lundi 13 septembre 2010

En régis ce très mensonge

La gueule enfarinée, direction le studio d’enregistrement,
Les musicos ont l’air encore plus fracassé,
Une semaine enfermée dans un lieu attachant mais sans oxygène,
On sent bien que ça les gène,
En deux seconde je constate que l’atmosphère gèle,
Cigarette sur cigarette, c’est pas aujourd’hui que j’arrête,
Alors je débite deux ou trois conneries,
Y en a trois ou quatre qui sourient,
Ça se détend tout doucement,
Les prises de son s’enchainent agréablement,
Ça transpire le talent,
Que du bon, plus d’Achille que de talon,
Ça groove par-ci, par-là, je sens la célébrité qui approche, pas loin,
Chaque note est perfectionnée,
L’ingénieur complètement attentionné,
Du coup je me sens minable,
Sans corde à mon arc, sans accords, sans guitare,
Mais je reste et écoute, qu’importe qu’il soit tard,
Car demain est un autre jour, celui du mitard,
Alors je profite de l’invite, du rythme et du mythe qui se construit,
Je parle peu, car trop souvent la bouche bée,
Mais pourquoi ce sentiment d’impuissance ?
Ce sont mes amis et pourtant je suis petit et eux immenses,
Mais pourquoi me suis-je noyé dans les 0 et les 1 ?
Hein ? Pourquoi ?
Il n’y a donc rien au bout de mes doigts ?
Rien non plus dans ma voix ?
Ne suis-je donc qu’une calculette avec deux noix ?
Je vois bien qu’au fond de moi tout est noir,
Et la seule chose que je sache bien faire me dégoute,
Je me suis bêtement trompé de route, aucun doute…
Malheureusement il n’y a pas de demi-tour,
Je resterais donc sur ma rayure comme un vieux 45 tours,
Ou plutôt comme un pauvre CD qui attends de décéder…
Si seulement on pouvait revenir à l’analogique,
Je deviendrais collector numérique,
Et attirerait les foules dans une vitrine,
Ici repose le vide inutile…

12/09/10