mercredi 17 mars 2010

Halles en bic

Quand je pense à mon passé à jeun,
Je me dis souvent : « Ah, comme j’étais jeune ! »,
Et ce depuis aussi longtemps que je m’en souvienne,
Comme si malgré l’écoulement du temps et les secondes qui viennent,
Je restais un enfant dans mon histoire, fœtus à toute heure,
Apprenant trop lentement de ses évidentes erreurs,
Ne parvenant pas à comprendre les nouvelles,
Toujours novice à chaque épreuve, elles me soulèvent,
Victime de tous les vices, aucune reconnaissance,
Pas de vis détruit dès la naissance,
Impossible de rentrer dans les planches de la vie,
Un avenir fait de cartes en équilibre,
La chute de ce château ne sera que trop tôt à mon avis,
Car jamais je n’aurais pu être libre,
Âme sans passé et ainsi sans futur,
Mes pieds s’enfoncent dans le marasme ambiant,
Qui rempli ma demeure sans ouverture,
Ici, ça pue le mal en bien.

Je prends tout d’aujourd’hui et vite,
Car je débarque d’hier la main vide,
Juste un peu d’eau me file,
Entre les doigts au fond du puits du présent,
Je ne pressens rien de bon, rien qu’un filet de sang,
Ce qui fut indécent, ce qui fut, simplement,
Pour moi n’est plus, et avec tout, a disparu,
Plus de prises sur les parois lisses,
Je glisse, et glisse sans que ça ne finisse,
Inutile d’espérer pouvoir se rattraper,
Je file en flamme tel un rat drapé,
Et ce n’est que lorsque j’aurais touché le fond,
Que peut-être la sagesse m’attendra en ronflant,
Et alors je comprendrais la seule chose que j’ai toujours compris,
J’ai vécu perdu, comprimé par l’oubli, un con prisonnier,
De son inadaptabilité fa ce au concret,
A vouloir écrire le monde avec une craie,
La vie fut un cri derrière une éponge,
On crée, désancré et puis on plonge,
Et continue en se rongeant les songes,
Ce n’est qu’à la fin que je retiendrais la leçon.

16/03/10