?
Déjà, le problème vient au niveau de la définition de négatif et de positif... Parce qu'un verre à moitié vide est plus triste qu'un verre à moitié plein... du moins selon la grande théorie judéo-chrétienne qui nous gouverne... car tout dépend vide ou plein de quoi...
Prenons un verre de jus de morue... qu'il soit à moitié plein est plutôt désagréable... et il en va de même pour le moitié vide... on pourrait se dire que la première moitié est déjà finie, donc là c'est positif, mais en même temps on peut se dire que l'on a fait que moitié du chemin... le goût infecte qui colle au palais n'est pas prêt de disparaître... donc là c'est négatif... à moins que l'on se dise qu'au moins la première moitié n'est plus à refaire et que ce goût infecte ne va pas vraiment empiré avec la prochaine moitié, donc le plus dur est passé...
Donc, dans ce cas toutes les possibilités semblent possibles pour exactement le même contenu, le même fait, seul la perception change et influence les conséquences à venir pour la dernière moitié... on peut alors imaginer qu'il en va de même pour tout... en résumant le parcours réflectif qui amène à cette déduction troublante... et par conséquent c'est nous même qui décidons de la nature des variables et du résultat de ces multiplications...
Quoiqu'il arrive, on souhaite majoritairement obtenir un résultat positif... ne nous égarons pas trop sur le désir d'un résultat négatif car il est contre nature... c'est un fait, ne tergiversons pas autour, inutile de vouloir le démontrer ou l'inverse, partons simplement de ce principe... Donc, pour obtenir un résultat positif, il ne faut que des points positifs... la moindre incrustation de négatif là-dedans et c'est foutu... jusqu'ici, c'est plutôt facile et l'on a vu que la perception permettait de transformer un point négatif en positif... donc le tour est joué, il suffit de programmer son cerveau pour ne percevoir les constantes et variables de façon uniquement positives...
Voilà, beaucoup de blablas pour pas grand chose... je tourne en rond et tourne encore... si j'étais parvenu à voir ces saletés d'équations de façon positives je n'aurais surement pas besoin de m'égarer en réflexions diverses qui en arrivent toujours à la même conclusion... tout n'est que question de perception... et j'ai bien l'impression que mon esprit est aveugle...
Il ne voit que du noir... même pas de gris... alors à quand un ophtalmo de l'esprit ? Il y a bien moyen de réparer cette vision défectueuse... mais je suppose que ce n'est pas dans l'intérêt des grands cons de ce monde...
Dommage... alors que je me pourrais dire tant mieux... vraiment dommage...

07/09/10

mardi 7 septembre 2010

Thé au riz du mort pion

Vivre le moment présent a pour conséquence une certaine abstraction de la réalité environnante. On se concentre sur l'évènement qui se déroule, et pourtant on ne peut en mesurer les conséquences futures ni les influences passées. Alors les réactions deviennent quelque peu instinctives et c'est en y repensant que l'on constate avec un brin de réflexion que l'on aurait pu agir d'une façon plus appropriée, d'une façon qui correspond plus à la personnalité souhaitée. Mais du coup, on ne vit plus l'instant présent...
L'impression d'être un con de clébard qui essaie de se chopper la queue et tourne en rond sans idée de ce qu'il se passe autour de lui...
L'abandon de tout espoir permet une certaine relaxation et les choix sont moins appréhendés... cependant, on choisi parfois trop à la légère et si ces choix entraînent des soucis de plus en plus violents, il devient horriblement difficile de ne plus penser à l'espoir d'un jour meilleur... et forcément plus on cherche ce jour et moins on parvient à l'atteindre... à nouveau le clébard qui essaie d'attraper sa queue...
Etre intouchable... voilà ce qu'il faut atteindre... qu'importe le choix les conséquences ne seront pas invivables ou irréparables... mais là, pour essayer d'arriver à un tel niveau de renoncement il faut une méthode que je ne connais pas du tout... alors je tourne en rond et parfois un petit sprint tout droit dans une direction presque hasardeuse... le mouvement est la clé du changement...
Ce n'est pas demain que j'arrêterais de tourner en rond... alors profitons de l'instant présent... et dans le pire des cas, je fonce tout droit pour voir si le ciel est plus bleu par là-bas... là-bas je veux bien du moment que ce n'est pas plus bas...

