samedi 31 juillet 2010

Fesse teinte et les pas tiquent

C'est l'été, il fait chaud, les corps chauffent, les esprits s'échauffent, la tension fauche, j'ai les nerfs à fleur de pot d'échappement, des envies de sentir une peau douce sous mes doigts ardemment, rencontre avec une demoiselle qui chasse l'abattement, sourires, rires, sexe et soupirs et puis elle m'annonce qu'elle doit partir... bravo, j'ai croisé une vampire, mais ça pourrait être pire, elle pourrait ne jamais revenir...
A priori ce n'est pas le cas, on parle projets, attente sans tracas ou rejets, ses yeux en disent plus que ses lèvres à l'odeur de génépi, je la sens gênée et puis enfin elle me dit : "ce ne sont que deux semaines, pas le temps d'avoir de la peine, et à mon retour plus rien ne freinera l'attraction des corps et des cœurs dans ce décor de liqueur", alors à la bonne heure, si mon moteur part en vacances, rien ne m'empêche de faire du vélo et d'accepter les avances... mais ça je le garde pour moi, l'honnêteté est une qualité qu'il faut savoir diluer pour ne pas trop polluer, alors je fais la moue, lui caresse un genou, proclame être jaloux, l'embrasse un dernier coup en m'en vais lorsqu'elle tente de m'agripper le cou...
Et ce fût tout... la graine d'une relation pas foutue est plantée, quinze jours à attendre pour pouvoir récolter, glisser une main sous le décolleté, et constater si elle est ou non révoltée... c'est ainsi l'été...

30/07/10

vendredi 30 juillet 2010

Sans chevaux sous le capot

Le plastique s'est fantastique... non mais qu'est-ce qu'il faut pas entendre ? exemple typique de propagande publicitaire totalement éhontée et sans scrupule quand à la distribution d'un tel danger... alors allons-y, on nous balance des sacs plastiques de partout, on remplace le métal par ce merveilleux produit, on accroche tout le monde et rend dépendant à tout moment, on allège, on transforme, on crée, on vend, vend, et revend pour les ordures indestructibles de notre pauvre planète... prisonniers de leur immonde invention... contraints chaque jour de s'en servir sans y penser mais ne pouvant jamais s'en passer... nous voilà tout fière de notre réussite et de notre liberté illusoire... mais l'illusion fut de courte durée... on n'avait pas assez conscience de notre esclavagisme alors il a fallut nous avilir jusqu'à la plus basse des sournoiseries... le sexe... la seule chose qu'il nous restait d'encore vaguement naturelle a été forcée de déposer les armes et d'accueillir le nouveau dieu de la modernité sous plastique... des masques de partout... tous sous camisole... amusez-vous petit peuple insolent, à présent votre maître se moque bien de vous... courbez l'échine et suppliez pour mon aide... et après ça on ose prononcer le mot fantastique en toute quiétude en souriant au futur... mais on ne devrait pas sourire car il n'y a rien au loin... une obscurité sans fin... qui nous regarde arriver en courant comme des illuminés... faisons une pause plutôt et regardons en arrière, je me rappelle d'y avoir vu quelques coins ensoleillés... là-bas, derrière... loin derrière...

29/07/10

jeudi 29 juillet 2010

L'an cyclope édite uni vers celle

>Dieu est mort et on l'a enterré avec l'Amour. Il ne nous reste que haine et indifférence pour s'entretuer ou s'ignorer. La génération à venir sera blasé de naissance. Les pubs continueront leur mitraillage de cerveaux affaiblis mais même les commerciaux ne croiront plus dans ces bénéfices fades. Alors, lentement, la société entrera dans une ère léthargique. Sans but, sans envie, sans avenir, seule la guerre prendra tout son sens et voudra remplir les cœurs pour remplacer le vide culturel et émotionnel. Mais les armes ne tirent pas seules. Elles ont besoin d'un doigt avec un minimum de conviction. Or, il n'y aura plus de conviction. Les soldats se regarderont dans le blanc des yeux et y verront le même vide des deux côtés. Les fusils tomberont au sol. Les cris cesseront. Certains faisant demi-tour, d'autres continuant droit devant, d'autres encore se laissant choir et observant le ciel dans l'attente d'une éclaircie.
Ainsi la population mondiale s'effondrera dangereusement et une nouvelle génération hasardeuse et interrogative débarquera au milieu de ce chaos. La curiosité reprendra sa place au premier rang. Les découvertes reprendront d'un pas en arrière. L'envie trouvera à nouveau des cœurs vierges et fertiles prêts à l'accueillir à bras ouverts. L'espèce humaine conquerra encore une fois la planète en commettant des erreurs nouvelles pour elle mais déjà vu il y a bien longtemps. Le cycle terrestre atteindra la fin du cercle mais cette fois-ci l'astre bleu sera trop terni pour accepter les mêmes parasites idiots. Les pôles s'éloigneront. L'équateur sera éventré et l'espace envahira ce lieu autrefois occupé par un néant trop compact.
Ici repose Dieu et l'Amour des Hommes... les deux coupables de sa perte... les deux silex d'une brève étincelle...

28/07/10

mercredi 28 juillet 2010

Con, j'onc t'y vite

Il a bu l'abus tel un obus au coin de la mâchoire.
- Ce sera cinq euros qu'on lui demande au marché noir.
- Comment ça, cinq cent balles pour trois Ricard ? Vous m'avez pris pour votre toquard les gars !
Et commença alors le début des dégâts. Après la régalade vint l'heure de la débandade. Une bande de vigiles agiles s'insinue à l'insu du consommateur usé dans son dos désabusé.
- On veut pas payer sa 'tite note, à ce qui paraît ? lance un premier goret.
- Prends gare être hagard, si tu ne t'égares des parages avec tes gars, ça va partir en dérapage, je vais m'agiter, vous allez cogiter et hésiter, je vais en profiter pour vous phagocyter à coups de phalanges, vous allez vous affaler et voir les anges, le patron va trouver ça étrange et vous envoyer à la plonge sans allonge, la haine de l'injustice vous ronge, cette défaite ressemble à un songe où trois singes se font sécher par un type éméché, alors vous allez vous arracher et moi je vais marchander avec l'évêché de cette crèche parce que je suis trop à la dèche et que si on me pousse le derche ça m'allume la mèche de ma tension atomique... et ça... vous voulez pas que ça arrive... non ?
- heu... ose le premier macaque,
- ben boss, on fait quoi ? propose un deuxième,
- il m'a filé la migraine ce zouave avec ces bizarreries qui sonnent drôle dans l'esgourde... suppute un troisième,
- bon, c'est un mec qui doit avoir du pognon pour causer comme ça tout bourré, on va lui foutre la paix un instant et voir si y fout pas le bordel dans le gourbi en attendant qu'on trouve mieux... conclue le plus gros gorille,
- Sage décision digne des trois singes de la sagesse, et voilà le maître de cet établissement qui se présente guidé par un bon sentiment et le regard plein d'estime. Salutations tavernier ! salut l'homme ivre,
- Oui, c'est ça, qu'est-ce que c'est le problème monsieur ? On veut pas payer ? On a bu et on veut pas payer ? Et on démantèle mon escouade de gorilles avec des sornettes ? Monsieur cherche les ennuis ? Monsieur à des tendances suicidaires et vient semer la zizanie chez les honnêtes travailleurs ? Ce n'est pas très correct monsieur. Je m'insurge devant de tels comportements. Je proteste. J'appelle à l'aide. Police. Police. Mais que fait donc la police ?
- Tavernier, silence. Ces mots m'élancent la panse. Retour indécent de nourriture précédente. Précisons la situation avant de s'éparpiller dans des supputations pleines d'usurpations. Ma passion de la boisson s'est donc délassée dans ce lieu joliment agencé. J'ai suivi la cadence intense, sans en chercher le sens et sans regarder mes finances. Et c'est là que vous faîtes preuve de médisance, car d'habitude plein d'aisance, je me trouve ce soir démunie par coïncidence. Ma présence entre en concordance avec mes souffrances. Après une errance sans intermittence sur les ports de plaisance du sud de la France, je me lassai de ma propre complaisance dans l'ignorance. Si je vous semble nu à l'instant, sachez que mes vêtements d'or dorment dans mes immenses demeures. Alors laissez-moi aller pour l'heure et demain je reviendrais faire votre bonheur.
- Non mais c'est que monsieur aurait tendance à essayer de me prendre pour l'enclume du village. Mais c'est que je suis pas né du dernier ouragan, moi, monsieur. On me le fait pas le coup du milliardaire qu'a oublier son larfeuille chez bobonne. On en voit jamais des milliardaires, nous, monsieur. Ici c'est pas un coin où qu'ils se perdent les milliardaires. Je sais pas pourquoi mais c'est comme ça. On s'y fait comme on peut. Par exemple en redessinant le sourire des petits poivrots qui veulent se faire une cuite à l'œil de bibi. Allez les gars, amenez-moi c'te cruche dans la ruelle, on va lui offrir le digestif maison !
Les gorilles s'emparent du type chétif et le trainent aisément en arrière boutique. Une petite porte mène sur un fond de ruelle lugubre. C'est là que le véritable milliardaire reçu son digestif maison et ne se retrouva plus jamais à errer n'importe où. Le sens de la survie venait de lui être révélé.

