jeudi 18 mars 2010

Un corps lié de pertes

J’entends parler espoir et je désespère,
Comme si l’on m’avait retiré toutes convictions,
Aucune idéologie, aucune croyance, juste le vide,
Une immense masse sombre domine ma tronche,
Et s’entend un plus chaque jour,
Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien,
Et alors peut-être connaitrais-je la liberté,
Lorsque l’obscur aura surpassé mes anciennes idées,
Ni bien, ni mal, ni humain, ni animal,
J’observe l’ombre avancée implacablement,
Comme sur la ville que le soleil fuit chaque nuit,
Sauf qu’il n’y a pas de lumière pour la percer,
Ma tête a épuisé ses dernières bougies,
Et attend sans émotion la fin du jour,
L’ultime flamme vacille dangereusement,
Et c’est elle qui répand ces quelques lignes,
Un Adieu, un sursaut sur son lit de mort,
Combien de temps lui reste-t-elle ?
On s’en fout, une seconde ou une vie,
Lorsqu’elle sera partie je serais libre,
De ne plus souffrir, avoir peur, avoir honte,
De ne plus mentir, avoir foi, avoir froid,
Et je ne me souviendrais plus de tout ça,
Le passé disparaitra et je ne serais que présent,
Un présent éternel qui ne connait pas le futur,
Un puissant intellect qui ne promet pas de sutures,
Car la seule sagesse que je puisse atteindre,
Est celle du vide visuel, sonore, tactile, émotionnel,
Un pré-bigbang ou un après,
La boucle est bouclée,
Allons nous coucher,
Et disparaissons en silence dans la nuit.

17/03/10