06/09/10

lundi 6 septembre 2010

Mes os au pot t'as mis

Il ruminait et il ruminait,
Toutes choses mouvantes le minait,
Impression d'être une souris entourée de gros minets,
Pas un ami, mais tout le monde ses ennemis,
On lui offrit l'amour, mais il ne le mit,
Une vie mélodique qu'avec des mi,
Du café, du beurre mais du pain sans mie,
Pince-moi et Pince-mi,
Une smart écrasée par un semi,
Et en lui rien ne se mue,
Il reste mou,
Incapable d'être ému,
Figé dans les remous,
La peur du dégoût l'empêchait de gouter,
Jamais les pattes ne furent égouttées...

Le temps passa,
La peur se tassa,
L'espoir se cassa,
Puis tout s'effaça,
Plus de tracas,
Plus de fracas,
Mais il ne le remarqua,
Sous la pluie il portait sa parka,
Et la douleur ne marque pas...

05/09/10

dimanche 5 septembre 2010

Impacte avec sa tente

Un petit pacte avec le diable... C'est pas grand chose que je me suis dit... Je signe, je profite de la vie, et puis le jour où je cane, mon âme lui revient... Pourquoi pas que j'ai pensé... De toute façon il faut bien crever un jour, et là au moins je saurais qu'il y aura une suite... C'est presque réconfortant...
Alors évidemment j'ai signé... hop, deux gouttes de sang, et c'est bon... un bon service, rien à redire... rapide, efficace, droit au but... ça m'a de suite plu...
Bon, pour pas que l'après-vie soit vraiment trop horrible, j'ai demandé un petit truc... presque rien, comme ça en enfer je serais peut-être réceptionniste, ou barman... parce que je connaissais le coup des gars qui demandent la fortune, la jeunesse éternel, des centaines de femmes et d'autres bestiaux pas clairs qui servent pas à grand chose au final, et qui quand même te valent l'éternité à te faire sodomiser par un golgoth de feu tout en regardant tf1 en continue... alors ça je signe pas... je suis pas malade...
Donc je suis resté simple, un petit truc de rien, presque pas besoin de vendre mon âme, à la limite du faisable… j’ai demandé d’être capable de lire la matrice… c’est par particulièrement utile… ça ne me rend pas plus riche, plus intelligent, plus fort ni plus quoi que ce soit, mais au moins je peux lire les choses comme elles sont… Plus de fausses idées, plus de déformations de la réalité… du clair, net et super précis…
Bon… bien sûr, c’était une mauvaise idée… voir des zéros et des uns ça sert juste à se prendre la tête… ah ça pour être clair, une fois qu’on comprend, c’est clair… mais ça ne permet pas de savoir comment réagir selon les conditions… alors je continue à nager dans l’incompréhension et l’inefficacité évidente…
Seul avantage, lorsque le diable s’est pointer pour me faire un petit rappel de notre contrat, j’ai pu voir parfaitement les ficelles de son jeu de marionnettes et j’ai décidé de m’amuser avec, histoire de ne pas avoir tout perdu… bien entendu, lui aussi les voit les ficelles… alors du coup on est entré dans une magnifique boucle de redondance cyclique… un clébard qui veut se bouffer la queue… l’incohérence même, l’inutile, l’infini, le futile uni au désagréable… depuis ce jour, on tourne on rond… je parviens un peu plus chaque jour à pirater le système de la vie mais je sais très bien que je ne pourrais m’enfuir… donc je brouille les pistes… je nuis… je ralentis le fonctionnement des choses… aujourd’hui je me considère comme l’anti antéchrist… le combat ne prendra fin que lorsque l’un de nous renoncera à la victoire… dans l’éternité, il est difficile de renoncer… on ne sort pas du grand huit simplement parce qu’on a un peu peur dans les descentes… il faut justifier le tarif payé et l’exploiter jusqu’au bout… sachant que cela ne va pas nous tuer…
Tout de même… je regrette un peu d’avoir signé ce contrat idiot… ma vie n’était pas géniale avant mais au moins il y avait tous ces moments d’inconscience, de bonheur, de joie simple et sans arrière-pensées… et surtout, la surprise… ce qui me manque le plus, c’est d’être surpris… car quand on voit le lapin dans le double fond du chapeau, c’est embarrassant de voir le magicien faire croire qu’il fait de la vraie magie… j’en suis à ce point à chaque instant de l’existence et je m’en lasse irrésistiblement… je pense donc signer un autre contrat qui effacera ma mémoire et me fera poursuivre ma vie comme si rien de tout ça n’avait eu lieu… ensuite, la mort n’aura plus cette signification usurpée et je pourrais me morfondre sur des sujets de base sans pensées parallèles pour gâcher ces choix…