27/07/10

mardi 27 juillet 2010

Là banc, boue là

Et voilà, j’ai lâché le bon bout… je le tenais bien pourtant, personne aurait pu me faire desserrer prise, alors je comprends pas, je suis là comme un pauvre con, les mains vides, le regard vide, le cœur vide et l’âme désertique… Qu’est ce qui a bien pu se passer ? J’en sais rien… j’ai juste le sentiment horriblement pesant d’avoir perdu quelque chose de très important, de ne plus être entier, même pas un demi-homme, moins que ça encore, un abîme sans fond plutôt où les paroles et actions extérieures s’enfoncent sans laisser de traces. Un homme gouffre… où les choses se perdent sans réponse… amorphe et inexpressif… tout dialogue avec moi devient monodirectionnel… un sens unique de la communication… une impasse des idées… mais que c’est il passé ? Qu’ai-je donc perdu de si important qui réduise mon être à cette substance informe ? La réponse s’est également enfui… donc je crains de croiser à nouveau cet élément disparu mais de ne pas savoir que c’est lui qu’il me manque… vais-je donc errer ainsi, incomplet et inconscient, à la recherche de je ne sais quoi, sans pouvoir attraper la ligne de mon destin lorsqu’elle sera devant moi ? Peut-être… alors il faut marcher… marcher jusqu’à ce que ce soit mon destin qui se glisse sous mes pieds aveugles… alors je saurais enfin ce que j’avais perdu de si précieux.

26/07/10

lundi 26 juillet 2010

Mais a coule pas…

Retour du bon côté des choses… Ni à droite, ni à gauche, pas au milieu, pas devant ou derrière, pas plus au-dessus que dessous, mais tout simplement du bon côté… mais si vous voyez où c’est, vous y êtes déjà ou y avez déjà été au moins une fois. On y a tous été. Pas forcément dès le début d’ailleurs, mais quoi qu’il arrive on y passe et on s’en rappelle un tant soit peu. Le véritable problème se trouve plus dans la difficulté à rester ou revenir du bon côté. On y peut rien, pas moyen de tracé une carte avec le chemin joliment dessiné pour se retrouver du bon côté. Une fois qu’on se retrouve en face, là où ça pue, la merde qui colle aux semelles, le ciel tout gris jaune pisseux, pas de sourire, pas d’ambiance, personne pour t’aider à sortir de là parce que tout le monde veut se barrer mais avant les autres et de préférence tout seul de peur qu’il y ait plus assez de place du bon côté. Alors on se lasse vite des claques en pleine gueule et on se fout dans un petit trou, la tête basse, le dos courbé, en attendant que la planète face un pivotement et qu’on se retrouve du coup du bon côté sans trop de casse. Voilà ce qui s’est passé cette fois-ci dans le cas présent. Tête baissée, je fermais ma gueule, tout dépité, demandais rien à personne, m’occupais de dégun, muet comme un cabanon, et tout d’un coup, bim, comme ça que ça m’est tombé dessus. Rien compris, cherche pas à comprendre non plus, c’est le genre de truc qui t’arrive pas suffisamment souvent pour que tu puisses te permettre de tout gâcher avec des conneries de réflexions sur l’existence passée. Alors voilà, je me retrouve là, peinard, je sais pas pour combien de temps, mais je me fais pas d’illusions, ce sera bref quoi qu’il arrive, parce qu’une vie ici c’est une seconde en face. Je sais pas pourquoi mais là-bas tout est long. Le temps n’en fini plus. Rien ne se passe. La stagnation néfaste de l’échec. L’inavancée absolue du mouvement. Tandis qu’ici, tu profites, tu découvres, la réussite est toujours une surprise, mais le temps galope, il matte pas en arrière, il fonce, à toute allure, vers on ne sait trop où mais il a va vite. La contemplation se doit d’être rapide. Rien ne s’arrête ici. Mais je sens que c’est bientôt fini pour moi. Le bon côté semble irrésistiblement vouloir me fuir. Mais je le laisserais pas se faire la malle comme ça, je l’ai à l’œil le zigue… je l’ai à l’œil…

25/07/10

dimanche 25 juillet 2010

Levé, riz, table, dé part

Je venais de vendre mon appartement, mais je ne souhaitais pas finir de rembourser le crédit, au contraire j’en ai demandé un plus gros pour pouvoir acheter un bateau. Avec diverses magouilles de paperasses, je me retrouvais avec cinquante milles euros en poche et un superbe voilier capable de faire le tour du monde plusieurs fois si le capitaine avait un minimum d’expérience. Ce que je m’empressais d’acquérir durant les six mois suivants. Je visitais la Méditerranée, fis le tour de la Corse, contourna l’Espagne et remontais jusqu’en Bretagne et une fois là, je préparais mon stock de provisions pour plusieurs années. J’étais prêt traverser l’océan. Après trois jours sans activité, totalement concentré sur mon objectif, je jetais mon passeport à l’eau et partis à la conquête du grand bleu.
Il me fallut six mois pour atteindre l’Amérique du sud et trouver l’île paradisiaque qui serait mon point d’attache. Je mis l’encre, commença un repérage des alentours, des villages, des tribus, des coutumes et des risques potentiels et je pus enfin commencer ma vie.
C’était il y a trente petites années… le temps s’est distordu et les petits plaisirs quotidiens n’ont cessés de se répéter sans lassitude… Ainsi je vais bientôt reprendre la mer pour qu’elle me prenne à son tour… sans regret…

24/07/10

samedi 24 juillet 2010

Six boulettes et paire cils

Tout fou tout mou d'où le manque de goût dans les joues, du coup nous on le roue de coups, coups de pieds dans les couilles qui lui remontent jusqu'au cou, on est pas doux, je l'avoue, mais que voulez-vous, on avait tous rendez-vous, alors zou, on lui fout trois trous, il tourne, retourne, s'essouffle et s'effondre comme un sourd, sans détour on se fait la bourre, je cours, j'accours, trouve une petite cours entre deux tours, oust je m'y fourre, ça sent l'amour, je doute, découvre une poulette qui porte pas lourd, pas dégoutante la gourde, elle m'ouvre une esgourde et roucoule, la belle poule me fait une ristourne, elle me déboutonne, je la bouffe comme une moutonne, je la retourne, elle est pour, ça se poursuit un bout avant que je sois à bout de rouleau, alors elle soupèse mes roubles et s'en va avec le jour...
Tout ça pour dire que c'est pourquoi je suis à la bourre...

