Et l’un dit
Mets ton t-shirt capitaine. Va falloir suer aujourd’hui. Je veux pas voir de pieds traîner. Je veux voir du sourire plein le visage. Je veux de la pêche plein les veines. Alors on se remue, mets ton t-shirt capitaine.
C’est pas si mal, une demi-heure pour ouvrir les yeux. C’est pas si mal. Mais maintenant tu te lève et tu mets ton t-shirt capitaine. C’est une bien belle journée quoi t’attend. Elle est prête depuis des lustres, elle attend plus que toi. Alors vas-y, émerge. Je te vois en train de te dire qu’y a rien qui urge. Mais c’est pas quand tu serras trois pieds sous terre que tu pourras te lever. Alors vas-y mets ton t-shirt capitaine.
Je sais, trois pieds c’est moins qu’avant. Même les morts ont plus le droit au respect. Les vivants ont plus la force. Alors on creuse que trois pieds. Et c’est déjà pas si mal… Imagine dans cent ans… On te laissera à même le sol. En plus le sol devient de plus en plus dur, alors t’as qu’à le creuser toi-même ton trou…
Je sais, c’est l’impression que t’as tous les jours. Tu creuses. Tu creuses. Le blondin avait pas tort, y a deux catégories et t’es pas dans la bonne… Mais comme tu pourras jamais changer, mieux vaut t’y faire… Alors tu la fermes, tu mets ton t-shirt capitaine et tu creuses. Comme tous les jours, pendant les misérables années qui te restent. Parce que ça va pas être resplendissant, je te l’annonce. Y aura rien de fantastique, mais de temps en temps, si… Je peux pas te dire quoi, mais de temps en temps ce sera le paradis. Et du coup mon con, juste pour ces petits moments si rares, tu vas continuer à creuser et à mouiller le maillot. C’est ça la vie… C’est ça ta vie…
Ouais, je sais, elle est sale ta vie…