jeudi 1 juillet 2010

Un fin de l’où ?

La floraison a pris fin. L’été caniculaire s’est abattu brutalement sur l’univers. Le vert a atteint son apogée. Place à la brûlure, au jaunissement, au brunissement, à la mort temporaire de la nature. Le nuage grisâtre de pollution couronne la tête de notre bonne Mère. Les clims ronronnent à chaque pas et chaque étage. C’est l’hiver dans les bureaux, gèle des salaires pour les fonctionnaires. La tempête se répand dans les foyers. Y a plus de saisons. Tout se mélange. Seule la mort reste de l’autre côté de la vie et réciproquement. Les deux derniers éléments à se différencier tout en étant étroitement liés…
Après le vert, voici le jaune. Le soleil, l’herbe, la sueur, le sable et les sourires. Le cycle tourne comme il se doit. On a beau tout foutre en l’air, y a des règles qui ne bougent pas. On transpire ses idées noires, on profite du climat et de la mer, on oublie le pire en sachant qu’il sera toujours là à la fin de l’été. Chien fidèle qui attend son maître. Oublions, l’espace d’un été, que les choses vont plutôt mal. Rien ne sera meilleur en septembre. Rie ne sera pire après juillet et août somnolents. Alors profitons de ce moment de détente assassine. On a le temps de se réveiller avant les prochains signes…
J’aurais aimé migré. M’éloigner une bonne fois, couper tous les ponts, partir au loin, pour prendre le recul que je ne peux plus prendre. Acculé au mur d’une réalité violente et statique je me prends tout ce qui arrive en pleine poire… j’ai plus la pêche… un légume plus qu’un fruit… anesthésié au Doliprane et à l’Havanna… mariné dans un jus d’inactivité suintante… le monde s’écoule au-dessus de ma tête et poursuit le lit de sa rivière sans se soucier si je peux encore respirer…

30/06/10