mardi 31 août 2010

L'athée prime

Et voilà, hier je causais mariage et entre temps je me suis rapprocher d'une déesse pleine de joie qui pourtant recèle une déprime incroyablement profonde et intense. Je n'avais rien remarqué depuis que l'on se fréquentait, tant les moments ensemble étaient d'une simplicité et d'une connivence rarement rencontrées avec le sexe opposé. Et pourtant... ses troubles me rappellent tant les miens, la similitude en est troublante, sauf qu'elle ne les appréhende aucunement de la même façon que moi. Elle cache tout ça bien loin, hors de vue de tous, et craint chacune de leur apparition alors que je m'y complais avec une parfaite opposition à mon autre caractère ironique. Elle tremble face à sa déprime, je m'y plonge de tout cœur. Elle fait tout pour en sortir, pour la guérir, la détruire alors que je l'attends de pieds ferme, presque impatient...
Que va donner cette relation ? Si elle me dévoile sa déprime, elle risque de réveiller la mienne et alors je pourrais l'entraîner dans la noirceur qui me sied tant... et alors, lentement, je lui rongerais sa bonne humeur et la ferais disparaître dans l'éternité...
Si je l'abandonne immédiatement elle s'effondra forcément et une nouvelle fois elle risque de réveiller ma passion pour la tristesse... je la sens déjà qui tente de pousser à blesser cette si belle créature fragile... cela fait déjà si longtemps que cette voie sombre s'était tu et là voilà qui vient de retrouver ses cordes vocales pour jouer avec mes cordes sensibles... je pensais être parvenu à l'ignorer totalement, je riais à l'idée qu'elle puisse revenir et essayer quelque chose, mais à présent, le doute s'installe... ô tristesse, enlace-moi, fais disparaître ce soleil qui m'illumine trop, recouvre de ton voile obscur chacune de mes journées et de mes nuits... mais fais le vite ou alors tais-toi à tout jamais...
Me voilà qui recommence à penser au futur... l'instant présent n'existe plus ou uniquement pour ce futur... ce futur inconnu qui m'a si souvent perturbé et gratté l'imagination durant des jours entiers... le voilà qui revient, arrogant petit inconnu, chien fidèle de ma tristesse, viens me voir, viens me titiller, viens enterrer ce bonheur désespéré, fais-moi croire à l'espoir et écrase-le d'un seul coup pour achever ce cœur blessé qui pensait pouvoir guérir...
Ô tristesse, cesse de me faire rire et rabats ce caquet insolant que nous puissions à nouveau être uni dans le néant... je suis là, bêtement, qui t'attends...

30/08/10

lundi 30 août 2010

Leur dû marre y âge

Et voilà, un ami de plus vient de changer de camp. Il s'est pointé avec un sourire étrange et nous a annoncé sa grande nouvelle. Bientôt il ne serait plus un chercheur de cœur ou de sexe mais bel et bien un fidèle mari. Le moment était propice pour tous deux, ils sont entrés dans un sex shop pour hommes gays pour la première fois de leur vie, ils ont découvert toutes sortes de gadgets sado-maso, d'habits de cuir à fermeture éclair pour les yeux et la bouche, de dvds plein d'images laiteuses et je ne sais trop quels autres farfelades. Ensuite ils sont partis étancher leur soif dans un bar belge en commentant l'expérience qu'ils venaient de vivre. Les rires volèrent de chaque côté, les regards se sont intensifiés, le silence s'est lentement installé et la même idée surprenante les a percuté sur le coin de la mâchoire... "Marions-nous" sorti de leur bouche à l'unisson et les rires reprirent. L'accord était passé, l'avenir serait dans l'union, la chasse prenait fin...
Alors l'alcool s'est mis à couler à flot, une bonne raison de faire la fête et d'oublier que le lendemain l'horreur du travail reprendrait les rênes du carrosse. La soirée fût longue, la nuit fût brève, le réveil ignoble... la nouvelle résonna toute la journée dans mes oreilles et mon crâne vrillé n'aida guère à digérer la surprise et pourtant une sorte de logique m'apparut... enfin un couple qui était réellement fait pour cette cérémonie, une baisse d'impôts et un visa raisonnable pour la petite chilienne. Finalement, c'est un honneur d'être le témoin de cet évènement... et une magnifique raison de faire la fête encore et encore... décidément, l'alcoolisme suit des voies qui sont plus impénétrables que celles du dieu mort...

29/08/10

dimanche 29 août 2010

Mi Casa Es Su Casa

Ici, ça se passe comme ça, mi casa es su casa,
Tu peux faire comme chez toi mais oublie pas que t'es chez moi,
Ici le son est à fond et les voisins des bouffons,
Sois le bienvenue chez moi, dernier étage des bas fonds ;
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L'alcool coule à flot, la pharmacie est pleine de Spasfons,
Et ainsi font, fondent les glaçons,
Dans mon rhum agricole mais pas dans ma cave vinicole,
En musique on picole et qui s'y pique s'y colle ;

Jamais ras le bol mais toujours à ras du verre,
C'est comme ça que j'écris ces vers, sévères, été comme hiver,
J'ai rien à cacher, toujours un vrai livre ouvert,
Et chaque jour, ça m'interpelle à quel point j'étais ivre hier ;

Alors assieds-toi et dis-moi ce que tu bois,
Chez moi y a qu'une seule loi, celle de la gueule de bois,
Tout le reste ne fait pas le poids, tout le reste fait rire mon foi,
Ma foie, je préfère un souvent qu'un des fois ;

On se défoule et se marre plus avec des fous,
La boisson, un art martial ? Alors je suis champion de kung-fu,
Bienvenue dans mon dojo, caque bouteille est cadeau,
Et qu'importe l'alcoolo, je les mets tous K.O. ;
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J'ai ouvert ma porte alors on va devenir potes,
Et bien avant que tu sortes, t'auras l'estomac qui saute,
Sur des rythmes sans gain, chacun y mêle son grain,
De sel, d'étincelles, pour que la création ruisselle ;

On vient de sceller un pacte alors fais péter les packs,
De douze binouzes, mi Bukowski, mi Tupac,
L'important c'est l'impacte, je veux pas de cerveaux intactes,
Je méprise les bonnes manières et respecte le manque de tact ;

La technique est simple, il suffit de suivre le son,
Plus t'es saoul, plus c'est bon, ça, c'est la première leçon,
Mais plus t'es saoul et moins tu bandes, là, c'est tout mou dans ton caleçon,
Donc la troisième leçon, c'est de ne jamais dire : Non, sans façon ;

Et ouais garçon, c'est la rançon de mon enseignement,
C'est écrit : l'abus est dangereux, mais cette enseigne ment,
Chez moi on boit des coups et personne ne s'est plaint de saignements,
Appelle mes acolytes si tu veux plus de renseignements ;

