lundi 15 novembre 2010

Poux sieurs, des toiles

En analysant de la poussière de comète récupérée dans l'espace à l'aide d'un satellite à la pointe de la technologie d'il y a vingt ans, les chercheurs ont découvert une espèce de toxine extra-terrestre qui semblait réagir à l'approche d'un corps humain. Après divers petits tests très basics ils comprirent que cette toxine réagissait à une partie de l'ADN qui différenciait l'Homme des autres espèces. La question fut alors de savoir quel genre de réaction risquait de se produire si un être humain vivant absorbait cette étrange substance.
Les essais sur des cobayes humains étant interdits, les tentatives de simulation prirent plusieurs années sans que le moindre progrès puisse être constaté. Désespérés, voyant les subventions diminuer un peu plus chaque mois, un savant décida d'expérimenter sur sa propre personne dans le secret le plus complet, sans assistance ni témoin.
Les premiers jours ne montrèrent rien de bien particulier. Le savant voyait clairement que la substance s'était ajoutée à son hémoglobine et circulait librement dans tout son corps sans que la moindre différence soit perceptible. Cependant, après une semaine, malgré le sentiment d'échec et la fermeture définitive du projet "Star dust", le savant ressentait une joie de vivre qu'il n'avait pas connu depuis bien longtemps. Mais cette joie de vivre l'empêchait de réaliser que cela n'était dû qu'à la présence de ce nouvel élément cosmique dans son corps. Il abandonna donc la recherche scientifique et parti avec sa famille profiter de la vie à travers le monde. Ils voyagèrent dans de nombreuses contrées pour rattraper ces années enfermées dans un laboratoire, coupé des merveilles qui attendaient de partout sur la belle planète bleue. Sa femme et son fils profitèrent également de sa joie de vivre qui bientôt se retrouva aussi dans leur sang.
Ce n'est que dix ans plus tard, alors qu'un jeune prodige de la science étudiait la poussière de comète, que ce dernier remarqua l'influence possible sur certaines parties du cerveau en plus de ce ralliement sans effet aux globules rouges. Celui-ci ayant la fougue des beaux jours et une soif de découverte sans limites, il appliqua secrètement la substance sur une dizaine d'étudiants. Il patienta, observa, et ne tarda pas à avoir la justification de ses soupçons. En effet, il y avait modification du comportement, mais pour chaque personne, malgré leurs différences physiques, morales, culturelles et sociales, tous renoncèrent à leurs études et semblaient extrêmement heureux, mais communiquait cette sérénité d'esprit aux personnes avec qui ils discutaient. Ce n'était pas les effets d'une drogue qui altérait la perception avec les effets négatifs de la privation, mais plutôt un changement de comportement qui parvenait à faire prendre conscience de la beauté du monde et de la futilité des soucis habituels de la vie.

14/11/10