La dent le met, ailleurs, démons de peau cible
Et les contestataires contestaient...
L'important c'est ce qu'on testait...
Les cons s'étaient habitués aux manifs et les regardaient passer comme on regarde la neige qui tombe. Flocons après flocons on sait que ça va prendre fin à un moment alors on profite du spectacle ou on le laisse se dérouler sans même le regarder.
Les ordures s'étaient aussi habitués aux grèves. Une bande de mecs qui bossent pas, ça se remplace tranquillement, sans un soulèvement de sourcil. Alors c'était la grève un jour, sans emploi le lendemain, manifestant pour le reste des temps. Anonyme invisible et sans prise concrète sur le monde tangible.
Et les contestataires contestaient... de plus en plus nombreux...
Les regards ombreux. Les esprits sombrant.
Et comme une saison qui s'éloigne, poussée par sa cousine, l'hiver régnait depuis trop longtemps dans la vie des hommes pour continuer son arrogant défilé de bises et blizzards. Le printemps n'eut pas le temps d'approcher, l'été carbonisant tomba brutalement une nuit. Les villes brûlèrent toutes ensembles à l'unisson. Les têtes de pourritures roulèrent dans les rues. Le froid avait disparu et les mains crevassées se réchauffaient avec délectation devant la nouvelle période à venir...
La vie reprit ses droits de cuissage et l'être humain devint une entité harmonieuse qui évolua vers une sagesse et une jouissance suprême.
Mais tout ne fut qu'un rêve. Une brève illusion innocente. Lorsque j'ouvris les yeux, je retrouvai le plafond crasseux et les mûrs moites de ma cellule. J'entendais les contestataires vainement contester au-dehors. Une journée de moins me séparait de la mort. La même bonne nouvelle que les jours précédents...