28/08/10

samedi 28 août 2010

Dis eau, nie os

Dans le monde de Sossyniod vivait un jeune homme nommé Pridan. Il habitait seul au milieu d'un champs de raisins et ne voyait que très rarement d'autres personnes. Il se nourrissait principalement de raisins et n'avait donc pas besoin de beaucoup plus pour être heureux dans sa solitude. Parfois, un vagabond passait prêt de sa demeure pour lui demander de quoi manger, mais lorsqu'il offrait de tout cœur son raisin rougeoyant il recevait toutes sortes d'insultes en échange car les gens préféraient se goinfrer de choux et de salades. Le raisin était considéré comme une mauvaise herbe et seul Pridan osait poursuivre sa culture.
Il n'aimait guère les choux et les salades alors il devait préparer le raisin sous diverses formes afin de varier ses repas. Sa cave regorgeait de fûts contenant du raisin sec, des confitures, des jus et autres spécialités parfois peu comestibles.
Alors, un jour qu'il ordonnait ses concoctions afin de libérer de l'espace dans les méandres chaotiques de sa cave, il découvrit un fût plus vieux que les autres qu'il avait totalement oublié. Un de ses premiers jus de raisins attendait patiemment à l'intérieur. Pridan déboucha le fût qui révéla une odeur incroyablement délicieuse. Mais la véritable surprise vint lorsqu'il porta le nectar à ses lèvres. Au début il cru que le jus avait moisi et n'était plus buvable car il collait au palet et brulait légèrement la gorge. Il décidait donc de remonter le tonneau dans sa cuisine et d'attendre le lendemain pour le nettoyer et l'utiliser pour un nouveau jus plus frais.
Le lendemain cependant, sa curiosité le poussa à gouter le jus une dernière fois. La première gorgée fut encore difficile, mais il compris que son jus n'était aucunement moisi. Alors il bu encore une gorgée, la garda en bouche plus longuement afin de laisser sa langue et ses papilles apprécier plus longuement le breuvage. Sa première impression commençait à s'effacer pour laisser place à une appréciation étrange de cette boisson jamais faite jusqu'alors. Il bu encore et encore, puis sa tête se mit à tourner en même temps qu'un fou rire surprenant. Il ne parvenait plus à tenir debout et s'effondra lourdement sur le plancher du salon avant de sombrer dans un épais sommeil.
Le réveil fut bien douloureux. Ses genoux étaient écorchés, son dos le maintenait à grand peine droit et l'intérieur de sa tête résonnait si fort qu'il cru qu'une créature était entrée à l'intérieur et tapait de toutes ses forces pour sortir. La journée s'écoula dans la souffrance et il voulu se débarrasser du vieux tonneau empoisonné. Mais lorsqu'il approcha, l'odeur de raisin fermenté lui caressa les narines si délicatement qu'il ne put se résoudre à gaspiller le jus d'une telle manière.
Quelques jours plus tard, un autre vagabond frappait à sa porte pour demander de la nourriture. Pridan expliqua qu'il n'avait que du raisin à manger et le vagabond parut fortement déçu. Alors Pridan se rappela son nectar magique et alla en remplir une bouteille qu'il proposa de partager avec l'étranger. Ce dernier ne semblait pas très enthousiaste mais le sourire du jeune homme était si sincère qu'il ne put refuser. Tous deux s'installèrent devant la petite maison et commencèrent à boire en silence. La surprise des premières gorgées passée les deux hommes se mirent à parler tout en buvant. Bientôt les rires volaient dans le champs de raisins et l'après-midi s'écoula dans une joie nouvelle et une amitié naquit.
Après plusieurs semaines, Pridan se dit qu'il fallait réussir à reproduire ce que contenait le vieux fût. La fermentation semblait être la clé de l'euphorie et il se mit immédiatement au travail avec son acolyte. Les mois passèrent agréablement et bientôt un autre vagabond vint leur rendre visite. Le jus fut partager, les rires échangés et une autre amitié naquit.
Malheureusement, l'écho de ce bonheur parvint jusqu'aux habitants des environs qui n'appréciaient pas qu'un insolant cultivateur de raisin et des vagabonds puissent être aussi heureux sans manger de choux ou de salades. Alors ils s'unirent tous ensemble et se présentèrent devant la maison de Pridan la pelle à la main : " Bonjour à toi cultivateur de raisins, commença l'un d'eux. Nous sommes venus jusqu'ici pour nettoyer ce champs de mauvaises herbes. Nos choux ont besoin de plus d'espace pour la population grandissante, il faut donc que tu cultives des choux,
- ou des salades, interrompit un villageois,
- oui, ou des salades, pour que nous puissions tous vivre correctement.
- Mais moi je ne mange ni choux ni salades et mon raisin nous comble, moi et mes amis. Alors merci pour votre aide mais je pense qu'elle se révèle inutile ici, répondit Pridan avec assurance.
- Ce raisin est du poison jeune homme. Ne crois-tu pas que nous entendons vos rires de déments jusqu'aux portes de nos maisons ? Ne crois-tu pas que les enfants se cachent de peur de voir des ogres mangeurs d'hommes sortir de chez toi ? Vous n'avez plus toute votre tête, voilà pourquoi vous ne voulez pas manger nos si bons choux.
- Et nos belles salades, reprit un villageois.
- Je ne crois pas cher saladier. Mon jus est un nectar dit vin. Et je me ferais même un plaisir de vous en faire gouter si vous voulez bien poser vos pelles et vous installer à vos aises.
- Jamais de la vie, sorcier. Tu veux tous nous rendre fous. Je vois clairement ton jeu jeune arrogant et nous n'y tomberons pas à ta merci. Allons-nous en villageois, nous reviendrons plus tard. "
Pendant ce temps, Pridan et ses amis venaient de sortir un tonneau de la cave et commençaient à remplir des verres. Alors le doute s'installa chez les villageois. Certains curieux voulaient bien gouter quelque chose d'autre que le jus de salade et se présentaient timidement pour prendre un verre. La moitié partit mais l'autre resta et une grande fête prit place tout autour de la maison de Pridan. Les rires fusaient du milieu des champs de raisins et des nombreuses amitié naquirent.
Le lendemain, alors que tous entendaient la petite créature essayant de sortir de leur tête, les autres villageois revinrent et brûlèrent toutes les vignes. Pridan et tous ses amis furent choqués devant la violence d'un tel spectacle mais aucun d'eux n'avaient la force de lutter alors ils s'enfuirent tous ensembles, mollement et tristement, vers de nouveaux horizons par-delà les montagnes.
Plus personne au village ne revit Pridan et sa troupe et ils continuèrent à manger haineusement leurs choux et leurs salades. Pourtant, lorsque le vent se levait venant de l'autre côté des montagnes, tous pouvaient entendre des rires et des cris de joie. Alors, chaque année, quelques villageois désespérés ou intrigués quittaient leur demeure pour se rendre de l'autre côté. Car là-bas, au loin, hors de vue, le bonheur semblait existé et devenir plus grand.
Depuis, le monde de Sossyniod se divise en deux parties totalement opposées. L'une où l'on cultive et mange choux et salades, et l'autre où règne l'amitié et la joie. Certains quittent parfois la première pour la deuxième, mais jamais à ce jour la réciproque ne s'est vue.

27/08/10

vendredi 27 août 2010

Va quand c'est des tours

Du sable fin et le soleil couchant,
Couverture déployée débouchant,
Sur un apéro alléchant, à l'aise,
Sur un air de flamenco balaise ;

C'est la fin des vacances,
Qui se savoure dans la petite anse,
Du Prophète, débute la fête,
Et commence à tourner les têtes ;

Lorsque minuit approche sur la roche,
On enfile les maillots et vide les poches,
Pour un plongeon rempli de chaleur,
L'heure de l'amour dans une mer de bonheur ;

Ce fût bon, beau puis vint le bruit des sabots,
Lourds de sens pour passer la liberté au rabot,
Déjà ras le bol avant de reprendre l'esclavage,
Fini le gavage, demain ne sera plus sauvage ;

Enfin les yeux se ferment et la joie devient souvenir,
Je pressens les prochaines soirées saoules à venir,
Si seulement les bons moments pouvaient durer toujours,
J'appréhenderais moins le fait que la vie me joue des tours.

26/08/10

jeudi 26 août 2010

Rang contre étaux n'hante

C'est alors que je me baladais tranquillement que le fou fit irruption sur mon chemin. Le choc fut brutal et nous nous retrouvâmes tous deux au sol. C'est ainsi qu'il commença son étrange dialecte : " Oh, 'spèce de sale con... tu vois où que tu fous tes panards ? C'est si complexe que ça de pas percuter les badauds ?
- Je regrette mais il me semble bien que c'est vous qui m'êtes rentré dedans à une allure folle...
- Folle ? Folle qui me dit l'aut' cruchon. Non mais il est flambant le zigue. C'est pas mon allure qu'est folle, c'est la planète, la nature, les humains, les consciences collectives, les règles, la justice, la consommation, la médecine, le temps, le climat et la gravité. Mais moi, j'ai rien de folle. Je pratique la liberté dans toute son envergure. Rien de plus. Alors va pas me cracher des mots insultants après m'avoir collé le cul sur le béton.
Tu me donnes envie de te foutre des claques. Faut te sortir de ton cauchemar. Je vais te réveiller l'esprit moi, ça te fera du bien, tu vas voir. Vas-y, aide-moi à me relever que je t'en colle une sur le coin de la mâchoire. Allé, remue-toi bon sang. Zou, zou, debout.
- Oui, ça va, une seconde. Mais attention, pas de menaces, pas de violence. Je vous relève et nous pouvons poursuivre notre route qui semble aller dans des directions opposées.
- Voilà... Aïe... ah, putain le plumeau m'a déboité le coxis, je me sens tout frêle. Tu m'as refilé ta mollesse, je la sens qui m'empêche de respirer. Ordure va ! Tu la mérites ta torgnole. Tends-moi la joue, tu vois bien que je suis tout bloqué là. Approche, bordel de bordel, c'est un service que je te rends et tu me regardes comme un criminel. Non, mais je te jure. D'où que tu sors luron ?
- Heu, non je suis désolé, mais je dois y aller. Merci quand même de proposer. Au revoir, monsieur.
- Hop hop hop... non mais te débine pas comme ça. C'est la vermine qui te ronge le mental qui parle pour toi. Elle veut pas que tu sortes de ton coma. C'est ton parasite. Ta gangrène. La laisse pas décider pour toi. T'as un libre arbitre, non ? Alors vas-y, utilise le. Je sais que t'as pas l'habitude, vu ta dégaine, mais essaie. Il va pas te tuer tu sais. Allé, un petit effort. Approche-toi un peu. Voilà, c'est ça, viens voir par là. Écoute pas la sale petite voix qui te dit de te barrer depuis toujours. Prends-toi en main mon gars. Approche. "
Et bizarrement, je m'approchais. Poussé par ses paroles ou une sorte de rébellion intérieure. Je m'approchais encore un peu et la claque tomba comme un électrochoc. Foudroyante, fatale, tout chancelant, les idées se remuèrent dans mon crâne endolori. Lorsque je parvins à ajuster ma vision, le fou n'était plus là. Je regardais tout autour et ne pus le voir nulle part, comme s'il n'avait pas été là un instant auparavant. Du coup je voulu reprendre mon chemin, mais quelque chose avait changé au fond de moi.
Je remis en question le rail que mes pieds suivaient. Je sortis de la voie et m'en allai vers l'inconnu, gouter à la liberté... pour la première fois...

