dimanche 22 août 2010

La fesse tint des lits cieux

C'est l'été, laisse-moi nager dans ton estomac, me noyer dans ton foie, couler dans ton intestin, me vautrer dans ta bile pour que tu me vomisses avant que mon corps frêle n'ait été digéré entièrement.
Ma mante agnostique, avale-moi par petits morceaux, que je fasse partie de ton être, de ta pudeur, de ta grandeur. Mes membres arrachés un à un ne font qu'augmenter ma jouissance perfide.
Déguste-moi violemment comme je t'ai dévoré du regard. Rien ne saura plus stopper ta faim et si c'était le cas il resterait tout mon sang pour étancher ta soif. Bois-moi comme j'ai bu tes paroles envoutantes et sucrées. Laisse-moi être ce festin que tu mérites tant et si jamais mon âme s'évade de ma chair avant que je ne sois un morceau de toi, je me réincarnerais dans un être plus grand, plus large, plus appétissant, plus plein de solide et de liquide. Un éternel retour dans tes entrailles. J'ai enfin trouvé ma vocation, mon but, mon destin. Je ne suis là que pour ton esprit cannibale, alors dévore-moi sans attendre, voilà suffisamment longtemps que je mijote. Si tu attends plus je serais trop dur et j'aurais perdu mon goût, alors tu me jetteras au loin de dégoût et mon existence aura été vaine et stupide.
Alors n'attends plus, je suis plus cuit que cru, et lorsque tu m'auras fini, tu ne regretteras pas de m'avoir cru...
Et ainsi vécu mon cœur éperdu.

21/08/10