Œuf au riz
Ah qu’il est bon le temps du printemps quand le soleil est éclatant, on s’éclate tant, autant sur la Plaine que dans les calanques, accompagné des premiers rosés clairsemés et claquants à l’abri du vent qui enfin se calmant nous laisse apprécier chaque moment comme l’année d’avant.
Les amis se retrouvent, la joie ouvre les discussions, la succion des olives à l’ail lance les haleines euphoriques en pagaille, ça se chamaille, ça pagaye, que du bon, que du gai, joyeux lurons, joyeux muguets aux aguets des piqures de guêpes et autres bêtes aussi violentes que bêtes, ne mélangeons pas les oignons cébettes et les rognons tripettes car ici c’est la Provence, alcool et culinaire devancent et dansent dans l’air, on essaye de rester relax et jamais à bout de nerfs, pépère, le pas lent telles des mémères, on mène une vie au printemps et dort tout l’hiver.
Le dimanche, c’est tout à l’unisson, tout est basé sur le un et comme on n’est pas radin on en donne deux et ça fait onze, apéro à 11H, apéro qui dure onze heures, ça commence par un et ça fini à 51 et on répète des « putains » et des « hein ?! » sans fin et sans faim, enfin quand le soleil se couche y a plus dégun parce que c’est pas encore l’été et qu’on passe de 31° à plus rien en moins de rien, du coup ça fait pas beaucoup et de toute façon plus personne ne tient debout alors éparpillons-nous.
Et ensuite vient la semaine, comme un chewing-gum qui colle à la semelle, y a qu’en restant surplace que tu ne sens pas sa crasse et cette gêne qui donne la rage, mais c’est comme ça, faut bien les bouffer ces cinq jours en cage pour mieux apprécier les deux jours de liberté avant l’été, pendant les thés, pensant athée, pansement raté, pincement haleté, grincement arrêté, ce qui reste vrai c’est le bar d’été. Ah ça t’étonne ? Je préfère quand ça tétonne, mais ça va, je tâtonne, tu me pardonnes, y a aussi le bar d’automne, tu sais comme on mythone. Quoi tu restes vert ? Six mois restant de misère ça ne semble pas élémentaire. Je te l’accorde ça l’air si barbare qu’heureusement il y a le bar d’hiver pour s’y faire et puis tant qu’on y est, puisque c’est le thème, juste un brin, un dernier grain avant le train qui part, il y a le bar de printemps, comme ça quatre bars pour l’an ça semble plus tolérant, plus tolérable, moins coléreux, moins abordable au niveau du larfeuille, de toute façon j’ai pas l’intention de remplir la feuille, alors assez de bobards et sur ce, bon bar !