Clé de sol contre toux
Solitude, ô solitude, te revoilà à mes côtés, étrange retrouvailles, je savais que je te retrouverais en ce jour, mais la réalité transforme le savoir en une expérience si différente... je t'ai toujours accueilli avec délectation, temps de repos, de recherches, d'exploration de son inconscient. Nous avons fait tant de belles choses tous les deux. Nous avons fait des choses, ce qui semble plus rare en groupe. Comme si l'activité de groupe m'empêchait de ressentir la sensation d'accomplissement. Nous avons fait telle ou telle chose mais je n'ai rien fait. Alors qu'avec toi, ô solitude, quelle liberté, quelle porte ouverte sur une immensité de possibilités, tout devient possible. Je ne pense pas que ce soit une réaction "normale". La société veut que nous soyons ensemble, sinon ce ne serait pas une société mais un tas d'individus seuls... au même endroit... bon, n'importe quoi... je digresse, je diverge, je dis verger et j'essaie de penser... c'est le moment où je peux enfin... mais je n'y arrive pas... ces images de communication devant mes yeux. Envie de parler, de serrer dans mes bras pour lutter contre la froideur de cet hiver agressif... je regrette, ô solitude, mais je n'étais pas encore prêt à ton retour... peut-être parce que cette fois-ci je ne cherchais pas, je savais que ce n'était pas encore le moment. J'étais bien dans mon petit paradis sensuel et affectif... mais c'est la vie, je ne suis pas surpris à ce point là... il faut toujours que l'agréable se termine lorsqu'on le souhaite le moins... l'imprévisible... responsable d'un bonheur inattendu, enfanteur d'espoir, petit pervers maître des poupées humaines... je t'entends rire, mais moi aussi je me moque de toi car je sais que nous sommes alliés. Bourreaux de l'ennui, chasseurs de nouveautés, nos chemins se croisent pour le changement, alors comment t'en vouloir ?
Solitude, ô solitude, est-ce toi qui as fait entrer ce mauvais rhume dans notre demeure ? Pensais-tu que nous serions mieux tous les trois ? Ou souhaites-tu me faire souffrir pour t'avoir abandonné si longtemps sans même un clin d'œil ? Nous sommes donc des ennemis à présent ? C'est dommage, mais je ferais avec, je vais prendre un malin plaisir à te chasser chaque jour... Seules mes nuits ensommeillées seront tiennes, et encore, mon esprit sera si loin que tu pourras l'approcher... seul mon corps glacé et malade t'appartiendra durant ces quelques heures... alors profite, essaye de le charmer avec tes misérables armes, mais ne te fais pas trop d'idées, ce n'est qu'un bref répit qui prend fin la semaine prochaine... amuse-toi, ô solitude... ma pauvre solitude...