25/08/10

mercredi 25 août 2010

Mer dans branche

L'abstraction de la logique pourrait être la révélation d'une vie pleine de surprises et attractrice d'un bonheur simple et parfait. Mais comment parvenir à une telle abstraction ? L'éducation et la société nous poussent à réagir selon des principes communs qu'il est presque impossible d'effacer. Une sorte de second instinct se met en place et la vie se construit sur ces concepts solidement ancrés. Si l'on tente d'aller contre la logique, alors il faut déjà prendre conscience de la logique afin de ne pas l'appliquer. Donc il n'y a pas d'abstraction. Refuser de porter telle ou telle couleur sous entend que l'on vérifie que cette couleur n'est pas présente. Le cerveau visualise la couleur à éviter et ne l'évite donc pas mentalement. Pour fuir la logique il faudrait alors se reformater selon de nouveaux principes basés sur les originaux et la logique elle-même. Après avoir réussi ce miracle, la vie pourrait se dérouler naturellement sans avoir conscience de l'illogisme. A part un traitement radical à coups d'électrochocs, il semble difficile de parvenir à ce résultat. Nous voilà donc prisonnier de la logique, exacte ou pas, qui nous domine. Ainsi, par analyse de la personnalité, on pourrait simplement programmer un ordinateur à définir les réactions classiques à un événement donné. Nous ne sommes alors que de vulgaires marionnettes de nos propres instincts. La surprise devient elle-même calculable et la réflexion la tue à la racine. Heureusement, les individus n'ont pas tous la même logique et la quantité de ces individus entraîne une équation suffisamment pleine de variables pour laisser un peu de place à la surprise. C'est donc la différence des logiques qui permet cette imprécision dans la vie et crée l'imprévu.
Mais si au lieu de refuser de porter une couleur précise, on décidait que cette couleur n'existait pas. Un brin d'hypnose peut largement réussir cet effet et par conséquent l'individu ciblé n'aura jamais conscience de porter cette couleur. S'il en va de même pour la logique, son abstraction devient alors possible et l'imprévu se voit décuplé. Je propose donc que nous passions tous par l'hypnose afin de briser les barreaux de cette logique castratrice et de défier les lois de la nature et de l'évolution. L'être humain quitterait définitivement ce cycle implacable et pourrait alors s'élever vers un nouveau stade d'illogisme et d'étonnement. Quitte à ce que l'on soit responsable de la destruction du monde autant essayer d'y aller par des chemins incompréhensibles qui peut-être nous mènerons vers un paradis inimaginable.
Alors, regardez bien votre télé et attendez que le bon hypnotiseur vous nettoie la cervelle... quoiqu'il arrive, vous n'en saurez jamais rien et ces moments cauchemardesques à observer la merde qui se déverse constamment sur vos dalles LCD ne sera plus...
On peut toujours rêver...

24/08/10

mardi 24 août 2010

Là, ça scinda qu'au thé

... et ce fut lorsqu'elle plongea dans mon moi intérieur que les choses commencèrent à se corser. La garce avait osé.
Des années de concubinage et une fidélité sociale solidement ancrées dans notre relation n'avaient pas suffit à lui faire renoncer à la recherche de ce qui était si proprement enfoui dans ma personnalité. Il a fallu qu'elle continue, lentement, secrètement, à remuer mes pensées dans tous les sens, permis ou non, pour trouver ce que je ne voulais pas partager avec elle. Le secret ne devait pas exister entre nous d'après ces concepts idiots. Nous ne sommes qu'un. Une seule personne devenue complète grâce à l'union de deux êtres différents. Alors il fallait que nous soyons entièrement ouverts l'un envers l'autre. Rien ne pourrait l'empêcher de m'aimer... soit disant... alors je devais m'ouvrir...
La drogue et l'alcool ont sans doute participé à la révélation que je lui avais faite. Mon autre face a profité d'un moment de décontraction pour prendre les rênes et tenter sa chance en plein jour, devant celle avec qui le monde me paraissait moins pénible. La lame du couteau pénétra sans résistance dans l'abdomen de son ami d'enfance. Son regard se vida de toute expression. Ses lèvres s'entrouvrirent une dernière fois et cessèrent enfin de clapoter pour produire des paroles pitoyables qui me vrillaient les nerfs depuis qu'elle me l'avait présenter. C'est elle qui avait voulu voir ce qu'il se cachait au fond de moi. Et cet ami abruti était la parfaite occasion de lui montrer qui j'étais vraiment. Un génie à la tolérance limitée qui souffrait silencieusement chaque fois qu'il devait rencontrer ces humains sans cervelle qui piaillaient sans fin à ses oreilles fragiles.
Voilà qui je suis mon amour... un purificateur d'atmosphère... un relaxeur d'ambiance... un nettoyeur de larves qui travaille patiemment et minutieusement pour rendre mon univers plus vivable. En temps normal je ne m'attardais pas sur ces minables individus qui formaient l'entourage de ma belle. Mais elle voulait tellement savoir... et cet espèce de connard qui ne continuait à corrompre mes réflexions avec des insanités verbales passibles de la peine capitale dans un monde dirigé par l'intelligence. Certes ce n'est pas notre monde, mais celui vers lequel l'évolution naturelle nous mène. Alors pourquoi ralentir les choses en simulant de l'intérêt pour ce genre de créature arriérée ?
Son amour immuable sembla tanguer quelques secondes dans ses yeux. Elle ne parvenait pas comprendre la situation. Le sang de son ami se répandait sur le plancher et toucha l'un de ses pieds. Elle se mis donc à hurler hystériquement... son quotient intellectuel venait de s'effondrer lamentablement et seul son instinct animal dominait encore... elle voulu fuir mais ses jambes refusaient de lui obéir, alors je m'approchais d'elle plein de tristesse et le couteau entra dans son ventre dans un bruit de déglutition envoutant. Son corps s'affala lourdement dans mes bras. Je la retins, observant sa dernière expression, et elle me dit dans un murmure tout juste audible : " mon dieu, mais pourquoi, pourquoi... ? ".
Comble de la question sans sens et sans intérêt. Je l'avais donc bien mal jugée depuis notre rencontre. Elle n'était pas différente de tous ces cadavres pourrissants au fond du lac. Elle méritait bien son sort et je m'en voulu d'avoir gâché tant de temps à vivre dans l'erreur... plus jamais je ne jugerais trop rapidement un de ceux que je crois sortir du lot des primates... plus jamais...

23/08/10

lundi 23 août 2010

L'œuf au riz

Une ode à la joie car Aude avait plein de joie.
Rencontrée en nageant dans l'étang vide de gens,
Tu parlas en riant dans ton maillot strié,
Je répondis en strophes et en euphorie,
Puis tu t'éloignas en crawl qui coula ma brasse,
Et depuis, tu résonnes dans mon âme,
Et depuis, tout autour de moi est trop calme,
Et depuis, je me saoule et me crame,
Car dans l'alcool je retrouve tes charmes,
L'impression de flotter mais je sais que je me noie,
En voyant venir les poissons d'éthanol,
Un poison qui me plonge dans un état nul qui colle,
Mais je préfère disparaître dans ces joyeuses profondeurs,
Plutôt que de patauger dans un marais sans bonheur,
Alors je bois la tasse et tasse après tasse,
Ma raison lentement trépasse et mes rêves s'entassent,
Ne reste que des regrets et un avenir sans tâche,
Et mon ode à la joie devient trop rabat-joie,
Alors arrêtons là...

22/08/10

dimanche 22 août 2010

La fesse tint des lits cieux

C'est l'été, laisse-moi nager dans ton estomac, me noyer dans ton foie, couler dans ton intestin, me vautrer dans ta bile pour que tu me vomisses avant que mon corps frêle n'ait été digéré entièrement.
Ma mante agnostique, avale-moi par petits morceaux, que je fasse partie de ton être, de ta pudeur, de ta grandeur. Mes membres arrachés un à un ne font qu'augmenter ma jouissance perfide.
Déguste-moi violemment comme je t'ai dévoré du regard. Rien ne saura plus stopper ta faim et si c'était le cas il resterait tout mon sang pour étancher ta soif. Bois-moi comme j'ai bu tes paroles envoutantes et sucrées. Laisse-moi être ce festin que tu mérites tant et si jamais mon âme s'évade de ma chair avant que je ne sois un morceau de toi, je me réincarnerais dans un être plus grand, plus large, plus appétissant, plus plein de solide et de liquide. Un éternel retour dans tes entrailles. J'ai enfin trouvé ma vocation, mon but, mon destin. Je ne suis là que pour ton esprit cannibale, alors dévore-moi sans attendre, voilà suffisamment longtemps que je mijote. Si tu attends plus je serais trop dur et j'aurais perdu mon goût, alors tu me jetteras au loin de dégoût et mon existence aura été vaine et stupide.
Alors n'attends plus, je suis plus cuit que cru, et lorsque tu m'auras fini, tu ne regretteras pas de m'avoir cru...
Et ainsi vécu mon cœur éperdu.

21/08/10

samedi 21 août 2010

Si deux suent, deux saoulent

Je montais donc tout en bas de la plaine et vis une odeur palpable et répugnante se répandre dans l'obscurité aveuglante du soleil. Où mes pas m'éloignent-il ? Les souvenirs de mon avenir semblaient s'effacer solidement sur les pages de mon eau glacée. Je cherchais un semblant de vérité dans l'imagination d'autrui et soudain un caillou de vapeur me heurtait délicatement un genou avec une violence que je connaissais toujours depuis jamais.
J'avais beau sentir la blancheur des os d'un poisson multicolore que le hasard venait de déposer volontairement loin de ma conscience collective lorsque le vent se décidera à se goinfrer du passé, ne laissant plus grand chose qu'une pépite de présent saupoudrée de certitude futuriste à la légèreté pesante.
Je deviendrais rapidement lui-même d'ici quelques éternités et plus rien ne saura différencier le vide du néant plein. Voilà ce qu'il voudra savoir depuis si longtemps et que tu questionnes en réponses si concrètement abstraites. Le tout ne sera rien que du était dans le retour en avant que mes mains molles pressent si fortement.
Enfin, finalement, seulement maintenant, tout juste, à l'instant, hier, demain, il était temps que je continue de ne pas comprendre mes connaissances. Car pourquoi et surtout comment ai-je atteint le quand ? Tu l'as su tandis que vous ne le sachiez point que le qui sera carré tel le cercle.
Ceci est vérité, véritablement fausse et pleine de justesse... alors marche, marche après marche, chacun de tes pas m'élève un peu plus en dessous de la saoulerie... alors ris, grain de riz sur rien de gris, chacune de leur bouchée les vide un peu moins de ma pauvre modestie d'or... alors dors, autant dedans que dehors, chacun de mes songes me mélange avec la diablerie des anges...

