mardi 17 août 2010

Et un siphon, les marres honnêtes

Une goutte de vinaigre chut sur ma cuisse,
Mais quelle est donc cette odeur de narcisse ?
Des grains de sel et de sable s'écoulent dans le gouffre,
Etouffant l'enfance aux souvenirs de souffre,
"Salut à toi, oh fou, entends-tu ce souffle roc,
Cette stridente solitude sifflant sous ta coque ?",
Un toctoc fait résonner l'époque loin devant,
Et les reproches s'accrochent face aux bourrasques de vent,
Suis-je éléphant ou bien souris sans cape ?
Incapable de percevoir l'étendue d'eau qui tape,
Sur l'épave de mon bateau sourd et sombrant,
Son mât s'enfonce et s'apprête à disparaître sans bruit,
Sans brutalité, sans lutter, mon sang n'est guère futé,
Et attendait de pouvoir s'échapper sous les coups d'une âme affutée.

Chut, je l'ai trouvée, l'unité semble se dédoubler,
Ce qui fut un est deux et deux devient un, un peu,
Du bleu dans le ciel, du soleil sur mes mains dansantes,
Je n'ai plus dix doigts, j'en ai cent qui regardent, écoutent et sentent,
Je n'ai plus peur de la descente, elle me célèbre et m'acclame,
Tout en calme, dans la cale le passé crame, le futur rame,
Etrange trame de fond qui doucement fond,
Bulles de savon inconscientes de ce qu'elles font,
Elles gonflent, s'envolent puis s'effondrent sur elle-même,
Elles le font pour elle et pourtant tout autour on les aime,
Mais une fois éclatée, la multitude de leurs particules ne voient,
Pas la joie, le bonheur, ni l'oubli qu'elles pourvoient,
Et toutes feront la même chose par plaisir égoïste,
Procurant cette conscience sereine d'hédoniste.

16/08/10