23/07/10

vendredi 23 juillet 2010

Coutume custom

Une odeur d’essence qui réveille les sens,
Un bruit de moteur plein de d’émotions,
Deux roues en motion vers le levant,
La ville s’efface sous le dissolvant,
Enfin les soucis ne sont plus décevants,
Les souvenirs deviennent des soldats servants,
Le calme endormi par un pot d’échappement,
Je suis un chat parmi tous les chiens gris,
Agile et décontracté et non plus triste aigri,
L’emprisonnement s’amaigrit sans mistigris,
L’évasion reprend le goût des confiseries,
L’infini me sourit de ces dents de lignes blanches,
Une mâchoire de bitume qui me porte sur sa tranche,
Honnête et franche tel un oiseau sur une branche,
C’est au loin que me guide le destin,
Vers l’horizon qu’avance mon chemin,
Heureux dans les courbes sinueuses,
Menacé par des boîtes de métal tueuses,
Mais enlacé sur cette langue rugueuse,
C’est au loin que me porte mon engin,
Et avec ma chance j’y vais sans un ange…

22/07/10

jeudi 22 juillet 2010

Est-ce qui maux ?

Un macaron de marrons,
Un tintamarre de cons,
La timbale tourne en rond,
On se trimballe des mourrons,
Le moral mou déboulonne,
Le mental saoul qui déconne,
Une bonbonne de mazout,
Un bonhomme dans la soute,
Il ronronne dans la déroute,
Ce qu’il redoute c’est le doute,
Ce qui le rebute c’est son but,
Alors il recule et ressuscite,
Un tubercule pour la réussite,
Immaculé pour la suite en six huit,
C’est beau la vie d’Inuit…

21/07/10

mercredi 21 juillet 2010

Des balles à gentils sots, ciel !

Envolée lunaire dans la poudre d’étoiles,
Un parpaing de marbre étalé au milieu du salon,
J’en suis son long sillon scintillant dans le ciel,
Pas de fiel, que de fiers constellations dérivantes,
Des rires vantards se moquent de mes pieds soudés,
Sous des forces naturelles d’attraction esclavagistes ;

Tu souhaiterais décoller et t’évader quelques instants,
Tant l’expansion stellaire a bel air au-dessus de ma tête,
Au-dessus de ma Terre qui m’atterre et m’altère,
Terminé la tolérance, trop de consternant et de westernant,
De l’est à l’ouest tout est terni et rien d’éternel,
Telle est la conclusion de notre époque,
Pic et poc, les gouttes du temps tombent,
Pardonnez-nous d’avoir creusé nos tombes…

20/07/10

mardi 20 juillet 2010

Ah, lait de

« Bonjour messieurs, je me présente, Loyd Saint Dicks, homme d’affaire et représentant physique d’une grande célébrité souhaitant garder l’anonymat. J’ai dans cette mallette la somme de cent mille euros en espèces, petites et moyenne coupures avec numéros non consécutifs. Cette somme messieurs sera versée à celui d’entre vous qui acceptera de donner un coup de pouce. Un simple mais ferme coup de pouce. Rien de plus, rien de moins. La seule et unique règle à cette proposition est celle qui consiste à ne pouvoir révéler à qui vous donnerez ce coup de pouce. Voilà, que celui qui est intéressé s’approche. A moins que vous ayez des questions, bien sûr.
- Oui, j’aimerais savoir en quoi consiste le coup de pouce exactement, sans avoir besoin de connaître l’identité de qui que ce soit.
- Et il s’agit d’un coup de pouce, comme je l’ai déjà expliqué plus haut il me semble. Je vois quoi d’autre ajouter à cette formulation qui est d’un français irréprochable et sans ambigüité quelconque. Autre chose messieurs ?
- Heu ça se passe où le coup de pouce ?
- Dans la salle d’à côté. La personne est allongée sur un lit et patiente jusqu’à l’appui de l’un de vous.
- Oui, très bien mais moi je veux savoir c’est quoi le coup de pouce ?
- Monsieur, je suis désolé mais je n’ai pas de temps à perdre à répéter la même séquence de mots parfaitement claire et distincte. Peut-être devriez-vous vous retirer et laisser l’opportunité à vos camarades.
- Moi, j’accepte. Je n’ai pas de question inutile. Dites-moi simplement ce que je dois faire.
- Parfait monsieur. Je prierais donc les autres de bien vouloir quitter ce bâtiment et retourner vaquer à quelques occupations routinières sans jamais spécifier ce qui vous a été proposé ici.
- … mais non, c’est un scandale… je ne… non laissez-moi, j’accepte aussi, regardez moi, je suis physiquement mieux présentable que ce monsieur et … non, arrêtez…
- Voilà qui est mieux. Avant de vous remettre la mallette je vous demanderais de bien vouloir signer ce contrat précisant que vous acceptez bien la somme ici présente pour donner un coup de pouce.
- Très bien. C’est signé… et maintenant ?
- Je porte la mallette pour vous, allons dans la chambre afin d’exécuter l’acte cité précédemment. »
Les deux hommes entrent dans la pièce avoisinante. Un homme célèbre souhaitant garder l’anonymat est allongé sur un lit. Un docteur est assis à ces côtés avec divers outils de soin répartis sur une petite table.
« Voilà l’individu devant recevoir le coup de pouce. Il vous laisse libre de choisir l’œil que vous désirez.
- L’œil ? Comment ça l’œil ? Quel œil ?
- Et bien il a deux yeux comme vous et moi, et nous n’avons payé que pour un coup de pouce, donc il va falloir choisir le droit ou le gauche si je ne méprends.
- Un coup de pouce… l’œil… pouce… dans l’œil ? Non mais je… coup de pouce ? non mais… dans l’œil ? dans l’œil… ah c’est rude ça quand même…
- Monsieur semble moins confiant. Votre mallette vous attend. Il n’y en a pas pour trois heures. Un seul coup. Simple et profond. Tout le pouce en fait pour être parfaitement exact. Sinon c’est un coup de phalange. Nous avons payé pour un pouce entier.
- Bon… très bien… cent mille euros… allez… cent mille euros… »
L’homme s’approche de la star allongée. Ses yeux sont ouverts et fixe l’homme, sans expression.
« Bonjour… heu… je vais vous donner votre coup de pouce… vous êtes toujours partant ?
- Monsieur ne vous répondra pas. C’est pourquoi il utilise un représentant. Et je ne pense pas qu’il resterait patiemment allongé si son intention était de faire le dégonflé et de s’enfuir comme un faible mortel.
- Bon, j’y vais… ce sera l’œil droit… »
Le pouce s’enfonce profondément dans l’orbite. Un bruit de succion résonne dans la pièce presque vide, rapidement suivi d’un hurlement. L’homme retire son pouce, s’essuie brièvement sur le drap, s’empare de sa mallette et quitte la salle sans se retourner, ni prononcer la moindre syllabe.
« Espèce de petit enculé. Tu vas voir ce qui t’attend. Tu vas voir ce qu’il en coûte de crever l’œil d’une star. Ah tu croyais te faire cent mille jolis euros et partir en Bretagne en profiter jusqu’à la fin de tes jours ? Mais tu peux toujours rêver. On se reverra au palais de justice espèce d’ordure. On se reverra, et d’un mauvais œil…
- Monsieur ne devrait pas s’emporter. Nous avons quand même insisté pour qu’il vous permette d’entrer dans l’histoire. Un œil est finalement bien peu cher payé. Vous ne trouvez pas ? »

