Lait tard gît
Envie d'action, d'activités, d'explosions, mais les muscles ne sont pas d'accord, ils ont une toute ambition, la passivité douloureuse. L'estomac se contracte, tire sur les nerfs, renvoie des odeurs de sardines grillées et de bile, pas de bol, encore une journée qui tombe dans l'oubli. C'est la débandade physique qui fait de son mieux pour attirer le moral avec elle et elle y parvient. Retour sur le parvis de la dépression où plus rien ne ravi. La vie prend le goût de vieux raviolis trop cuits, sans doute à cause de trop de cuites et de pizzas frites. Ça frise le cauchemar mais ce n'est qu'un retour au bon ordre des choses. Cette place est si familière qu'une sorte de sérénité, ou de confort plutôt, se fait ressentir. Ce serait presque comme un enfant qui va chez le dentiste. Il sait que ce sera sans doute douloureux, mais il sait aussi que cela ne dure pas à vie et qu'il y aura surement une récompense ou un cadeau avant la tombée de la nuit qui du coup sera reposante et apaisée.
Ici, il n'a rien d'agréable, mais l'évolution est lente, voir inexistante. Une chute au fond d'un puits. Une fois dans l'eau glaciale, il suffit de garder son sang froid et d'être patient. Si l'on s'acharne à vouloir remonter en escaladant la paroi, chaque nouvelle chute est plus douloureuse et le désespoir s'intensifie jusqu'à la noyade. Si en revanche on économise ses forces, on peut espérer qu'une âme charitable passe dans les environs et envoie la corde salvatrice.
Aujourd'hui, j'attends dans l'obscurité moite de mon puits isolé...