Cuite nationale
Et bien la revoilà, la bonne vieille gueule de bois… Impossible de sortir du plumard, la tronche en vrac avec le marteau piqueur à l’intérieur, la mémoire qui se dilue, le patron qui harcèle mon répondeur, et le monde qui continue sa route comme si de rien n’était…
Finalement mon cadavre se plonge sous la douche, ne change rien à mon état, pas de résurrection, le petit dej est fini depuis des lustres, le déjeuner reste dans son assiette, sieste dans un petit parc ombragé, la force revient péniblement, il faut quand même aller faire acte de présence au turbin…
Mon collègue compatit à mon visage ravagé, explique que la fête de la musique à Panam se termine souvent en dérapage, voilà pourquoi il l’évité dorénavant… Certes je lui concède, mais n’étant pas de ce patelin et n’ayant pas l’intention d’y revenir chaque année à la même période, je passe… L’énergie ne reviendra décidément pas…
Finalement, fait oublié et totalement inexistant de mon univers, l’équipe de France de football joue son troisième et dernier match de la coupe du monde… L’excitation dans le bureau m’aide à me faire discret, tout le monde a les yeux collés sur son écran et éclate de rire à chaque but encaissé… Le moral de la France est au plus bas… Les milliardaires en short se font insulter, mais ne perdent pas leur fortune… Ils renonceront tout de même à leur prime sponsor… On continue à se foutre de la gueule du français moyen… Les choses empirent mais ne changent guère… Vivement la guerre…