19/07/10

lundi 19 juillet 2010

Et nord mais m’embête

Tout à l’esbroufe, un tour de passe-passe, un claquement de doigts, ni vu ni connu, incognito magnifico, du grand art, du bel ouvrage, un travail bien fait dans les règles de ce pauvre monde, du pipo juste pipé comme il se doit, de la truite de chou vert, une tarte à la crème, du caviar, un beau cru, un tout fait sans rien, de l’antiphysique nucléaire, de la philosophie hypnotique, un truc pas croyable, quelque chose de pas concevable dans un cerveau de sapiens, tellement, qu’il y a pas de mots réellement associés à ce genre de geste technique, je suis au-delà de la langue, on peut seulement percevoir mes actions mais pas les décrire, on saura dire à quel point ce fut grandiose, envoutant, impossible, irrésistible, à bras cadavrants, inimaginable, inexplicable, immense, infini, magique, énorme, tant, trop, superbe tout simplement, merveilleux pour les moins imaginatifs, extravagant pour les étroits d’esprit, admirable pour les maîtres, enrichissant pour les curieux, enrichissant pour mes patrons, extraordinairement profond et nouveau pour les intellos, absolument renversant pour les unijambistes, aveuglant pour les sourds, assourdissant pour les aveugles, et ainsi de suite pour chaque personne de l’univers, que du positif, et souvent mieux, et tout ça mon cher, oui, tout ça, vous pouvez l’obtenir, vous pouvez en être le possesseur, l’instigateur, le monarque, Dieu, en exagérant à peine…
Alors, nous sommes d’accord, votre club s’apprête à recevoir sa majesté, ici conversante, en ce lieu même, ici, pas ailleurs, nulle par ailleurs même je dirais par rapport à mon unicité corporelle si réductrice, pour la modique somme, le cadeau si je puis me permettre vu le montant dérisoire qui vous permet d’acquérir pour une soirée entière l’homme le plus demandé de la planète, donc un million d’euros, c’est bien ça, je ne me rappelle plus, cette monnaie, des peccadilles, du vide, rien, ce n’est plus du marchandage, de l’économie, du troc ou un quelconque échange de valeurs équitable, non, ici c’est un don que je fais, presque bénévole malgré le talent que je vais vous donner, entièrement, sans retenue, de toute mes forces si imposantes, oui monsieur le directeur, c’est un cadeau que je vous fait aujourd’hui, peut-être devriez-vous également joué au loto car il y a plus de probabilité que vous gagniez plutôt que ma personne s’offre ainsi en cet endroit de modeste de réputation, donc allez-y, la chance semble être avec vous, ne vous détournez pas d’elle, embrassez la, devenez comparses inséparables et le monde se baissera pour vous baiser les pieds dans bien peu de temps, et je ne me trompe jamais sur mes suppositions, alors faites, allez vaillant, votre chemine est tracé et n’attends que vos pieds resplendissants pour le fouler…
Signez-moi tout de même ce chèque avant d’affronter la vénération du peuple…
Voilà, c’est impeccable, allez à présent, allez, et que cet espoir plein d’innocence reste gravé dans votre cœur monsieur le directeur…

simplet…


18/07/10

dimanche 18 juillet 2010

Hurle au beurre Lu

J'étais en train de zieuter un zigue qui zonait autour des bizuts usés,
Au bout d'une plombe je me radine vers sézigue et commence à rouscailler,
Le zigoteau m'emberlificote, je lui demande ce qu'il fricote,
Y me dit que dalle, ça empeste les craques, il voulait me couillonner le corniaud,
Mais avec moi il a fait dans la gourance, alors je vais pour lui mettre une rouste,
Ça part en baroud, un vrai ramdam, je lui envois un coup de pogne sur l'esgourde,
Il se met à beugler de plus belle, mais il entrave pas le gouape, alors j'envois le ripaton,
Direct dans mes burnes, un chouia trop fort peut-être, parce que le v'là qui jacte plus rien,
Comme clamser le zouave, la vraie scoumoune, faut que je me carapate dare-dare,
Je passe quelques jours dans la turne à Lulute, et ensuite je rapplique sur les lieux de l'incident,
Là, je vois du raisiné de partout, je compte les étoiles, le cassis qui tourne dans tous les sens,
Une moukère qui passait justement par là me reluque et m'aide à me poser le derche,
Je lui raconte que c'est la vue du raisiné qui me fait danser les chandelles,
Alors la rombière m'explique que c'est du bouillon de tomates et pas de l'homo-globine,
Y avait une grande bringue pendant deux jours et un gus s'est emmêlé les pinceaux,
Ses cagettes de tomates ont toutes valdingué, je te raconte pas plus la gourante,
Finalement mon zigue il a juste marché comme un homme à vaches pendant quelques jours,
Je l'ai croisé plus tard et il m'a dit le pourquoi du comment qu'il trainaillait dans le coin,
C'était encore une histoire de cruches, ça m'a fatigué je lui ai remis une mornifle pour la forme,
Depuis, je me mêle plus des histoires de personnes parce que c'est tous des cons...

17/07/10

samedi 17 juillet 2010

L'amarre c'est liesse

Allons-nous en faons de l'art putride,
Le joug de bois est tard rivé !
Montre nous de la satyre d'anis,
L'étang d'art sans gland mal élevé,
Étendez-vous sur vos compagnes,
Jouir, c'est faire l'os sans dard ?
Diluvienne juste dans de beaux draps
Et gorgée d'office, vos cons de pagnes !

Osâmes, si t'y tiens,
Fort mais bats le talion
Maçon, marre son !
Cassant carbure
A preuve n'oscillons !

Cheveux cet or des slaves,
De traire, des fois qu'on jurerait ?
Pourris c'est y noble en trave,
C'est faire des longs temps très tarés ?
Franc c'est, tout mou, ah ! Qu'elle outre nage
Qu'elle transpire des doigts sans exister !
Scène où le con dose mais dicté
Deux grands draps l'en piquent et se dégagent !

Qu'au ah ! Déco or t'es trop chère
Furet d'aloi sans festoyer !
Qu'au ah ! Encéphale d'ange mère ce nerf
Tes rats seraient d'enfer gorets !
Rang d'yeux ! parents demain l'anche est née
N'offrons saouls le jus de poires et
Devines les potes qui viendraient
Émettre des mots distingués !

Tes remblais, tirant envoutent pères filles
L'eau propre de tous les Paris,
Terre comblée ! Vapeurs jets par ici,
Mont enfer de se voir leurre pris !
Tous tes sols désapprouvent où qu'on batte,
Sur les tombes, nos jeux nés rots,
L'altérant pro d'huitres ne nous vaut,
Conte de ventouses pré à blattes !

16/07/10

vendredi 16 juillet 2010

Mes tas se taisent

Oh oui, c’est bon, vas-y, tripote moi la matière grise, électrise moi ces petits neurones endormis, énigme moi comme un champion d’échecs… d’ailleurs je suis plutôt bon dans l’échec, un Kasparov de la loose, un puceau de la réussite, du succès, de la victoire, de la gloire, de l’espoir, de tout ce qui touche de prêt ou de très loin au positif, je suis le possesseur de toutes malchances, le mot chance ne peut pas s’appliquer à ma personne, en aucun cas, jamais, encore moins commun que le Bigbang dans mon existence, je ne fus en tête qu’une misérable fois et j’étais alors incomplet, simple spermatozoïde, j’en déduis que cette malédiction vient du côté de ma mère qui pourtant avait déjà gagné à de petites loteries, ce qui pourrait induire un gène qui saute une génération mais difficile de trouver le taux de réussite de ces grands-parents lorsque ceux-ci ont tous péris le jour de ma naissance écrasés par un planeur… toute fois est il que tes mots me revigorent, ces interrogations diverses et variées qui ne m’ont probablement jamais gratté l’arrière du cervelet, je suis en extase, ahuri par tant de présence d’esprit, scotché à tes lèvres comme une mouche sur du papier collant, un régal, une régalade, une galéjade, une galère en rade, un radis beurré, un birdy rare et une rasade de rhum tous en même temps, mais bon sang je t’aime tant, depuis si longtemps je t’attends et te voilà, là, avec tes bras plein de cabas, ta caboche pleine de cinoche, sinécurée de la tête aux pieds, par pitié, continue, tout en nuance, ne m’en veux pas si je danse, nu, tu m’encenses, je n’étais qu’une fusée sans essence, et en ta présence, ces sensations de pénitences, je m’en balance, que le monde s’écarte, je m’élance, me lance et bientôt vous devance, je suis intense… un tant soit peu… un temps ça pleut… ça pleure… que disais-tu ? que disais-je en fait ? Mais je suis seul dans ce désert… disette… anisette… anisette… anisette…

