D'hiver, tisse, mens
L'aube vint de bonne heure ce jour-là,
Je lisais le journal, banal, assis le long du canal,
Regardant passer les canards et les bateaux,
Je pensais que c'était beau, saluait les matelots,
La douce musique du clapotis de l'eau formait des mots,
Et soudain, des nuages pointèrent leur museau,
Ce fut fini de s'amuser, il fallut rentrer,
Raser les murs, courber l'échine, quelle chienlit,
Mais je refusais de me laisser abattre par ce marasme,
En fait le soleil j'en avais marre, tant mieux qu'il se barre,
C'est sous la pluie qu'il y a plus de départs,
Des parties de marche, des parties de courses,
J'aime ça comme le miel, les ours,
Retour aux sources, mélancolie de l'alcoolique,
Ce n'est pas le ciel gris qui donne la colique,
Je l'ai appris à l'école de la vie sans avoir envie,
En lignes droites et en virages, plaisirs et rages,
La morale, c'est qu'il suffit de garder le courage,
Car où il y a de la merde, les roses sont dans les parages,
Tout ça reste du mirage, la liberté existe aussi en cage,
Houlà, c'est le carnage des palabres, filez-moi un sabre,
Des conneries comme celles-ci méritent l'harakiri,
Ce sera un petit, tout riquiqui, un du maquis,
Qui n'apprécie pas les moqueries,
Mais uniquement la sonnerie de fin,
Avant que je me coupe moi-même la faim...