lundi 27 septembre 2010

Quand brille ô l'âge

"Je ressens une forte mouvance dans la force... quelque chose est train de basculer, et nous sommes sans doute les seuls êtres capables de faire pencher la balance du côté le moins lourd...
- Heu... oui, c'est ce que j'allais dire... mais pas de cette façon là... pas du tout de cette façon... d'ailleurs c'est quoi cette putain façon ? La force ? La force qui parle dans ta tête, c'est pas la force, c'est une sale farce. Et pis la balance... non mais celle-là elle est pas mal non plus... le côté le moins lourd ? Non mais ça rime à quoi ? On a un boulot à faire, un boulot qui y a pas plus con sur cette saloperie de planète et toi tu me parles de balance... Non mais bordel tu te fous de ma gueule ? Je vois que ça de possible, sinon c'est que t'es complètement barré dans le ciboulot et là faut te faire interner le plus tôt possible. Ça c'est la mouvance que je ressens. Oui, celle-là je la sens bien. En accord avec la nature, le juste ordre des choses...
- Je comprends la perturbation physique qui te parcourt. Je la ressens aussi. Mais il faut que nous gardions le contrôle de nous-mêmes, sinon personne ne pourra plus rien pour cet univers. Écoute le calme qui règne ici. C'est surement la clairière avant la forêt... Il faut agir rapidement...
- Ouais, c'est une bonne idée que tu viens d'avoir. Franchement, on fait ce boulot et je te dépose direct à l'hosto. Tu seras mieux là-bas. J'ai pas envie de te voir faire des trucs pas nets à une petite vieille qui promène son caniche. Et là, t'es au bord du gouffre... Ils peuvent peut-être encore intervenir et te réparer la durite qui a pété... Bon, le bureau du gars est au bout, tu montes la garde pendant que je vais chercher les papelards. Et surtout tu bouges pas. Tu regardes, c'est tout. N'écoute pas la voix qui te cause dans la tronche, juste deux minutes, tu bouges pas.
- N'aies crainte, ce sanctuaire restera inviolé. Ton dos est plus protéger qu'il ne l'a jamais été. Tu peux aller serein.
- OK, à de suite.

Quelques instants plus tard...

- Nom de dieu... mais bordel de nom de dieu de merde... mais qu'est-ce que t'as foutu ? Mais qu'est-ce qui n'était pas clair dans le terme "ne bouge pas" ? Non mais il faut que tu m'expliques. Il faut que tu comprennes à quel point t'es ratatiné. Au bordel... t'as détruit tous les écrans... tous... c'est bien ça ? T'as détruit absolument tous les écrans de ce maudit bureau...
- J'ai également arraché le fil des souris, claviers et tous les autres trucs en divagation énergétique. Je savais que tu ne considérerais pas cet excès de zèle comme "bouger". Perçois-tu maintenant le poids de notre influence dans la force ? Le bon est de nouveau plus vigoureux. Un temple obscur vient de s'effondrer grâce à nous. Je te félicite pour ce geste chevaleresque. Nous pouvons partir le cœur plus léger.
- Mais juste pour être sûr. Tu te rappelles bien que notre client voulait que la disparition de ce dossier soit entièrement rejetée sur le gars qui travaille dans ce bureau ? Tu te rappelles qu'il a vraiment insisté sur ce point. Et toi tu lui as même garanti que notre passage ne serait connu que de nous trois... "Seulement trois être vivants auront conscience de notre intrusion, et il me semble que nous sommes déjà trois dans cette pièce, vous n'avez rien à craindre"... c'est bien ça que tu lui as sorti ? C'est pas moi, c'est bien toi qui lui as précisé... Donc, quelle magie va permettre que notre passage ne soit connu de personne ? Hein ? Tu peux m'expliquer, parce que là je vois que des emmerdes à perte de vue, un immense tas de merde sans fin...
- Tu as parfaitement raison en ce qui concerne ma citation. Aucun mot de manque et le ton est presque exactement le même. J'apprécie que tu sois à l'écoute de mes propos même quand ils ne sont que de maigre importance. En revanche je ne vois pas ce que la suppression des sources négatives dans cet endroit peut entraîner la divulgation de notre passage. Je t'accorde que de nombreuses personnes seront au courant de la venue d'individus ici même et de leur action. Mais j'ai bien pris soin de couper toutes les caméras avant notre entrée et donc personne ne saura qu'il s'agissait de nous. Seules trois personnes sauront que nous étions ici. Et pas une de plus, je te l'assure comme j'ai pu l'assurer à notre client. Autre chose ?
- Je... non, tu... L'hosto s'est trop tard... c'est foutu, plus personne peut rien pour toi... un bloc de ciment aux pieds et une petite plongée sous-marine... c'est tout ce qui t'attend... ce qui nous attend même... alors je vais plutôt m'éclipser seul et si jamais je recroise ta sale face d'illuminé tu vas bien la sentir la perturbation de ma force... alors adieu... et bonne chance pour sauver ta peau...
- Mais, attends... qu'est-ce qui te prend... mais non reviens... il faut encore qu'on aille chercher l'autre moitié du cash... Hey ? Hey... et bien tant pis pour ta gueule, j'irais le chercher seul et je partagerais avec moi-même... Malade !"

26/09/10