15/07/10

jeudi 15 juillet 2010

De bi, hier éteint Rome

« … et sinon, ça vous dirait d’aller voir les feux d’artifices ?
- Non, ce soir je reste sur le canapé, je n’ai plus de forces…
- C’est une farce ou une invitation ?
- Cette une tragique vérité, tout simplement…
- Parce que vous tragédisez ! Le bonheur tape à votre porte et vous restez assise sur vos malheurs. Ouvrez-moi donc la porte de votre intimité et je mènerais votre âme dans une fausse réalité magique.
- Je n’ai pas encore dis oui que vous avouez déjà me tromper…
- J’avoue vouloir troubler vos sens pour que vous ne me voyez plus comme un client mais plutôt comme l’homme qui a transformé votre vie.
- Je ne sors jamais avec un client…
- Ah, vous voyez ? S’il n’y avait ce comptoir entre vous et moi, nous serions déjà au bord de la plage à faire l’amour sur les galets. Enfreignez la loi ! Prenez la responsabilité de votre existence et embrassez-moi !
- Je suis surtout responsable d’un loyer et d’une vie couteuse…
- Si ce n’est que l’argent pour faire votre bonheur, j’ai un appartement et trois tomates dans mon frigo… je semble être le bon parti que vous attendiez sans grand espoir derrière ce bar peut bavard… Mais plus la peine d’attendre ma princesse, ton carrosse et ton prince t’ouvrent grand leur porte, partons !
- Et ce trouve votre château ?
- Suffisamment loin pour que nous ayons le temps de faire l’amour sauvagement à l’arrière de mon carrosse ! De plus mon chauffeur est en congé de maternité donc je vais devoir conduire et vous séduire en même temps. Nous n’arriverons qu’au petit matin pour apprécier le lever du soleil au-dessus de mon lac.
- Tant de belles promesses, merci mon prince, je vous suis tout de suite ce que je n’ai jamais été… en tout cas ça fait six euros pour le mojito et quat’ pour le rhum maison, ce qui nous fait dix pile poil pour le bon prince. On envoie la monnaie, petit père !
- Oh ma déesse, votre cœur ne bat que pour la musique des pièces s’entrechoquant dans mon maigre porte monnaie. C’est la lune que je vous offrais, vous n’aurez même pas un croissant… voilà vos misérables écus, adieu ma mie. »

14/07/10

mercredi 14 juillet 2010

Peu rend de la dite stance

Inconscience récursive de la réalité,
Un compte à rebours anti-trigonométrique,
Un grand pas en avant qui fait reculer,
Un petit pas en arrière pour véhiculer,
Des émotions présentes disparues,
L’étouffement par le néant,
La restriction de l’infini,
L’absence d’interdit dans l’inconnu,
Abstinence d’une terre dite et d’un corps nu,
C’est dans l’écoulement que survient le changement,
Dans l’écoute des mensonges que vient l’échange lent,
Aucune raison alors de vouloir courir,
Aucune maison d’abord ne semble pouvoir sourire…

13/07/10

mardi 13 juillet 2010

A bras, cadenas de bras

« - De la magie, que je te dis mon couillon ! un truc que tu vois qu’à la tévé avec les truqueries… sauf que là c’était pour de vrai… le mec y commence à nous tartiner du grand discours des grandes pompes de la magie et un moment y nous dit pas que tout ce qu’on va voir ce soir, et ben on va l’oublier en sortant de la salle… là je me réponds qu’il a pas intérêt à faire ce genre de conneries parce que j’ai rater le match de ce soir pour voir ce pitre, alors y vaudrait mieux que je puisse en causer du show du gonze… tu vois ce que c’est que je veux dire ? Bon, et donc le magicosse, d’un coup il nous dit qu’en fait le spectacle est déjà fini, qu’il vient de nous tout plein de tours et que la soirée c’était basta au lit… là je commence à cracher du feu par le blaire et les oreilles, moitié fou devant un tel arnaqueur de mes deux melons… je me lève, en furie, je beugle à l’escroquage, pendons cet âne culé, vengeance, brûlons l’engeance… la foule qui me suit, qui s’échauffe et là le petit illuseur il nous dit qu’il a des preuves, qui faut qu’on regarde tous dans notre poche… l’ordure… tu sais ce que j’y trouve dans la poche ? un petit papelard… une carte de visitation pour être exac… et dessus je vois écris : Je remercie l’immense et magnifique, avec mon écriture à moi et, le nom du mageux en petites lettres d’or dessous… genre ce serait moi qu’aurais écris sur le papelard pendant le spectacle, et tout le monde qu’aurait fait pareil, mais qu’on s’en rappelait pas comme le reste de tout le spectacle… nous mais le fouteur de gueule le gars, pas possible, j’avais vu ça, jacter autant de conneries en si peu de temps c’était surement son seul talent, ça m’a pas calmer un brun cette petite carte dans ma poche, ça voulait dire que dalle cette petite carte à la con, ça prend pas deux heures de spectacles pour mettre un papier dans une poche, merde, à mort la crapule, à mort nom de dieu, étripons le salaud, que je me remets à beugler dans le petit théâtre de pourritures… le gens y zétaient tous d’accord avec moi, j’avais pas besoin de les menacer, ils voulaient aussi le voir raide le vandal, y zétaient pas convaincu par la carte, ça suffit pas… alors là j’arrive sur la scène je suis à deux doigts de le chopper le démon et boom… transformé en fumée le type… plus rien, pas un sape, pas une godasse, plus rien… un petit nuage, c’est tout… là forcément on reste tous un peu comme des cons, on sait plus quoi faire, il nous à rouler et on peut pas pendre un nuage, ça respire pas un nuage…
Du coup tout le monde s’est barré la tête basse, le moral dans les chaussettes… sauf que moi je me dis, ben tiens, vu que c’était pas long le match y doit être fini… j’avais de trotteuse pour vérifier, du coup je savais pas combien de temps il avait vraiment duré le spectacle… alors j’arrive à la maison, je fonce au frigo me prendre une bière, je me jette sur le canapé et j’allume la tévé…
Et là je me prends une grand claque dans la gueule… c’est l’heure de chasse et pêche… 3h du mat qu’il est… 3h du satané matin suivant… ça veut dire qu’il a duré au moins six heures son spectacle… non mais t’imagine toi ? t’en as déjà vu des magiciens qui connaissent des tours pendant six heures ? hein que t’en as jamais vu ? ben non moi non plus j’en avais jamais vu un et ben le plus con dans cette histoire c’est que je me rappelle plus de rien… et pis j’ai balancé son carton dans l’agitation… ah si j’avais su je lui aurais serré la pince à l’artiste au lieu de vouloir le faire pendre… le pauvre… et encore, il a été sympa, y nous a pas changé en crapaud ou en une autre sale bestiole comme ça… il a bon cœur en plus… ah, si j’avais su…

12/07/10

lundi 12 juillet 2010

Con, c’est elle, ah, scions

Tout à commencé sur un petit planeur… dessous en fait… un ULM pour être plus précis, d’ailleurs… à petite altitude, je volais depuis une bonne demi-heure… bonne dans tous les sens du terme… ou presque… parce que vraiment je me faisais plaisir… et en réalité, je n’en voulais pas de sa montre, mais il insistait… qu’est-ce-que c’est qu’il répétait sans fin ? Prenez cette montre, elle vous montrera le chemin devant… et il répétait, comme ça, en boucle… au-dessus d’un champ de maïs je dirais, ou de tournesols plutôt… ah non, les deux, c’était les deux types de champs que je survolais… oui c’est bien ça, un faux passeport qu’ils me disent… c’était bien ma tête, bien mon nom, bien tous mes détails physiques et sociaux, et pourtant ils affirmaient que ce n’était pas un vrai… Le drapeau de la France n’était pas aux bonnes couleurs qu’ils me crachaient au visage en se marrant… non mais vous vous rendez compte ? L’absurdité complète de la situation… impossible de réagir, j’étais comme paralysé… je voyais bien le trou dans ma poitrine, le sang qui commençait à déglutiner, mais je me sentais normal… pas de douleurs… je voyais mon corps sans avoir l’impression d’être correctement dedans… je ne vois pas trop comment expliquer… sans doute un coup de vent trop violent… une tornade miniature et invisible qui m’a emporté dans tous les sens… ils faisaient les fières les poulets… ils venaient de trouver la solution à toutes leurs énigmes non résolues… alors moi forcément, j’éclate de rire… mal de partout, tous les nerfs, toutes connexions nerveuses, tous les senseurs se sont mis en ébullition en même temps… mais juste avant je sentais que quelque chose ne tournait pas rond… prisonnier dans une boucle, un cercle infini et incassable… j’ai trouvé la solution, mais je sais que je vais encore chercher… parce que je ne l’avais jamais vu de ma vie, et elle me demande ce que son petit mari voudrait pour dîner… je n’ai pas eu d’autre choix que de continuer mon vol… j’avais largement assez d’essence pour faire le tour du monde alors j’ai continué à voler… j’ai dû passer cent ans, immobile sur la branche d’un arbre millénaire… j’observais de l’intérieur et de l’extérieur… juste pour s’amuser, on sait que ça ne marchera pas, mais on voulait tout de même être sûr… ou voir les effets, ça ne pouvait pas être dangereux… l’éternité, c’est le peu de temps qu’il me reste… je la vois dans sa totalité et pourtant je vois pas la fin… comme si ce morceau de fil n’avait qu’une seule extrémité… je crois qu’on a quand même bien rigolé… je sais que j’ai trouvé la solution, il me suffit de la synchroniser avec l’unicité, et je sortirais en fin… une grande fête… longue… si longue qu’elle est trop courte… on l’a pas vu venir celle-là… c’est la seule chose certaine qu’il subsiste demain hier… partons de cette certitude pour y rattacher toutes les autres… c’était si simple…

