jeudi 19 août 2010

L'os payera

C'est de la haine, de la rage, de la colère, de la colique... oh cagagne, quand tu nous gagnes... des claques se perdent, et cette jeune morue continue son arrogance déraisonnable, pas raisonnable, inexplicable... je sens le sang qui commence à me bouillir les tempes, faut garder son calme... mais comment ? Elle s'arrête jamais...
"Je cherche l'amour ! qu'elle ose me balancer à la face au milieu de toutes ses négations, ses plaintes, ses protestations fondées sur du vide...
- Mais faut être un peu plus accueillante si tu veux le trouver l'amour... parce qu'avec tant de hargne tu le fais fuir l'amour, que je me permets de lui répondre
- Mais je suis pas hargneuse, et pis quand je le verrais approcher l'amour, mon caractère changera naturellement, comme un rire vient après une bonne plaisanterie.
- C'est bien beau tout ça, mais une plaisanterie elle vient pas aux enterrements. Et avec toi, la conversation est la mort de toutes les émotions positives... Alors faudrait peut-être changer maintenant pour donner un peu de vie à tes propos...
- De la vie ? Mais qu'est-ce tu racontes ? Je suis pleine de vie moi. Je rigole beaucoup, sauf avec les cons. Du coup avec le troupeau d'abrutis qui domine la région c'est pas évident de se marrer. Mais je sais qu'un type bien va se présenter et je le saurais tout de suite. Alors y aura plus que de la joie.
- Ben c'est pas mal ça. Tu parles de contes de fées avec une princesse qui serait la sorcière... Le prince charmant il embrasse la princesse et il plante son épée dans le cœur glacial de la sorcière. Alors le mieux qui va pouvoir t'arriver c'est te faire assassiner sur le bûcher public pendant que le prince il se tapera une donzelle plus aimable en arrière plan.
- T'es qu'un gros con toi aussi. C'est toi qui fais chier avec tes conneries fictives. Je me barre et je t'emmerde. Et estime-toi heureux que je te balance pas mon verre à la gueule. Ce serait pas la première fois que j'arrose un connard qui me les brise. Alors salut, sale con !
- Et ben voilà, c'est gentil ces petites paroles. Le petit gars qui écoute notre conversion depuis le début et qui hésite dans son approche, ça va bien le motiver. Tu devrais partir en courant pour être sure qu'il t'aborde plus facilement. Rien de telle qu'une petite trotte pour déclarer sa flamme. Bonne soirée sorcière."
Et voilà la bière de la sournoise qui me recouvre le visage. J'empeste de partout. Le liquide me coule sur le torse. Mon sang fini par exploser dans ma tronche, ma main est incontrôlable, elle part, rapide, directe, sans retenue sur la joue blanche de la coléreuse. Le bruit net de l'impact résonne sur la terrasse. Les gens se retournent. Attendent. Ils veulent du spectacle, de l'animation, une histoire à raconter pour l'apéro du lendemain. Personne n'intervient. La miss me zieute d'un regard de feu. Les braises rougeoyantes volent tout autour d'elle. Une petite larme tente une timide sortie, hésite, puis se retire. Alors elle se détourne et s'en va d'un pas pressé. Le show prend fin. La suite sera pour plus tard. Le peuple reprend ses discutions et sa boisson. La négation s'efface et la chaleur humaine revient comme le soleil après la nuit. Je me sens bien... enfin serein...

18/08/10