En cas d’encas en calanques
Esprit sur canoë… ohé, ohé ! La liberté est retrouvée, les calanques s’ouvrent toutes grandes, on rame autant que dans la vie mais on avance bien plus et avec le sourire, peu de vent, peu de vagues, le corps léger et l’esprit flottant au gré de la magnificence des lieux. On ne peut pas se plaindre ici, même en le voulant il n’y a rien à critiquer si ce n’est le trop à apprécier, comme un gâteau d’anniversaire que l’on pourrait manger seul mais l’estomac n’est pas assez vaste. Alors on mange ce qu’on peut et on se dit que le reste sera toujours là quand on en revoudra. Ce paysage millénaire sera encore là lorsque mes poussières viendront caresser ces rochers sculptés par le mistral et son cousin. Donc on prend son temps. Tout doucement. Tranquillement. On se régale la rétine, on se dore la peau, on s’oxygène les globules, on fuit les méduses et on écluse de l’eau comme des chameaux. Que c’est beau, corne de taureau mais que c’est beau.
Et finalement les heures nous voient rêvasser et se moquer du temps alors elles se pourchassent, courent de toutes leurs forces dans une même direction loin derrière nous, et le soleil obéissant s’agenouille gentiment. L’intensité de l’instant doit se cacher parmi les ombres grandissantes et le tour de magie prend fin. Chacun repart avec son petit lot de mémoires. On en reparlera encore le soir, sans trouver les mots pour décrire correctement le niveau de l’événement. Mais on se comprend et ancre ces souvenirs dans quelques verres de pastis pour atténuer la descente dans la moiteur citadine.