jeudi 5 août 2010

Jus, je mens, fine ail

"Mesdames et Messieurs les jurés, nous avons pu écouter durant des heures, des jours, une éternité il me semble, les critiques, les jugements hâtifs, la vergogne offusquée, les élucubrations imaginaires, la moralisation datant de l'époque de l'esclavage et du christianisme, le tout dans une prononciation approximative décorée d'un accent de mafieux italien du siècle précédent. Vous l'avez bien sûr compris, je vois cette lueur d'intelligence dans chacun de vos regards éclairés, mon client est sans doute coupable des faits presque humoristiques que la défense lui reproche. Mais c'est là que toute la crédibilité de cette soit disant affaire perd toute sa raison d'être.
J'ai entendu des mots comme "pédophilie" alors que la superbe femme devant mes yeux sera majeure dans une poignée de jours. Hier, la majorité était à vingt et un an, aujourd'hui elle est à dix-huit, demain elle sera certainement à quatorze. Notre civilisation est de plus en plus précoce. Des génies émergent chaque jour de plus en plus jeunes. Et l'on oserait hurler au crime lorsque qu'une femme souhaite poursuivre l'exploration de ses sens ? A cause de l'âge vous n'auriez pas le droit de poursuivre votre éducation déjà extrêmement avancée et désireuse de découvertes et d'expériences ? Voudrions-nous ralentir le cycle de l'évolution ? Aurions-nous préféré rester des singes dans la forêt ? Vous n'avez pas l'air d'être ce genre d'individus, bien au contraire, je vous entends.
J''ai également entendu le mot "violence". Parce que le procès a lieu si tard, les bleus et autres blessures ont tous disparus. Comme s'ils n'avaient jamais existé. On nous a montré quelques mauvais clichés qui me rappelaient mes nombreuses chutes à vélo lorsque j'étais plus jeune sauf que je n'ai jamais déposé plainte pour le plaisir que me procurait cette activité enrichissante. Et si les éraflures s'oublient aussi vite qu'elles disparaissent, les bons moments restent ancrés au fond de soi pour toujours. Ma femme a d'ailleurs quelques jolies marques sur son splendide fessier, et si j'étais riche comme mon client elle ne s'embêtera pas pour me poursuivre en justice. Mais en attendant la fortune elle m'en redemande !
Mais je m'éloigne du sujet, excusez-moi de vouloir détendre cette atmosphère dramatique que l'on tente de nous imposer. Enfin, je pense que nous sommes tous d'accord depuis le début de cette immense mise en scène, mon client, citoyen exemplaire et apprécié de son entourage, directeur d'une grande société populaire et serviable pour la France, sacrifiant presque tout pour que sa compagnie puisse continuer à traiter ses employés de mieux en mieux, un homme avec peu de loisirs, n'est certainement pas la créature maléfique de ce mauvais conte de fée. Ces deux personnes responsables prenaient du plaisir depuis quelques temps déjà et dans l'excitation d'un moment ils ont été au-delà de la morosité. Comme je le disais précédemment, l'argent peu changer bien des points de vue, et dans notre société, tous les moyens sont bons il semblerait, c'est à vous d'en décider.
J'ai terminé votre Honneur. Merci de m'avoir écouté un bref instant."

04/08/10