mardi 31 août 2010

L'athée prime

Et voilà, hier je causais mariage et entre temps je me suis rapprocher d'une déesse pleine de joie qui pourtant recèle une déprime incroyablement profonde et intense. Je n'avais rien remarqué depuis que l'on se fréquentait, tant les moments ensemble étaient d'une simplicité et d'une connivence rarement rencontrées avec le sexe opposé. Et pourtant... ses troubles me rappellent tant les miens, la similitude en est troublante, sauf qu'elle ne les appréhende aucunement de la même façon que moi. Elle cache tout ça bien loin, hors de vue de tous, et craint chacune de leur apparition alors que je m'y complais avec une parfaite opposition à mon autre caractère ironique. Elle tremble face à sa déprime, je m'y plonge de tout cœur. Elle fait tout pour en sortir, pour la guérir, la détruire alors que je l'attends de pieds ferme, presque impatient...
Que va donner cette relation ? Si elle me dévoile sa déprime, elle risque de réveiller la mienne et alors je pourrais l'entraîner dans la noirceur qui me sied tant... et alors, lentement, je lui rongerais sa bonne humeur et la ferais disparaître dans l'éternité...
Si je l'abandonne immédiatement elle s'effondra forcément et une nouvelle fois elle risque de réveiller ma passion pour la tristesse... je la sens déjà qui tente de pousser à blesser cette si belle créature fragile... cela fait déjà si longtemps que cette voie sombre s'était tu et là voilà qui vient de retrouver ses cordes vocales pour jouer avec mes cordes sensibles... je pensais être parvenu à l'ignorer totalement, je riais à l'idée qu'elle puisse revenir et essayer quelque chose, mais à présent, le doute s'installe... ô tristesse, enlace-moi, fais disparaître ce soleil qui m'illumine trop, recouvre de ton voile obscur chacune de mes journées et de mes nuits... mais fais le vite ou alors tais-toi à tout jamais...
Me voilà qui recommence à penser au futur... l'instant présent n'existe plus ou uniquement pour ce futur... ce futur inconnu qui m'a si souvent perturbé et gratté l'imagination durant des jours entiers... le voilà qui revient, arrogant petit inconnu, chien fidèle de ma tristesse, viens me voir, viens me titiller, viens enterrer ce bonheur désespéré, fais-moi croire à l'espoir et écrase-le d'un seul coup pour achever ce cœur blessé qui pensait pouvoir guérir...
Ô tristesse, cesse de me faire rire et rabats ce caquet insolant que nous puissions à nouveau être uni dans le néant... je suis là, bêtement, qui t'attends...

30/08/10