Retoucher Soie
Et tu me parlais dérision et recul,
Regarde-toi aujourd’hui, les désillusions t’acculent,
Tu te complais dans ce faux malheur,
Fuis le soleil, attire la pâleur,
C’est la fin de l’hivers et de la chaleur,
En plein paradoxe d’eau sans vapeur,
Tu n’es plus serein, je lis en toi la peur,
De retrouver cet univers malsain, erreur,
Car c’est là que tu es le mieux,
Dans le néant tu installes ton pieux,
Et tu peux te rendormir, retrouver tes rêves,
Oublie la lumière, seul l’obscur offre une trêve,
A cet esprit indécis sur le sens de sa vie,
Qui sans cesse change d’idées et d’avis,
Mange ton kiwi, lui peu t’aider,
A lâcher prise et céder,
Il n’y a rien de bon pour toi là-bas,
N’y retourne pas, c’est fini et bon débarras,
Ici, tu auras tout ce dont tu as besoin,
Pied de vigne mort, tu redonneras du raisin,
Et tu sais que j’ai raison, l’ami,
Regarde, le désespoir est là où tu l’as mis,
Il t’attendait patiemment,
N’intervenait pas sciemment,
Solide et immobile comme du ciment,
Pour cet instant, pour ce moment,
Ce monde ne te mentira jamais,
Plus honnête que l’autre où tu ramais,
Bienvenue chez toi,
Fini les « tais-toi »,
En ce lieu sombre, tu es le roi,
Plus d’illusions ou de désarroi,
Installe-toi dans ton fauteuil de velours,
Tu n’auras plus la force de soulever ce corps lourd.