vendredi 9 juillet 2010

J’aime ah lala gui bol

Changement de pansements, j’y pense et je le sens sans mensonge, plus un cauchemar qu’un joli songe, la souffrance ça te prend et te plonge dans un monde où la réflexion n’a pas sa place, c’est que de l’instinct, de la réaction animale, appel au cortex sauvage, réflexe pur et con, et un grand néant d’idées…
C’est de moins en moins long, la guérison fait son petit chemin, tranquillement, à son rythme, sans se presser mais sans traîner non plus, quelques croutes, du sang mais pas de pus, c’est au corps de joué, il tient les rênes de mon temps libre statique, l’esprit n’a qu’à se tenir tranquille, endormi par les cachetons et l’impossibilité d’agir, il reste loin au fond du crâne, observe sans jacter, spectateur sans interactivité, le mental en chaise roulante en attente…
Encore une grosse semaine, c’est que l’infirmier affirme, moi j’infirme, ce sera plus long, on a beau croire à toutes ces jolies prévisions, la déception est aussi douloureuse, alors faut pas y penser, dans un état second un monde de liberté se crée dans la tronche, là-bas je gambade, je vole, survole des champs plein de verdure hallucinante, on est bien, là-bas y a pas d’entorse, pas d’handicape si ce n’est celui de la limitation imaginative, rien à voir avec une patte folle qui refuse de se bouger le ligament, ah oui, on est bien là-bas… mais faudrait pas y rester trop longtemps, sinon je suis bon pour l’hosto des détraqués, camisole et came qu’isole, l’avantage du corps c’est qu’on voit clairement comment il guéri, les progrès vers le mieux, le retour vers la normale, alors que l’esprit est vague et que c’est lui qui défini la normalité, donc comment savoir qu’il guéri ? Comment savoir que nous ne sommes pas tous malade à l’intérieur, il n’y a pas de modèle ou de photos montrant la forme d’un esprit sain alors chacun fait à sa manière… un vrai bordel cérébrale, melting-pot d’un bol de céréales…

08/07/10