La moue rie, l'use ion
"Mais voyons, l'amour n'existe plus... ne raconte pas n'importe quoi... C'est comme Dieu, il est mort... depuis moins longtemps tout de même, mais le résultat est le même...
- Mais c'est toi qui raconte n'importe quoi. Comment peux-tu dire quelque chose d'aussi honteux, voir idiot. Si tu n'as jamais connu l'amour, je peux concevoir que tu le crois mort, mais ce n'est surement pas le cas. La preuve, je le vis. Et je peux t'assurer qu'il existe bel et bien. Je peux presque le voir, le toucher, le palper à pleines mains. Il est là, tout le temps avec moi, semble inébranlable, chaleureux, presque brulant. Je le sens à chacun de mes battements cœur. Alors s'il te plaît, révise ton jugement et crois-y pour lui laisser une chance d'entrer dans ta vie.
- S'il y bien une saleté de plus que je ne laisserais pas entrer dans ma vie, c'est bien l'amour. Au du moins ce que tu appelles amour. Parce que ce n'est qu'une illusion. Un produit inventé par l'Homme moderne capitaliste pour mieux manipuler le peuple faiblard. Le véritable amour est mort, et c'est tout. Je ne sais pas qui l'a tué, je n'étais pas encore né, et je ne me suis pas vraiment plongé dans une recherche approfondie du problème car je sais que l'assassin est aussi décédé depuis lurette et que savoir son nom ne servira à rien pour ressusciter ce merveilleux sentiment.
Un individu, seul, a compris que l'amour pouvait nuire à un système pourri basé sur le profit et ça ne l'arrangeait pas du tout. Alors il a convaincu une bande de lascars véreux de détruire ce barrage à son projet. Ces derniers l'ont attrapée, torturée, écartelée, violée et tuée sans la moindre pitié, aveuglés par un discours qui dût être d'une qualité remarquable.
Tous sont sans doute morts plein de regrets, comprenant qu'ils venaient de changer la face du monde mais il était trop tard. Il ne restait plus rien à sauver. Les traces de l'amour véritable resteraient de simples souvenirs sur papier. Plus personne depuis n'a vécu cet amour... tous ont vécu dans une illusion manipulée... et tu es l'un d'eux mon ami...
- Voilà, merveilleux, tu parles par détournements, propos vagues sans preuves, métaphores incompréhensibles, et tu espères que je vais te croire. Renoncer à ce glorieux sentiment que je n'osais espérer vivre un jour. Je plains ta vision désespérée qui empêche le bonheur d'entrer dans la demeure de ta conscience. Tu te barricades et t'interroges sur le fait que rien ne vient à ta rencontre. Tant que tu n'ouvriras pas un passage dans ta forteresse, tu resteras isolé, victime de tes seules pensées tristes, et le temps usera ton visage sans que tu n'aies connu autre chose que ton univers fermé. Mais ce dialogue ne mènera nulle part, comme tous ceux que nous avons eus avant sur d'autres sujets que je vis et que tu te contentes d'imaginer, d'analyser, et de reformuler sur des faits inexistants.
- La fuite est sans doute le meilleur moyen de ne pas briser ton illusion. Je ne veux surement pas te priver de cette fausse joie et me retire donc dans mon silence solitaire... à bientôt amigo, nous nous reverrons lorsque tu seras en petits morceaux sur le sol et que je devrais ramasser les pièces pour tenter de récupérer ce qu'il restera de toi..."