04/09/10

samedi 4 septembre 2010

Là, pour suite, de laids chèques

Quel con, ah, nom de force toute puissante mais quel con,
Y a pas idées d'être autant abruti, ça transpire l'abscons,
Je l'ai pourtant bien vu le jour précédent,
Quand tu t'attends à du bon, on te casse les dents,
Et je l'avais bien dit : demain, ne pas compter sur du grandiose,
Mais après une nuit jouissive, on oublie et voit la journée radieuse...

Forcément, ça n'a pas raté,
Nouvel enchainement de pâtées,
Raclées sur raclées,
Travail bâclé,
Je me fais tacler,
Alors que je pensais avoir trouvé la maison du bonheur et avoir les clés ;

Non mais quel con, on en fait plus des niais comme moi,
Trop confiant, trop con, je serais mauvais même dans le coma,
Je suis pire que Jésus, on me baffe je tends pas l'autre joue,
Je m'en recolle une direct et propose du rajout,
C'est sans doute dû à un traumatisme enfoui,
Quelque chose que mon conscient nie et fuit,
Mais c'est le subconscient qui décide du pire,
Sans prévenir, son seul désir c'est que je transpire,
Un vrai vampire,
Plus il suce, plus ça empire,
Et plus il en redemande,
Parce qu'il ne craint pas l'amende,
C'est ce salaud qui me commande,
Je le sens qui prépare du corsé,
Et il va réussir sans même se forcer,
C'est gagné d'avance pour lui,
La défaire assurée pour bibi,
Autant aller se recoucher,
La logique du rhume c'est bien de se moucher,
Alors arrêtons là pour aujourd'hui,
Demain sera peut-être meilleur mais c'est pas dit...

03/09/10

vendredi 3 septembre 2010

Suc c'est et des fêtes

C'est de la réussite que je voulais,
Car, ô échecs, que vous êtes laids,
Mais on a beau faire tout son possible,
Cette garce choisi bien la peau de ses cibles,
Alors on se prend des sacrés retours de bâton,
Qu'importe les insultants qu'en dira-t-on.

Aujourd'hui je partais pourtant bien reposé,
Plein d'énergie, de motivations, prêt à tout oser,
Et puis, une première claque dans la face,
De bon matin, je me dis j'oublie ça, j'efface,
Et quelques instants plus tard, je m'en prends une deuxième,
Celle-là elle s'attache, je sens qu'elle m'aime,
Le truc impossible à digérer,
A partir de là, incapable de gérer,
Je tombe au plus bas, coller au sol,
Alors autant sortir le parasol, j'aurais plus de bol,
Autre erreur, le plus bas, il se trouve sous terre,
Je me méfiais plus du tout dans ma litière,
Voilà une autre claque qui m'arrive par derrière,
Donc là je prends une pelle et je creuse,
La descente lente en enfer,
Je commence vraiment à m'en faire,
Et je creuse, creuse, et creuse encore,
Technique de l'autruche quand elle dort,
Mais je suis pas un con d'oiseau,
Même si j'ai l'impression de vivre dans un zoo,
Donc la journée continue, toujours plus pourrie,
J'abandonne tout espoir de contentement,
Et finalement la soirée devient agréable étonnamment,
La nuit enchaîne dans le mieux,
Et c'est le comble du bonheur dans le pieux,
Donc demain je me réveillerais à nouveau la tête à l'air,
Mais cette fois-ci je me méfierais de l'humeur confiante,
Car on est jamais à l'abri de se prendre une fiente...