20/08/10

vendredi 20 août 2010

Le champs rêve au luxe et aux nerfs

Je représente la société de contestations,
Nous critiquons, les grandes opinions,
Celles qui nous poussent à plus de consommation,
Ma communication proclame la révolution ;

Aux armes révolutionnaires,
Nous allons brûler Nico et son ministère,
Plus jamais nous ne nous laisserons faire,
Plus jamais nous ne pourrons nous taire ;

L'espoir vaut de l'or tant qu'il n'est pas mort,
Le peuple dehors va montrer comme il mord,
Pas besoin de mille mots, ni de demi mots,
On leurs montrera ce qu'il se passe quand ils nous traitent d'animaux ;

D'une seule et même voix entonnons ce chant,
Changement de voie, étonnons les méchants,
N'achetons plus ces faux trucs alléchants,
C'est plus enrichissant de se nourrir dans les champs.

19/08/10

jeudi 19 août 2010

L'os payera

C'est de la haine, de la rage, de la colère, de la colique... oh cagagne, quand tu nous gagnes... des claques se perdent, et cette jeune morue continue son arrogance déraisonnable, pas raisonnable, inexplicable... je sens le sang qui commence à me bouillir les tempes, faut garder son calme... mais comment ? Elle s'arrête jamais...
"Je cherche l'amour ! qu'elle ose me balancer à la face au milieu de toutes ses négations, ses plaintes, ses protestations fondées sur du vide...
- Mais faut être un peu plus accueillante si tu veux le trouver l'amour... parce qu'avec tant de hargne tu le fais fuir l'amour, que je me permets de lui répondre
- Mais je suis pas hargneuse, et pis quand je le verrais approcher l'amour, mon caractère changera naturellement, comme un rire vient après une bonne plaisanterie.
- C'est bien beau tout ça, mais une plaisanterie elle vient pas aux enterrements. Et avec toi, la conversation est la mort de toutes les émotions positives... Alors faudrait peut-être changer maintenant pour donner un peu de vie à tes propos...
- De la vie ? Mais qu'est-ce tu racontes ? Je suis pleine de vie moi. Je rigole beaucoup, sauf avec les cons. Du coup avec le troupeau d'abrutis qui domine la région c'est pas évident de se marrer. Mais je sais qu'un type bien va se présenter et je le saurais tout de suite. Alors y aura plus que de la joie.
- Ben c'est pas mal ça. Tu parles de contes de fées avec une princesse qui serait la sorcière... Le prince charmant il embrasse la princesse et il plante son épée dans le cœur glacial de la sorcière. Alors le mieux qui va pouvoir t'arriver c'est te faire assassiner sur le bûcher public pendant que le prince il se tapera une donzelle plus aimable en arrière plan.
- T'es qu'un gros con toi aussi. C'est toi qui fais chier avec tes conneries fictives. Je me barre et je t'emmerde. Et estime-toi heureux que je te balance pas mon verre à la gueule. Ce serait pas la première fois que j'arrose un connard qui me les brise. Alors salut, sale con !
- Et ben voilà, c'est gentil ces petites paroles. Le petit gars qui écoute notre conversion depuis le début et qui hésite dans son approche, ça va bien le motiver. Tu devrais partir en courant pour être sure qu'il t'aborde plus facilement. Rien de telle qu'une petite trotte pour déclarer sa flamme. Bonne soirée sorcière."
Et voilà la bière de la sournoise qui me recouvre le visage. J'empeste de partout. Le liquide me coule sur le torse. Mon sang fini par exploser dans ma tronche, ma main est incontrôlable, elle part, rapide, directe, sans retenue sur la joue blanche de la coléreuse. Le bruit net de l'impact résonne sur la terrasse. Les gens se retournent. Attendent. Ils veulent du spectacle, de l'animation, une histoire à raconter pour l'apéro du lendemain. Personne n'intervient. La miss me zieute d'un regard de feu. Les braises rougeoyantes volent tout autour d'elle. Une petite larme tente une timide sortie, hésite, puis se retire. Alors elle se détourne et s'en va d'un pas pressé. Le show prend fin. La suite sera pour plus tard. Le peuple reprend ses discutions et sa boisson. La négation s'efface et la chaleur humaine revient comme le soleil après la nuit. Je me sens bien... enfin serein...

18/08/10

mercredi 18 août 2010

Les verres tuent les vertus

Excellent, je me complais dans des excès lents excédants mes antécédents. La nourriture de la veille continue à hanter ces dents mentales qui mâchent les actes manqués, m'arrachent les attaches dont je m'enquiers, et ainsi reste moitié sans jamais être entier. Esclave et non pas rentier, prisonnier d'une enclave à la mesure du monde, je sens le tisonnier des bourreaux sous mes pieds, impossible de soigner les bouts de ronces ou d'épier, je suis aveugle par ignorance. Il m'arrive que je beugle des parts ignobles rances de pensées confuses qui fusent partout dans ma conscience diffuse. Mais on ne me dit pas fou. Mon peu de flouze suffit à servir la grande cause. Alors personne ne m'accuse. Ah, l'hors pair sonne pour des excuses. Les décideurs me préfèrent muet face à la muraille de mon incompréhension. Les pas émus raillent, démons incompressibles qui me trouvent bien risible dans mes recherches vaines en attendant que j'ouvre mes petites veines. Mais pas de pot, le bambou fléchit mais ne casse pas. Mets de pattes, repos, bonne bouffe et chips mènent à la casbah. Alors on se maintient, on sort la tête de l'eau pour une rapide bouffée d'air et ils nous la replongent aussitôt. Mais si jamais on racle trop le fond, on te tend une corde pour que tu puisses continuer à longer le bateau. C'est quand même pas des salops. Ce qui compte c'est de survivre sous l'eau. On s'aide de pastis et fini saoulé à s'imaginer sous les palmiers. Au moins, notre imagination reste un peu libre, loin dans nos fibres, sens la qui vibre, c'est là-bas qu'il faut s'enfuir avant que ne commence le sang à fuir.
Aller, faut pas s'affoler face à l'affreux. Entouré d'enflures on garde la force et l'air frais. C'est ça qui déplait. S'il te plaît, observe ta montre, vois comme elle se contente de refiler l'heure, jamais tu n'as vu les aiguilles sourire, mais je sais que les roulements prennent du plaisir, car à leur mesure, ils ont un pouvoir que nous n'avons pas. Un jour peut-être, ils feront que l'avant sera derrière, le futur sera le passé, et nous serons moins pressés et oppressés.

17/08/10

mardi 17 août 2010

Et un siphon, les marres honnêtes

Une goutte de vinaigre chut sur ma cuisse,
Mais quelle est donc cette odeur de narcisse ?
Des grains de sel et de sable s'écoulent dans le gouffre,
Etouffant l'enfance aux souvenirs de souffre,
"Salut à toi, oh fou, entends-tu ce souffle roc,
Cette stridente solitude sifflant sous ta coque ?",
Un toctoc fait résonner l'époque loin devant,
Et les reproches s'accrochent face aux bourrasques de vent,
Suis-je éléphant ou bien souris sans cape ?
Incapable de percevoir l'étendue d'eau qui tape,
Sur l'épave de mon bateau sourd et sombrant,
Son mât s'enfonce et s'apprête à disparaître sans bruit,
Sans brutalité, sans lutter, mon sang n'est guère futé,
Et attendait de pouvoir s'échapper sous les coups d'une âme affutée.

Chut, je l'ai trouvée, l'unité semble se dédoubler,
Ce qui fut un est deux et deux devient un, un peu,
Du bleu dans le ciel, du soleil sur mes mains dansantes,
Je n'ai plus dix doigts, j'en ai cent qui regardent, écoutent et sentent,
Je n'ai plus peur de la descente, elle me célèbre et m'acclame,
Tout en calme, dans la cale le passé crame, le futur rame,
Etrange trame de fond qui doucement fond,
Bulles de savon inconscientes de ce qu'elles font,
Elles gonflent, s'envolent puis s'effondrent sur elle-même,
Elles le font pour elle et pourtant tout autour on les aime,
Mais une fois éclatée, la multitude de leurs particules ne voient,
Pas la joie, le bonheur, ni l'oubli qu'elles pourvoient,
Et toutes feront la même chose par plaisir égoïste,
Procurant cette conscience sereine d'hédoniste.

16/08/10

lundi 16 août 2010

Un, ça crée ça, l'eau.