11/07/10

dimanche 11 juillet 2010

Saoulé trop pique

Dos au frigo, la canicule m’accule…
Mais d’où vient donc cette torpeur ? J’ai trop peur…
Trop peu dormi, hormis y a quinze nuit, c’est l’ennui…
Des journées de vingt plombes, c’est long et ça plombe…
A quatre phalanges de péter les plombs, je m’allonge…
J’hallucine, je vois des anges en chaises longues…
Les petits enfoirés ont pas la force de battre des ailes…
Impossible de se mettre à l’aise, je cherche de l’air…
Dans l’abracadabrant j’en vois deux, c’est clair…
Les aiguilles font plus le tour du cadran, blasant…
Un hiver qu’en fini plus et un été qui tue ou torture…
A l’allure d’une tortue, j’ai la tronche toute tordue…
Pas d’or mais pleine d’ordures, et bon sang ça dure, et dur…
Chacun son dû, goudron fondu, gout défendu, le bout descendu…
Le congèlo chauffe plus que les fourneaux, c’est fou non ?
Je fous du deo dessus, dessous, mais ça sue de partout…
Le soleil et l’ozone partent en partouze, c’est la loose…
Les allusions à la fraicheur s’évaporent dans le blues…
Mon corps était fait de 90% de flotte, maintenant c’est douze…
Je comprends les sentiments des tartines dans le toaster…
Alors j’attends la cloche et l’éjection en hauteur…
Mais même le bruit suinte et le silence l’étouffe…
Je vais raser toutes ces touffes avant que le vent souffle…
Mais je craints que vent d’est et Mistral se soient fait la malle…
La chaleur est une garce qui baise le froid, ce pauvre mâle…

10/07/10

samedi 10 juillet 2010

Une hiver part à l’aile

De l’autre côté c’est mieux… n’importe quel côté, mais ailleurs en tout cas… l’Homme ne fait pas la guerre, il ne détruit pas la nature, c’est l’harmonie, heureux tellement souvent qu’il n’y a pas de mot pour le malheur, si on ouvrait la porte sur ce monde on ne pourrait même pas y vivre car trop de bonheur nous tuerait… on est pas fait pour ça, on est pas prêt, on s’est tellement habitué à voir la mort à la télé qu’on n’imagine pas un lieu la mort arrive tard pour tous et est célébré comme un départ pour quelque endroit encore plus agréable où l’on baigne dans la connaissance de toutes choses… mais on ne cherche même pas à ouvrir la porte de l’un de ces mondes, trop impliqué dans la cacophonie ambiante, on préfère se gueuler les uns sur autres, trouvé un coupable pour ce qui ne va pas, s’innocenter et inculper l’autre, c’est tout ce qu’on fait chaque jour, sans y penser, par déformation culturelle on se fait souffrir… Si le voisin a plus d’ennuis que moi alors les choses pourraient être pire, donc je stagne dans mon état, essaie de me maintenir à ce triste niveau de survie égoïste… Si le voisin a plus de pognon alors c’est qu’il magouille, qu’il a vendu son âme, que c’est un bel enfoiré et qu’il peut crever la bouche ouverte dans ses euros… on ne s’intéresse pas à autrui, on veut tout avoir mais sans que les autres l’obtiennent sinon cela n’a plus de valeur… égoïsme ambiant, égoïsme de naissance, on reste seul même à plusieurs… Mais un jour ce sont les autres mondes qui ouvriront une porte sur le notre et qui seront choqués de voir comment les mêmes êtres, à cause de choix différents, prendre à droite au lieu de gauche, ont pu devenir si haineux entre eux… Ils nous montreront nos erreurs et nous montrerons qu’un mieux est possible mais notre fidèle paranoïa sera là pour nous aider à les chasser, les pourchasser et transformer leur monde comme le notre afin que nous soyons tous égaux dans la misère de nos mauvais choix… Un jour tous ces univers seront semblables car le mal se répand bien mieux que le reste et que nous en sommes devenu experts… Personne dans l’infini ne sait aussi bien faire le mal que notre magnifique civilisation… au moins nous sommes bons dans quelque chose…

09/07/10

vendredi 9 juillet 2010

J’aime ah lala gui bol

Changement de pansements, j’y pense et je le sens sans mensonge, plus un cauchemar qu’un joli songe, la souffrance ça te prend et te plonge dans un monde où la réflexion n’a pas sa place, c’est que de l’instinct, de la réaction animale, appel au cortex sauvage, réflexe pur et con, et un grand néant d’idées…
C’est de moins en moins long, la guérison fait son petit chemin, tranquillement, à son rythme, sans se presser mais sans traîner non plus, quelques croutes, du sang mais pas de pus, c’est au corps de joué, il tient les rênes de mon temps libre statique, l’esprit n’a qu’à se tenir tranquille, endormi par les cachetons et l’impossibilité d’agir, il reste loin au fond du crâne, observe sans jacter, spectateur sans interactivité, le mental en chaise roulante en attente…
Encore une grosse semaine, c’est que l’infirmier affirme, moi j’infirme, ce sera plus long, on a beau croire à toutes ces jolies prévisions, la déception est aussi douloureuse, alors faut pas y penser, dans un état second un monde de liberté se crée dans la tronche, là-bas je gambade, je vole, survole des champs plein de verdure hallucinante, on est bien, là-bas y a pas d’entorse, pas d’handicape si ce n’est celui de la limitation imaginative, rien à voir avec une patte folle qui refuse de se bouger le ligament, ah oui, on est bien là-bas… mais faudrait pas y rester trop longtemps, sinon je suis bon pour l’hosto des détraqués, camisole et came qu’isole, l’avantage du corps c’est qu’on voit clairement comment il guéri, les progrès vers le mieux, le retour vers la normale, alors que l’esprit est vague et que c’est lui qui défini la normalité, donc comment savoir qu’il guéri ? Comment savoir que nous ne sommes pas tous malade à l’intérieur, il n’y a pas de modèle ou de photos montrant la forme d’un esprit sain alors chacun fait à sa manière… un vrai bordel cérébrale, melting-pot d’un bol de céréales…

08/07/10

jeudi 8 juillet 2010

Oh non, de l’aloi

Ah non, je crie à l’injustice ! Infamie ! Amenez l’infanterie, toutes les troupes… que les hommes de notre grand pays viennent protester face à une telle erreur… que les ministres soient réveillés, sortez les tous de leur plume ce ramassis de salopes… ces prostituées gouvernementales… j’en appelle à la raison du peuple, arrêtez-vous immédiatement, ne faites plus un geste, rangez moi ce vilain stylo monsieur l’agent… vous voyez bien je suis une personne respectable, qui est prêt à se battre pour l’honneur de la France, prêt à vendre son âme pour sauver la gloire de la république à Nicolas… vous percevez avec votre jugement affûté l’immense respect qui s’échappe de tous les côtés de mon corps asservi… vous êtes un homme de profonde intégrité et là la sensibilité exacerbée… nous nous comprenons l’un l’autre comme deux esprits unis par l’expression de la justesse de toutes choses… oui, c’est bien monsieur l’agent, cette contravention est bien inutile entre nous deux… nous sommes au-delà de la punition anonyme et vulgaire… vous voyez à quel point je subis dans mon fort intérieur la honte d’avoir enfreint la loi, l’avoir défiée, presque insulté… un homme si respectueux et fidèle à notre puissante démocratie… me voilà, coupable et responsable… le poids de la culpabilité est bien suffisant lourd à porter… je ne pourrais porter un autre fardeau que celui de ma propre existence injurieuse… merci monsieur l’agent… j’espère vous revoir dans des circonstances moins aggravantes, lorsque mon pêché approcha le pardon et le rachat de mon abomination… au revoir monsieur, et une bien bonne journée à vous et votre famille, ce fut un plaisir…

07/07/10

mercredi 7 juillet 2010

Dis, ce gré sans ce… ?!