02/09/10

jeudi 2 septembre 2010

Table haut d’un suisse idée

Tel est pris qui se croyait se pendre… tranquillement, corde par-dessus de la poutre, corde autour du coup, pieds bien bancals sur le tabouret, mains attachées dans le dos en cas de doute, je regarde le sol, souris, attends un peu que les cachetons descendent dans l’estomac et voilà, je suis prêt, je dégage le tabouret…
La corde se ressert violemment, le cou me brûle, je gigote, le cerveau manque d’oxygène, la lumière s’éteint et je quitte ce monde merveilleux…
Et puis, comme depuis toujours, la malchance pointe sa gueule enfarinée… la pauvre poutre centenaire se fissure et se brise bêtement en son centre, mon cadavre tombe pitoyablement la face en avant, le choc du sol sur ma poitrine me fait recracher les petites pilules mortelles, l’érection provoquée par l’étranglement n’apprécie guère l’impact et disparaît à jamais, tout mon corps devient atrocement douloureux et me force à rouvrir les yeux…
J’essaye désespérément de remuer, mais rien ne semble répondre… j’entends des pas qui se rapprochent rapidement de mon ex tombeau, la porte grince, un cri d’effroi résonne, on me retourne sur le dos et je vois le visage d’un ange qui me regarde plein de peur et de tristesse… Des mots atroces sortent de sa bouche pour me dire : « ne t’inquiète pas, tout est fini, tout ira bien maintenant, tu vas t’en sortir, tu vas vivre, vivre longtemps et heureux. »
Ce n’était donc pas un ange mais un démon… comment ai-je bien pu croire un seul instant qu’il puisse y avoir un paradis et qu’en plus j’y étais accueilli par une splendide créature si délicate… non je ne suis pas prêt de mourir, je le vois bien et il va falloir l’accepter… cette malchance m’accompagnera jusqu’au bout de ce chemin tortueux recouvert de braises fumantes… le temps va ralentir de plus en plus jusqu’à ce qu’une minute me semble une éternité…
Décidément, je ne suis pas né sous la bonne étoile… car il n’en existe pas…

01/09/10

mercredi 1 septembre 2010

Mi Casa Es Su Casa (suite)

Si t'aimes pas mon mode de vie, qu'il te donne pas envie,
Alors passe, passe ton chemin, tu seras plus ravis,
Et reste dans ton ravin, oublie mes litres de vin,
Mais ne vient pas te plaindre si tu cherches le bonheur en vain ;

En revanche si t'adhère, on sera soudés comme des frères,
Dans paradis y a pas d'enfer, toujours solidaire,
Plus jamais solitaire, on réitère le retour éternel,
Prépare-toi à revivre tes joies depuis la maternelle ;

C'est chez moi, c'est chez toi, c'est notre château,
Ici le malheur disparaît, y a plein de tours dans le chapeau,
Il faut juste être prêt à prendre du bonheur à plein pot,
Pourquoi aller ailleurs, c'est le plus beau des tripots ;

C'est trip sur trip et ça remue les tripes,
Tu vas gerber tes frites sur tes fringues qui deviennent des fripes,
On oublie le fric et l'apologie du strict,
T'as compris c'est relax, pas d'ambiance Xanax.

31/08/10