mardi 16 mars 2010

Le Tsar Castique

« Non mais t’as vu la gueule qu’elle tirait la vieille ? Oh la vache, ça doit pas lui arriver tous les jours des coups comme ça !
- Je trouve quand même que ça manque de classe ce genre d’action.
- Manque classe ? Non mais écoutez le l’aut’ avec ces manques de classe. T’avais qu’à lui dire merci en partant, au lieu d’attendre comme un gland dans la caisse. Parce que moi je pourrais dire que t’as manqué d’efforts surtout. Et ça, ça se paye mon pote. On a pas le droit de critiquer quand on fout chibre. C’est comme les élections, tu vois. Si tu vas pas voter, ben t’as pas le droit de râler parce que c’est le facho qu’a gagné. Ben là, c’est pareil. Tu peux juste fermer ta grande gueule.
- Tu pousses un peu, quand même. Tu parles de Droit alors que tes actions vont toutes à son encontre. Je n’étais pas d’accord pour te suivre dans ta petite expédition, donc j’ai parfaitement le Droite de critiquer la manière. Je critiquais avant, j’ai critiqué pendant, et je critiquerais encore et encore. Et si tu estimes que vraiment je n’ai pas le droit, alors appelons la gendarmerie pour leur expliquer le dilemme dans tous ses détails. Et ainsi, nous verrons qui est dans ses droits.
- Oh la pourriture ! Ah, j’en ai rencontré des salauds, des ordures, des crevures, des ramassis de chiottes, des perturbés de la rate, des pas-finis, des trop-finis, des puceaux de l’idéologie, des violeurs d’honneur, des ministres et j’en passe des plus murs ; mais un gâcheur gâteux comme toi, JAMAIS. Je devrais te l’enfoncer par l’arrière le précieux et te le faire ressortir par le claque merde. Ça t’apprendrait le respect. Ça t’apprendrait à réfléchir un peu avant de jacter de l’aberrance à longueur de temps. Tu veux que je te dise ? Tu me dégoutes. Y a pas d’aut’ mot. Tu me donnes envie de gerber. Là, comme ça, direct sur mon beau costume, une belle bile putride sortie tout droit de mon fondement…
Oh le salopard…
L’ignoble…
Un gerbant, t’es qu’un sale gerbant.
- Je te remercie pour ta franchise et ce vocabulaire si instructif. Ça justifierait presque tes actes si reprochables. Mais ça ne m’empêchera pas de continuer à penser que cette pauvre dame ne méritait pas ça. Elle ne t’avait rien fait, elle n’a probablement jamais rien fait à personne d’ailleurs, et toi tu débarques avec toute ta violence et ta haine dans son petit monde vert.
- Quoi ? C’est moi qui la donne la violence ? C’est moi qu’ai commencé ? Elle, elle était pénarde sur sa pénate à feuilleter peace magazine, c’est bien ça ?
- Elle était effectivement allongée dans son jardin, en train de profiter des premiers beaux jours, l’âme en paix, calme et sereine. Du moins, est-ce la façon dont j’ai perdu la scène à notre arrivée.
- Ben voilà, c’t’exactement pour ça qu’il fallait agir. Ce genre de sorcières, elles t’endorment tout le monde. Tu passes tranquillement devant sa baraque, tu penses à rien, c’est un moment où tu fais une pause de toute tes réflexions quotidiennes, du lourd fardeau qu’est cette société tourmentée, et d’un coup, alors que ta garde est complètement baissée, BIM ! T’as le joli décor de la vieille esclavagiste qui s’incruste doucement dans ta tirelire, par l’arrière. Toi, tu fais pas attention, t’es trop relaxe. Et c’est dans ces moments que les pires saletés de concepts se font une petite place au soleil dans la patate. La graine est plantée, c’est trop tard. Et chaque fois que tu reverras la momie, peu importe ce qu’elle fera, du bien, du mal, du très mal, et ben tu broncheras pas. Tu trouveras même ça beau. « Qu’elle est mignonne cette dame ! » que tu penseras. Et lorsque tout le monde sera sous son pouvoir. Les cruelles nous dominerons, et s’amuseront avec leurs troupes de zombies jusqu’à ce que la race humaine disparaisse dans d’abominables souffrances de béatitude ignorante.
- Mais où est-ce que tu as bien pu aller chercher une idée pareille ? Ne me dis pas que tu as recommencé à surfer sur internet ? Ah non ! Non, pas ça. Par pitié, ne me dis pas que tu es replongé. Ça ne t’a pas servi de leçon la dernière fois ? Six mois chez les frapadingues à chasser les fantômes avec des spaghettis, tu ne trouves pas ça suffisant ?
- Alors d’abord, ce n’était pas des fantômes, mais des esprits d’une dimension parallèle tentants de pénétrer la notre pour nous exterminer. Ensuite, bien que je surfe à nouveau, j’ai beaucoup appris de mes expériences passées, et dorénavant je n’apporte ma maigre participation qu’un seul et unique site. Donc je ne vois pas en quoi les vérités que je t’énonce pourraient être diminué dans leur crédibilité.
- Mais bon sang, ouvre les yeux ! Tu viens d’enlever trois nains de jardin et un caniche mourant à une pauvre grand-mère sur la fin de ses jours. Est-ce que tu réalises ?
- Oh le saint ! Mon ami, mon frère, mon sauveur, comment ai-je pu t’en vouloir un seul instant. Tu dois mal t’exprimer, voilà tout. Mais ne t’inquiète plus. Je t’ai compris. Et grâce à toi, mon action ; non, notre action ; aura été accompli dans sa globalité absolue. Je fais demi-tour, mon double ; et cette fois-ci, je vais pas les rater les chats, compte sur moi !

15/03/2010