dimanche 7 novembre 2010

Jus d'as

Judas, judas, judas... c'est la poursuite sans fin de la trahison, allons-y, attaquons nos amis, un par un, plongeons ce long poignard dans leur dos vulnérable et regardons-les souffrir pendant que nous nous amusons tant du l'autre côté du bonheur...
Je me considérais plein de principes, plein de règles déontologiques, plein de respect et malgré tout, contre ma volonté je poursuis inévitablement cet énorme projet de trahison qui semble être préparé à l'intérieur de mon cœur perfide... Je me suis construit lentement, principalement sur ma propre réflexion basée sur des ouvrages, des situations, des histoires, et tout autre support culturel qui me permettaient de décider quel était la morale la plus juste envers les êtres humains et la nature... avec ce joli bagage j'ai parcouru toutes sortes de relations, j'ai choisi mes amis avec soin et pensais les traiter selon cette morale implacable soigneusement édifiée en l'honneur de l'amitié... je me trompais... il y a cet immondice au fond de moi , une partie obscure qui se cache et n'est jamais affectée par mes réflexions... elle ne se montre que lorsque je m'y attends le moins, elle guette, rampante et répugnante, prête à bondir à la gorge tel un loup affamé qui ne pense qu'à se remplir l'estomac sur le dos de la meute... J'essaye de la combattre mais il n'y a rien à y faire, le mal agit envers et contre tout, et je me réveille certains matins avec le douloureux poids de la culpabilité et de l'impuissance la plus totale... Car lorsque le mal est fait, lorsque le vase s'est brisé sur le sol en milliers de petits morceaux, aucune colle ne pourrait lui redonner son éclat d'antan... J'avance ainsi, maladroit, renversant ses pots précieux après en avoir bu le contenu sans scrupule...
Judas, Judas, Judas... réincarnation de cet être que je méprise tant et pourtant qui vit dans mes chairs brûlantes de honte... hier soir encore tu as planté ton couteau alors que je me noyais joyeusement dans l'alcool, l'euphorie et l'amour... ce matin, je souffre autant physiquement que moralement mais je sais que je ne peux pas tirer de leçon de ces actions car elles sont de moi mais de cet endroit que je ne peux toucher ou gommer... Ignoble créature, je t'entends te moquer, rire aux éclats d'où tu m'as conduit contre ma volonté et je ne peux te fermer ton maudit caquet de monstre... alors je continuerais de vivre avec toi mais je préviendrais mon entourage de ta présence et tes actions néfastes seront bien plus dures à accomplir... toute ma vie je te saurais enterré en moi et toujours menaçant et jamais je ne baisserais ma garde, entouré d'êtres connaissant ton existence tu ne pourras plus répandre tes mains sales et tu mourras avec moi muet depuis ce jour...

06/11/10