L’âme en tension
On était pas vingt, mais on buvait du vin,
Et puis un jour vint, le temps des sapins,
Mon ami m’a dit : « ça pue, ça pue »,
Moi j’ai répondu que ça pourrait être pire,
En plein été quand je transpire, ça puire…
Alors on s’hydrate au picrate,
On fait les hypocrites quand on nous traite d’alcooliques,
On bouffe épicé pour donner soif et des coliques,
Rhum et pinard en collocation dans mon foie,
C’est bon pour la foi à chaque fois,
Merci à rhésus pour son sang,
Je ressuscite chaque soir mais pas sans,
Sinon c’est plutôt les cent pas en rond,
Les méninges qui se déroulent,
Le ménage dans la tête défoule,
Allez-y, dites qu’on est des fous,
Mais seulement quand la boisson fait défaut,
Les piliers sobres se sont des faux,
Je t’enverrais tout ça à l’échafaud,
A froid comme à chaud,
A poil dans un sot dans un show,
C’est la chute vers le haut dans un sens,
L’inconscience d’un verre d’eau qui tue,
Départ pour la verve d’une biture,
On s’habitue mieux au liquide qu’au dur,
Dedans tout devient limpide,
Dehors tout insipide,
Alors on reste ainsi,
Et ce n’est pas stupide comme tu dis,
Observe, goûte et étudie.