dimanche 19 décembre 2010

Hymne au sang

Misère, misère, où est passée ma mise d'hier,
Sans chemise, l'ami dans la merde, sale air,
Plus de salaire, du poivre dans la salière,
C'est l'hiver, on oublie les recharges solaires,
Cloué au sol, saoul, seul en période polaire,
Tout pourri, plus rien à glisser sous les molaires,
Prisonnier d'une sale histoire à Baudelaire,
La baudruche vide, les abeilles ont quitté la ruche,
Faudrait des forêts entières transformées en buches,
Pour cette cheminée glacée à la grande bouche,
Et qu'enfin plus une fois je ne me mouche,
Mais je rêve mou, plus qu'un et plus de nous,
Un éternel pendu dont la corde se dénoue,
Un guérillero corse sans le moindre déni,
Je vois poindre des vautours qui sortent des nids,
Et tour à tour viennent picorer mon dos nu,
Comme les flics ricains s'envoient des donuts,
Mais sur mon cadavre ils ne seront jamais dodus,
Je suis une cave navrante et non un havre charmant,
Un cachot de cauchemar où l'on va en s'armant,
Pas pour se cacher mais pour tout saccager,
Je fus le bref passager qui ne vécu pas âgé,
Trop tendre pour être chef, trop cerf pour être fier,
Misère, misère, troll aujourd'hui mais elfe hier...

18/12/10