" Ce n'est qu'un au revoir. Ne pleure pas, créature délicieuse. Je pourrais te dire de regarder la lune chaque nuit, lorsque le manque du contact de nos corps sera le plus intense et douloureux. Alors, moi aussi je regarderais la lune, ainsi nos regards seraient unis dans l'immensité qui nous sépare. Mais je ne te le dirais pas. L'éloignement nous rapprochera, peu importe où se portent nos yeux. Lorsque je ferais l'amour avec une compagne inconnue, les souvenirs de ton étreinte remplaceront la réalité palpable de cette demoiselle. Sa jouissance sera la tienne. Ma jouissance sera la tienne.
Ce n'est qu'un au revoir. Souris moi une dernière fois, que je puisse garder ton visage radieux incrusté sur mes rétines. Ainsi, qu'importe celle qui se présentera devant moi, ce sera toi que je verrais, partout, tout le temps, sans cesse, dans une fausse solitude. Car aujourd'hui, tu le vois, nous ne serons plus jamais seuls, et cela me réconforte, car ce qu'un au revoir.
Je sens ton cœur battre à travers l'univers. Il pompe le sang de ce rêve. La respiration de ton existence envoie l'air que ma passion demande. Je suis depuis que tu es apparue. Comme si le monde ne connaissait pas encore la dimension du temps. Tu m'as sorti d'une pause éternelle. La Terre ne tourne que pour toi et moi. Il me suffit donc de voir du vent dans le feuillage d'un arbre pour comprendre que je suis car tu es. Si tu n'étais plus alors les montres cesseraient leur tic tac, les vagues de ma mer mentale se figeraient au milieu de leur marée, les étoiles ne seraient plus que de petits points blancs peints sur la toile de cette non-vie.
A très bientôt, l'attente ne montre que mieux le démarrage de toutes choses. Alors savoure cet écoulement sensuel. Chaque seconde, chaque instant, célèbre ton apparition et te rend hommage. Alors va, et observe la révérence de tous les éléments qui t'entourent et acclament l'existence que tu leurs as offerte."

15/08/10

dimanche 15 août 2010

La dent le met, ailleurs, démons de peau cible

Et les contestataires contestaient...
L'important c'est ce qu'on testait...
Les cons s'étaient habitués aux manifs et les regardaient passer comme on regarde la neige qui tombe. Flocons après flocons on sait que ça va prendre fin à un moment alors on profite du spectacle ou on le laisse se dérouler sans même le regarder.
Les ordures s'étaient aussi habitués aux grèves. Une bande de mecs qui bossent pas, ça se remplace tranquillement, sans un soulèvement de sourcil. Alors c'était la grève un jour, sans emploi le lendemain, manifestant pour le reste des temps. Anonyme invisible et sans prise concrète sur le monde tangible.
Et les contestataires contestaient... de plus en plus nombreux...
Les regards ombreux. Les esprits sombrant.
Et comme une saison qui s'éloigne, poussée par sa cousine, l'hiver régnait depuis trop longtemps dans la vie des hommes pour continuer son arrogant défilé de bises et blizzards. Le printemps n'eut pas le temps d'approcher, l'été carbonisant tomba brutalement une nuit. Les villes brûlèrent toutes ensembles à l'unisson. Les têtes de pourritures roulèrent dans les rues. Le froid avait disparu et les mains crevassées se réchauffaient avec délectation devant la nouvelle période à venir...
La vie reprit ses droits de cuissage et l'être humain devint une entité harmonieuse qui évolua vers une sagesse et une jouissance suprême.
Mais tout ne fut qu'un rêve. Une brève illusion innocente. Lorsque j'ouvris les yeux, je retrouvai le plafond crasseux et les mûrs moites de ma cellule. J'entendais les contestataires vainement contester au-dehors. Une journée de moins me séparait de la mort. La même bonne nouvelle que les jours précédents...

14/08/10

samedi 14 août 2010

Une raie vole aux succions

C'est l'heure de la fin des débats, y en a marre d'être la France d'en bas,
Ceux tout en haut nous poussent aux dégâts, allez les gars, tous au combat,
On va combler les failles de l'Etat, ministres et patrons dans le même tas,
Et c'est pas des méta / phores, les faibles vont devenir les forts,
On est prêt à fournir l'effort, pour des réformes lumineuses telles du phosphore,
Ecoutez la voix du peuple fier qui gueule comme la Castaphiore,
Plus de fioritures, le bonheur urge, les dramaturges saturent,
Leurs statues d'argiles s'insurgent, fini les murges, place à la purge ;

C'est l'heure d'une nouvelle justice, du solidaire et du moins factice,
Après la charrue, nos quatre roues motrices, avec un peu d'amour en plus, c'est moins triste ;

Place, place le néfaste, place, place, place au faste,
Dans le fond ce qui se passe, notre peine manque d'espace,
Elle bouillonne, elle fricasse, notre haine la fracasse,
Plus de place pour les sarcasmes, la rage veut sortir de ma carcasse ;

13/08/10

vendredi 13 août 2010

Qu'homme, sa quille qu'osait, zarma tout ça

C'est dans la complétude de toutes choses et l'abstraction des formes que se libère la véracité des faits.
C'est comme ça qui causait Zarapata.

La plénitude des certitudes n'est illusion que pour l'inconsistant sujet de son complément d'abjuration direct. Il y a beaucoup trop de places libres dans la fumée volubile de la conscience. Une fois franchie l'inconscience, il n'est plus possible de revenir sur ses traces. Elle disparaît au sein de la Mère naturelle conceptuelle en laissant la marque de son passage possiblement destructeur et meurtrier. Ce que tu as vu pourra s'oublier mais les conséquences sont irrémédiables et ne pourront s'évaporer dans l'air de la mémoire. Une mélodie que tu siffloteras jusqu'au restant de ta brève journée sans le vouloir ou le penser. La légèreté est Homme mais ses pieds veulent s'accrocher désespérément aux racines mortes qui émergent du passé. Ne regarde plus vers le bas et n'est pas peur de t'envoler. L'oisillon quitte son nid sans se retourner ou regretter sa prison de paille car le reste du monde lui ouvre grand les bras. Sois oisillon.
Et c'est comme ça qui causait Zarapata.

Et ensuite il continuait à palabrer, à jacter, à éructer toutes sortes de contes incompatibles et informes. JE te raconte pas tout parce que c'est trop long et particulièrement barbant. Il donnait surtout envie de dormir Zarapata mais ensuite tu faisais des rêves pas nets... ou trop nets mais pas explicables joliment. Alors du coup son pote Fred il débarquait avec la banane au milieu de la face et il prenait le relais dans la jactance. Bonjour le duo de maboules. C'était à se faire dans le froc leurs combines.
Je me rappelle des nouveaux disciples. Les gonzes se ramenaient de partout. J'en ai vu des fiers avec la tête bien accrocher sur le cou et qui en deux semaines se retrouvaient patient au lieu de toubib. Du coup, le nombre de malades augmentait à toute allure mais les docs y étaient toujours le même nombre. Une belle fumisterie que je disais. Mais personne y voulait m'écouter parce que ça rapportait du blé leur bizbiz. Donc pas la peine de lutter, j'ai pris des notes et j'ai fermé ma grande gueule d'huitre. Ils étaient contents Zarapitchou et Freddy. Ils disaient que ça resterait dans l'histoire. La société allait changer grâce à leurs travaux. Mais ce qui disaient pas c'était si elle allait changer en mieux. Ah non, ça, ils l'ont jamais dit. Alors avec tous les zigues qui passaient rendre visite et les autres qui lisaient mes saletés de notes, la société c'est sûr qu'elle a changé. Et bien entendu, c'est pas pour rien qu'ils disaient pas en quoi elle changerait. Parce que moi j'ai tout vu. Depuis le début que je me rappelle. Je suis le dernier à me rappeler comment c'était avant. Et bien je te dirais juste que c'était pas pire. Des escrocs, je te jure. Mais de toute façon c'est trop tard. Ils nous ont tous baisé et ils se sont fait la malle avec le pognon. On les reverra plus. Ils savent bien qu'ils peuvent pas corriger le bordel qu'ils ont foutu sur cette foutue planète. Ils crèveront heureux en plus. Vieux et heureux...
Et voilà, c'est comme ça qui causait Zarapata... et maintenant que c'est la merde, il cause plus... Ordure...

12/08/10

jeudi 12 août 2010

A back of wee

I saw some light in my green house,
While there was darkness outside,
So I smoke, so we all smoke inside,
Cause you know, cause you know,
What grows in my green house;

It's so green, it's so bright,
Happiness in disguise,
Listen to the bass, the guitar,
Or just look at these guys;

There is sunshine in my green house,
Even when it rains, it's dry inside,
When I put my lugs there, I'm upside down,
In I'm blue and up and out I'm black and down;

So tell me you wanna come in my green house,
Don't try to be the cat, enjoy being the mouse,
That's how things go and you can just let go,
The trick of HPS makes you lower your ego;

11/08/10

mercredi 11 août 2010

La faux raie et quoi ? T'auras le...