Y a des gars qui rigolent,
Tout un tas qui picole,
Qui s’y pique s’immole,
Même le bleu peut rien pour la molle,
Il faut le dire à la môme,
Ce soir repos sans diplôme,
On oublie les fusions d’atomes,
Reprends ton Kâma-Sûtra au premier tome,
Ben quoi ? Tu t’étonnes ?
Mais t’es pas la patronne,
Je la nourris quand je veux la cochonne,
Alors descends de ton trône,
Tu me dégoutes comme t’es maigrichonne,
Et tu voudrais que je te bichonne ?
Non, mais tu déconnes ?
Mets toi à l’aise pendant que tu mitonnes,
Et bouffes des glaces par tonnes,
Quand tu seras présentable, passe un coup de téléphone,
En attendant je siphonne,
S’il faut, jusqu’à être aphone,
Alors dépêche-toi ma bonne,
C’est pas au sirop de pêche que je m’abonne,
Mais dans l’alcool que je m’abandonne,
Alors si tu veux que je te donne,
Arrange toi la pomme, mets de la gomme,
Fous toi un bol, branche toi une parabole,
Je sais pas moi, fais moins la conne,
Et alors je l’aurais moins molle,
Jusqu’au nombril qu’elle collera,
Et rat… et ra… et ra ta ta !

06/07/10

mardi 6 juillet 2010

Tulipes nos teasers

Ouvrez grand les orteils ! Place à la méditation… on ferme les yeux, on respire lentement, allez, allez, on se dépêche… j’ai pas toute la journée, moi… C’est pourtant pas une science de la NASA, c’est que du bonheur, du relaxé, complètement relâché, y a plus rien qui compte à ce moment précis…
Mais vous voulez pas comprendre… je vois bien de là-haut, je vois vos sales faces toutes crispées, allongés comme des caillasses… vous me dégoutez, c’est tout con, je le sens tout au plus profond de mon corps, un truc qui me ronge, qui gratte, qui brûle… c’est de la rage, et oui mes petits agneaux galeux, j’ai envie de tous vous étriper, j’aurai un couteau, non une machette, sous la main, je vous ouvrirai le bide du nombril jusqu’aux oreilles…
Mais bordel de Bouddha, vous allez m’ouvrir les énormes choux-fleurs qui vous servent d’ouïes et vous allez faire exactement ce que ma belle vous décrira avec une tolérance infinie dont vous n’êtes certainement pas dignes mais que votre immense maître, ici devant vous, va vous offrir un aperçu de son incroyable générosité envers les pauvres petites larves misérables que vous êtes…
Alors on relâche tous ses muscles, vous êtes totaaaaaaaaaalement détendu… oui, voilà, cinq… vos paupières sont abusivement pesantes, impossible de les remonter les garces, elles s’effondrent, quatre… oh voici une lumière qui apparaît, une bonne lumière, chaleureuse, souriante, elle nous serre dans ses bras, je suis libre, je vole, trois… La lumière est ma voix, ma voix est partout, accueillante, hallucinante et berçante, vous la sentez, c’est tellement bon, si bon, deux… On se lève doucement, c’est si facile et si agréable, je me tourne vers mon voisin si souriant, comme ma voix, un… vous sentez la chaleur dans le regard de votre ami qui vous face, souriant, toujours souriant, presque arrogant, ou peut-être pire que de l’arrogance, un manque de respect évident, il ne souri pas, il se moque de moi, il rit, il m’humilie, il va mourir, je vais lui arracher la gorge avec les dents, on verra comment qu’il va se marrer l’autre connard, l’autre zéro…

05/07/10

lundi 5 juillet 2010

Ce donjon en vie

J’avais des envies de verdure,
Que mon esprit rêve d’aventures,
Mais les temps sont durs pour le vert,
On nous veut tout fermé et non pas ouvert ;

Alors j’ai eu des envies de chocolat,
C’est moins propre mais le choc est là,
Les pensées s’évadent et sautent la barrière,
Une fois dans les vapes y a plus de marche arrière ;

Célébration d’un monde plein de vertus,
Rien à cacher, la liberté tombe devant moi dévêtue,
Ses bras accueillants m’attirent et me serrent,
Mais dans cet univers à quoi donc la réalité sert ?

Certitudes de gourmand dans le coma,
L’ennui s’évapore comme de l’eau dans un sauna,
Mon radeau d’idées reprend le cours de la rivière,
C’est l’heure de la récolte dans les rizières.

04/07/10

dimanche 4 juillet 2010

Chaud taille me…

On avait plus rien à crouter dans la turne, les regards vides et affamés se reflétaient les uns dans les autres, les idées se croisaient sans jamais être formulées à haute voix. Envie de becter et de rien d’autre. Bâfrer à tout prix. Et sur le moment le prix était plutôt simple… le zigouillage… l’arrêt d’un cœur battant… le meurtre…
Mais peut-on réellement considérer cela comme un meurtre ? Quoi qu’il arrive nous allions tous crever la bouche ouverte dans ce trou perdu et aucune de ces morts n’auraient servi à qui que ce soit parmi nous. Voilà ce que chacun remuait dans sa petite tronche désespérée. On avait tous le choix… tuer pour vivre avec la conscience tâchée ou être tué pour faire vivre… le dilemme était posé, chacun le comprenait mais personne ne parvenait à choisir.
C’est Tito qui se décida le premier. Du haut de son mètre quatre vingt dix, avec des mains de la taille de trois têtes humaines, il se tourna vers Edzo qui somnolait, lui serra le coup, et ne lâcha plus pendant ce qu’il me parut des heures. Personne ne bougea… personne ne put l’empêcher… car au fond de nous, nous respections son choix… sa capacité à avoir accepté de perdre sa morale…
Je sortis alors mon petit canif et le tendis à Tito. Il commença à découper des morceaux de viande sur le cadavre de notre ami… il m’en offrit un bout que la faim m’ordonna de prendre sans plus de réflexions. Les autres acceptèrent aussi l’offrande et chacun se mit à survivre avec l’esprit torturé.
Je ne saurais dire combien de temps ce festin dura, mais bientôt il ne restait qu’un pauvre petit tas d’os et d’excréments. Le jeu du choix reprit place. Silence… idées de meurtre et de survie… regards pesant sur Tito qui avait réussi à franchir le pas une première fois… La faim s’installa lentement…
Finalement, Tito se leva les yeux brûlant de rage, la haine de se sentir juger sans âme, l’attente insistante qu’il reproduise son geste, il prit Robin et lui fracassa la coloquinte sur le mur rugueux en hurlant comme un animal torturé. Ensuite il attrapa David et Pierrot et explosa leur tête l’une contre l’autre. Le sang giclait de partout. Je ne bougeais pas, serein, sans peur de vivre ni de mourir. Claude sauta alors sur le dos de Tito et tenta de l’étrangler. Celui-ci se laissa tomber sur le dos, un bruit d’os brisés résonna dans la pièce et le silence revint. Tito se releva et me regarda de toute sa hauteur. Il ne restait plus que nous. A présent nous avions de quoi manger pendant des semaines mais je compris que j’avais une bête assoiffée de mort face à moi. Il se jeta brutalement sur moi, aveuglé par la folie, je m’emparai d’un tibia d’Edzo et le levai au-dessus de ma tête. La masse inerte et horriblement lourde de Tito s’effondra, je me dégageai rapidement de cette odeur de mort et restai debout sans idée…
Soudain la porte métallique s’ouvrit, les caméras entrèrent et m’entourèrent de leur flash. Des micros attendaient une réaction. Le présentateur les écarta, me prit la main droite et la leva en l’air : « Bravo Mano, vous êtes le vainqueur du plus grand reality show mondial ! Que ressentez-vous à cet instant ? »
Le monde avait eu sa dose de violence et d’inhumanité, il faudrait bientôt trouver un nouveau concept encore plus désenchanté…

