mardi 3 août 2010

Ah mie, calme en cas d'ave Rick

C'était la grande forme. Une forme d'un dieu de l'Olympe, sans le nez grec. Débordement d'énergie par tous les pores de la peau. Infatigable, insensible à l'effort, l'Homme d'action par excellence. Rien ne semblait pouvoir m'arrêter. L'impression d'être une fusée en direction de la lune. Et avec ça bien entendu, une humeur grandiose. Un sourire immense en travers de la face. De l'humour plein la tronche. Même les soucis me faisaient rire. Intouchable et pourtant sans raison évidente. Simplement bien placé sur la grille de la perception.
Et puis d'un coup... tout est parti en chips... encore une fois sans raison évidente... le même gars... le même corps, le même cerveau, une nuit plus tard tout simplement et pourtant la dégringolade mentale et physique... plus d'énergie, le moral six pieds sous terre, des larmes plein les yeux, plein le cœur, le même sourire mais à l'envers, les épaules qui traînent à côté de mes pompes, incapable d'agir ou de réagir, tout semble horriblement sombre et désenchanté, et pourtant rien n'a changé... si ce n'est ma position affligeante sur cette vieille grille rouillée de la perception... calembours, humour, contrepèteries et autres ustensiles indispensables à la joie me donnent envie de hurler... prisonnier de cette détresse stupide j'ai essayé de me reprendre et retrouver cette vision merveilleuse que j'avais la veille, mais je n'ai rien trouvé... un mur sans fin qui absorbe toutes lumières me barre le chemin... je ne vois pas ce qu'il y a derrière, même si je le sais je n'y aie plus accès alors je reste seul abattu de ce côté...
Les jours ont passé, chaque jour l'espoir de revenir où j'étais s'efface inébranlablement. Il n'y a rien à faire. Une entité extérieure à moi s'amuse avec mon existence. Elle m'a montré que je pouvais être la personne que je voulais être, mais elle m'a ensuite montré que ce n'était pas moi qui déciderais. Je suis le spectateur de ma propre misère. Acteur forcé face à un script qui ne me convient pas, j'attends. Et la peur d'être enfermé dans ce rôle minable s'installe doucement et crissant des dents. Je refuse ce rôle mais le directeur ne semble pas être d'accord alors il m'envoie un peu plus de désolation. Mais il n'aurait jamais dû me montrer que j'étais capable de jouer un personnage plus attachant et plus surprenant que cette maudite larve aplatie qui se fait écraser un peu plus par les secondes qui chutent sur mon dos courbé. La tristesse d'avoir perdu cette sensation doit lui faire plaisir afin que je remplisse au mieux cette place obscure, mais je ne vais pas continuer ainsi et me laisser enfermer dans cette grotte humide pleine de pourriture. Non, je quitte le plateau et m'en vais voir chez les autres studios s'ils n'ont pas quelque chose de plus satisfaisant et qui corresponde plus à la fusée que je fus avant ce funeste désastre...
Au revoir producteur véreux, vous pouvez chercher un autre fou pour votre petite fête cauchemardesque... et inutile de me rappeler tant que vous n'aurez pas compris le potentiel que vous avez gâché... au revoir... à
Zeus...

02/08/10