Je suis tombé du mauvais côté et on me dit de prendre les choses du bon. Mais ils ne se rendent pas compte les gens. Si encore j'avais le choix, je dis pas, je l'écris encore moins, je le crie pas non plus, mais c'est tout de même évident que je ferais un effort pour sortir la tête de la flotte. Alors que là je suis tellement loin dans le mauvais côté que ça équivaut à retrouver un explorateur aveugle perdu dans la forêt équatoriale. Y a tellement d'arbres, de buissons, de plantes géantes, de bestiaux, et d'autres trucs dégueulasses autour de moi que je vois pas à plus d'un bras. Alors dîtes-moi comment que je ferais pour le prendre le bon côté quand je ne sais pas du tout où il se trouve, ce con. Parce que j'ai quand même mis du mien pour sortir de la brousse obscure. J'ai marché sans cesse dans la même direction, pendant longtemps, très longtemps, sans dévier d'un iota, tout droit, au milieu d'un paysage joliment cauchemardesque à l'odeur de moresque, et que finalement, j'ai rien trouvé qui soit moins mauvais que d'où je venais... ni pire d'ailleurs... comme le sordide parvenait à maintenir une rigueur abjecte et indétrônable... Donc j'ai marcher comme ça, tout connement, et pis enfin je me suis dit que je n'avais pas aller si loin dans l'ignoble et que si j'allais dans la bonne direction, j'aurais déjà trouvé ce fameux bon côté. Pour optimiser mes déplacements dans cette recherche désespéré trop pleine d'espoir, j'ai pensé qu'il fallait diviser cet espace à l'immensité inconnu en quatre parties égales selon les points cardinaux. Bien entendu je ne savais pas s'il y avait un nord dans cet univers objectif, et je me sentais plutôt à l'ouest dans le concret. Mais rien n'empêche de placer quatre points cardinaux séparés par un angle de 90° depuis le centre, que j'estimais être mon point de départ. J'avais donc parcouru environ cent bornes vers le nord et rien n'avait vraiment changé. A présent je décidais de faire environ 141 bornes direction sud-est pour vérifier les différences cent bornes à l'est de mon point de départ.
Autant écrire que la route fut laborieuse. Les pieds dans la merde les trois quart du temps. Une luminosité encore plus faible que précédemment. Une odeur de pourri de plus en plus forte et de la végétation toujours pitoyablement triste. Après avoir compté ce que je pensais être les 141 bornes, je changeais de direction pour 141 bornes sud-ouest.
Cette fois-ci, un changement plutôt plaisant se produisit. La marche devenait plus aisée. Les hurlements d'insectes et autres saletés à pattes s'étaient apaisés. Je parvenais à voir au-delà des dix mètres et je sentis que le bon côté ne devait pas se trouver bien loin. Je commençais à m'imaginer le découvrir à la sortie soudaine de cette forêt. Fière et immense, créature imposante qui observait le mauvais côté d'un œil serein et sans crainte. Il tournait la tête vers moi, me tendait une main de la taille d'une planète, et je l'attrapais de toutes mes forces sans plus jamais le relâcher jusqu'à la fin de mes jours heureux. Oh oui, je le sentais, il m'attendait un peu plus loin. Tout prêt. Encore quelques ridicules petits pas et cette abomination prendrait fin.
Bien sûr, après avoir parcouru au moins deux cents bornes, porté par mon imagination, le paysage redevint de la même obscure platitude que mon point de départ et je dus reconnaître que j'avais commis une erreur. Je tentais de poursuivre mon chemin en essayant d'optimiser les directions et la distance. Cent bornes nord-ouest me semblait le plus logique et le plus court sans perdre une semaine avec des formules de cosinus.
Sans doute mon principal défaut. Préférer l'action à la réflexion. Penser gagner du temps en essayant plutôt qu'en se préparant. Et encore une fois le destin ne s'est pas dégonflé. Une grande claque dans la gueule. Les jambes en compote et plus la moindre idée de où je suis par rapport au point de départ. En tout cas ça y ressemble, comme presque tout ce que j'ai vu malheureusement. Rien de bien nouveau. On pourrait presque s'habituer à l'ambiance crasseuse. Vivre en paix au milieu de cette jungle sauvage et macabre. Jouer à cache-cache avec les bouffeurs d'hommes. Se résigner au sordide. Accepter que je ne trouverais jamais le bon côté... Mais alors à quoi bon tout ce cirque ? Je préfère attendre qu'un lion ou un truc plus violent vienne me dévorer. Je vais simplement m'allonger là. Et attendre. Attendre en regardant le ciel...
Et il m'est apparu. Au-dessus de la tête. Tout simplement, tout bêtement. J'ai marché les épaules courbées, le regard bas, le moral en-dessous, sans jamais avoir la force, l'envie, ou le désir de regarder le ciel. L'oppression était si forte autour de moi et sous mes pieds que je n'ai jamais regardé en haut. Peut-être de peur d'y voir plus immonde. En tout cas, voilà... tous ces cons parlaient pour rien dire... "prends le bon côté, aller, prends-le"... Ah, ça oui, pas de soucis pour te le répéter sans cesse comme un vieux disque rayé... mais pour te dire qu'il faut lever les yeux, là, y a plus dégun... tous muets les barbots... c'est sans doute parce que quand tu le vois si beau, si proche, si inaccessible... tu comprends que c'est juste pas fait pour toi... t'es pas tombé du bon côté, la gravité pour toi c'est vers le sol moisi, les autres ils ont un corps pas fait pareil qui est attiré par le ciel... on y peut rien... alors si on pouvait arrêter de me reparler du bon côté, je me sentirais à peine mieux... mais mieux c'est déjà infiniment de fois mieux que maintenant... alors je prends...

10/08/10

mardi 10 août 2010

En cas d’encas en calanques

Esprit sur canoë… ohé, ohé ! La liberté est retrouvée, les calanques s’ouvrent toutes grandes, on rame autant que dans la vie mais on avance bien plus et avec le sourire, peu de vent, peu de vagues, le corps léger et l’esprit flottant au gré de la magnificence des lieux. On ne peut pas se plaindre ici, même en le voulant il n’y a rien à critiquer si ce n’est le trop à apprécier, comme un gâteau d’anniversaire que l’on pourrait manger seul mais l’estomac n’est pas assez vaste. Alors on mange ce qu’on peut et on se dit que le reste sera toujours là quand on en revoudra. Ce paysage millénaire sera encore là lorsque mes poussières viendront caresser ces rochers sculptés par le mistral et son cousin. Donc on prend son temps. Tout doucement. Tranquillement. On se régale la rétine, on se dore la peau, on s’oxygène les globules, on fuit les méduses et on écluse de l’eau comme des chameaux. Que c’est beau, corne de taureau mais que c’est beau.
Et finalement les heures nous voient rêvasser et se moquer du temps alors elles se pourchassent, courent de toutes leurs forces dans une même direction loin derrière nous, et le soleil obéissant s’agenouille gentiment. L’intensité de l’instant doit se cacher parmi les ombres grandissantes et le tour de magie prend fin. Chacun repart avec son petit lot de mémoires. On en reparlera encore le soir, sans trouver les mots pour décrire correctement le niveau de l’événement. Mais on se comprend et ancre ces souvenirs dans quelques verres de pastis pour atténuer la descente dans la moiteur citadine.

09/08/10

lundi 9 août 2010

Heureux dont danse

Redondance... voilà ce qui me touche le plus dans notre société agonisante. Toujours les mêmes pubs, les mêmes films, les mêmes produits sans intérêt qu'il faut obtenir à tout pris et la propagande idiote qui nous laboure la tronche du matin au soir. Je dis non. J'en ai marre. J'ai mal au cœur. La moindre affiche me fait vomir à ses pieds. Je ne tolère plus rien en dehors du petit ouvrier qui vend ses qualité indispensables grâce au bouche à oreilles.
C'est la fin... tout semble avoir été déjà vu, on se contente de moderniser nos anciennes références avec de la merde liquide qui se vante d'être meilleure. Je n'en peux plus. Même ma mangue porte un logo fameux. De partout les marques s'installent et ne se démarquent en rien de leur voisin. La pollution visuelle et sonore dressent ses grands édifices sans âme pour convaincre l'abruti de rester le même pour toujours car toute sera pareil demain avec comme seule différence la position des aiguilles sur l'horloge.
Remake, remake et remake. Le monde créatif s'inspire un peu trop des mots de Picasso et se contente de copier sans jamais plus créer. Bienvenue dans un monde semblable au passé mais avec un peu plus d'électronique...
La communication ne mérite plus son nom. La créativité est tabou. L'idée est censurée. Le renouveau est interdit, seule la similitude a encore droit de passage dans cet univers ignorant. Finalement la race humaine ne disparaîtra pas à cause de son pétrole et de ses effets de serre, mais simplement par le fait de plus avoir d'existence tactile. Aujourd'hui est hier. Hier est demain. La fin est proche et on l'ignore...

08/08/10

dimanche 8 août 2010

Véto sur le lever tôt

A l'aide, au scandale, à l'attentat, à l'assassinat, je vous en supplie, interrompez cette agression sonore. J'avouerais tout, j'abandonne, j'abdique, je suis vaincu, anéanti, mort, incapable de bouger, prisonnier de mon propre corps, je ferais tout ce que l'on voudra si l'on arrête ce bruit de torture. Que voulez-vous savoir ? Répondez, bon sang... par pitié, ça ne se fait pas de traiter ainsi un pauvre être humain. Je ne peux même pas ouvrir les yeux, qu'est-ce que vous m'avez fait ? Répondez...
Oh, merci, vous avez éteint cette maudite sourdine assourdissante, étourdissante, pas ravissante un brun, qui me vrillait les nerfs et me paralysait la réflexion. Donc, maintenant, réfléchissons à la situation présente et passée. Je me rappelle être rentré de bonne heure hier soir... heu, de bonne heure ? Ah non, je me souviens, je pensais de bonne heure car il était en fait six heures du matin et je me suis donc dit il est tôt en m'effondrant comme une sale épave rouillée dans mon lit bordé. Je me souviens pas très bien ce qui a pu me mener à une telle heure en partant pour aller boire un petit pastis vite envoyé... j'ai du rencontrer quelqu'un qui m'a entrainé dans un enfer de degrés et de liquide, mais je ne vois pas qui... mes kidnappeurs ont sans doute dû me droguer, ce qui a effacé mes souvenirs de la veille... cela semble logique...
Donc mon dernier souvenir remonte à ce matin 6h... en supposant que je n'ai pas été sévèrement anesthésié pour m'aider à traverser la frontière vers un pays obscur d'Europe de l'Est et être revendu dans le même temps... dans ce cas il peut être n'importe heure de n'importe quel jour... et mes souvenirs ne me seront que de peu d'utilité... je suis donc mal parti... en revanche, si nous sommes bien le même jour et que je me trouve encore en France, il doit y avoir des personnes qui vont s'inquiéter de mon absence... Que devais-je faire aujourd'hui ? Aller bosser comme d'habitude... Donc mes collègues vont se faire du souci...ils m'attendent depuis 9h du matin... soit trois heures après être rentré chez moi... trois heures... trois ? Juste trois ?
Je me rappelle soudain les critiques de ma qualité professionnelle. Très bon effectif avec de nombreuses ressources et initiatives, mais avec un problème de ponctualité à résoudre rapidement... combien de fois suis-je arrivé en retard ? Combien de fois suis-je resté dans mon lit à dormir en oubliant cette saleté de boulot ? Resté au lit ? Resté à dormir tranquillement malgré l'alarme du réveil hurlant à plein speaker pour me sortir de ma transe relaxante ? Trois heures ? Je n'aurais dormi que deux heures avant d'entendre cette sonnerie ? Cette cloche alarmante qui détruit les rêves et profane l'activité cyclique de mon corps fatigué ? Mais, ne serait-ce pas ce son agressif que j'ai pris pour une manipulation de tortionnaire ? Cette paralysie de mes membres ne serait-elle pas la cause d'un manque abominable de repos ? Suis-je encore allongé confortablement dans mon lit à penser à ce non-sens et préparer mon prochain retard astronomique ? Oh, non... tout mais pas ça... kidnappeurs, montrez-vous... laissez-moi entendre une voix dictatorial me menaçant de perdre la vie si je ne révèle pas les informations inutiles que je cache secrètement dans le fond de ma tête alcoolisée... Oh, non... j'ai encore perdu prise sur la réalité et vais me retrouver chez le directeur pour le discours monologuant qui impose la culpabilité... non... pas cette fois... je préfère replonger dans mon imagination et attendre que le soleil se couche pour reprendre l'apéro interrompu de la veille...non, il faut que ce soit clair, je ne pourrais arriver tous les matins avant l'heure autorisée par mon organisme... il me faut plus, bien plus de sommeil... merci...