03/07/10

samedi 3 juillet 2010

Tourner méninges

Pourquoi remettre à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui ?
Pour la simple et bonne raison que si aujourd’hui je vais visiter le musée du Louvres, il me sera plus difficile d’aller à la plage sur la côte d’azur le même jour… Mais je suppose qu’il s’agit plus d’une sorte de proverbe dont le sens profond est plus important que la forme imparfaite d’une telle affirmation. Le sens est donc qu’il vaut mieux profiter de la vie sur le moment plutôt que de se dire que l’on aura toujours le temps d’en profiter plus tard… et malheureusement il arrive si souvent que le plus tard disparaisse qu’il vaut mieux en effet profiter de tout ce qu’on peut sur le moment…
En revanche il y a certaines choses qu’il vaut mieux ignorer et espérer qu’elles seront mieux plus tard… par exemple je ne me vois pas très bien m’intéresser aux actions pitoyables de notre grand petit président… le prochain peut-être, mais pour le moment j’ignore… bien entendu dans l’immédiat je pourrais tenter de lutter, de manifester, de réunir le peuple sous l’étendard de la révolution et de partir pour Panam brûler l’Elysée et pendre haut et court toute cette bande de salopards qui s’en foutent plein des pognes, les poches, les valises, les comptes en banque et tout autre artefact capable de supporter l’amas de pognon… Mais non, je ne suis révolutionnaire que très loin dans la boîte crânienne, manque de burnes et d’idéologie, trop de blasages et de déceptions m’ont sans doute un peu rabattu les bras, mais il y a tellement d’autres choses que l’on peut profiter immédiatement que je refuse de m’empêtrer dans des réactions de révolte et de plaintes qui ne feraient que me retenir de vivre pleinement les beautés qui entourent cette grosse merde… d’ailleurs les plus belles roses poussent dans le purin et non pas sur un nuage aux jolis formes… donc il y a de l’espoir que du beau puisse sortir de cette infection… un tout petit espoir… presque rien… mais pas rien quand même… alors ne remettons pas à deux mains ce qu’on peut faire avec la tronche… ou quelque chose comme ça… je ne sais plus trop… c’est la déroute réflective… ça s’égare… ça tourne, ça remue, ça trouve et ça se perd… l’important est de se marrer en fait… profiter du moment présent est surtout se fendre la poire sans penser aux soucis environnants les rires… alors allez-y, envoyez la douleur, car si elle est accompagnée d’un comique, elle passera comme un petit doigt dans un anus beurré…

02/07/10

vendredi 2 juillet 2010

Net ou aillé l’aplat net

Mais c’est la débandade complète, nom de nom de bordel d’entité potentiellement supérieure et toute puissante… Y a tout qui part en chips… plus rien qui tient debout correctement… c’est du très grand n’importe quoi avec une goutte de folie, le tout saupoudré de gangrène… je le vois bien d’ici… hop, je lève les yeux, je regarde au loin, et voilà, le tour est joué, vision hallucinante du souk ambiant… ça braille, ça remue le clapet, ça gigote, ça s’excite pour que dalle, ça se déprime pour les mauvaises raisons, ça croit gagné dans la défaite, ça croit perdre alors qui y a rien à gagner, ça turlutte par-là, ça troubadoure par-ci… en gros ça remue beaucoup mais ça accompli peau de nougat… on se plaint du mistral mais si tous ces cons arrêtaient de battre l’air avec leurs mouvements déjantés, y aurait surement moins de déplacements atmosphériques… c’est pas à cause des bagnoles et des usines pourries que la planète se mort la queue… pas du tout… c’est à cause de ceux qui s’en servent… roulez moins vite, zone alerte rouge ozone… mais si on nous demandait pas de se trimballer la carcasse dans des boulots minables et inutiles, et bien on se baladerait à pinces tranquillement, profitant du soleil et du paysage, de la convivialité et de toutes ses rencontres possibles et enrichissantes… roulez moins vite mais consommez plus… faut bouffer bio mais faut produire plus pour vendre plus alors on pesticide le monde, on modifie les haricots, on transforme les oignons, on fait de la merde en espérant la vendre tout en proclamant qu’il y a plus chère et meilleur pour la santé… au début on nous prenait pour des cons, on nous a fait acheter des télés noir et blanc en beuglant au progrès, alors il a fallu bosser plus pour l’acheter, et tous les deux jours on nous montre un modèle meilleur en expliquant que celle qu’on a c’est du passé, faut vivre avec son temps, faut jeter et racheter la même saloperie, faut aller se faire esclavager et fermer sa gueule, et du coup on est devenu con… plus la pollution monte, plus l’intellect dégringole… y a vingt piges Coluche nous disait que pour plus avoir autant de conneries dans les magasins il suffisait de pas les acheter… c’est d’une évidence aberrante et pourtant les choses ont fait qu’empirer… on se demande même si y a seulement un truc potable dans leurs magasins dégueus… enfin, la bonne nouvelle c’est que quand on aura atteint le summum de la bêtise humaine et bien il lui restera pas longtemps à gamberger à la planète… un petit tsunami de temps en temps, un petit tremblement de terre, une petite canicule, des petits avertissements, des petits essais d’extinction et un jour, poussée à bout, elle nettoiera tout ça vite fait, d’un coup, sans pitié, sans haine, sans arrogance, sans compassion, avec juste le dernier geste assassin, propre, net, personne d’épargné, pauvres et riches dans le même baluchon et à la trappe… au suivant…

01/07/10

jeudi 1 juillet 2010

Un fin de l’où ?

La floraison a pris fin. L’été caniculaire s’est abattu brutalement sur l’univers. Le vert a atteint son apogée. Place à la brûlure, au jaunissement, au brunissement, à la mort temporaire de la nature. Le nuage grisâtre de pollution couronne la tête de notre bonne Mère. Les clims ronronnent à chaque pas et chaque étage. C’est l’hiver dans les bureaux, gèle des salaires pour les fonctionnaires. La tempête se répand dans les foyers. Y a plus de saisons. Tout se mélange. Seule la mort reste de l’autre côté de la vie et réciproquement. Les deux derniers éléments à se différencier tout en étant étroitement liés…
Après le vert, voici le jaune. Le soleil, l’herbe, la sueur, le sable et les sourires. Le cycle tourne comme il se doit. On a beau tout foutre en l’air, y a des règles qui ne bougent pas. On transpire ses idées noires, on profite du climat et de la mer, on oublie le pire en sachant qu’il sera toujours là à la fin de l’été. Chien fidèle qui attend son maître. Oublions, l’espace d’un été, que les choses vont plutôt mal. Rien ne sera meilleur en septembre. Rie ne sera pire après juillet et août somnolents. Alors profitons de ce moment de détente assassine. On a le temps de se réveiller avant les prochains signes…
J’aurais aimé migré. M’éloigner une bonne fois, couper tous les ponts, partir au loin, pour prendre le recul que je ne peux plus prendre. Acculé au mur d’une réalité violente et statique je me prends tout ce qui arrive en pleine poire… j’ai plus la pêche… un légume plus qu’un fruit… anesthésié au Doliprane et à l’Havanna… mariné dans un jus d’inactivité suintante… le monde s’écoule au-dessus de ma tête et poursuit le lit de sa rivière sans se soucier si je peux encore respirer…

30/06/10