Là banc, boue là
Et voilà, j’ai lâché le bon bout… je le tenais bien pourtant, personne aurait pu me faire desserrer prise, alors je comprends pas, je suis là comme un pauvre con, les mains vides, le regard vide, le cœur vide et l’âme désertique… Qu’est ce qui a bien pu se passer ? J’en sais rien… j’ai juste le sentiment horriblement pesant d’avoir perdu quelque chose de très important, de ne plus être entier, même pas un demi-homme, moins que ça encore, un abîme sans fond plutôt où les paroles et actions extérieures s’enfoncent sans laisser de traces. Un homme gouffre… où les choses se perdent sans réponse… amorphe et inexpressif… tout dialogue avec moi devient monodirectionnel… un sens unique de la communication… une impasse des idées… mais que c’est il passé ? Qu’ai-je donc perdu de si important qui réduise mon être à cette substance informe ? La réponse s’est également enfui… donc je crains de croiser à nouveau cet élément disparu mais de ne pas savoir que c’est lui qu’il me manque… vais-je donc errer ainsi, incomplet et inconscient, à la recherche de je ne sais quoi, sans pouvoir attraper la ligne de mon destin lorsqu’elle sera devant moi ? Peut-être… alors il faut marcher… marcher jusqu’à ce que ce soit mon destin qui se glisse sous mes pieds aveugles… alors je saurais enfin ce que j’avais perdu de si précieux.