07/08/10

samedi 7 août 2010

The Vizier was here

I am you,
You are we,
And week after week we're getting weaker,
Drinking liquor and whisky encore,
I feel the guilt between your cheeks,
It's getting worse, I feel so cheap,
'cause you're the wolf and I'm the sheep;

You took your time to commit your crime,
You fucked all around and I thought you were mine,
I saw you on the beach like a player on the pitch,
Life is a fruit salad and you're clearly the peach;

I'm not for revenge, but this time I have change,
I met your best friend and made her my friend too,
We got a tattoo and did things taboo,
So now who's the fool ? Is it me or is it you ?

You see, Lucy, I'm sick of your music,
I seek someone sincere and unique,
I know she exists, you don't need to insist,
I'll try all your sis, all of them, all the six.

06/08/10

vendredi 6 août 2010

Con ! cèpe du vigne rond

On n'a rien sans rien. Donc à priori si l'on a quelque chose on peut obtenir quelque chose. Si la règle s'arrête là il suffit d'un simple jeu d'échanges d'une chose contre une autre pour tout obtenir... mais sans jamais rien n'avoir de plus qu'une seule de ces choses à la fois. Le concept est intéressant et montrerait un monde bien différent avec principalement des gens en slip ou nu dans un planeur.
Vomir du vent... sentiment dominant du moment... c'est pas terrible mais c'eut pu être pire... du moins je l'eusse cru... parce que là c'est la débâcle absolue et je relative... le mieux serait de réaliser... réaliser la réalité... la comprendre ou la faire, je n'en ai que faire, je prends et je jette dans la poubelle jaune... ou bien la verte, je ne sais plus trop... parce que recycler la réalité serait la meilleure invention des écologistes et autres inventeurs émotionnels... donc quoi qu'il arrive quelqu'un la fera dans pas longtemps cette jolie machine, vu les bonds technologiques qui se passent ces dernières décennies, ce sera pas long... donc dès qu'elle sort, je pourrais recycler les rails de la réalité qui m'auront mené à l'endroit pitoyable où je serais sans doute et repartir sur des rails nouveaux comme si rien ne s'était passé... donc toutes mes actions jusqu'à ce jour n'ont pas de réelle importance... hum, concept intéressant...

05/08/10

jeudi 5 août 2010

Jus, je mens, fine ail

"Mesdames et Messieurs les jurés, nous avons pu écouter durant des heures, des jours, une éternité il me semble, les critiques, les jugements hâtifs, la vergogne offusquée, les élucubrations imaginaires, la moralisation datant de l'époque de l'esclavage et du christianisme, le tout dans une prononciation approximative décorée d'un accent de mafieux italien du siècle précédent. Vous l'avez bien sûr compris, je vois cette lueur d'intelligence dans chacun de vos regards éclairés, mon client est sans doute coupable des faits presque humoristiques que la défense lui reproche. Mais c'est là que toute la crédibilité de cette soit disant affaire perd toute sa raison d'être.
J'ai entendu des mots comme "pédophilie" alors que la superbe femme devant mes yeux sera majeure dans une poignée de jours. Hier, la majorité était à vingt et un an, aujourd'hui elle est à dix-huit, demain elle sera certainement à quatorze. Notre civilisation est de plus en plus précoce. Des génies émergent chaque jour de plus en plus jeunes. Et l'on oserait hurler au crime lorsque qu'une femme souhaite poursuivre l'exploration de ses sens ? A cause de l'âge vous n'auriez pas le droit de poursuivre votre éducation déjà extrêmement avancée et désireuse de découvertes et d'expériences ? Voudrions-nous ralentir le cycle de l'évolution ? Aurions-nous préféré rester des singes dans la forêt ? Vous n'avez pas l'air d'être ce genre d'individus, bien au contraire, je vous entends.
J''ai également entendu le mot "violence". Parce que le procès a lieu si tard, les bleus et autres blessures ont tous disparus. Comme s'ils n'avaient jamais existé. On nous a montré quelques mauvais clichés qui me rappelaient mes nombreuses chutes à vélo lorsque j'étais plus jeune sauf que je n'ai jamais déposé plainte pour le plaisir que me procurait cette activité enrichissante. Et si les éraflures s'oublient aussi vite qu'elles disparaissent, les bons moments restent ancrés au fond de soi pour toujours. Ma femme a d'ailleurs quelques jolies marques sur son splendide fessier, et si j'étais riche comme mon client elle ne s'embêtera pas pour me poursuivre en justice. Mais en attendant la fortune elle m'en redemande !
Mais je m'éloigne du sujet, excusez-moi de vouloir détendre cette atmosphère dramatique que l'on tente de nous imposer. Enfin, je pense que nous sommes tous d'accord depuis le début de cette immense mise en scène, mon client, citoyen exemplaire et apprécié de son entourage, directeur d'une grande société populaire et serviable pour la France, sacrifiant presque tout pour que sa compagnie puisse continuer à traiter ses employés de mieux en mieux, un homme avec peu de loisirs, n'est certainement pas la créature maléfique de ce mauvais conte de fée. Ces deux personnes responsables prenaient du plaisir depuis quelques temps déjà et dans l'excitation d'un moment ils ont été au-delà de la morosité. Comme je le disais précédemment, l'argent peu changer bien des points de vue, et dans notre société, tous les moyens sont bons il semblerait, c'est à vous d'en décider.
J'ai terminé votre Honneur. Merci de m'avoir écouté un bref instant."

04/08/10

mercredi 4 août 2010

Chaud quand ?

Des paroles constipées, mais continue s'il te plait,
Continue de m'attrister avec du sens vide,
Du manque de surprises pris à l'ennemi,
Tel un musicien plein de haine pour le mi,
Un pilier de comptoir contre les demis,
Un contrôle d'amis mi figue mi raisin,
La raison domine de derrière sans fatigue,
Une digue bloquant les mots légers et piquants,
Et puis quand on te demande ton avis, tu dis :
"Si je te le donne, tu vas le prendre, le déformer et le fa ire tien...",
Ben tiens, c'est déjà moins batracien et je le fais mien,
Tu as tout mon soutien, et tiens voilà cent sous,
Je te les passe en-dessous doucement,
Mais je veux que tu envois le ciment,
Il faut que ça choque, que ça bloque, qu'on chie dans son froc,
J'ai confiance, tu n'es pas une broque avec ta montre en toc,
Et toc toc, est-ce ton ombre qui frappe à la porte ?
Sois la bienvenue, insidieuse, pernicieuse, merveilleuse,
Tu es ici chez toi, répands tes mots claquants, scindants et cinglants,
Les barrières sont juste là pour que tu les brises,
Que tu deviennes brise, bise ou tornade, crée la débandade,
Il n'y a plus rien de sacré si ce n'est le massacre de toute morale,
Que tout le monde râle et brame au scandale,
Fini la nage et les rames, tu seras le nouveau moteur,
Une inspiration pour les auteurs du bas de ta hauteur,
L'univers et toutes ses dimensions seront ton énergie,
Tous auront peur d'agir car impossible de savoir comment tu vas réagir,
Alors va, laisse mugir ta magie démagogique.

