Le mais pris sur la fête
J'ai la glotte qui barbotte dans le rhum et le picrate...
Une jolie mixture rosée au fond de la bouche,
Le fondement me gratouille comme Socrate,
Je sais que je ne sais rien mais que j'ai besoin d'une douche,
J'ai plus de face et vais bientôt perdre la rate,
Dans l'espace, moins important qu'une mouche,
Pour qu'un Dieu m'écoute, j'écris mes propres sourates,
Les jette dans un bouillon d'inculture et touille à la louche...
Quand le mélange est fin prêt,
Je dilue le tout dans de l'alcool à cinquante degrés,
Prends mon temps, réfléchis, marque l'arrêt,
Et descends tout cul sec de mon plein gré,
En souhaitant retrouver l'époque où je me marrais,
Et si je pisse sur le futur, c'est que seul le passé m'agrée...
Bon ça va, ça va, je dramatise,
C'est vrai que ma vie n'est pas une toile de Matisse,
Et que le bonheur que je n'ai pas m'attise,
Alors je cherche de partout, je ratisse,
Mais sans chasser mon malheur, jamais je ne dératise,
Du coup, mon esprit a l'allure d'une drôle de bâtisse,
Pleine d'entités sordides qu'il faudrait que je baptise,
Mais je prône autant la liberté du bien que du mal,
Car on ne peut juger un acte dans l'immédiat,
C'est comme arrêter au milieu un bouquin de Dumas,
Et plonger sur TF1 en bavant sur les médias...
J'aimerais terminer sur une bonne note,
Une touche d'espoir, une lueur dans le noir,
Mais à chaque pression sur les touches, je rote,
Je vais gerber une toile qui ne sera pas du Renoir,
Alors j'enlève mes bottes et vers les chiottes je trotte,
Et quand tout sera sorti, je me plongerais dans la baignoire,
Et ce texte, comme tout le reste, finira au fond d'une cuvette...