Oh non, de l’aloi
Ah non, je crie à l’injustice ! Infamie ! Amenez l’infanterie, toutes les troupes… que les hommes de notre grand pays viennent protester face à une telle erreur… que les ministres soient réveillés, sortez les tous de leur plume ce ramassis de salopes… ces prostituées gouvernementales… j’en appelle à la raison du peuple, arrêtez-vous immédiatement, ne faites plus un geste, rangez moi ce vilain stylo monsieur l’agent… vous voyez bien je suis une personne respectable, qui est prêt à se battre pour l’honneur de la France, prêt à vendre son âme pour sauver la gloire de la république à Nicolas… vous percevez avec votre jugement affûté l’immense respect qui s’échappe de tous les côtés de mon corps asservi… vous êtes un homme de profonde intégrité et là la sensibilité exacerbée… nous nous comprenons l’un l’autre comme deux esprits unis par l’expression de la justesse de toutes choses… oui, c’est bien monsieur l’agent, cette contravention est bien inutile entre nous deux… nous sommes au-delà de la punition anonyme et vulgaire… vous voyez à quel point je subis dans mon fort intérieur la honte d’avoir enfreint la loi, l’avoir défiée, presque insulté… un homme si respectueux et fidèle à notre puissante démocratie… me voilà, coupable et responsable… le poids de la culpabilité est bien suffisant lourd à porter… je ne pourrais porter un autre fardeau que celui de ma propre existence injurieuse… merci monsieur l’agent… j’espère vous revoir dans des circonstances moins aggravantes, lorsque mon pêché approcha le pardon et le rachat de mon abomination… au revoir monsieur, et une bien bonne journée à vous et votre famille, ce fut un plaisir…