03/08/10

mardi 3 août 2010

Ah mie, calme en cas d'ave Rick

C'était la grande forme. Une forme d'un dieu de l'Olympe, sans le nez grec. Débordement d'énergie par tous les pores de la peau. Infatigable, insensible à l'effort, l'Homme d'action par excellence. Rien ne semblait pouvoir m'arrêter. L'impression d'être une fusée en direction de la lune. Et avec ça bien entendu, une humeur grandiose. Un sourire immense en travers de la face. De l'humour plein la tronche. Même les soucis me faisaient rire. Intouchable et pourtant sans raison évidente. Simplement bien placé sur la grille de la perception.
Et puis d'un coup... tout est parti en chips... encore une fois sans raison évidente... le même gars... le même corps, le même cerveau, une nuit plus tard tout simplement et pourtant la dégringolade mentale et physique... plus d'énergie, le moral six pieds sous terre, des larmes plein les yeux, plein le cœur, le même sourire mais à l'envers, les épaules qui traînent à côté de mes pompes, incapable d'agir ou de réagir, tout semble horriblement sombre et désenchanté, et pourtant rien n'a changé... si ce n'est ma position affligeante sur cette vieille grille rouillée de la perception... calembours, humour, contrepèteries et autres ustensiles indispensables à la joie me donnent envie de hurler... prisonnier de cette détresse stupide j'ai essayé de me reprendre et retrouver cette vision merveilleuse que j'avais la veille, mais je n'ai rien trouvé... un mur sans fin qui absorbe toutes lumières me barre le chemin... je ne vois pas ce qu'il y a derrière, même si je le sais je n'y aie plus accès alors je reste seul abattu de ce côté...
Les jours ont passé, chaque jour l'espoir de revenir où j'étais s'efface inébranlablement. Il n'y a rien à faire. Une entité extérieure à moi s'amuse avec mon existence. Elle m'a montré que je pouvais être la personne que je voulais être, mais elle m'a ensuite montré que ce n'était pas moi qui déciderais. Je suis le spectateur de ma propre misère. Acteur forcé face à un script qui ne me convient pas, j'attends. Et la peur d'être enfermé dans ce rôle minable s'installe doucement et crissant des dents. Je refuse ce rôle mais le directeur ne semble pas être d'accord alors il m'envoie un peu plus de désolation. Mais il n'aurait jamais dû me montrer que j'étais capable de jouer un personnage plus attachant et plus surprenant que cette maudite larve aplatie qui se fait écraser un peu plus par les secondes qui chutent sur mon dos courbé. La tristesse d'avoir perdu cette sensation doit lui faire plaisir afin que je remplisse au mieux cette place obscure, mais je ne vais pas continuer ainsi et me laisser enfermer dans cette grotte humide pleine de pourriture. Non, je quitte le plateau et m'en vais voir chez les autres studios s'ils n'ont pas quelque chose de plus satisfaisant et qui corresponde plus à la fusée que je fus avant ce funeste désastre...
Au revoir producteur véreux, vous pouvez chercher un autre fou pour votre petite fête cauchemardesque... et inutile de me rappeler tant que vous n'aurez pas compris le potentiel que vous avez gâché... au revoir... à
Zeus...

02/08/10

lundi 2 août 2010

Laisse qui ? Nos tiques !

La vie, c'est comme du ski nautique. Le monde est ton bateau. Il te tracte dans une direction, tu peux un peu aller à droite et à gauche, mais toujours dans le sens du bateau. Lorsque tu lâches la poignée, tu te mets à flotter à la surface de l'eau, le bateau s'éloigne, puis repasse, te tourne autour mais ne te tire plus. Tout le long de ton avancée tu tomberas souvent si tu n'es pas doué. Selon le sens du courant il y a plus ou moins de vagues dans différentes directions. Donc selon où se dirige le bateau tu es plus ou moins influencé par les vagues, rendant l'avancée aisée ou cauchemardesque. Heureusement tu peux demander au bateau de prendre les vagues plutôt de côté que de face, ou inversement. Ce changement de point de vue te permet de facilité un peu plus le voyage mais le plus difficile reste toujours la position. Le moindre écart, la moindre instabilité dans l'équilibre et les forces de frottements et c'est à la flotte. Stagnant, porté par la mer, dans l'attente du bateau à contempler le décor presque vide. Avec l'expérience on est supposé apprendre à mieux tenir sur ces saletés de skis. Mais on ne peut pas être bon dans tous les sports, donc si jamais tu n'es pas fait pour le ski nautique, tu auras beau recommencer et recommencer encore, t'entraîner, te concentrer, y mettre tout ton cœur, tu ne seras jamais bon... si tu as tout de même un peu chance, tu pourras pratiquer dans des lieux différents à chaque fois. Sur l'océan, sur la mer, sur un lac, dans une piscine. En pleine été sous les tropiques, en plein hivers au pôle nord, dans la tempête ou dans l'huile. On peut également réussir à suivre le bateau sans tenir sur les skis. Pour les plus tenaces, les persévérants, les têtus, les têtes de mule, qui se laisse ballotter violement par l'impact de l'eau solide et la tension insoutenable dans les bras et les mains. Mais le paysage change, l'horizon se rapproche, le temps s'écoule et puis un jour, fatigué, on laisse aller et on coule. Mais il n'y a pas de meilleur skieur. Que l'un fasse des pirouettes, des zigues et des algues en zig-zag, d'une main, d'une jambe, à l'endroit, à l'envers, ou qu'un autre se laisse tranquillement bercer en faisant la planche et observant le ciel bleu où flotte des oiseaux, il n'y a pas de meilleur. La question est plus de pouvoir apprécier ses capacités et les conditions dans lesquelles elles nous plongent. D'ailleurs nous devrions oublier le ski nautique qui est bien trop agressif et irréfléchi, trop fondé sur l'instinct et la folie. J'ai envie de savoir ce qu'il y a sous la mer. Un monde immense attend sous nos pieds sans que l'on ose y aller parce que nos pieds semblent prisonnier de ces saletés de skis. Mais qu'est-ce qui nous empêche réellement de nous déchausser et de prendre une belle paire de palmes pour glisser vers ce monde sous-marin. Là-bas nous serons tels des oiseaux dans le ciel...

01/08/10

dimanche 1 août 2010

Un con crée du concret qu'on crédibilise

La tête emberlificotée dans un astre satellitaire à la Terre. Voilà, pas perdu dans la voûte stellaire mais tout de même pas les deux pieds ancrés dans la réalité pesante découverte par Newton. C'est ça, le poète se promenait tranquillement dans le monde des idées, son corps physique et contraignant abandonné contre le tronc d'un arbre, il gambadait à loisir dans l'infinité de l'impossibilité lorsqu'il aperçu au loin une petite lucarne plus lumineuse que toutes les étoiles. Difficile de résister à une curiosité abondante, alors il s'approcha fougueusement, un petit saut par ci, un battement d'aile par là, la lucarne devenait de plus en plus précise. Un carré entouré d'un contour chromé, une vitre à peine visible, et derrière une lumière incompréhensiblement puissante et pourtant si facile à regarder que l'on ne peut plus en détacher ses yeux. Le rêveur caressa les bords de cette étrange fenêtre suspendue dans le vide. Il voulu l'ouvrir mais rien ne bougea. L'objet était d'un seul et unique bloc et rien ne bougeait. Pourtant il s'agissait bien d'une fenêtre mais la lumière derrière venait d'ailleurs. Un autre monde. Un aperçu de quelque chose de supérieur à son être. Un concept nouveau, une vérité différente, un ailleurs plus grand que cet infini. Il continuait de regarder la lumière pour y chercher un contraste, un objet, une structure, une forme vague, une fumée mouvante, n'importe quoi qu'il puisse rattacher à sa connaissance. Mais il ne vit rien. Du moins c'est ce qu'il cru après avoir fouillé intensivement du regard cet autre monde. Puis, son esprit commençant à s'habituer à cette lumière il compris que toutes choses étaient contenu dedans. Il ne fallait pas chercher à y voir un objet solide défini par des mesures intangibles, concret, dur, tactile ou odorant. Son esprit parvint à y voir le monde de l'autre côté de la lucarne mais ne pouvait y poser des mots, des descriptifs, une idée, une sensation claire. Tout son être comprenait la vie qu'il observait mais ne pouvait être expliqué par un seul sens dans une seule dimension. Cela ressemblait plus à la perception de la compréhension. Le sentiment d'une clarté indescriptible mais évidente. Alors, lentement, le bout de ses doigts posés sur la vitre commencèrent à passer au travers de la fenêtre. Une chaleur sentimentale lui serrait le cœur avec une force et une délicatesse incroyablement désirable. Le bonheur absolu et la futilité de son existence hésitante le pressèrent dans des bras impalpables et inébranlables. Il vit le sens du mouvement chaotique de son univers et sourit. Il venait de comprendre le sens de chaque atome, de chaque être, de la vie et pourtant, un nouveau monde bien plus grand et complexe s'ouvrait à lui. Il s'apprêta à passer la tête par la fenêtre alors que ces deux bras étaient déjà de l'autre côté lorsque la fade lourdeur concrète de notre univers le rattrapa brutalement. Une simple pomme sans importance visible venait de s'abattre sur le haut de son crâne. Sa vision et sa perception se troublèrent. La compréhension si nette s'évapora et seule l'interrogation restait, stagnante, empuantissant l'air alentour. Il observa la pomme inerte à ses pieds et sentait son être se refermer sur une connaissance qu'il avait tenu un instant dans le creux de ses mains. Il voulut la retenir mais la réalité de notre univers l'empêchait de continuer à percevoir ce que la lumière lui avait offert. Cependant, le regard plongé dans le rouge luisant de la pomme il parvint à garder une étincelle de cette connaissance. Un pressentiment s'ancra au fond de lui. Les mots remuèrent tout autour et prirent place en une suite compréhensive d'idées. Bien sûr il manquait encore un mot pour définir ce pressentiment de réalité. Cette connaissance gravée dans son âme tournant autour d'un noyau central n'avait pas encore de nom, mais il avait réussi à garder une minuscule pièce de ces vérités qu'ils avaient compris durant un bref instant. Depuis ce jour il ne réfléchit plus jamais sous un arbre, mais la lucarne ne se représenta pas sans doute parce qu'il souhaitait tant la revoir pour la traverser et ne plus revenir.

31/07/10