jeudi 28 octobre 2010

Sape art, le déco a

"Je ne peux pas laisser passer ça. Je suis sincèrement désolé mais... non, pas sincèrement en fait... pas du tout même. Tu ne croyais pas t'en sortir comme ça j'espère ? C'est tout bonnement indécent. On ne traite pas les gens de cette façon. Oser leurs proposer un produit inutile... Quelque chose qu'ils n'ont pas besoin, qu'ils n'utiliseront que parce que tout le monde aura déboursé des ronds pour cette connerie. Tu te moques de moi. Je refuse de participer à cette nouvelle aliénation de la masse.
- Mais ce n'est pas moi qui l'ai inventé. Ce n'est qu'un travail. Et dans notre situation économique actuelle, on ne peut pas refuser un travail. Aussi indécent soit-il, on doit accepter. Et ce n'est pas comme si j'étais le premier à vendre un outil inutile qui deviendra par la suite indispensable. C'est l'époque qui veut ça. Les gens veulent faire partie du tout. S'identifier dans la possession d'objets que le reste du monde accepte. Je n'y peux rien.
- Mais si tu y peux. Bien sûr que tu y peux. C'est une évidence. Tu es l'indigne représentant du développement de cette propagande mondialiste qui asservi le peuple et le rend plus idiot qu'il l'est déjà. Et ta cible... ta cible bordel... les 2-80 ans ? Mais c'est toute l'humanité que tu agresses. Tu veux être un membre de cette fausse révolution technologique ? Tout le concept de cet appareil repose sur le bourrage du crâne, l'aveuglement de l'individu, l'espoir d'un renouveau, la croyance dans le meilleur et l'influence de publicitaires sans vergogne. Il n'y a absolument rien à garder dans ton objet. J'ai juste envie de te le faire avaler pour voir comment ton estomac accepte ta révolution. Il ne serait surement pas content. Il veut de la vraie bouffe lui. De l'énergie, du consommable, du vital. Mais pas du superflu qui use, abrutisse et distrait du but principal de tout organisme vivant, à savoir la survie.
- Tu exagères là. Ce n'est qu'un petit objet pour aider à oublier la merde dans laquelle nous vivons. Il ne fait de mal à personne. Il ne ruinera personne. Il aidera même à unir les Hommes entre eux. Ils auront ce point commun qui les rendra plus forts. C'est presque de la charité.
- Ah non ! Ne me lance pas ton discours de vendeur sans scrupule. Je ne suis pas un de tes moutons. Je me suis fabriqué une carapace spéciale contre ce genre d'êtres irresponsables et venimeux qui tentent chaque jour de nous réduire un peu plus à l'état d'esclave. Je ne marche pas dans ta combine. Je suis un mur impénétrable où tes paroles crapuleuses se brisent sans laisser de traces. Garde tes roublardises pour tes pauvres victimes, mais je ne suis pas l'une d'entre elles.
- Bon... Si tu le prends comme ça... Je n'ai pas besoin de ta bénédiction athéiste pour faire mon taf. Et d'ailleurs il faut que j'y aille, je ne peux pas dépenser tout mon temps avec quelqu'un d'aussi obtus qui n'a rien à apporter de constructif à ce projet innocent. J'y vais, à ce soir.
- Très bien, casse-toi. Va répandre ton venin sur les vrais innocents. Et pour ce soir, amène-moi quand même un de ces petits gadgets que je teste sereinement sans être sous la pression de tes propos commerciaux... Il faut bien connaître son ennemi pour mieux le combattre après tout...
- Bien sûr que je t'en amènerai un... et plus on est de fous, plus on rit, alors pourquoi ne pas se laisser sombrer dans cette folie ?! Tchao.
- A ce soir, ordure..."

27/10/10