lundi 12 juillet 2010

Con, c’est elle, ah, scions

Tout à commencé sur un petit planeur… dessous en fait… un ULM pour être plus précis, d’ailleurs… à petite altitude, je volais depuis une bonne demi-heure… bonne dans tous les sens du terme… ou presque… parce que vraiment je me faisais plaisir… et en réalité, je n’en voulais pas de sa montre, mais il insistait… qu’est-ce-que c’est qu’il répétait sans fin ? Prenez cette montre, elle vous montrera le chemin devant… et il répétait, comme ça, en boucle… au-dessus d’un champ de maïs je dirais, ou de tournesols plutôt… ah non, les deux, c’était les deux types de champs que je survolais… oui c’est bien ça, un faux passeport qu’ils me disent… c’était bien ma tête, bien mon nom, bien tous mes détails physiques et sociaux, et pourtant ils affirmaient que ce n’était pas un vrai… Le drapeau de la France n’était pas aux bonnes couleurs qu’ils me crachaient au visage en se marrant… non mais vous vous rendez compte ? L’absurdité complète de la situation… impossible de réagir, j’étais comme paralysé… je voyais bien le trou dans ma poitrine, le sang qui commençait à déglutiner, mais je me sentais normal… pas de douleurs… je voyais mon corps sans avoir l’impression d’être correctement dedans… je ne vois pas trop comment expliquer… sans doute un coup de vent trop violent… une tornade miniature et invisible qui m’a emporté dans tous les sens… ils faisaient les fières les poulets… ils venaient de trouver la solution à toutes leurs énigmes non résolues… alors moi forcément, j’éclate de rire… mal de partout, tous les nerfs, toutes connexions nerveuses, tous les senseurs se sont mis en ébullition en même temps… mais juste avant je sentais que quelque chose ne tournait pas rond… prisonnier dans une boucle, un cercle infini et incassable… j’ai trouvé la solution, mais je sais que je vais encore chercher… parce que je ne l’avais jamais vu de ma vie, et elle me demande ce que son petit mari voudrait pour dîner… je n’ai pas eu d’autre choix que de continuer mon vol… j’avais largement assez d’essence pour faire le tour du monde alors j’ai continué à voler… j’ai dû passer cent ans, immobile sur la branche d’un arbre millénaire… j’observais de l’intérieur et de l’extérieur… juste pour s’amuser, on sait que ça ne marchera pas, mais on voulait tout de même être sûr… ou voir les effets, ça ne pouvait pas être dangereux… l’éternité, c’est le peu de temps qu’il me reste… je la vois dans sa totalité et pourtant je vois pas la fin… comme si ce morceau de fil n’avait qu’une seule extrémité… je crois qu’on a quand même bien rigolé… je sais que j’ai trouvé la solution, il me suffit de la synchroniser avec l’unicité, et je sortirais en fin… une grande fête… longue… si longue qu’elle est trop courte… on l’a pas vu venir celle-là… c’est la seule chose certaine qu’il subsiste demain hier… partons de cette certitude pour y rattacher toutes les autres… c’était si simple…

11/07/10